jeudi 1 août 2019

Daniel Stern (Marie d'Agoult). Histoire de la révolution de 1848 (1862). Deuxième édition. Bel exemplaire bien relié en condition d'époque.


Daniel Stern (pseudonyme de Marie d'Agoult)

Histoire de la révolution de 1848 par Daniel Stern [Marie d'Agoult]. Deuxième édition revue par l'auteur.

Paris, Charpentier, 1862

2 tomes en 1 fort volume in-12 (18 x 12 cm) de XVI-522 et (4)-602-(1) pages.

Reliure de l'époque demi-chagrin vert sombre, dos à faux-nerfs orné de filets et fleurons dorés, plats et gardes de papier marbré. Très bel état. Petite éraflure sur le premier plat, sans gravité. Coins légèrement frottés. Intérieur très frais pratiquement sans rousseurs.

On trouve en tête du volume la préface de cette seconde édition mais également la préface de la première édition parue en 1850.


Daniel Stern est le pseudonyme masculin de la femme de lettres Marie d'Agoult (1805-1876). Issue de la noblesse émigrée pendant la révolution, elle revient à Paris où elle épouse un colonel de cavalerie, Charles d'Agoult, avec lequel elle a deux filles. Sa rencontre fortuite avec le compositeur Franz Liszt lors d'un concert en 1833 déclenche une passion qui amène Marie d'Agoult a quitté son mari en 1835. Ils voyagent en Italie entre 1837 et 1839. Trois enfants naîtront de cette union tumultueuse. Marie d'Agoult fut l'amie de George Sand, non sans heurts. Leur histoire amoureuse ayant d'ailleurs plus d'un point commun. En 1850, Marie d'Agoult publie sous le pseudonyme de Daniel Stern, son Histoire de la révolution de 1848. Cette histoire est reconnue par les historiens comme une référence. On reconnait à Marie d'Agoult son objectivité dans le récit méticuleux des faits. Elle écrivit cette histoire "à chaud" à la manière d'un reporter moderne bien qu'elle n'ait pas pris directement part aux événements. La correspondance de Marie d'Agoult, riche de plus de 8.000 lettres adressées aux plus célèbres hommes et femmes de lettres de son temps (actuellement en cours d'édition scientifique) est une mine d'une très grande richesse pour l'histoire littéraire et politique du second empire notamment. Elle meurt en 1876 âgée de 70 ans. Victor Hugo, apprenant son décès, ne sera pas tendre à son sujet dans ses carnets (Choses vues) : « Peu de talent, petite âme. ». On peut s'interroger sur les causes de cette animosité de la part de l'auteur des Misérables.


"La vie des peuples, comme la vie même du globe où s'accomplissent leurs destinées, n'est qu'une perpétuelle métamorphose. Sans s'arrêter jamais, cette puissance insaisissable que nous appelons la vie opère dans la société, comme elle le fait dans toute la nature, un travail simultané de formation et de dissolution, soumis, malgré les apparences fortuites qu'y produit l'intervention de la liberté humaine, à des lois mystérieuses au sein d'un ordre invariable. Crises violentes de la nature sociale, les révolutions ne font autre chose que précipiter tantôt le travail de dissolution, c'est-à-dire la décadence d'un peuple, tantôt le travail de formation, c'est-à-dire le progrès de ce même peuple dans la civilisation qui lui est propre." (début de l'introduction).


Bel exemplaire.

Prix : 200 euros