mercredi 29 novembre 2017

Paul-Jean Toulet. Roger Chastel. La Jeune Fille Verte (1946). 1 des 30 exemplaires de tête avec suites. Bel exemplaire.


Paul Jean TOULET. Roger CHASTEL.

LA JEUNE FILLE VERTE. Illustré de quatorze lithographies de Roger Chastel.

A la voile latine, Monaco, 1946

1 volume in-folio (33,5 x 24,5 cm), en feuilles, de 243 pages. 14 lithographies hors-texte en noir. Couverture lithographiée en couleurs par l'artiste. Excellent état. Sans emboîtage.

Ce superbe ouvrage a été achevé d'imprimer le 15 novembre 1946 à Paris sur les presses de l'imprimerie E. Desfossés-Néogravure pour la typographie et Desjobert pour les lithographies.


Tirage à 300 exemplaires. Celui-ci 1 des 30 exemplaires de tête sur papier à la main du moulin des Clers, comportant une suite des 14 lithographies, plus 2 lithographies refusées, ainsi qu'une suite sur vélin pur fil vert Johannot.

La Jeune Fille Verte est le dernier roman de Paul-Jean Toulet, publié pour la première fois en 1920 chez Emile-Paul. C'est le récit d'une éducation sentimentale dans une petite ville du Béarn (Ribamourt). Autour de Sabine de Charite, la charmante, l'acide "jeune fille verte" et de Vitalis Paschal, séduisant clerc de notaire, se nouent et se dénouent les jeux de l'amour et de l'humour.


Superbe illustration de Roger Chastel, aux accents cubistes « l'expérience fondamentale de sa période de formation ». Deux années plus tard il illustrera magistralement Bestiaire de Paul Eluard. Roger Chastel est mort en 1981.


Bel exemplaire tel que paru du rare tirage de tête sur papier d'Auvergne, avec suites.

Prix : 600 euros


mardi 28 novembre 2017

Andréa de Nerciat. Paul-Emile Bécat. Le Doctorat impromptu. Eryx, 1946. Exemplaire hors-commerce avec suites. Bel illustré érotique.


ANDREA DE NERCIAT. Paul-Emile BECAT (illustrateur).

LE DOCTORAT IMPROMPTU. Illustrations de Paul-Emile Bécat.

Editions Eryx, Paris, 1946

1 volume in-4 (26,5 x 20,5 cm), en feuilles, de 101-(2) pages. 8 compositions hors-texte et 10 compositions in-texte mises en couleurs au pochoir. Couverture rempliée crème imprimée en rouge avec vignette. Emboîtage cartonné de l'éditeur (légèrement frotté). Livre à l'état proche du neuf. Avec suites (7 hors-texte + 8 hors-texte refusés x 2). (voir le détail ci-dessous).


Tirage à 695 exemplaires plus 50 exemplaires hors-commerce.


Celui-ci, 1 des 50 exemplaires hors-commerce imprimé sur vélin de Renage et accompagné d'une suite des 8 compositions refusées (en double, soit 16 gravures) et des 7/8 des compostions hors-texte standard. Le tout en coloris au pochoir. 2 gravures présentent de légères traces de plis visibles seulement au verso.



"Ce conte érotique tient en deux missives envoyées par Erosie à son amie restée au couvent : l’héroïne y raconte comment, au lieu de son futur époux, elle trouve dans l’auberge où ce dernier devait l’attendre un petit vicomte qui la guérit de sa haine des hommes, et quels obstacles à sa découverte du plaisir va dresser un abbé jaloux devenu maître chanteur. Le Doctorat impromptu est une leçon de sagesse amoureuse qui, dans le même mouvement, devient une invitation à l’appliquer – autrement dit c’est un livre de philosophie où le gai savoir de l’amour se réalise dans la simple description du plaisir de le faire. Andréa de Nerciat, auteur du Diable au corps, de Felicia ou Mes fredaines, est né à Dijon en 1739 et mort en 1801. Après de solides études, des voyages en Allemagne et en Italie, il se consacre assez tôt à une vie aventureuse faite de vagabondages littéraires – on lui prête aussi une carrière d’espion – et à son oeuvre personnelle." (Présentation de l'édition moderne Babel éditeurs, 2008).



Jolie édition "officiellement vendue" (qui n'est donc pas une édition clandestine) et délicatement illustrée par Paul-Emile Bécat. A noter que dans la suite des 8 compositions refusées le caractère très libre ne s'affirme que pour un seul dessin (voir photo ci-dessous).

Bel exemplaire du tirage hors-commerce avec suites des hors-texte en double (moins une gravure).

Prix : 500 euros



lundi 27 novembre 2017

Pierre Mac Orlan. A bord de l'Etoile Matutine (Histoires de pirates). Gravures originales de Pierre Leconte (1946). Bel exemplaire tel que paru.


Pierre MAC ORLAN. Pierre LECONTE (illustrateur).

A BORD DE L’ÉTOILE MATUTINE. Gravures originales de Pierre Leconte.

Paris, 1946

1 volume in-4 (29,5 x 23 cm), en feuilles, de 135 pages, avec 18 hors-texte en couleurs dont 1 sur double-page et 29 vignettes en couleurs tirées dans le texte (bandeaux et culs-de-lampe). Le titre est gravé et mis en couleurs également (encadrement). Soit 48 compositions gravées et mises en couleurs. Exemplaire à l'état proche du neuf, encore protégé par son papier cristal d'origine. Sans emboîtage.

Premier tirage des illustrations.

Tirage à 310 exemplaires plus quelques exemplaires d'artiste. Celui-ci, 1 des 270 exemplaires sur vélin d'Arches, accompagné d'une eau-forte en noir avec remarque (non annoncé). Il fait partie des 100 exemplaires réservés pour la Société de Bibliophiles "Beaux Livres, Grands Amis" et a été imprimé spécialement pour Maître Girardier (Paris, 1949).


Le volume a été achevé d'imprimé le 30 juin 1946 aux dépens de l'artiste. La typographie en Montaigne corps 14 a été imprimée par Fequet et Baudier. Les eaux-fortes ont été tirées sur les presses à bras de Roger Lacourière. Les coloris (pochoirs) exécutés par René Euffès.

Ce roman de Pierre Mac Orlan a été publié pour la première fois en 1920 chez G. Crès. L'ouvrage sera largement modifié et augmenté au cours des éditions suivantes (1927, 1934, etc.). Un épilogue resté inédit et écrit en 1955 sera même retrouvé à l'état de brouillon.


Début du XVIIIe siècle. Retiré à Londres, un vieil homme prend la plume afin de raconter les aventures de sa jeunesse, lorsqu'il écumait les mers des Caraïbes sous les ordres du redoutable pirate George Merry, capitaine de L'Étoile Matutine, en compagnie, entre autres, du chirurgien lettré Mac Graw, de l'ancien officier des gardes-françaises Marceau, et du galérien évadé Anselme Pitti. Après avoir évoqué son enfance misérable en Bretagne, le meurtre absurde d'une jeune fille qui le conduit à fuir à Brest, et son embarquement à bord de L’Étoile Matutine, grâce auquel, espère-t-il, il pourra « acheter la petite auberge où toutes les ressources de [sa] paisible imagination se réunissaient afin d'y réaliser le bonheur », le narrateur dépeint, en chapitres courts et dans un style lapidaire et détaché, les anecdotes qui émaillent l'existence précaire et dévoilent les tempéraments lunatiques des gentilshommes de fortune : une expédition dans le port de Veracruz ravagé par la peste, l'émotion suscitée par une miniature reproduisant un portrait de jeune fille, l'abandon de deux mutins sur une île déserte, la rencontre avec un matelot du vaisseau fantôme Le Hollandais volant, etc. À la suite d'une expédition organisée pour retrouver le légendaire trésor du Capitaine Flint, qui tourne au fiasco, à la fois tragique et bouffon, le narrateur et Mac Graw se décident à bénéficier de l'amnistie proposée aux pirates faisant leur reddition par le roi Georges II, nouvellement couronné, tandis que George Merry poursuit sur la mer le chemin qui le mènera au gibet de Savannah, où il sera pendu dans son bel habit rouge.


Placé sous le double patronage de Marcel Schwob (la fin de George Merry est une réminiscence directe de celle du Capitaine Kidd dans les Vies imaginaires), auquel Mac Orlan rend hommage dans la postface de son roman, et de Robert Louis Stevenson (George Merry est le nom de l'un des compagnons de Long John Silver dans L'Île au trésor, où il était déjà à la recherche du trésor de Flint), À bord de L’Étoile Matutine s'inscrit dans la lignée des romans d'aventures maritimes de Pierre Mac Orlan, et dans la même veine pessimiste que, notamment, L'Ancre de Miséricorde. Cette "Île au trésor sans trésor, sans perroquet et sans espoir", pour reprendre l'heureuse formule de Francis Lacassin, prend bien soin de ne pas sacrifier aux passages obligés du roman d'aventures maritimes : on n'y trouve ni tempêtes, ni abordage, ni rien de ce qui constitue le pittoresque habituel aux histoires de pirates. En particulier, tout héroïsme est gommé : les gentilshommes de fortune sont réduits à n'être plus que ce qu'ils étaient en réalité : « des assassins qui ne respectaient aucune autorité régulière. Cruels et naïfs, ils étaient superstitieux et ne juraient que sur la Bible », comme l'explique Mac Orlan dans la postface du roman. (source Wikipédia).


Bel exemplaire, tel que paru de ce très beau livre illustré sur l'univers de la piraterie.

Prix : 300 euros


vendredi 24 novembre 2017

Bussy-Rabutin. Mémoires. Edition hollandaise de 1721. 2 volumes reliés plein parchemin d'époque.


Roger de RABUTIN, comte de BUSSY, dit BUSSY-RABUTIN.

LES MÉMOIRES DE MESSIRE ROGER DE RABUTIN, COMTE DE BUSSY, Lieutenant Général des Armées du Roi et Maître de Camp Général de la Cavalerie Légère.

A Amsterdam, Aux dépens de la Compagnie, 1721

2 volumes in-12 (17,5 x 11 cm) de (3)-458-(22) et (1)-400-(19) pages. Portrait de l'auteur répété en frontispice dans chaque volume.

Reliure plein parchemin de l'époque, dos lisses, titre doré. Reliures solides et décoratives malgré quelques salissures. Intérieur avec quelques rousseurs, sans gravité. Complet.



Nouvelle édition de ces Mémoires essentiellement militaires. On y trouve aussi quelques lettres intéressantes dont celles de la marquises de Sévigné ou adressées à elles. Le second volume contient les Maximes d'Amour (pp. 221 à 281). Ces Mémoires s'étendent depuis l'année 1618 (naissance de Bussy-Rabutin) jusqu'à l'année 1666 et son exil au château de Bussy.



En 1653, Bussy est reçu à l'Académie Française ; c'est durant cette période que la première partie de son Histoire amoureuse des Gaules, dont il avait, sous le sceau du secret, confié le manuscrit à Mme de la Baume, commença à faire du bruit. Dans cet ouvrage, la conduite scandaleuse de quelques femmes de la cour est révélée sans ménagement et sans pudeur, les plaintes vinrent de tous côtés ; ces histoires étaient pourtant bien connues à la cour (Bussy dira de ce roman, qu'il n'a rien inventé) ; il fût fortement soupçonné d'avoir fait entrer le roi dans son roman. Pour cela il fut embastillé, et pour s'en sortir, il se démit de ses charges ; se soumettant de plus à écrire des excuses auprès des personnes diffamées dans son livre. Exilé dans ses terres de Bourgogne, il ne supporta pas cette disgrâce avec le courage dont il avait tant de fois fait preuve à la guerre. Il ne cessa de solliciter la grâce du Roi pour son retour à la cour, dans un grand nombre de lettres du style le plus servile, et remplies des sentiments d'une adoration basse. Son exil dura 17 ans. Bussy put revenir en 1682 à la cour mais le Roi ne l'honora même pas d'un regard, il retourna alors dans sa terre bourguignonne, où il acheva sa carrière dans la culture des lettres et dans les exercices de la dévotion. Il décédera à Autun d'une apoplexie le 9 avril 1693, il était âgé de 75 ans. Bussy eut une jeunesse assez dissipée, comme toute la jeunesse dorée de son temps, ni plus ni moins. Il faisait grand cas de sa personne, et cela lui attira des ennemi(e)s durant toute sa vie. Sa cousine, la marquise de Sévigné (née Rabutin-Chantal), ne fut pas épargnée par les sarcasmes de Bussy. De celle-ci il donnera dans ce texte félon un portrait physique au vitriol et un portrait moral non moins bassement répugnant : il écrira d'elle qu'elle ne fut amie que jusqu'à la bourse (ce qui était somme toute vrai). Cousin cousine finirent par se réconcilier non sans peine.



Bon exemplaire en condition d'époque.

VENDU



jeudi 23 novembre 2017

Albert Dubout. Code de la route et de la circulation. Maurice Gonon, 1955. 1 des 500 exemplaires sur grand vélin avec suite en noir au trait. Superbe état proche du neuf.


Albert DUBOUT.

CODE DE LA ROUTE ET DE LA CIRCULATION. Illustrations de Dubout.

Maurice Gonon, éditeur, 1955

1 volume in-4 (26,5 x 19,5 cm), broché de 231-(1) pages. 65 aquarelles dont une planche double, 24 pleine page, 40 in-texte. Emboîtage plein papier toilé jaune et vert de l'éditeur. Exemplaire à l'état proche du neuf, encore sous son papier cristal d'origine, intact.


Tirage total à 2.070 exemplaires. Celui-ci, 1 des 500 exemplaires sur Gand Vélin des papeteries de Sorel-Moussel avec une suite en noir des illustrations.

Édition originale.


Toute la verve de Dubout au service des affres de la conduite automobile ...


Superbe ouvrage, tel que paru, du tirage à 500 ex. avec suite.

Prix : 350 euros


Hippolyte Renaud. Charles Fourier. Solidarité (1847). Résumé de la doctrine fouriériste. "Il n'y a pas de crime individuel, de douleur privée. dont la Société ne soit complice : les actes de l’individu dépendent en grande partie des circonstances de vie qu’on l’a contraint d’accepter."


Charles FOURIER. Hippolyte RENAUD.

SOLIDARITÉ. Vue synthétique sur la doctrine de Ch. Fourier par Hippolyte Renaud, ancien élève de l'écolde Polytechnique. Troisième édition, 2ème tirage.

Paris, Librairie Phalanstérienne, 1847

1 volume in-12 (15,7 x 10,5 cm) de (4)-230 pages.

Reliure de l'époque demi-toile marron, pièce de titre de cuir rouge. 5 feuillets au début du volume ont été anciennement réenmargés (faux-titre et titre en fond de cahier, feuillet de table et de préface en marge extérieure, premier feuillet de texte en marge extérieure, le tout sans atteinte au texte. Petite perforation et réparation au dernier feuillet de préface, sans incidence sur la lecture. Complet. Reliure légèrement frottée mais solide.


Cet ouvrage tout à la gloire de Fourier et de sa pensée réunit en un petit volume l'essentiel de sa doctrine et la présente de manière simplifiée au lecteur. Il a paru pour la première fois en 1842 à la librairie de l'école sociétaire au format in-8. Il a été réédité six fois.

"La Solidarité est une chose juste et sainte. Le mal est venu, le mal s'éloignera par le concours de tous, concours proportionnel à la puissance de chacun. Il n'y a pas de crime individuel, de douleur privée. dont la Société ne soit complice : les actes de l’individu dépendent en grande partie des circonstances de vie qu’on l’a contraint d’accepter." (extrait, p. 37).


Bon exemplaire de cet important compendium analytique de la pensée fouriériste.

Prix : 90 euros


mercredi 22 novembre 2017

Abbé Girard. Les Synonymes français (1799). Bon exemplaire en condition d'époque, brochés en plein papier gris.


Abbé GIRARD - M. BEAUZEE - Abbé D'OLIVET.

SYNONYMES FRANÇAIS, leurs différentes significations, et le choix qu'il en faut faire pour parler avec justesse ; par M. l'Abbé Girard, de l'Académie Française. Nouvelle édition, considérablement augmentée, mise dans un nouvel ordre, et enrichie de notes ; par M. Beauzée, etc. Suivie de la Prosodie Française, édition de 1767, et des Essais de grammaire, par M. l'abbé d'Olivet.

A Lyon, de l'Imprimerie de Leroy, An VII (1799).

2 forts volumes in-12 (18 x 11 cm), broché, de XVI-462 et 432 pages. Couverture de papier gris, titre à l'encre au dos des volumes. Très bon état malgré quelques coins roulés et des tranches poussiéreuses. Intérieur très frais. Tel que paru.

Nouvelle édition.


"Quoique l'intérêt pour les synonymes remonte à l'Antiquité, c'est l'abbé Gabriel Girard [1677-1748] qui, avec la Justesse de la langue françoise (1718), posa les bases modernes de leur étude. [...] La thèse de Girard selon laquelle il n'est pas de synonymes parfaits n'était pas vraiment nouvelle : elle est formulée, comme on sait, chez les Anciens par Cicéron et Quintilien ; au XVIIe siècle par Ménage, par Bouhours, par La Bruyère, par Fénelon et dans la préface du premier Dictionnaire de l'Académie française (1694) ; et au XVIIIe siècle, juste avant Girard, par l'abbé de Pons. Il demeure que c'est bien avec Girard que cette thèse reçoit une audience sans précédent et acquiert le statut de position méthodologique. L'ouvrage était, comme l'observe Sylvain Auroux, sans équivalent en Europe. Et ce fut le mérite des Encyclopédistes d'avoir perçu sa « fondamentale nouveauté ». (Revue XVIIIe siècle, n°38, 2006, p. 195.

"En les considérant de près, on verra que cette ressemblance n'embrasse pas toute l'étendue et la force de la signification : qu'elle ne consiste que dans une idée principale [...]. Qu'une fausse idée de richesse ne vienne pas ici, pour fronder mon système sur la différence des synonymes [...]. J'avoue que la pluralité des mots fait la richesse des Langues : mais ce n'est pas la pluralité purement numérale, elle n'est bonne qu'à remplir les coffres d'un Avare ; c'est celle qui convient à la diversité, telle qu'elle brille dans les productions de la Nature. La satisfaction de l'esprit, et non le chatouillement de l'oreille, fait l'objet de la conversation et de la lecture." (extrait).

Bon exemplaire dans son état primitif tel que sorti de l'atelier du brocheur, resté très frais depuis plus de deux siècles.

Prix : 120 euros


mardi 21 novembre 2017

Jacques Cazotte. Maurice Leroy et Dan Sigros. Le Diable Amoureux (1946). Un des quelques exemplaires d'artiste avec dessin original, suite et gravures refusées. Rare. Superbe.


Jacques CAZOTTE. Maurice LEROY (illustrateur). Dan Sigros (illustrateur).

LE DIABLE AMOUREUX. Gravures sur cuivre originales de Maurice Leroy. Ornements typographiques gravés sur bois de Dan Sigros.

Editions Janick, Paris, 1946

1 volume grand in-4 (29 x 23 cm) de 192-(1) pages. En feuilles. 15 eaux-fortes hors-texte en noir. 15 eaux-fortes avec remarque (suite). 6 eaux-fortes refusées (plus libres) tirées en bistre, avec remarque (libre également). 19 lettrines imprimées en deux couleurs (rose et noir) et 19 culs-de-lampe diaboliques gravés sur bois. Dessin original en couleurs avec dédicace sur le faux-titre. Exemplaire signé par l'artiste au colophon. Emboîtage cartonné de l'éditeur en très bon état. Exemplaire à l'état proche du neuf.

Un des quelques exemplaires d'artiste (environ 20 ex.).

Le tirage total est de 618 exemplaires et quelques exemplaires de collaborateurs (exemplaires d'artiste). Imprimé sur vélin de Rives (comme les 127 exemplaires avec suite). Les deux suites sont quant à elles imprimées sur vélin du Marais.

Exemplaire enrichi d'une très belle aquarelle originale (mine de plomb et aquarelle) sur le faux-titre.

L'aquarelle représente une diablesse aux ailes déployées reposant sur un lit de nuages célestes et infernaux. Superbe composition de l'artiste. Signée et datée 1947, avec dédicace.



Ce livre est remarquable à plus d'un titre. L'illustration très soignée de Maurice Leroy colle parfaitement au texte de Cazotte. Par ailleurs, la suite de lettrines et ornements gravés sur bois par Dan Sigros représente un bestiaire diabolique très intéressant.



Le Diable amoureux a été écrit en 1772 par Jacques Cazotte ; considéré comme le précurseur du récit fantastique. Cette œuvre est à la croisée du roman d'apprentissage et de la nouvelle fantastique. Mais elle est surtout le premier grand récit fantastique français. Un jeune homme, Alvare, décide par forfanterie de convoquer le diable en compagnie de deux amis. Le diable lui apparaît d'abord sous les traits d'un chameau, puis d'un épagneul et enfin sous les traits gracieux de Biondetta, dont il accepte les services. Alvare s'efforce de résister aux séductions et aux agaceries de Biondetta. Il décide enfin de présenter Biondetta à sa mère pour pouvoir l'épouser. En chemin, ils s'arrêtent pour participer à une noce et comme on les a pris pour mari et femme, ils se retrouvent dans la même chambre. Au moment ultime, Biondetta jette le masque pour rappeler qu'elle est Belzébuth.



Jacques Cazotte (1719-1792) est né à Dijon en Bourgogne. Cazotte entra de bonne heure dans l'administration de la marine, après avoir étudié le droit chez un procureur, sur le conseil de Maurepas, son protecteur. Successivement écrivain principal en 1747, contrôleur en 1749, commissaire en 1750, il remplit pendant quatorze ans ces dernières fonctions aux Iles du Vent et à la Martinique, où il se maria, et se retira en 1760 avec le brevet de commissaire général; mais ni sous Choiseul, ni sous aucun de ses successeurs il ne put obtenir la liquidation de sa pension de retraite. Le P. La Valette, supérieur de la mission des jésuites à la Martinique, avait racheté de Cazotte, au moment où il quitta la colonie, ses propriétés au moyen de lettres de change que les supérieurs du P. La Valette à Paris refusèrent d'acquitter, alléguant que cette spéculation n'avait pas été autorisée par eux. Il s'ensuivit un long et retentissant procès que Cazotte finit par gagner. Lors de son retour en France, il habita tour à tour, avec sa femme et ses trois enfants, Paris et une maison de campagne à Pierry, près d'Epernay. Jusqu'alors il ne s'était fait connaître que par quelques poésies fugitives et par des chansons. Le véritable début de Cazotte fut Olivier (1762, 2 vol. in-12), poème en douze chants et en prose, mêlée de vers, sorte d'imitation de l'Arioste. Vers 1775, une transformation s'opéra dans l'esprit de Cazotte. Attiré de tout temps vers les sciences occultes, il devint l'un des adeptes de la secte des martinistes et s'adonna, dans sa retraite de Pierry, en compagnie de sa fille et de ses deux fils, qu'il avait également initiés, à toutes les pratiques des illuminés. Fervent royaliste, il épanchait ses inquiétudes sur la marche des événements dans une correspondance intime adressée à son ami Pouteau, secrétaire de de Laporte, intendant de la liste civile. Saisie aux Tuileries après la journée du 10 août, cette Correspondance mystique (titre parfaitement justifié de la réimpression de 1798, in-18) fut le motif de l'arrestation de Cazotte. A peine venait-il, grâce au dévouement de sa fille, d'échapper aux massacres de Septembre qu'il fut traduit devant le tribunal dit du 17 août. Ses lettres à Pouteau, publiées pour la première fois dans le Bulletin même du tribunal, furent la seule charge qu'on pût relever contre lui, mais elle suffit pour provoquer une sentence de mort. Après la lui avoir signifiée, le président du tribunal, Lavaux, qui était lui-même, dit-on, un initié, exhorta Cazotte à la mort par une allocution des plus singulières et tout au moins inutile, car la fermeté du vieillard ne se démentit ni devant ses juges, ni devant l'échafaud. (Maurice Tourneux).



Superbe ouvrage. Rare tirage avec suite, gravures refusées (non mentionnées) et dessin original.

VENDU


Henri-François de La Rivière / Bussy-Rabutin. Lettres choisies de Monsieur de La Rivière gendre de M. le Comte de Bussy-Rabutin. Avec un abrégé de sa vie et la relation du Procès qu'il eut avec son épouse (Madame de Coligny) et son beau-père. Edition originale. Bel exemplaire.


Henri-François de LA RIVIÈRE.

LETTRES CHOISIES DE MONSIEUR DE LA RIVIÈRE, Gendre de M. le Comte de Bussi-Rabutin. Avec un abrégé de sa Vie, et la Relation du Procès qu'il eut avec son Épouse et son Beau-père.

A Paris, chez Debure l'aîné et Tilliard, 1751

2 volumes in-12 (17,2 x 10,3 cm) de XXXIV-(2)-376 et (1)-459-(5) pages.

Reliure de l'époque plein veau brun tacheté à l'acide, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, pièces de titre et tomaison de maroquin rouge, tranches rouges. Extrémité de la coiffe inférieure du deuxième volume usée avec manque (peu visible cependant), quelques frottements et légères marques. Belles reliures solides et décoratives. Intérieur très frais.

Édition originale.



L'histoire de Monsieur de La Rivière et celle de son procès avec son beau-père Bussy-Rabutin mérite d'être rapidement résumée. Louise-Françoise de Rabutin, veuve de Gilbert de Langheac (1676) et fille du Lieutenant-Général des armées de Louis XIV exilé dans son château de Bourgogne suite à la parution de l'Histoire amoureuse des Gaules (1665), fait promesse de mariage au sieur de La Rivière le 18 octobre 1679 (contrat du 3 mai 1681). Le mariage est célébré le 19 juin 1681 dans la chapelle du château de Bussy-Rabutin près Sainte-Reine par le curé du village. Elle était enceinte il fallait faire vite. Bussy-Rabutin fou de rage engage un procès pour faire casser ce mariage considérant La Rivière comme un vulgaire paysan (alors que La Rivière était issu de bonne maison). Bussy va faire accoucher secrètement sa fille à Paris. Celle-ci décide de se retirer au couvent des Ursulines de Montbard (1681) pour échapper à l'emprise de son père. La fille est cependant partagée entre l'obéissance due à son père et son amour pour M. de La Rivière. En 1684, l'arrêt du Parlement de Paris ordonne à Mme de Colligni de rejoindre son mari (Bussy-Rabutin perd son procès). Bussy-Rabutin meurt en avril 1693 et sa fille, rendue aux avis de son défunt père, refuse finalement de faire vie commune avec son mari. La Rivière reste à Paris et fréquente les beaux milieux pendant dix ans. En 1713 il décide de se retirer chez les Pères de l'Oratoire où il pratique les devoirs de la religion. La fille de Bussy-Rabutin (Madame de Dalet) mourut âgée de 74 ans en 1716 retirée dans sa famille près d'Autun. La Rivière mourut en 1738 chez les Pères de l'Oratoire de Paris, âgé de 94 ans.

Ces deux volumes ont été publiés par Michault de Dijon (auteur de l'abrégé de la vie de La Rivière).

Référence : Michaud, Biographie Universelle, Tome 79, pp. 184-188.

Bel exemplaire de cet intéressant ouvrage qui traite largement de la famille de Bussy-Rabutin.

VENDU

lundi 20 novembre 2017

Alphonse Gallais. Le Spectateur Vermentonais (1932-1936). Curieuse revue icaunaise complète en 2 livraisons. Rare.


Alphonse GALLAIS.

LE SPECTATEUR VERMENTONAIS. Revue indépendante consacrée à la défense des intérêts moraux et autres des francs boits-vins de l'éternelle cité des chopines. Paraissant très irrégulièrement et à des dates non prévues dès que survient un événement sensationnel au point de vue local. Par Alphonse Gallais (l'indésirable Gilbert), fondateur, directeur et rédacteur en chef.

Vermenton-les-Chopines (Yonne) [Vermenton, 1932-1936] [imprimerie L'Universelle, Association Ouvrière, Auxerre].

N°1 (1er janvier 1932) et N°2 (5 mars 1936). Deux seuls numéros parus. Agrafés. Tels que parus.

19,3 x 14,2 cm pour le premier numéro et 18,5 x 14 cm pour le second et dernier. 56 pages et 48 pages. Le premier numéro contient en plus un feuillet rose à la fin. Le second numéro contient en plus 5 feuillets verts (le dernier blanc).


Le premier numéro est marqué tiré à 1.000 exemplaires en quatrième de couverture (signé par l'auteur et numéroté à la main). Il est également rajouté à la main par l'auteur que "ce canard réservé n'est pas pour le commerce autrement on l'aurait présenté comme suit (voir encadré). Le tirage est 1.000 reste improbable (certainement moindre). Le second numéro est également signé par l'auteur (monogramme au crayon bleu en quatrième de couverture) et numéroté au composteur cette fois (avec un tirage annoncé à 500 exemplaires).


Cette curieuse revue, oeuvre d'un seul homme tout à sa cause icaunaise, contient des poésies en vers, des morceaux en prose, des lettres, des chansons, etc.


Alphonse Gallais (1869-1954), natif de Paris, était un drôle mort à Vermenton, près d'Auxerre. On lui doit également la Muse Vermentonaise (1931) également rempli de chansons à boire, monologues, pièces rimées, fantaisies satiriques, etc. Son côté libertin s'exprime dans un ouvrage publié en 1912 par Jean Fort sous le titre Amour morbide. Aux griffes de Vénus, mœurs de la décadence parisienne. Dutel écrit : "Ce polygraphe socialiste, anticlérical, antimilitariste et versé dans l'occultisme, était très connu au début du siècle dans les brasseries à femmes de la rue Monsieur-le-Prince et dans les maisons de tolérance de la rue Mazet et de la rue Grégoire-de-Tours."


Cette revue éphémère et irrégulière complète en 2 numéros est très rare sur la marché (aucun exemplaire actuellement en vente en ligne).

Prix : 200 euros


Louis Blanc. Organisation du travail. Socialisme, politique sociale et milieu ouvrier. Rare édition belge de 1848. Bel exemplaire en reliure d'époque.


Louis BLANC.

ORGANISATION DU TRAVAIL par Louis Blanc. Cinquième édition, considérablement augmentée, précédée d'une Introduction, et suivie d'un compte rendu de la maison Leclaire, de Paris.

Bruxelles, Méline, Cans et Cie, Livourne, même maison, Leipzig, Méline, 1848

1 volume in-12 (15,2 x 10,6 cm) de 283 pages.

Reliure de l'époque demi-basane verte, dosse lisse, titre et roulettes dorées, coins de parchemin. Bel état de conservation. Intérieur très frais sur beau papier vélin sans rousseurs. Papier des plats légèrement frotté. Petit manque de papier à l'angle de la garde blanche (fin de volume).

Nouvelle édition pirate belge peu commune.

"C'est à vous, riches, que ce livre s'adresse, puisqu'il y est question des pauvres. Car leur cause est la vôtre. Dernièrement, au milieu de nous, dans Paris, au bruit des réjouissances voisines, un pauvre enfant est mort gelé, derrière une guérite. Le fait a été publié comme un simple accident : il n'a étonné personne." (Introduction, janvier 1845).


Cet ouvrage fondamental pour l'histoire sociale française au XIXe siècle a été publié pour la première fois en 1839. "L'un des livres "socialistes" les plus lus par les ouvriers français. La critique que fait Louis Blanc de la concurrence est directement inspirée de Fourier." (Droz, Histoire générale du socialisme I, 384). "La concurrence [est] néfaste pour les ouvriers car elle entraîne la baisse des salaires et développe l'emploi des machines, qui privent les ouvriers de travail, [elle est] néfaste aussi pour la bourgeoisie car elle conduit au monopole et prépare la disparition de la moyenne propriété ("la concurrence tue la concurrence"). Pour remédier à ce désordre, il faut établir un régime d'associations, mais organisé par l'État qui, régulateur de la production, fera disparaître la concurrence en fournissant aux prolétaires les instruments de travail par la création d'"ateliers sociaux", avec des salaires égaux et des chefs élus. Les capitaux seront fournis par l'État ou par des capitalistes qui ne recevront qu'un intérêt peu élevé et ne seront pas admis à entrer comme travailleurs dans cette coopérative de production. Les bénéfices seront divisés en trois parties : l'une sera ajoutée aux salaires et assurera la participation directe des ouvriers aux bénéfices ; l'autre alimentera un fonds d'assurance pour les infirmes, les malades et les vieillards ; la dernière sera consacrée aux investissements." (Mourre, Dictionnaire encyclopédique d'histoire, p. 574).


Cette cinquième édition (ici dans sa version piratée par l'éditeur belge Méline et Cans) paraît juste au moment de la révolution de 1848.

"[...] S'il n'y avait que des douleurs exceptionnelles et solitaires à soulager, la charité y suffirait peut-être. Mais le mal a des causes aussi générales que profondes ; et c'est par milliers qu'on les compte, ceux qui, parmi nous, sont en peine de leur vêtement, de leur nourriture et de leur gîte. Comment cela est-il possible ? Pourquoi, au sein d'une civilisation tant vantée, cet abaissement tragique et cette longue agonie de la moitié des humains ? Le problème est obscur. Il est terrible. Il a provoqué des révoltes qui ont ensanglanté la terre sans l'affranchir. Il a usé des générations de penseurs. Il a épuisé des dévouements d'une majesté toute divine. Voilà deux mille ans déjà que des nations entières s'agenouillent devant un gibet, adorant dans celui qui voulut y mourir, le sauveur des hommes. Et pourtant, que d'esclaves encore ! Que de lépreux dans le monde moral ! Que d'infortunés dans le monde visible et sensible !Que d'iniquités triomphantes ! Que de tyrannies savourant à leur aise les scandales de leur impunité ! Le rédempteur est venu ; mais la rédemption,quand viendra-t-elle ? Le découragement, toutefois, est impossible,puisque la loi du progrès est manifeste. Si la durée appartient au mal, elle appartient aussi, et bien plus, encore à cette protestation de la conscience humaine qui le flétrit et le combat, protestation variée dans ses formes,immuable dans son principe, protestation immense, universelle, infatigable, invincible. [...]" (introduction).


Élégant exemplaire en condition d'époque.

Prix : 200 euros