lundi 21 juin 2021

Pensées de l'empereur Marc-Aurele-Antonin ; ou Leçons de vertu que ce prince philosphe se faisait à lui-même. 1773. Bel exemplaire.

 

MARC-AURELE (Marcus Aurelius Antoninus). M. de JOLY, traducteur.

Pensées de l'empereur Marc-Aurele-Antonin ; ou Leçons de vertu que ce prince philosphe se faisait à lui-même. Nouvelle traduction du grec, distribuée en chapitres, suivant les matières, avec des notes et des variantes. Par M. de Joly. Seconde édition à laquelle on ajoutera, dans le même ordre, le texte grec, et la version latine de Gataker corrigée.

A Paris, de l'imprimerie de L. Cellot, 1773

1 volume petit in-12 (14,6 x 8,7 cm) de XLVIII-376 pages.

Reliure de l'époque plein veau marbré, dos lisse orné aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin rouge, tranches marbrées bleues. Très bon état de conservation, reliure fraîche et intérieur frais malgré quelques feuillets jaunis ou avec quelques rousseurs. Légers frottements et marques à la reliure.

Seconde édition.

Cette version a paru pour la première fois chez le même imprimeur trois ans plus tôt en 1770. Elle n'est pas commune. On trouve au début du volume un résumé de la vie de Marc-Aurèle ainsi que l'histoire de ce texte.










Marc-Aurèle était un empereur philosophe paraît-il. En effet, à la lecture de ses pensées, on ne peut guère en douter. Marc Aurèle (en latin : Marcus Aurelius Antoninus) est un empereur, philosophe stoïcien et écrivain romain né le 26 avril 121 à Rome et mort le 17 mars 180 à Sirmione (selon Tertullien) ou à Vindobona. Il est le dernier des souverains connus sous le nom des « cinq bons empereurs » et le dernier empereur de la Pax Romana, une époque de paix et de stabilité relatives pour l'Empire romain. Il est consul romain en 140, 145 et 161. Au début du livre VIII, Marc Aurèle dit « Une considération bien faite pour te détourner de la présomption de la vaine gloire, c’est que tu ne peux pas te flatter d’avoir passé ta vie entière, du moins à partir de ta jeunesse, comme un vrai philosophe. Bien des gens l’ont su ; et toi-même, tu sais aussi bien que personne que tu étais alors très-loin des sentiers de la philosophie. Le règne de Marc Aurèle est marqué par des conflits militaires. En Orient, l'Empire romain combat avec succès un Empire parthe revitalisé et le royaume rebelle d'Arménie. Marc Aurèle défait les Marcomans, Quades et Sarmates Iazyges dans les guerres marcomanes. Cependant, ces peuples et d'autres peuples germaniques continuent à représenter une menace pour l'Empire, et les conflits armés reprennent très vite malgré une trêve signée. En outre, une grave pandémie connue comme la « peste antonine » éclate vers 166 et dévaste la population de l'Empire pendant plusieurs décennies. Le 27 novembre 176, Marc Aurèle décide d'associer au trône impérial son fils Commode, le seul survivant parmi ses fils (après la mort du jeune Annius Verus et celle de quelques neveux), en le nommant Auguste et en lui accordant la puissance tribunitienne et l’imperium. Le 23 décembre 176, Marc Aurèle, qui a battu les populations germaniques et sarmates au nord le long des limes du Danube, obtient par décret du Sénat romain le triomphe avec son fils Commode. Marc Aurèle meurt le 17 mars 180, à l'âge de cinquante-huit ans environ. Si la date ne fait pas débat, il n'en va pas de même pour son lieu de décès, une question qui reste non tranchée entre différentes localités de Pannonie où l'empereur mène campagne contre les sarmates : si plusieurs sources situent sans précision la mort de l'Auguste dans cette région, son contemporain, l'apologiste chrétien Tertullien, situe son décès plus précisément apud Sirmium, ce qui peut se traduire « à » ou « près de » Sirmium (Sremska Mitrovica, dans l'actuelle Serbie), une ville qui accueillait un palais impérial et qui servait de quartier général hivernal à ses troupes. On ignore les causes précises du mal qui emporte Marc Aurèle en à peine une semaine, dont la rapidité marque ses contemporains : tant la maladie que l'empoisonnement ont été évoqués. Ainsi, bien que Dion Cassius affirme que la mort est survenue « non pas à cause de la maladie dont il souffrait encore, mais à cause des médecins qui, comme je l'ai clairement entendu, ont voulu favoriser l'ascension de Commode » ou que l'on évoque parfois la peste qui sévit dans l'empire depuis des années, les hypothèses sur sa mort demeurent des conjectures. Marc Aurèle est remplacé par son fils Commode, qui a déjà été nommé César en 166, puis Auguste (co-empereur) en 177. Cette décision, qui met fin à la série des « empereurs adoptifs », est fortement critiquée par les historiens ultérieurs, car non seulement Commode est un étranger à la politique et au milieu militaire, il est aussi décrit, déjà à un jeune âge, comme extrêmement égoïste et avec de graves problèmes psychologiques, excessivement passionné par les jeux de gladiateurs (auxquels il participe lui-même). Lors de campagnes militaires entre 170 et 180, Marc Aurèle écrit ses pensées en grec comme source d'inspiration et d'amélioration personnelle. Le titre original de cette œuvre, si elle en avait un, est inconnu. Le titre Pensées pour moi-même, parfois simplement Pensées, est adopté plus tard. Les Pensées sont considérées comme un chef-d'œuvre de littérature et de philosophie, et contiennent les principales maximes du stoïcisme. Elles font partie des principaux ouvrages de ce mouvement philosophique, avec le Manuel et les Entretiens d'Épictète ainsi que l'œuvre de Sénèque. Les premières mentions du livre, ainsi que son premier nom connu les écrits de Marc Aurèle à lui-même, proviennent d'Aréthas de Césarée au Xe siècle et de la Souda byzantine. Il est publié pour la première fois en 1558 à Zurich par Guilielmus Xylander à partir d'un manuscrit perdu peu après. La plus ancienne copie manuscrite complète qui subsiste se trouve à la bibliothèque du Vatican et date du XIVe siècle.

Bel exemplaire.

Prix : 350 euros

vendredi 18 juin 2021

Pierre Vidal. Les Heures de la Femme à Paris. Tableaux Parisiens dessinés et gravés à l'eau-forte et accompagnés d'un texte par Pierre Vidal (1903). Édition de luxe tirée à 250 exemplaires. Exemplaire broché.

VIDAL, Pierre (auteur et illustrateur)

LES HEURES DE LA FEMME A PARIS. Tableaux parisiens dessinés, gravés à l'eau-forte et accompagnés d'un texte par Pierre Vidal.

Éditions Boudet, Librairie Lahure, Paris, 1903

1 volume in-4 (24 x 18,5 cm environ) broché de VIII-192-(1) pages. 96 aquatintes d'après les aquarelles de l'artiste (48 hors-textes 3/4 de page, 24 grandes vignettes d'en-tête et 24 culs-de-lampe. Premier plat de couverture illustré de la reproduction d'une grande composition de l'artiste à l'aquarelle. 150 frises de fleurs variées par l'artiste et mises en couleurs à l'aquarelle au pinceau à la main par le coloriste E. Greningaire.

ÉDITION ORIGINALE ET UNIQUE ÉDITION.

TIRAGE A 250 EXEMPLAIRES SEULEMENT.

Il a été tiré 25 exemplaires sur Japon avec suite, 5 exemplaires sur Japon nominatifs et 220 exemplaires sur vélin de cuve des papeteries du Marais, fabriqué spécialement pour cet ouvrage.

CELUI-CI, 1 DES 220 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN DE CUVE.






Si par la date de son impression (15 mars 1903) ce livre n'appartient plus à la catégorie des livres dits "fin de siècle", il s'en rattache pourtant par toutes ses composantes. Pierre Vidal (né en 1849) appartient à l'autre siècle et a travaillé abondamment pour plusieurs ouvrages encore recherchés de nos jours par les amateurs de beaux illustrés. Il illustre avec talent Les Heures Parisiennes, Paris qui Crie (1890), un Conte choisi de Maupassant publié par Octave Uzanne pour les Bibliophiles Contemporains (1891), Paris qui consomme (1893), La Femme à Paris d'Octave Uzanne (1894), La Vie des Boulevards Madeleine-Bastille et La Vie à Montmartre de Georges Montorgueil (1896), etc.






L'ensemble de ces ouvrages se caractérise par une abondante illustration faite d'après nature, véritables scènes de vie prises sur le vif. On y retrouve aussi bien la lingère que la bourgeoise, la dame du monde comme la cocotte ou la prostituée, les cabarets, les bals, toute la vie du Paris mondain et populaire fin de siècle (Paris 1900) se retrouve dans ses compositions toujours précises et vivantes.









Les Heures de la Femme à Paris a été entièrement mené par Pierre Vidal, riche illustration servie autour d'un texte divisé en 24 courts chapitres : ces 24 heures de la vie d'une femme à Paris en 1900. Depuis six heures du matin avec les balayeuses, le lever de la bonne, en passant par huit heures avec les ouvrières à l'atelier, les demoiselles de magasin, ou encore une élégante de deux heures, chez la couturière pour les quatre heures ou la sortie des ouvrières à sept heures du soir ; la folie de la nuit qui commence à neuf heures du soir avec les Folies-Bergères, le Moulin-Rouge, une danseuse moderne ; enfin, la nuit est là, le ballet de onze heures, l'arrivée au bal ; minuit et ses sorties de théâtre, sorties des artistes, les après-spectacles ; la nuit qui se prolonge, trois heures du matin avec la soupe aux Halles. Cinq heures du matin avec le retour du bal. Tout y est.

Pierre Vidal qui a collaboré plusieurs fois avec Octave Uzanne entre 1891 et 1894, a dû laisser à son ancien "auteur" comme un sentiment d'amertume et de jalousie lorsque ce dernier a vu sortir ce livre au printemps 1903. Tout dans ce livre est réussi : le papier, les encres, l'illustration, le format. Le tout concourant à faire de ce volume l'un des joyeux bibliophiliques de l'époque. Nul doute qu'Octave Uzanne a dû pâlir de ...






Bel exemplaire resté broché.

VENDU

mercredi 16 juin 2021

Les satires de Juvénal et de Perse. Avec des remarques, en latin et en français, de la traduction de Michel de Marolles (1658). Bel exemplaire relié à l'époque.

JUVENAL [Decimus Iunius Iuvenalis]. PERSE [Aulus Persius Flaccus]. Michel de Marolles (traducteur).

Les satires de Juvénal et de Perse, avec des remarques, en latin et en français.

A Paris, chez Guillaume de Luyne, 1658

1 volume in-8 de (14)-273 pages (les pages de gauche et les pages de droite portent le même numéro de page - soit un total de 546 pages en réalité), suivies des pages 274 à 458 et 22 pages non chiffrées (table et faux-titre). Le faux-titre latin a été relié par erreur à la fin du volume.

Reliure strictement de l'époque plein veau brun granité, dos à nerfs orné à la grotesque, tranches marbrées. Petit accident réparé à la coiffe de tête (visible mais moins visible que ne le laisse croire la photographie ci-dessous). Reliure fraîche. Intérieur très frais.

Seconde édition augmentée selon l'achevé d'imprimer en date du 15 janvier 1658.

Cette traduction donnée par Michel de Marolles (1600-1681) a été donnée pour la première fois en 1653 (le privilège avait été accordé au même libraire au mois d'août 1652).

Certains exemplaires de cette seconde édition de 1658 contiennent le frontispice gravé de l'édition de 1653 (il n'a pas été relié dans notre exemplaire). De même pour la page de titre en latin.












Michel de Marolles fut un infatigable traducteur des auteurs latins, notamment Stace, Lucain, Virgile, Ovide, Horace, Martial, Juvénal, Catulle, Tibulle, Properce, Pétrone, Térence, Plaute, Sénèque, etc. Michel de Marolles s'est attaché surtout à procurer à un public élargi des éditions bilingues et richement annotées des auteurs dramatiques et des poètes épiques, didactiques, satiriques et élégiaques. On lui doit, en particulier, la première traduction en langue vernaculaire du De rerum natura de Lucrèce, traduction dont Molière donna une imitation versifiée de certains fragments aujourd'hui disparue. Michel de Marolles fréquentait assidument le salon de Madame de Scudery et appréciait l'œuvre de Cyrano de Bergerac. Bien qu'ayant traduit un grand nombre des anciens auteurs classiques, Michel de Marolles soutint la querelle du côté des modernes.

Détestant Rome, ou plutôt ce qu'elle est devenue, Juvénal (55-128 ap. J.-C.) fait de ses contemporains une peinture acerbe et sans pitié. C'est un monde sur lequel « difficile est saturam non scribere » (« il est difficile de ne pas écrire la satire »). Selon lui, la Rome impériale s'est en effet transformée en une ville gigantesque, monstrueuse scène de théâtre remplie de bouffons qui s'ignorent et d'aigrefins, un lupanar. Juvénal ne retient pas ses attaques : il s'en prend tour à tour aux femmes qui, quand elles ne cocufient pas leurs maris, les empoisonnent par leur érudition avant de le faire pour de bon et de toucher l'héritage ; aux pères-la-pudeur qui dissimulent mal leur homosexualité sous leurs mâles paroles et leurs vêtements de soie diaphane ; aux riches à la fois raffinés dans leur dépravation et atteints d'une avarice sordide quand il s'agit de traiter leurs clients ou leurs gitons ; aux efféminés qui se marient entre eux à défaut de pouvoir enfanter ; aux Orientaux de tout poil, esclaves affranchis, tout spécialement les Grecs, qui évincent les vieux Romains des responsabilités ; aux faux dévots, qui n'invoquent les dieux que pour mieux délester le gogo de son bel argent. Juvénal n'hésite pas à aborder sur le ton de la farce le jeu politique, jeu dangereux où parler de la pluie et du beau temps vous vaut vite la disgrâce ou la mort. Le tableau (parodie d'une œuvre perdue) qu'il propose de la cour de Domitien, le « Néron chauve », s'il est riche de notations grotesques, rend très bien l'atmosphère cauchemardesque d'une époque exsudant la terreur. Enfin, dans la Rome de Juvénal, il arrive qu'une impératrice, plus souvent qu'à son tour, fasse le tapin ou qu'une princesse accouche d'une série d'avortons, tous copie fidèle de celui qui est à la fois leur oncle et père, l'Empereur. La langue de Juvénal permet de se faire une idée de la variété des parlers latins, selon les classes sociales et les régions. Elle est à la fois vigoureuse, voire crue, et savante. Juvénal aime jouer du contraste entre les mœurs des anciens Romains, frugaux et barbus, et celles de ses contemporains, perdus de luxe et efféminés. Les satires de Juvénal inspirèrent Nicolas Boileau-Despreaux.

Les six satires de Perse (34-62 ap. J.-C.) totalisent 650 vers et sont imprégnées de stoïcisme. Il y raille la poésie de son temps (I), dénonce la fausse dévotion (II), la morgue des grands (IV), la paresse (III), l'avarice (VI).

Le volume s'achève sur les Remarques sur les unes et les autres satires de Juvénal et de Perse. Ces remarques expliquent des points difficiles ou explicitent des difficultés ou des particularités dans la traduction du latin en français.

Bel exemplaire.

VENDU