jeudi 31 janvier 2019

Paul Bourget. Physiologie de l'amour moderne (1891) ou Analyse des désordres du cœur. Edition originale. Un des rarissimes 15 exemplaires sur papier Japon. l'amant, la maîtresse, le flirt, la naissance de la jalousie, la colère, la vengeance, la rupture et les remèdes à l'amour.


Paul Bourget

Physiologie de l'amour moderne. Fragments posthumes d'un ouvrage de Claude Larcher, recueillis et publiés par Paul Bourget, son exécuteur testamentaire.


Paris, Alphonse Lemerre, 1891. [achevé d'imprimer le 8 novembre 1890 par Alphonse Lemerre (Aug. Springer, conducteur), à Paris].

1 volume in-12 (19 x 19 cm), broché, de (4)-IX-435-(1) pages. Couvertures imprimées. Exemplaire à l'état de parution, non rogné, à grandes marges. Petites fentes le long du premier plat de couverture, dos néanmoins solide et non fendu. Exemplaire à l'état proche du neuf.

Édition originale.


Celui-ci, 1 des 15 exemplaires sur Japon (n°12)

(avec 100 ex. sur Hollande, 10 ex. sur Whatman et 25 ex. sur Chine). Exemplaire paraphé des initiales de l'éditeur Alphonse Lemerre comme il se doit.

Cet essai de Paul Bourget est dédié "A mon cher éditeur et ami Alphonse Lemerre, je dédie ces pages, qui font suite à Mensonges, comme un témoignage d'une déjà vieille affection. P.B. Rapallo, ce 8 octobre 1890." (dédicace imprimée placée sur le feuillet suivant le feuillet de titre).

Claude Larcher était un personnage déjà présent dans le roman précédent de Paul Bourget, Mensonges (1887). Hofmannsthal a largement étudié la Physiologie de l'amour moderne de Paul Bourget et notamment le personnage-écrivain fictif inventé par ce dernier : Claude Larcher. Paul Bourget décrit Claude Larcher : "Comme beaucoup d’écrivains d’analyse, il [Claude Larcher] était habitué à s’étudier et à se juger sans cesse, étude et jugement qui n’avaient d’ailleurs aucune influence sur ses actions. Les plus menus détails lui servaient de prétextes à des retours sur lui-même et sur sa destinée, mais le seul résultat de ce dédoublement continuel était de l’entretenir dans une lucidité inefficace et douloureuse de tous les instants." (Mensonges, p. 4-5). « Il flotte un parfum si aristocratique de cercle et de mirliton, de bookmakers et de marquises dans ce livre », dit Hofmannsthal à propos de La Physiologie de l’amour moderne.

Dans cet essai, sous titré Méditations de philosophie parisienne sur les rapports des sexes entre civilisés dans les années de grâce 188- , Paul Bourget expose sa théorie de l'amour moderne. C'est l'œuvre d'analyse du « premier » Bourget, écrite par un véritable physiologiste littéraire à prétention de physiologie scientifique et « qui a pour but d'arriver à la découverte de la loi générale dans le plus individuel des sujets ». Cette histoire de la maladie d'amour en évoque tous les aspects : l'amant, la maîtresse, le flirt, la naissance de la jalousie, la colère, la vengeance, la rupture et les remèdes à l'amour. L'auteur aborde ce sujet au travers d'anecdotes, introduisant une foule de personnages et parfois se mettant en scène. Dans cet « ouvrage grouillant de vie », nous découvrons un étalage chirurgical à propos des plus vulgaires sensations, l'ensemble des phénomènes cérébraux qui constituent l'instinct sexuel. En décrivant sur un ton de persiflage la femme, proie naturelle des désirs masculins, Paul Bourget (il a trente sept ans et vient de clôturer sa liaison parfois ombrageuse avec Marie Kann, qu'il a fini par détester) nous livre en fait toutes les découvertes qu'il a faites depuis dix ans sur la passion qui domine dans ce monde. Cette enquête sur les mœurs galantes des Parisiens dans les années 1880 apparut parfois comme une intention de libertinage et l'essayiste dut en adoucir plusieurs passages.


Le « premier » Paul Bourget, celui d'avant sa conversion au catholicisme, est moraliste, un analyste des désordres du cœur ; faisant preuve d'un certain relativisme, il accorde moins d'importance aux mœurs qu'à la psychologie et considère ses romans comme « de simples planches d'anatomie morale » Il accuse en effet une vision souvent pessimiste de la société. Pour Edouard Rod, son contemporain, Paul Bourget apparaît comme « un désabusé, sceptique, pessimiste, indifférent, aristocrate, bien décidé à s'isoler du troupeau vulgaire, curieux de joies et de douleurs plus rares que celles du commun, prêt à aller chercher une consolation au mal de vivre dans d'égoïstes jouissances artistiques » Bourget recherche en effet le style analytique, la précision de l'observation minutieuse et se réfère à la science médicale et anatomique de l'époque. Il s'oppose pourtant au naturalisme. Il définit en effet le moraliste comme étant « l'écrivain qui montre la vie telle qu'elle est » et cette prise de position littéraire est soutenue par une volonté de connaissance psychologique. Dans Mensonges, il dresse ainsi le tableau complet d'une société, avec ses ramifications, y compris ses lisières douteuses. Il ajoute : « Ce que Claude Bernard faisait avec ses chiens, ce que Pasteur fait avec ses lapins, nous devons le faire, nous, avec notre cœur, et lui injecter tous les virus de l'âme humaine. Nous devons avoir éprouvé, ne fût-ce qu'une heure, les mille émotions dont peut vibrer l'homme, notre semblable » Il écrit par ailleurs dans la préface de Physiologie de l'amour moderne : « Interdire à l'artiste la franchise du pinceau sous le prétexte que des lecteurs dépravés ne voudront voir de son œuvre que les parties qui conviennent à leur fantaisie sensuelle, c'est lui interdire la sincérité, qui est, elle aussi, une vertu puissante d'un livre […] Imaginons-nous un lecteur de vingt-cinq ans et sincère, que pensera-t-il de notre livre en le fermant ? S'il doit, après la dernière page, réfléchir aux questions de la vie morale avec plus de sérieux, le livre est moral. C'est aux pères, aux mères et aux maris d'en défendre la lecture aux jeunes garçons et aux jeunes femmes, pour qui un ouvrage de médecine pourrait être dangereux, lui aussi. Ce danger-là ne nous regarde plus. Nous n'avons, nous, qu'à penser juste si nous pouvons et à dire ce que nous pensons. Pour ma part, je m'en tiens à ce mot que me disait un saint prêtre : — « Il ne faut pas faire de mal aux âmes, et je suis sûr que la vérité ne leur en fait jamais […] ». Il ajoute : « la peinture de la passion offre toujours ce danger d'exercer une propagande. Rendre l'artiste responsable de cette propagande, c'est faire le procès non seulement à tel ou tel livre, mais à toute la littérature ». (Source documentée et bibliographie Wikipedia, article Paul Bourget).


Le second Paul Bourget (antidreyfusard, militariste et ami de Maurras, antisémite prosélyte, etc.) a éclipsé le premier pour n'en faire plus qu'un auteur de second rang répudié et dédaigné. Ses premiers romans et ces premiers essais, telle cette Physiologie de l'amour moderne, méritent à eux seuls d'être redécouverts et appréciés.

Très bon exemplaire de cet essai analytique sur les "désordres du coeur".

Très rare sur papier du Japon.

Prix : 900 euros

samedi 26 janvier 2019

Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]. Les Nuits de Paris ou l'Observateur Nocturne (1789). 11 parties reliées en 6 volumes in-12 (collection complète pour cette édition)



Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretonne]

Les Nuits de Paris, ou l'Observateur Nocturne. Par M. Rétif de la Bretone, auteur des Contemporaines, du Paysan et de la Paysane pervertis. [Première-Onzième partie].

A Londres, et se trouve Chez les principaux Libraires de France, 1789

11 parties reliés en 6 volumes in-12 (16,5 x 10 cm environ) de 171-(1), 180, 176, 183, 168, 168, 166, 168, 183, 187 et 176 pages. [Parties 1 à 11]. Tout ce qui a paru de cette contrefaçon.

Reliure demi-basane fauve de l'époque à petits coins, plats de papier raciné. Reliures usagées aux coins et coiffes, mors parfois fendus ou faibles, accrocs et manques aux pièces de titre et tomaisons, intérieur très frais et collationné complet de tout ce qui a paru de cette édition "pirate" (voir ci-dessous).

Édition "pirate". Contrefaçon partielle des Nuits de Paris.




Les "Nuits de Paris", l'un des plus importants ouvrages publiés par Rétif de la Bretonne, a paru en 16 parties entre 1788 et 1794. En 1788 ont paru les 14 premières parties qui constituent le corpus initial auquel ont été ajoutées les XVe (1791) et XVIe (1794) parties. L'ensemble des 14 premières parties de l'édition originale contient 380 nuits et 16 illustrations. L'édition que nous proposons, très mal décrite par les bibliographes (sans doute parce qu'ils n'ont pu l'avoir en mains - comme Paul Lacroix et Rives Childs qui en parle d'après Lacroix ...), est complète en 11 parties et sans illustrations. Cette édition clandestine semble donc n'avoir pas été jusqu'à son terme, volontairement semble-t-il si l'on prend en compte la date d'édition de 1789 (date à laquelle les 14 volumes de l'édition originale avaient déjà été publiés).




J. Rives Childs indique qu'il manque à son exemplaire les parties 12, 13 et 14. En réalité elles ne manquent pas, elles n'ont tout simplement jamais été imprimées. Cette série en 11 parties s'achève donc sur la 309e nuit (sur 380 que compte normalement les 14 premières parties).


Selon Michel Delon : "L'impression des Nuits commença, parallèlement à leur rédaction en mars 1787 et se poursuivit - avec des adjonctions de dernière minute - jusqu'en novembre 1788, ce qui permit aux douze premières parties de paraître avant la fin de cette année 1788. Les deux dernières (XIII et XIV) ne furent disponibles qu'en 1789. [...]. En 1789, sont parues une contrefaçon des sept (??) premiers volumes, intitulée Les Nuits de Paris ou l'Observateur nocturne (Londres) [...]." (Notes de l'édition Folio Classique, pp. 327-328, 1999).




"Qui Rétif rencontre-t-il lorsqu'il se promène la nuit du côté des Tuileries, de la foire Saint-Laurent, du Jardin des plantes, au bal de l'Opéra ou dans les allées du nouveau Palais-Royal ? Une Vaporeuse, une fille violentée, une fille perdue, une fille honteuse, une fille ensevelie vivante, un homme aux lapins, un homme qui ne dépense rien, un décolleur d'affiches, un homme échappé au supplice, un pendu puis rompu, des bouchers, deux abbés qui se battent en duel, un garçon en fille, des tueurs-de-temps, des violateurs de sépultures, des balayeurs, des acteurs, des littérateurs et toutes les «incongruités nocturnes» qu'offfrent les bas-fonds, les ruelles, les bals, les cafés et les cachots de Paris à la veille de la Révolution. Les surréalistes se souviendront du Paris de Rétif, qui est déjà celui de Nerval et de Baudelaire." (Michel Delon)




Fils de paysans de l'Yonne, devenu ouvrier typographe à Auxerre et Dijon, Nicolas Restif de La Bretonne s'installe à Paris en 1761 : c'est alors qu'il commence à écrire. Il a une vie personnelle compliquée et est sans doute indicateur de police. Polygraphe, il fait paraître de très nombreux ouvrages touchant à tous les genres, du roman érotique (L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour) au témoignage sur Paris et la Révolution (Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne, 1788-1794, 8 volumes) en passant par la biographie avec La Vie de mon père (1779) où il brosse un tableau idyllique du monde paysan avant la Révolution avec la figure positive de son père. Il a également touché au théâtre sans grand succès. Cherchant constamment des ressources financières - il mourra d'ailleurs dans la misère -, il écrit aussi de nombreux textes pour réformer la marche du monde. Cependant l'œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie, Monsieur Nicolas, en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d'une existence et expose les tourments de l'auteur/narrateur comme à propos de la paternité - le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle. C'est aussi un philosophe réformateur pénétré de rousseauisme qui publie des projets de réforme sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, et un auteur dramatique. (Babelio)



Provenance : signature "Bartholdi" (?) au premier volume.

Localisation : Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne (Suisse) [11 parties] ; Bibliothèque de Bordeaux (catalogue, 1837), n°4.666 [11 parties] ; Le Bibliographe alsacien, n°364 (11 premières parties ... et pour cause).

Nous ne savons pas à qui imputer la mise en œuvre de cette édition "avortée" ? Une étude précise des ornements utilisés, de la mise en page et du caractère utilisé, du papier, pourrait sans doute permettre d'attribuer à une ville et un atelier d'imprimerie précis. Une étude rapide nous amène à penser qu'il pourrait s'agir d'une contrefaçon produite en Suisse. Elle est imprimée sur beau papier en assez jolis caractères et assez correcte.

Références : J. Rives Childs, Restif de la Bretonne, pp. 303-307 ; P. Lacroix, Restif de la Bretonne, pp. 258-301 (qui décrit si mal cette contrefaçon qu'il ne l'a sans doute jamais eu entre les mains).




Bon exemplaire en condition d'époque de cette édition pirate rare, encore plus rare même que l'édition originale.

Renseignements complémentaires sur demande.


Prix : 2.500 euros 

vendredi 25 janvier 2019

Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]. L'Andrographe ou Idées d'un honnête-homme, sur un Projet de Règlement, proposé à toutes les Nations de l'Europe, pour opérer une Réforme générale des mœurs, et par elle, le bonheur du Genre-humain. Avec des notes historiques. Bel exemplaire dans sa première reliure de l'époque.


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretonne]

L'Andrographe ou Idées d'un honnête-homme, sur un Projet de Règlement, proposé à toutes les Nations de l'Europe, pour opérer une Réforme générale des mœurs, et par elle, le bonheur du Genre-humain. Avec des Notes historiques et justificatives. Recueillies par N.-E. Rétif-de-la-Bretone, éditeur de l'ouvrage. Première partie. [suivi de :] Seconde partie contenant les notes.

A La-Haie, chés Gosse et Pinet, et se trouve à Paris, chés la d(a)me Veuve Duchesne et Belin, et Mérigot-jeune, 1782

2 parties reliées en 1 volume in-8 (21 x 13,5 cm. Hauteur des marges : 202 mm) de (1)-475-(1) pages. Pagination continue.

Reliure de l'époque pleine basane caramel, dos lisse orné, pièce de titre. Quelques épidermures sur les plats. Les gardes volantes ont été coupées. Intérieur très frais. Le pourtour des premiers et derniers feuillets légèrement bruni sans gravité. Reliure solide et décorative typique de son époque (vers 1790-1795).



Edition originale.

Notre exemplaire est en 476 (i.e. 478 la dernière n'étant pas paginée et donnant une liste des ouvrages de l'auteur) pages mal paginées à la fin (il y a 2 pages paginées 472). Lacroix signale des exemplaires en 492 pages (les pages 477 à 492 son un Supplément au Pornographe et Suite de la note [Q]. Mais Rives-Childs précise que ce supplément signalé par Paul Lacroix n'a rien à faire avec l'Andrographe. C'est une suite normalement ajoutée à la troisième édition du Pornogaphe de 1776 et c'est par une simple coïncidence que la pagination de ce supplément se trouve conforme à la fin de l'Andrographe et c'est ce fait seulement qui a permis à Restif de l'ajouter comme s'il appartenait à ce volume.


Cet ouvrage devait tout d'abord porter le titre de l'Anthropographe, ou l'Homme réformé, titre qui se trouve en tête du texte après l'introduction et au commencement de la seconde partie. C'est le tome IV des Idées singulières, et "le complément du troisième volume (les Gynographes) ; l'homme et la femme ne pouvant être réformés l'un sans l'autre".


"Les journalistes n'ont point parlé de ce quatrième volume que l'auteur ne leur a point envoyé, mais il est bien supérieur aux deux premiers, par l'importance de la matière." (Rétif de la Bretonne, Revue des ouvrages, p. CCXLIII.). L'ouvrage, commencé en 1776 et repris en 1780, fut achevé en 1781, durant l'impression des Contemporaines (Ibid., p. CCXXXIV).



Tabarant avait le pressentiment que l'Andrographe "ne circula que par le colportage. Il est des plus rares." Le livre a-t-il été saisi, supprimé, mis à l'index ?" se demande Paul Lacroix. Rives-Childs ne tranche pas sur ces points malgré ses propres recherches.

"C'est surtout dans l'Andrographe que Restif a donné pleine carrière à ses théories socialistes." (Rives-Childs).


Au verso du titre, on lit cet avis de l'éditeur (Rétif de la Bretonne) : « Les puristes, ces ennemis immortels de tout bien, m'ont reproché d'avoir composé le Pornographe. Je leur déclare ici que je m'en applaudis ; c'est un projet utile, honnête, et le Gouvernement ne commettrait aucune indécence, en le réalisant : il n'y a rien d'indécent, pour la Divinité, pour la Nature et pour les corps politics (sic) ; Dieu et la Nature ont fait l'anus et la bouche, sans s'avilir ; ils ont réglé les fonctions des parties secrètes, etc. Les corps politics peuvent en faire autant. Comme auteur, je n'ai pas traité une matière insolite ; Philon, qui valait bien nos puristes, a fait un livre de Meretricis mercede, et Philon avait des mœurs pures. Les écrivains utiles ont toujours de la peine et du temps à perdre, pour répondre aux sots et aux mal-intentionnés ; c'est un mal nécessaire. »



Référence : J. Rives Childs, Restif de la Bretonne. Témoignages et Jugements. Bibliographie, p. 281-282. P. Lacroix, Bibliographie des ouvrages de Rétif de la Bretonne, p. 207-212 ; Tabarant, le Vrai visage de Rétif de la Bretonne, p. 275-276).

Bel exemplaire en condition d'époque.

Prix : 2.800 euros



mardi 22 janvier 2019

Marquise de Sévigné (Marie de Rabutin-Chantal). Lettres (1726). Rare édition primitive. Contrefaçon de l'édition de Rouen parue la même années. Bel exemplaire.


Marquise de Sévigné (Marie de Rabutin-Chantal).

Lettres de Marie Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné, à Madame la Comtesse de Grignan sa fille. Tome premier et deuxième (complet).

Sans nom, sans lieu (Rouen), 1726.

2 tomes reliés en 1 volumes in-12 (17 x 10 cm - Hauteur des marges : 162 mm), pages de titre imprimées en rouge et noir, vignette gravée sur bois sur les titres (différentes pour chaque titre) de 1 feuillet de titre, 271 pages (dont 14 pages de préface, ce premier tome contient 74 lettres de Mme de Sévigné, précédées de 4 lettres de M. de Coulanges) et 1 feuillet de titre, 220 pages pour le deuxième tome (contient les lettres 75 à 134, soit 60 lettres). Exemplaire grand de marges.

Reliure plein veau brun, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin rouge (reliure strictement de l'époque). Exemplaire en belle condition. Coiffe supérieure arasée, mors partiellement fendillé sans gravité, quelques frottements et marques sans gravité, intérieur très frais, sans rousseurs.


Contrefaçon rare de l'édition de Rouen en gros caractères parue la même année.


On sait que la première édition des lettres de Mme de Sévigné date de 1725 et a été donnée subrepticement en une mince plaquette de 75 pages regroupant seulement quelques lettres pour la plupart incorrectement retranscrites et fragmentaires (31 fragments). Cette première édition rarissime et quasi mythique n’était connue qu’à 2 ou 3 exemplaires à la fin du XIXè siècle, il ne semble pas qu’on en est répertorié d’autres depuis. Les bibliographes considèrent donc comme véritable seconde édition originale l’édition dite de Rouen publiée en 1726 par les soins du fils de Roger de Bussy-Rabutin (cousin indiscret de la Marquise). On a beaucoup tergiversé pour savoir s’il s’agissait du fils aîné (Amé-Nicolas de comte Bussy-Rabutin) ou bien du cadet, futur évêque de Luçon, abbé de Bussy. Cette édition furtive, désavouée par la petite-fille de Mme de Sévigné, Mme de Simiane, fille de Mme de Grignan, est très rare et les exemplaires en reliure de l’époque en bonne condition se rencontrent difficilement.


Il existe d’après Rochebilière deux tirages différents de cette édition avec des fleurons de titre différents (nous en avons repéré déjà au moins trois qui différent uniquement par la disposition et les fleurons de titre). Cette édition n’a pas d’errata (les fautes ont été corrigées).


Bel exemplaire.

Les éditions anciennes en belle condition des Lettres de la Marquise de Sévigné sont toujours recherchées des bibliophiles.

Prix : 1.800 euros


Rétif de la Bretonne (Restif de la Bretone). Mes Inscripcions. Journal. 1889. Edition originale publiée par Paul Cottin. Bel exemplaire.


Nicolas-Edme Restif de la Bretonne [Rétif de la Bretone]. Paul Cottin (éditeur/préfacier)

Mes Inscripcions. Journal intime de Restif de la Bretonne (1780-1787). Publié d'après le manuscrit autographe de la Bibliothèque de l'Arsenal. Avec Préface, Notes et Index, par Paul Cottin.

Paris, Librairie Plon, 1889 [Bibliothèque Elzévirienne]

1 volume in-12 (17 x 11,5 cm) de (6)-CXXV-338-(1) pages. Fac-similé d'autographe de Rétif de la Bretonne.


Cartonnage éditeur pleine percaline rouge. Reliure éditeur pour la Bibliothèque Elzévirienne. Belle impression sur papier vergé, non rogné. Exemplaire très frais tant en ce qui concerne la reliure que l'intérieur.

Édition originale.

L'importante préface occupe plus de 120 pages et fournit tous les détails nécessaires à la compréhension de l'oeuvre intime de Rétif de la Bretonne.


"Le manuscrit autographe de Restif a été découvert dans le dépôt des Archives de la Bastille, à la Bibliothèque de l’Arsenal. On sait que les papiers saisis par la police étaient versés, plus tard, à la Bastille. Comment l’œuvre de Restif a-t-elle pu s’y trouver ? Sans doute à la suite d’une descente faite, pour tout autre motif, chez un imprimeur ou un éditeur, ou même chez un simple particulier : agité par des craintes perpétuelles, il avait la manie de cacher ses manuscrits hors de son logis. Cependant, il ne fut point inquiété, et n’eut point à souffrir de perquisition chez lui, avant le 14 juillet 1789. L’aspect de ces notes écrites au jour le jour, souvent heure par heure, serrées sur un papier rugueux, presque illisibles par endroits, confirme ce que Restif dit lui-même : à l’exemple de Beaumarchais, il ménageait incroyablement le papier. Leur déchiffrement n’a point été la moindre difficulté de notre tâche, encore compliquée par un grand nombre d’abréviations spéciales dont la clef ne s’obtient qu’à la longue. Nous avons rétabli le texte le plus souvent possible. Il comprend une période qui s’étend du 1er janvier 1780 au 19 août 1787, et ne forme pas plus de cinquante-six feuillets in-quarto, cotés 972 à 1028 et divisés en 1164 paragraphes. Suivent deux feuillets, chiffrés 1202-1203. Dans ses promenades quotidiennes sur les quais de l’île Saint-Louis, Restif avait pris la bizarre habitude de tracer des inscriptions commémoratives sur la pierre des parapets. Les paragraphes 1 à 551 donnent le relevé en bloc de ces inscriptions, commencé le jour où il s’aperçut qu’une main malveillante les effaçait. Le reste constitue le journal proprement dit. [...]" (extrait de la Préface par Paul Cottin).


Fils de paysans de l'Yonne, devenu ouvrier typographe à Auxerre et Dijon, Nicolas Restif de La Bretonne s'installe à Paris en 1761 : c'est alors qu'il commence à écrire. Il a une vie personnelle compliquée et est sans doute indicateur de police. Polygraphe, il fait paraître de très nombreux ouvrages touchant à tous les genres, du roman érotique (L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour) au témoignage sur Paris et la Révolution (Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne, 1788-1794, 8 volumes) en passant par la biographie avec La Vie de mon père (1779) où il brosse un tableau idyllique du monde paysan avant la Révolution avec la figure positive de son père. Il a également touché au théâtre sans grand succès. Cherchant constamment des ressources financières - il mourra d'ailleurs dans la misère -, il écrit aussi de nombreux textes pour réformer la marche du monde. Cependant l'œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie, Monsieur Nicolas, en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d'une existence et expose les tourments de l'auteur/narrateur comme à propos de la paternité - le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle. C'est aussi un philosophe réformateur pénétré de rousseauisme qui publie des projets de réforme sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, et un auteur dramatique. (Babelio).


Le journal de Rétif de la Bretonne est une mine (quasi cryptée) pour qui veut comprendre les rouages extraordinairement compliqués de cet esprit de génie.

Bel exemplaire de cette édition recherchée.

Prix : 350 euros

jeudi 17 janvier 2019

Rétif de la Bretonne. L'Ecole des Pères (1776). Traité d'éducation inspiré par l'Emile de Jean-Jacques Rousseau. Exemplaire relié par Petit successeur de Simier.


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]

L'Ecole des Pères. Par N. E. Retif de la Bretone.

En France, et à Paris, chés la veuve Duchesne, Humblot, Le Jai et Dorez, Delalain, Esprit et Mérigot, 1776

3 tomes reliés en 2 volumes in-8 (20 x 13 cm) de (1)-480, (1)-192 et (1)-370-(2) pages.

Reliure demi-maroquin prune à larges coins, dos lisses ornés, filets dorés, tête dorée (reliure de la seconde moitié du XIXe siècle signée Petit successeur de Simier. Extrémités des coins et coiffes usés/frottés, dos passés. Intérieur frais malgré quelques marges légèrement brunies, sans gravité. Complet.

Deuxième édition.


Exemplaire cartonné comme la plupart des exemplaires qu'on peut trouver de cet ouvrage malmené par la censure.

Voici les cartons présents dans cet exemplaire: Tome 1: pages 31 à 36 remplacées par un seul feuillet (B7), pages 41-42, 51-52, 54-55, 57-58, pp. 79 à 81 et cahier D remaniés, pages 82 à 86 remplacées par une seule page numérotée 82-86, pages 355 à 374 remplacées par un seul feuillet. Tome 2: pages 59-60, pages 121 à 128 remplacées par un seul feuillet. Tome 3: pages 1-2, pages 19 à 22, remplacées par un feuillet, tout comme pour les pages de 25 à 40 et de 305 à 308.

Cette "seconde édition" censurée et remaniée, d'après Rives Childs, aurait été imprimée en réalité entre 1776 et 1780, sans pouvoir être plus précis.


Cet ouvrage existe sous le titre de "Le Nouvel-Emile" (il en existe deux ou trois exemplaires portant ce titre conservés à la Bibliothèque de l'Arsenal (Rives Childs, p. 240). La censure fut la cause des changements que le Nouvel-Emile a dû subir avant de paraître dans une forme encore abrégée sous le titre de l'Ecole des Pères. Restif nous explique que "mon Nouvel-Emile... a paru sous le titre de l'Ecole des pères" (Monsieur Nicolas, t. VII, p. 4151).  Restif commençait son travail d'un nouvel ouvrage après avoir achevé, au commencement d'avril 1770, les deux premiers volumes des Idées singulières. Il faisait la connaissance à ce moment d'Elise Tulout (l'Elisabeth de la Malédiction paternelle). (Rives Childs)

Dans l'idée de Rétif de la Bretonne, cet ouvrage faisait partie intégrante des Idées singulières (Pornographe, Andrographe, Thesmographe, Gynographes) sous le faux-titre titre : L'Educographe.


On trouve dans cet ouvrage, comme presque toujours avec Rétif, un enchevêtrement de récits qui n'ont pas d'obligations les uns aux autres. Cependant très intéressant pour le récit qu'il fait des journées "paysannes" de sa région de la Bourgogne (Yonne). C'est aussi un traité d'éducation de l'homme-social (l'homme vivant en société).


"Mis à part, peut-être, La Philosophie de Monsieur Nicolas, aucun des ouvrages où Rétif expose ses idées ne se présente sous forme de pur traité : dans l'Ecole des pères (1776), c'est par le biais d'un "journal d'éducation", où viennent s'insérer entretiens, lettres et récits, qu'il livre ainsi ses théories pédagogiques (inspirées par la lecture de l'Emile de Rousseau) et aborde la plupart des domaines de la connaissance (des techniques de labourage à la structure de l'univers). Ce journal est tenu par le Comte de S*, qui y consigne pour sa fille Désirée les étapes de la découverte par son futur gendre, Roger, du milieu rural puis urbain." (Françoise Le Borgne).

Fils de paysans de l'Yonne, devenu ouvrier typographe à Auxerre et Dijon, Nicolas Restif de La Bretonne s'installe à Paris en 1761 : c'est alors qu'il commence à écrire. Il a une vie personnelle compliquée et est sans doute indicateur de police. Polygraphe, il fait paraître de très nombreux ouvrages touchant à tous les genres, du roman érotique (L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour) au témoignage sur Paris et la Révolution (Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne, 1788-1794, 8 volumes) en passant par la biographie avec La Vie de mon père (1779) où il brosse un tableau idyllique du monde paysan avant la Révolution avec la figure positive de son père. Il a également touché au théâtre sans grand succès. Cherchant constamment des ressources financières - il mourra d'ailleurs dans la misère -, il écrit aussi de nombreux textes pour réformer la marche du monde. Cependant l'œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie, Monsieur Nicolas, en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d'une existence et expose les tourments de l'auteur/narrateur comme à propos de la paternité - le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle. C'est aussi un philosophe réformateur pénétré de rousseauisme qui publie des projets de réforme sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, et un auteur dramatique. (source Babelio).

Référence : J. Rives Childs, Bibliographie des ouvrages de Rétif de la Bretonne, p. 240 ; P. Lacroix, Rétif de la Bretonne, p. 136-143 ; Françoise Le Borgne, Récits et expériences dans L’École des pères de Rétif (Etudes Rétiviennes, N° 30, juin 1999, p. 89-100).

Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun.

Prix : 2.000 euros

mardi 15 janvier 2019

Adolphe Guillot. Paris qui souffre. La basse Geôle du Grand Châtelet et les Morgues modernes. 1371-1887. Rare tirage sur Japon. Exemplaire de la bibliothèque d'Octave Uzanne.


Adolphe Guillot. Ernest Daudet (préface)

Paris qui souffre. La basse Geôle du Grand Châtelet et les Morgues modernes par Adolphe Guillot, juge d'instruction à Paris. Avec une préface par Ernest Daudet.

Paris, P. Rouquette, 1887

1 volume grand in-8 (25,5 x 17,5 cm) de VI-290-(10) pages. Quelques illustrations dans le texte. Frontispice gravé.

Reliure à la bradel de l'époque demi-toile verte à larges coins. Pièce de titre en cuir. Fleuron et millésimé dorés au dos. Couvertures imprimées conservées (les deux plats). Quelques légers frottements à la reliure. Intérieur parfait.

L'un des rares exemplaires tirés sur papier du Japon (non justifiés).

"Ah ! le cruel et terrible livre ce Paris qui souffre ! mais le beau livre aussi, et bon surtout ! En son titre pourquoi ne pas le dire ? il annonce, à la vérité, un sujet plus vaste encore que celui où l'auteur s'est maintenu et M. Adolphe Guillot le reconnaît lui-même au terme d'un éloquent paragraphe. « Paris qui souffre, en y pensant bien, c'est Paris tout entier ». Par un artifice littéraire auquel les traités de rhétorique donnent un nom plus ou moins barbare, il a pris la partie pour le tout, non dans l'intention mesquine d'attirer le lecteur en lui promettant, sinon autre chose, plus, assurément, qu'il ne donne ; mais, tout au contraire, dans la crainte de voir son livre « confondu avec les œuvres malsaines qui exploitent la brutale curiosité des foules pour l'ignoble et le scandaleux, en inscrivant sur la première page le nom sinistre de la "Morgue". Car, sous le titre de Paris qui souffre, c'est l'histoire de la Morgue dans le passé, c'est l'étude de l'institution actuelle au point de vue philosophique et social que nous présente M. Adolphe Guillot. Et c'est bien dans cette sombre hôtellerie, en effet, que Paris qui souffre donne ses suprêmes rendez-vous « C'est là que se recueillent les épaves des existences dévoyées, que défilent vers l'éternité les longues processions des âmes flétries, des courages abattus et des consciences coupables, » Où trouverait-on de plus sûrs documents pour écrire l'histoire du crime et de la misère noire que dans ce petit espace, la Morgue, qu'on ne saurait visiter, si peu qu'on ait de pitié dans le cœur, « sans songer aux redoutables problèmes que la vie soulève à chaque pas, dans une cité où se heurtent de violentes passions et où abondent tant d'éléments de dissolution sociale ? Et qui la connaîtrait mieux, la Morgue, que M. Adolphe Guillot, le magistrat qui, par sa fonction, y est appelé presque chaque jour, le juge qui a instruit avec autant de pénétration que d'humanité tant de causes célèbres, depuis une douzaine d'années, et est devenu populaire en ce Paris qui ne peut sans admiration le voir rivaliser d'audace avec nos plus hardis pompiers, atteindre aux parties les plus inaccessibles, braver les écroulements, affronter les trombes d'eau, risquer l'asphyxie, franchir des brasiers dans les ruines brûlant encore de l'Opéra-Comique, par devoir professionnel, sans doute, mais par le culte de la justice surtout, car il procédait à l'enquête sur les responsabilités du sinistre. Tel est l'auteur de Paris qui souffre. Sur le livre, j'ajouterai peu de chose à ce qui précède, je n'en ferai pas l'analyse ; il faut les lire, ces pages exemptes de tout lieu commun déclamatoire, par cela même si émouvantes, que traverse le souffle d'une ardente charité, chargées de pitié pour les vaincus de la vie, animées de la plus haute philosophie spiritualiste, inspirées par la foi religieuse en la survivance de l'âme édictées par l'amour fervent de l'humanité, en même temps qu'elle sont écrites avec le souci de la vérité le plus scrupuleux. Parmi les réformes que sa longue expérience lui suggère et qu'il sollicite si éloquemment au nom de la civilisation, celle qui lui tient le plus au cœur, qu'il appelle au plus vite et avec le plus d'insistance, c'est la suppression de l'entrée libre à la Morgue, l'exposition publique des cadavres inutile à l'action de la justice étant avec ses « exhibitions hideuses », ses « représentations extraordinaires », ses « mises en scène trop dramatisées », un outrage au respect dû à la mort et un appât malsain offert à « l'engouement du public pour les spectacles horribles ». Or, dit encore M. Guillot, « la vue de l'horrible pervertit l'esprit ; il ne faut point dire ad alta per fœda et horrida ! Il Ayons le souci de la dignité humaine, car – et c'est le dernier mot de ce cruel et terrible et beau et bon livre « tout ne finit pas avec la dernière larme qui vient mouiller à l'heure suprême les yeux de celui qui a souffert dans ce monde ». (Critique littéraire du Mois, Le Livre, 1888).

Une seconde édition paraîtra dès l'année suivante (1888) chez le même éditeur. 


Provenance : F. Chandenier (ex libris gravé), historien érudit et bibliophile sénonais (Sens, Yonne). Octave Uzanne bibliophile et homme de lettres (ex libris artistique gravé, par Aglaus Bouvenne - vente du 2 mars 1894, n°219)

Références : Vicaire III- 116 (tirage à 500 ex. dont 25 Japon, 25 Hollande et 450 vélin).

Bon exemplaire du rare tirage sur papier du Japon (25 exemplaires sur ce papier).

Prix : 390 euros