mardi 19 octobre 2021

Gustave flaubert. Fernand Hertenberger. La Tentation de Saint Antoine (1943). Un des exemplaires avec la rare suite sur Chine teinté. 33 eaux-fortes très puissantes. Bel exemplaire.

Gustave FLAUBERT. Fernand HERTENBERGER (illustrateur).

LA TENTATION DE SAINT ANTOINE de Gustave Flaubert. Eaux-fortes originales de F. Hertenberger.

La Tradition, 1943

1 volume in-4 (28,5 x 23 cm), en feuilles, 263-(1) pages. 33 eaux-fortes tirées en noir dans le texte et hors-texte. Couverture imprimée en noir et bleu. Excellent état, sans rousseurs. Petite déchirure au mors supérieur en haut de la couverture (sans gravité et peu visible). Sans emboîtage.

Tirage limité à 325 exemplaires.

Celui-ci, un des 100 exemplaires sur vélin d'Arches à la forme.

Ces exemplaires sont annoncés accompagnés d'une suite des eaux-fortes tirées sur vélin d'Arches.

Notre exemplaire est accompagné d'une suite des eaux-fortes tirées sur Chine teinté (papier annoncé à la justification pour le tirage à 33 exemplaires). Parfait état de la suite, sans rousseurs.

Cette édition est due à la collaboration de l'éditeur Louis Conard (qui détenait les droits des éditions de cet ouvrage de Flaubert) et des imprimeurs Marthe Fequet et Pierre Baudier. Les eaux-fortes ont été tirées dans les ateliers en taille-douce des éditeurs de La Tradition, Léon Aubert étant contremaitre, avec la collaboration de Marcel Solignac, Archange Ragosta, Jack Mesureur, Jean Blanche et Albert Winter (pressiers). La mise en pages de l'artiste a été exécutée avec la collaboration de Paul Durupt. Le volume a été achevé d'imprimer le 15 novembre 1943.



Fernand Hertenberger est né à Reimsen 1882 et mort à Saint-Benoît-du-Sault en 1970). Illustrateur, dessinateur, graveur et peintre français, on lui doit l'illustration magistrale de plusieurs ouvrages importants. Élève de Tony Robert-Fleury, de François Flameng et d'Adolphe Déchenaud, il expose régulièrement au Salon des artistes français, et entame une importante carrière d'illustrateur. Surtout connu pour ses eaux-fortes, il livre des planches d'illustration pour les Chroniques Corses de Pierre Dominique en 1926, Psyché de Pierre Louÿs en 1927, le Billet de Lucinde d'Henri de Régnier en 1928, Le Colonel Chabert de Balzac en 1929 et Là-bas de Huysmans (il réalise les estampes en 1926 et les expose lors du Salon des Humoristes de 1929), pour Les Choses voient d'Edouard Estaunié, et La Tentation de saint Antoine en 1943, puis après guerre, pour une édition du Bocage de Ronsard en 1946, Salammbô de Flaubert (1947), Le Trophée des vulves légendaires publié à Bruxelles en 1948, et une édition des Euménides d'Eschyle en 1949, ainsi que les Fables de La Fontaine. Par certains côtés, la puissance des gravures de Fernand Hertenberger rappelle celle de Raphaël Freida, son contemporain.






La Tentation de saint Antoine est un poème en prose de Gustave Flaubert (1849-1856-1870), publié en 1874. Il existe deux versions antérieures au texte publié en 1874 : l'une date de 1849 et l'autre de 1856. Hanté dès 1835 par ce thème que le Caïn de Byron et le Faust de Goethe avaient déjà illustré, Flaubert écrivit trois versions de ce long poème cosmique où l'anachorète de la Thébaïde dialogue avec des apparitions successives. Antoine, évoquant les souvenirs trop vivaces de son passé, connaît à nouveau les tentations démoniaques : des visions de luxure, les séductions du pouvoir ou de la volupté le sollicitent ; plus troublante encore est l'apparition de son disciple, Hilarion, qui lui présente « tous les dieux, tous les rites, toutes les prières, tous les oracles », soulignant les contradictions des Écritures. Et quand, sous le nom de Sciences, le démon dévoile à Antoine les secrets de l'univers, l'anachorète aspire un moment à se fondre dans la matière dont il aperçoit l'extraordinaire foisonnement ; mais, dans le disque du soleil qui se lève, resplendit le visage du Christ. Alliance originale de l'évocation du monde gréco-latin du ive siècle et de l'énoncé des théories modernes, cette œuvre symbolique contient des tableaux d'une grande beauté plastique.





Puissante illustration peuplée de démons et de femmes alanguies. Tout le talent de Fernand Hertenberger se retrouve ici, à l'instar de son illustration pour Salammbô du même auteur ou encore les Trophées des vulves légendaires dans le domaine ouvertement curiosa.

Bel exemplaire avec la rare suite sur Chine teinté.

Prix : 950 euros

lundi 18 octobre 2021

Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]. La Mimographe ou Idées d'une honnête-femme pour la réformation du théâtre national (1770). Edition originale et unique édition. Bel exemplaire en condition d'époque.

Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone].

La mimographe ou Idées d'une honnête-femme pour la réformation du théâtre national.

A Amsterdam, chez Changuion, libraire, et à La Haye, chez Gosse et Pinet, libraires, 1770

2 parties en 1 volume in-8 (20,6 x 13 cm) de 466 pages.

Reliure de l'époque plein veau caramel marbré, dos lisse orné aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin brun, tranches rouges, doublures et gardes de papier marbré. Très bon état de conservation de la reliure malgré des réparations de surface aux mors, quelques éraflures (pièce de titre) et frottements et épidermures sur les plats, sans gravité aucune et le tout restant assez discret, intérieur très frais. Exemplaire sans le feuillet de faux-titre qui indique : "Idées singulières. Tome second." (jamais relié).
 
Édition originale et unique édition.



Second volume de la série des "graphes" donnée par Rétif de la Bretonne et rentrant dans la série de ses ouvrages servant de documentation à sa réformomanie. Le premier volume, le plus célèbre d'entre les cinq qu'il donnera, à savoir Le Pornographe (traité de réformation de la prostitution) avait paru l'année précédente (1769) et avait connu un beau succès avec une nouvelle édition et les contrefaçons qui suivront.









En tête de la page 297 on lit : Seconde partie. Notes. A cet endroit commencent en effet des notes imprimées en petits caractères serrés. Un errata se trouve imprimé au verso du faux-titre. Selon Rétif lui-même (Monsieur Nicolas) ce volume a été imprimé à 2.000 exemplaires. Il n'a jamais été réimprimé ni contrefait. Ce qui fait dire à Paul Lacroix : "Cet ouvrage est rare, peut-être très-rare." La Mimographe, écrit Paul Lacroix, mérite d'occuper une place dans une collection de livres sur le théâtre, car il renferme beaucoup de détails historiques et de particularités curieuses. Paul Lacroix pense que Rétif a eu peu de part à la compilation des notes et du texte, qui doit revenir très certainement à Nougaret, alors ami de Rétif mais déjà brouillé avec lui au moment de la mise sous presse du volume. Selon Lacroix, Rétif y a pourtant contribué à sa manière, en y ajoutant un roman relatif aux mœurs du théâtre, outre une foule d'idées singulières qui lui appartiennent bien. La Mimographe a été composé par Rétif durant tout l'été 1769. Il l'imprima avec l'aide du prote Michel, comme le Pornographe.

Rétif ne gagna rien avec cet ouvrage alors qu'il travailla activement à la casse, sous prétexte, écrit-il dans Monsieur Nicolas, "que c'étaient des changements, et que je devais bien faire mon manuscrit, du premier coup. Je dévorai tout cela. Je pouvais objecter la difficulté de la matière et son importance. Je n'objectai rien; je travaillai six mois, du matin au soir, avec une application dont peu d'hommes sont capables... Ce volume fut beaucoup plus gros que le premier (la première édition du Pornographe) ; les notes en furent plus étendues, plus raisonnées ; l'enveloppe romanesque en est mieux faite. Il y a beaucoup de néologisme, qui n'est pas toujours également heureux." C'est l'enveloppe romanesque dont Rétif est le fabricateur écrit Paul Lacroix ; mais combien de choses curieuses et intéressantes, dans les Notes, sur l'intérieur de la scène, sur les théâtres du boulevard du Temple, sur les acteurs et les actrices, sur le déplacement nécessaire du Théâtre national à Paris, etc. ! 









Références : Lacroix, pp. 104-107 ; Rive Childs, p. 215-216 (qui n'est pas convaincu par la large collaboration de Nougaret à cet ouvrage).

Bel exemplaire relié à l'époque, bien conservé, à l'intérieur d'une rare fraîcheur.

Prix : 1.500 euros





La vie des Boulevards Madeleine-Bastille, par Georges Montorgueil, avec plus de 150 dessins en couleurs par Pierre Vidal. Un des 100 exemplaires imprimés sur papier du Japon réservés au libraire Conquet, avec un état en noir de la couverture. Un des plus beaux livres illustrés sur le Paris fin de siècle.


Georges MONTORGUEIL - Pierre VIDAL, illustrateur

LA VIE DES BOULEVARDS MADELEINE-BASTILLE. Texte par Georges Montorgueil. 200 dessins par Pierre Vidal.

Paris, Ancienne Maison Quantin, 1896

1 volume grand in-8 (29 x 21 cm), broché, XI-258-(3) pages. Plus de 150 dessins en couleurs au pochoir dans le texte. Couverture en très bon état restée très fraîche (le dos de la couverture n'est pas adhérent au dos du volume), dos du brochage renforcé. Brochage solide, intérieur parfait.

ÉDITION ORIGINALE.

Tirage à 700 exemplaires sur papier vélin et 100 exemplaires sur Japon.

Celui-ci, un des 100 exemplaires sur papier du Japon réservés au libraire Conquet, contenant un état en noir de la couverture (2 feuillets - feuillets volants).


"Ouvrage documentaire du plus vif intérêt . Il est recherché". (Carteret, IV).

Cet ouvrage devait être rédigé initialement par Octace Uzanne. On trouve à la fin de La femme à Paris, Nos Contemporaines, publié par l'ancienne Maison Quantin, May et Motteroz, en 1894 (achevé d'imprimer le 8 novembre1893), la liste des ouvrages et publications littéraires de Octave Uzanne. A la fin de cette liste on trouve une petite liste d'ouvrages en préparation. Parmi ces ouvrages on note celui-ci : Paris-Montmartre, 1 vol. grand in-8°. C'est la seule mention de cet ouvrage que nous connaissons. Cet ouvrage n'a jamais paru. Ou plutôt, il n'a jamais paru écrit par Octave Uzanne. Nous ne savons pas pourquoi c'est finalement Georges Montorgueil qui a rédigé le texte de ce volume semblable à La femme à Paris, Nos Contemporaines.


La vie des Boulevards Madeleine-Bastille a été achevé d'imprimer chez le même éditeur (A. Quantin, May et Motteroz) le 1er décembre 1895. C'est un livre d'étrennes comme celui d'Octave Uzanne deux ans auparavant. Les années 1894 et 1895 furent très chargées en termes de publications bibliophiliques pour Octave Uzanne (avec les publications des Bibliophiles Contemporains et celles en préparation pour les futurs Bibliophiles indépendants de 1896). On peut supposé qu'Octave Uzanne a été surchargé de travail ce qui ne lui a pas permis de mener à bien cet ouvrage sur les Boulevards.







Nous avons lu La vie des boulevards Madeleine-Bastille : on n'y trouve aucune mention d'Octave Uzanne, ce qui nous étonne lorsqu'un chapitre entier est consacré aux Cythères parisiennes (les petites cythères) et aux Femmes du boulevard. On ne peut s'empêcher de penser qu'Octave Uzanne a dû s'étrangler en ne lisant pas son nom mentionné là tandis que le nom de bien d'autres était cité tout au long de l'ouvrage. Il est bien possible que la relation entre Octave Uzanne et Georges Montorgueil n'aie pas été des plus radieuse (nous n'avons cependant pas trouvé d'informations probantes à ce sujet).
















Charmant ouvrage sur le Paris fin de siècle : La Madeleine - Grandes et petites boutiques - Le Camelot - Cochers et Voitures - Les Cafés et les Restaurants - L'Etranger au Boulevard - Les Femmes du Boulevard - Les Théâtres - Le Théâtre à la suite - Le Boulevard des affaires - Les petites Cythères - La Place de la République - Le Boulevard du crime - La Bastille.

TRES BON EXEMPLAIRE DU BEAU TIRAGE SUR JAPON AVEC LES COUVERTURES EN DEUX ETATS.

Prix : 950 euros