samedi 30 avril 2022

Abbé Besoigne. Histoire de l'abbaye de Port-Royal. Histoire des Religieuses. Histoire des Messieurs. 1752. 6 volumes in-12. Bel exemplaire relié à l'époque d'un des meilleurs ouvrages historiques sur Port-Royal.


(BESOIGNE, Abbé Jérome)

Histoire de l'abbaye de Port-Royal. Histoire des Religieuses. Histoire des Messieurs.

A Cologne [Paris], Aux dépense de la Compagnie, 1752

6 volumes in-12 (17 x 10 cm) de XIII-631, 635, 576, 664, 606 et 418-(4) pages. 2 arbres généalogiques dépliants (tome I et tome IV). Collationné complet.

Reliures strictement de l'époque plein veau brun, dos à nerfs ornés aux petits fers dorés, pièces de titre et tomaison de maroquin rouge, tranches mouchetées de rouge, doublures et gardes de papier marbré. Excellent état des reliures. Intérieur en bon état avec quelques rousseurs et taches sans gravité.

Edition originale.

Il s'agit de l'ouvrage historique le plus important de Jérôme Besoigne (1686-1763). L'auteur a compilé un grand nombre de sources citées avec précision et fidélité et dont il donne la liste dans la préface du premier volume. La plupart des documents cités et utilisés comme source ont disparu depuis. La première partie de l'ouvrage (les trois premiers volumes) est consacrée aux relgieuses de Port-Royal. La seconde partie de l'ouvrage (les trois derniers volumes) est consacrée aux hommes de Port-Royal. Le tome VI et dernier s'achève avec des pièces justificatives et une ample table des matières contenues dans les 6 volumes. Dom Clemencet et Besoignesont considérés comme les des grands historiens de Port-Royal. En 1756 l'auteur ajoutera 2 volumes intitulés Vie des quatre évêques engagés dans la cause de Port-Royal.

"Louis XIV ordonne en 1710 de raser l'abbaye de Port-Royal-des-Champs et de vider le cimetière de ses morts. À l'origine de cette histoire, une figure mythique : Angélique Arnauld. En 1602, elle n'a que dix ans lorsqu'elle est nommée abbesse, contre son gré, de ce monastère moyenâgeux perdu dans la vallée de Chevreuse. À dix-sept ans, prise d'un soudain désir de servir Dieu, elle décide de faire de l’abbaye le flambeau de la Contre-Réforme. Cette mission, elle va la mener à bien, corps et âme littéralement, pendant un demi-siècle. Sous l’influence d'éminents ecclésiastiques qui s’emparent de sa conscience tourmentée, Port–Royal devient le foyer du jansénisme. En ce siècle des héros et des saints, de nombreux Français sont favorables à un mouvement qui exalte les valeurs du christianisme primitif telles que saint Augustin était supposé les avoir définies. Parmi eux, La Rochefoucauld, madame de Sévigné, Pascal ou encore Racine. Les jansénistes sont-ils des moralistes intransigeants, des intégristes rétrogrades, les pionniers d’une pensée libre ? Le pouvoir ne se pose pas toutes ces questions en cette époque où se fabriquent l’honnête homme mais aussi l’absolutisme et le despotisme bureaucratique. Les jansénistes s’écartent de la ligne officielle, et cela suffit pour en faire une cible à abattre. Plusieurs papes soufflent sur le feu, car leurs intérêts rejoignent ceux du roi de France, et décrètent que le jansénisme est une hérésie. Port-Royal est certes détruit mais le jansénisme fera le lit des Lumières et de l’esprit de liberté." (Port-Royal, résumé de l'édition Fayard par Michel Carmona)

Jérôme Besoigne est né à Paris en 1686 et mort également à Paris le 25 janvier 1763. Prêtre et théologien, docteur de Sorbonne, il fut un des champions du parti janséniste et historien du mouvement, autant qu'un opposant à la bulle Unigenitus. il fut exclu de ses fonctions de coadjuteur par des ordres supérieurs datés d'octobre 1722. De nouveaux ordres datés du 16 août 1727 l'exclurent du collège lui-même. Le 1er novembre 1729, il fit partie des plus de cent docteurs de Sorbonne ayant appelé de la bulle qui furent rayés des listes. Un ordre lui fut signifié le 5 avril 1731 de sortir du royaume. Mais cet ordre fut révoqué peu après, et il put rentrer à Paris dès 1732. Il publia ensuite, parfois à titre anonyme et à l'étranger, des ouvrages consacrés à la défense du jansénisme.

Référence : Dictionnaire de Port-Royal, 171.

Provenance : ex libris moderne (timbre sec) sur les gardes.

Bel exemplaire de cette excellente histoire de Port-Royal.

VENDU

mercredi 27 avril 2022

Lettres de Messire Roger de Rabutin comte de Bussy, Lieutenant-Général des Armées du Roi, et Mestre de Camp Général de la Cavalerie française et étrangère. A Amsterdam, chez Zacharie Chatelain, 1738. 6 volume in-12. Reliure de l'époque. Bel exemplaire provenant de la bibliothèque de Peter von Möller (château de Skottorp, Suède).


Roger de Rabutin, comte de Bussy, dit Bussy-Rabutin

Lettres de Messire Roger de Rabutin comte de Bussy, Lieutenant-Général des Armées du Roi, et Mestre de Camp Général de la Cavalerie française et étrangère. Avec les réponses. Nouvelle édition, où l'on a inséré les trois volumes de Nouvelles Lettres publiées en 1709, et rangé toutes les lettres selon l'ordre chronologique.

A Amsterdam, chez Zacharie Chatelain, 1738

6 volume in-12 (17 x 11 cm) de 1 portrait en frontispice, (18)-360, (10)-374, (6)-390, 1 portrait en frontispice (le même), (10)-376, (12)-375 et (12)-358 pages. Collationné complet. Chaque page de titre est orné d'une vignette à l'eau-forte par Bernard Picart.

Reliure strictement de l'époque pleine basane caramel granité, dos à nerfs orné de filets à froid en encadrement des nerfs, pièces de titre de cuir beige avec caractères noirs, tranches mouchetées, doublures de papier peigne, gardes de papier blanc. Petits travaux de vers sans gravité sur les plats des tomes II, III et IV. Reliures très bien conservées par ailleurs et très fraîches. Intérieur très frais. Quelques marges légèrement brunies. Ancienne tache d'encre sur une partie de la tranche de tête du tome III (sans conséquence). Chaque volume possède encore deux signets de soie bleue pour marquer les pages de lecture. Très élégant ensemble. Reliure probablement hollandaise.

Nouvelle édition.

Intéressante édition, la plus complète parue à cette époque.


On trouve un très grand nombre de lettres dans cette riche correspondance de Bussy-Rabutin. Exilé sur ses terres de Bourgogne à Bussy pendant près de dix-sept années à cause de son libertinage et surtout à cause de son Histoire amoureuse des Gaules qui circula en manuscrit et imprimée pendant toute la seconde moitié du XVIIe siècle, pour la plus grande fureur de Louis XIV qui ne lui pardonna jamais d’avoir chansonné les amours du Roi, Bussy-Rabutin se livre ici dans son intimité. Mais ce qu’il y a de plus remarquable sans aucun doute dans cette correspondance, c’est qu’on y trouve aussi les réponses des nombreux correspondants du comte, fait rare dans l’édition des correspondances anciennes qui sont parvenues jusqu'à nous. On y retrouve notamment la plus célèbre de ses correspondantes, la marquise de Sévigné, Marie de Rabutin Chantal (dont la première édition des lettres date de 1726 puis 1734-1736). On sait que c’est le fils de Roger de Rabutin qui édita en partie avec le Père Bouhours la correspondance de Bussy (1697-1709). C’est également le fils de Roger de Rabutin qui communiqua les manuscrits des premières lettres publiées de la marquise de Sévigné, quelques années plus tard (1726).





Cette édition de 1738 se trouve avec la même collation et des titres à la date de 1752 (probablement une remise en vente avec titres renouvelés pour ce tirage de 1738).

Le tome I contient 294 lettres (et quelques pièces non comprises dans la numérotation).

Le tome II contient 268 lettres (et quelques pièces non comprises dans la numérotation).

Le tome III contient 346 lettres (et quelques pièces non comprises dans la numérotation).

Le tome IV contient 319 lettres (et quelques pièces non comprises dans la numérotation).

Le tome V contient 294 lettres (et quelques pièces non comprises dans la numérotation).

Le tome VI contient 288 lettres (et quelques pièces non comprises dans la numérotation).

Soit un total de 1809 lettres et de nombreuses pièces en vers non comprises dans la numérotation générale des lettres. Chaque volume a les lettres numérotées à partir de I.

Provenance : de la bibliothèque de Peter von Möller (1809-1883), propriétaire du château de Skottorp en Suède (Comté de Halland), de la paroisse de Skummeslöv, municipalité de Laholm. Peter von Môller était le fils de Jöns Lorentz Beén, appartenant à une famille Helsingborg établie de longue date, et d'Helena Maria Zoll, mais a été adopté tôt par sa tante Elisabet Maria Beén et son mari, le conseiller commercial Peter Möller, l'un des hommes les plus riches d'Helsingborg. Il a également pris le nom de famille de son père adoptif. Il était élève à l'école Herrnhut de Christiansfeld et cadet à Karlberg. Le père adoptif mourut en 1831 et laissa une fortune considérable, plusieurs propriétés à Helsingborg et les domaines Skottorp et Dömestorp à Halland. Au cours de la période 1835-1836, Möller fit de nombreux voyages d'étude en Allemagne, en Angleterre et en Écosse, entre autres. Il est devenu un agriculteur prospère et, entre autres choses, a importé une nouvelle race de bétail en Suède et a préconisé l'amélioration de l'élevage. Il a commencé très tôt à importer du guano pour les engrais et a travaillé pour une réforme de l'agriculture. De plus, von Möller s'intéressait à la politique, à la musique, à la langue et à l'histoire culturelle. Ses recherches en ethnologie, dialectique et histoire culturelle à Halland ont été publiées en partie dans les manoirs de Halland de 1869 à 1871, ainsi que dans l'histoire de Halland en 1874. Il devint lieutenant et maître de cavalerie au Scanian Hussar Regiment et fut anobli en 1860 lors du couronnement de Charles XV . Il a été introduit à la Chambre des Chevaliers en 1862. Il a été élu député par la circonscription du comté de Halland et a été membre des Chevaliers et de la Noblesse de 1862 à 1866 et a appartenu à la première chambre depuis sa formation en 1867 jusqu'à sa mort en 1883. Pendant son séjour au Riksdag von Möller était principalement impliqué dans les questions de développement agricole et de fiscalité. Möller a été élu en 1866 en tant que membre numéro 565 de l'Académie royale suédoise des sciences . Le 6 octobre 1874, il devient membre honoraire de la Royal Witness History et de l'Académie des Antiquités. Avec sa seconde épouse, la baronne Sofia Silfverschiöld, il eut un fils, Adolf von Möller. Peter von Möller a écrit une dizaine de livres sur l'agriculture et l'histoire de Halland. Les plus célèbres sont les manoirs Halland, 1871. C'est dans le château de Skottorp que Peter von Möller se constitua une très riche bibliothèque autour des arts (notamment la musique), l'histoire et les lettres. Son ex libris (photo) date de la période 1868-1883, dernière partie de sa vie. Son ex libris gravé se trouve dans chaque volume (contrecollé sur la doublure de papier peigne). On trouve aussi son timbre humide sur les gardes des volumes ; ex libris (timbre sec) moderne sur les gardes.



NDLR : cet ensemble dégage un délicieux parfum épicé digne des plus savoureuses bibliothèques (à découvrir).

Très élégant exemplaire en condition d'époque et de provenance intéressante.

Prix : 1.350 euros

lundi 25 avril 2022

Vita di Napoleone Buonaparte imperatore dei francesi preceduta da un quadro preliminare della rivoluzione francese di Sir Walter Scott. Traduzione italiana. [Vittorio Pecchioli, traducteur]. Palermo, presso Salvatore Barcellona, 1832-33 [Palermo, Sicile, de l'imprimerie de Salvatore Barcellona]. 14 tomes reliés en 7 volumes in-8. Bel exemplaire complet et relié à l'époque. Très rare.


SCOTT, Walter. [Vittorio Pecchioli, traducteur] [Napoleone Buonaparte] [Napoléon Bonaparte] [impression de Palerme, Sicile].

Vita di Napoleone Buonaparte imperatore dei francesi preceduta da un quadro preliminare della rivoluzione francese di Sir Walter Scott. Traduzione italiana.

Palermo, presso Salvatore Barcellona, 1832-33 [Palermo, Sicile, de l'imprimerie de Salvatore Barcellona]

14 tomes reliés en 7 volumes in-8 (20,5 x 13 cm) de 1 portrait frontispice de Napoléon Bonaparte (dessiné par Waincher), 196, 234, 234, 200, 235, 256, 268, 270, 275, 297, 240, 252, 263 et 277 pages. Collationné complet.

Reliure strictement de l'époque demi-basane prune (dos uniformément virés au brun), dos ornés aux petits fers (ors un peu effacés ou mal posés à l'époque par endroit), plats de papier marbré, doublures et gardes blanches, tranches mouchetées de rouge (à noter la particularité suivante : le premier tome de chaque volume a la tranche mouchetée de rouge sur fond blanc tandis que le second tome de chaque volume a la tranche mouchetée de rouge sur fond jaune, avec les premières pages du second tome avec la tranche rouge vif - ce travail permet de savoir instantanément où commence le second tome dans chaque volume lorsqu'on prend un volume en mains. Très habile et intelligente astuce de relieur). Minimes frottements aux coins, petite déchirure sur le bord d'un plat, sans manque, intérieur frais en dépit de rousseurs éparses la plupart du temps localisées sur les pages de titre (première page de titre de chaque volume). Papier chiffon assez fin mais resté en excellent état. Voir photos.


Première et unique édition sicilienne de cette biographie par Walter Scott.

Elle est rarissime.

Cette édition a paru à Palerme chez l'imprimeur Salvatore Bercellona en livraisons entre 1832 et 1833. Seules les deux derniers tomes (XIII et XIV) portent la date de 1833.

Le mode de diffusion en livraisons ne doit pas être pour rien dans la rareté de cette édition. On n'en trouve en effet aucun exemplaire complet passé sur le marché ces dernières années. Seule la bibliothèque municipale de Palerme semble en posséder un exemplaire bien complet des 14 tomes.

Il avait été fait une édition à Florence en 1827-1828 traduite de l'anglais par Vittorio Pecchioli. Elle est en 20 tomes de plus petit format à Firenze : Tipografia Coen e Comp. Cette édition de Florence bien que rare également se trouve plus facilement que notre édition de Palerme.







Parmi les biographies “historiques” sur Napoléon, il en est une que l'on passe souvent sous silence, mais qui n'en fut pas moins importante dans la constitution de la légende napoléonienne. Elle nous vient d'outre-Manche et est signée par Sir Walter Scott.​ Le succès de la biographie sur l'Amiral Nelson lui donne le courage de s'attaquer dès lors à un héros bien plus redoutable, car il vient juste de mourir sur l'île de Sainte-Hélène. Walter Scott mettra presque cinq ans à réunir la documentation nécessaire, il se rendit même à Paris pour la compléter. Et finalement en 1827, The life of Napoleon Buonaparte, emperor of French, with a preliminary view of the french revolution, est publié en plusieurs livraison à la fois par le grand éditeur londonien Longman, et à Edimbourg par Cadell & Co. C'est une somme considérable en neuf volumes, qui part de la Révolution et finit sur le rocher de l'Atlantique Sud. L'intérêt français est immédiat, c'est le libraire parisien Treuttel et Wurtz (9 volumes, 1827) qui assure une publication en langue anglaise pour le continent et la traduction en français la même année que l'édition originale. Une édition américaine publiée à Philadelphie, et des traductions allemande et espagnole suivront rapidement. L'oeuvre reçut un accueil assez mitigé de part et d'autre de la Manche pour des raisons diamétralement opposées. Bien que Walter Scott dans son avertissement précise bien qu'il avait pour but d'écrire avec impartialité un « précis populaire de l'histoire de l'hôte le plus étonnant et des évènements les plus extraordinaires qu'on ait vus ces trente dernières années », ses opinions favorables sur Buonaparte déplaisent aux Anglais, et ses critiques sur l'homme va-t-en-guerre, inconstant dans sa politique, mortifient les partisans français de Napoléon. L'exemple le plus éclatant fut sans conteste la dispute qui opposa le compagnon d'exil Gaspard Gourgaud à l'écrivain écossais, et qui faillir finir en duel (on n'en attendait pas moins du bouillant général). L'objet de la querelle réside dans les pages consacrées au départ du général Gourgaud de l'île de Sainte-Hélène. Walter Scott qui avait eu accès à des archives britanniques de la guerre et des colonies affirme que l'officier français, désireux de se rendre en Europe auprès de sa famille et fatigué de la mésentente avec le grand-maréchal Bertrand, a informé tout d'abord le gouverneur, puis le gouvernement britannique à Londres, des projets de fuites qui avaient été proposés à Napoléon, et du désir de ce dernier, au contraire, de rester prisonnier. Les journalistes français prendront fait et cause pour Gourgaud, qui bénéficiera même de l'appui de ses anciens compagnons d'exil, Bertrand et Montholon, unis pour une fois (Walter Scott réussissant là où Napoléon avait échoué !). Le duel physique ne se fit pas (il aurait fallu aller en Grande-Bretagne) et se transforma en duel pamphlétaire, à coup de publications. Si Gourgaud revêtit alors l'habit du martyr aux yeux de l'opinion française, le doute était posé et les publications historiques récentes montrent que submergé par la rancoeur, et l'ambiance si particulière de Sainte-Hélène et de Longwood, le général s'est laissé allé à des confidences et des indiscrétions. Un autre mécontent fut le gouverneur de Sainte-Hélène, Sir Hudson Lowe, qui fut outré du traitement que Walter Scott lui avait réservé. Pourtant, ce dernier avec beaucoup de précaution décrit les querelles entre l'illustre prisonnier et son geôlier, et renvoie dos à dos deux personnes aux tempéraments peu conciliants. Mais Hudson Lowe n'apprécia guère que Walter Scott insinue que « plus d'indulgence [de sa part] n'auraient pas nuit, bien au contraire ». Au-delà de ces orgueils froissés, La vie de Napoléon de Walter Scott marque le revirement d'une certaine opinion britannique et s'insère dans le processus qui fit de l'homme Napoléon un mythe. (napoleon.org consulté en ligne le 25 avril 2022, à propos de l'édition française)












Vita de Napoleone 1832-1833 Palermo edition.

Un’importante testimonianza storica con questa « Vita di Napoleone, Imperatore dei Francesi e preceduta da un quadro preliminare della rivoluzione Francese » di Walter SCOTT. Pubblicato dalla stamperia di Salvatore Barcellona a Palermo 1832 – 1833. Prima edizione Italiana. Le texte de notre édition de Palermo est identique à celui de l'édition de Florence parue 5 ans plus tôt.

La prima edizione Inglese fu realizzata nel 1827. Lo stampatore, pubblicando quest’opera ha fatto anche un atto politico. Infatti, la figura storica di Napoleone era considerata come un simbolo notevole di contrapposizione al regno Borbonico di Napoli…e di Sicilia !

Realizzata in consegna fra 1832 e 1833, questa pubblicazione deve avere 14 volumi. Abbiamo i 14 volumi rilegati in 7. In-8° con una ottima rilegatura decorativa dell’Ottocento.

Molto raro completo.

Bel exemplaire complet et en condition d'époque.

Impression de Palerme de la plus grande rareté.

Prix : 2.500 euros

mercredi 20 avril 2022

Japon. Vers 1890. Yokohama shashin ou Album de 48 photographies tirées sur papier albuminé contrecollées sur carton. Très beau spécimen en bois laqué décoré avec incrustations d'ivoire sculpté. Rare dans cette condition.

[Japon. Yokohama shashin]

Yokohama shashin ou Album de 48 photographies tirées sur papier albuminé contrecollées sur carton (recto et verso), montées en accordéon, sous plats épais en bois laqué décoré, peint à la main, avec incrustations d'ivoire (tête des personnages). Etiquettes de référence d'origine (n°38 - et caractères japonais).

[Japon, Yokohama ?, vers 1890]

20 x 14,5 cm pour l'album. Tirages 13,6 x 8,7 cm. 48 tirages photographiques albuminés contrecollés.

Très bel album très bien conservé. Quelques manques de vernis et laque (coins, verso), sans aucune gravité. Très belle esthétique d'ensemble, le premier plat de l'album est décoré d'une scène avec deux personnages, un homme tirant une jinrikisha avec une femme portant une ombrelle à l'intérieur, avec le mont Fuji à l'arrière plan. Intérieur d'une grande fraîcheur. Beau coloris au pinceau à la main.






"Ces photographies – appelées Yokohama shashin car elles étaient proposées à Yokohama aux voyageurs à leur arrivée, marquèrent les esprits de l’époque pour la qualité exceptionnelle de leur mise en couleur. Elles sont un témoignage inestimable d’un Japon s’ouvrant alors au monde et riche d’un savoir-faire pictural unique. Dès la période Meiji, le Japon fut surnommé « the Land of Photography » et les photographies coloriées à la main étaient particulièrement appréciées en Occident. Produites pour les touristes, elles avaient alors bien plus de valeur que les estampes japonaises qui n’intéressaient guère la plupart des visiteurs." (Présentation de l'Exposition YOKOHAMA SHASHIN 横浜写真 LE JAPON MIS EN COULEUR, Claude Estèb, avril-juin 2022).

"Des centaines d’ateliers ont participé à cette aventure dont de nombreux restent encore anonymes. Les plus connus étant ceux de Kusakabe Kimbei, Yamamoto, Suzuki, Tamamura, Farsari, Ogawa et leurs précurseurs Felice Beato, Stillfried et Shimooka Renjô. Ces images ont largement circulé en Occident au XIXe siècle et forment une inspiration peu connue de l’iconographie du japonisme." (Maison de la culture du Japon à Paris).






Il y avait, selon les prix, des albums de 12, 24 ou 48 photographies, parfois plus, de divers formats.

Notre album contient comme à l'habitude pour ce genre d'albums, des photographies de paysages, scènes de la vie quotidienne (agriculture, école, fêtes), vues de villes (Tokyo, Kobé, Yokohama, Osaka, etc.) et des vues de femmes et filles en costumes (jeunes filles, geisha, cérémonies, etc.).



Très beau spécimen. Rare dans cette condition presque parfaite.

VENDU


vendredi 15 avril 2022

Théâtre des boulevards ou recueil de parades (1756). Bel exemplaire relié en maroquin par Smeers de cet important recueil de théâtre populaire de "mauvais goût [...] également opposé au bon sens, au bon comique, aux mœurs et à la décence", selon Grimm.


COLLECTIF (Sallé, Charles Collé, Fagan, Piron, Moncrif)

Théâtre des boulevards ou recueil de parades.

A Mahon, de l'imprimerie de Gilles Langlois, 1756

3 volumes in-12 (16,7 x 10 cm) de XIII-308, (2)-XIII-308, (2)-II-(2)-336 pages. Frontispice gravé au tome I.

Reliure de la seconde moitié du XIXe siècle plein maroquin rouge signée SMEERS. Tranches dorées. Millésime doré en queue des dos, double-filet doré sur les coupes, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, fer doré losangé poussé au centre des plats. Quelques légères marques aux reliures. Exemplaire d'une grande fraîcheur. Quelques rousseurs. L'exemplaire n'a pas été lavé.

Edition originale et unique édition.

Il est amusant de voir aujourd'hui comment l'on commentait alors ces parades en se pinçant le nez ; c'est notamment l'avis donné par Grimm dans sa Correspondance. Grimm écrit : "On a imprimé trois volumes de parades, dont la plupart sont depuis longtemps très-connues à Paris. La Lettre de M. Gilles, le Doigt mouillé, Léandre hongre, l'Amant cauchemar, l'Amant poussif, Isabelle grosse par vertu, Léandre grosse, le Bonhomme Cassandre aux Indes, sont de M. Collé ; le Remède à la mode est de M. Sallé. Ce mauvais goût est également opposé au bon sens, au bon comique, aux mœurs et à la décence." (Grimm, Correspondance, 15 septembre 1756).




"En 1756 parut, avec succès, ce recueil de parades en trois volumes, le théâtre des boulevards. La plupart sont de Sollé, une est de Fagan, une autre de Moncrif, une troisième de Piron. Elles sont assez médiocres. C'est un ramassis de malpropretés, d'obscénités, de balourdises, d'extravagances démesurées, de mauvais compliments jetés à la face des gens, de calembours et de noms propres scatologiques, avec des coquilles, des liaisons et du zézaiement dans la prononciation. Trois ou qautre d'entre elles sont de Charles Collé, l'Amant poussif, la Mère rivale, Léandre grosse, Léandre hongre."

"Appréciées par l'élite parisienne tout au long du siècle, ces petites pièces servaient de divertissements mondains, et elles étaient jouées soit l'après-midi, soit en fin de soirée, devant un public choisi, plus ou moins nombreux selon les occasions. La mode de ces spectacles était telle qu'un entrepreneur véreux chercha à s'emparer de manuscrits de parades destinés à rester secrets et c'est, en somme, grâce à sa filouterie, qu'aujourd'hui encore on peut lire un recueil imprimé de parades du XVIIIe siècle. Une des principales caractéristiques de ces pièces tient dans le fait qu'elles s'inspirent des parades jouées sur les balcons des théâtres forains, petits spectacles d'annonce destinés à attire l'attention des passants. Les intrigues étaient particulièrement simples à suivre [...]"










La pièce intitulée "Le Marchand merde" est tirée de Merlin Cocaye. "Je parie que votre cul n'en fait pas de si bonne que celle-ci. Mais goûtez avant que de mépriser la marchandise, vous verrez qu'elle vaut mieux que celle de tantôt. [...] Non vraiment, je vous assure, la marchandise était bonne, sentez plutôt, vous devez vous y connaître. Ce vilain apothicaire de mon cul, n'a seulement pas voulu la goûter." (Gilles, Le Marchand de merde).

On lit que ce recueil a été par un certain Corbie. 

Référence : Le Recueil Corbie ou les parades en liberté (1756) : théâtre secret et gens du monde au XVIII siècle, par François Moureau (Revue d'histoire du théâtre, n°1-2, 2004, p. 121-133) ; Barbier, IV, 691 ; Soleinne, n°3496 ; Gay-Lemonnyer, III, 1204.

Provenance : deux ex libris non identifiés (période de la reliure) ; de la bibliothèque "de Juttignay" avec signature sur les titres (sans doute un certain Gardin de Juttignay commissaire de police, dont on trouve la trace près de St-Malon au milieu du XVIIIe siècle).

Ouvrage important dans l'histoire du théâtre populaire au XVIIIe siècle.

Bel exemplaire finement relié par Smeers.



Prix : 2.500 euros