jeudi 28 mars 2019

James Damesteter. Critique et Politique (1895). 1 des 10 exemplaires sur Japon (n°1) offert à Ludovic Halévy. Très bon exemplaire relié à l'époque par Paul Vié.


James Darmesteter / Mary Darmesteter (préface)

Critique et Politique. Préface de Mary Darmesteter.

Paris, Calmann Lévy, 1895

1 volume in-18 (19 x 12,5 cm) de XXX-354 pages.

Reliure pleine toile verte à la bradel (reliure de l'époque signée Paul Vié). Plats de couverture imprimées orange conservés en excellent état. Très bon état de l'ensemble.

Edition originale posthume.

1 des 10 exemplaires de tête sur papier impérial du Japon.

Celui-ci porte le n°1 (au composteur).

Exemplaire de dédicace offert par Mary Damesteter à Monsieur et Madame  Ludovic Halévy "affectueux souvenir" (envoi autographe en page de garde).

Ce volume posthume (l'auteur est mort à peine un an auparavant) est un mélange de critique et de politique comme l'indique le titre, mis au jour et publié par son épouse Mary. Dans les Essais de critique on trouve des pages sur la vie et l'oeuvre d'Ernest Renan, la poésie au moyen-âge, la chevalerie. Au chapitre des Symboles on trouve : JAcob et l'Ange - Le petit aveugle de Pennenmaur - Lucia Galvani. Les pages d'histoire contemporaines contiennent : le premier bandit d'Europe (Bismarck) - Philologie et colonisation - Asie centrale - L'assassinat du Président Carnot - La guerre et la paix intérieures (1871 à 1893) - M. Clarétie ou l'optimisme. Au chapitre Conversations autrichiennes : Allemands et Hongrois.

James Darmesteter était un érudit du judaïsme et linguiste français du XIX siècle, spécialiste du vieux-perse (né à Château-Salins, le 28 mars 1849 - mort à Maisons-Laffitte, le 19 octobre 1894). James Darmesteter naît dans une famille juive installée en Lorraine depuis le milieu du xviiie siècle et dont les ancêtres sont originaires du ghetto de Darmstadt. Calmann, le père, et Cerf, le grand-père, sont relieurs et libraires ; l’un des grands oncles Darmesteter était scientifique à la cour du tsar de Russie. La mère, Rosalie née Brandeis, est issue d’une famille juive polonaise qui compte des soldats, des scientifiques et des rabbins en nombres. La famille compte, outre James, deux fils, Arsène et Achille qui meurt en bas âge. À la mort du grand-père, toute la famille déménage en 1852 à Paris, dans le quartier du Marais. Le travail est rare et bien des privations se font sentir ; une sœur, Sarah, meurt apparemment peu après sa naissance et James lui-même en garde une constitution chétive ainsi qu’une santé fragile qui le font comparer par certains au poète Giacomo Leopardi. James Darmesteter étudie le sanskrit sous la direction de Hauvette-Besnault, l’un des derniers élèves d'Eugène Burnouf, et la grammaire comparée auprès de Michel Bréal, à l'École Pratique des Hautes Études. À la suite de ses nombreux travaux sur la mythologie zoroastrienne et le persan, il est choisi pour succéder à Renan au Secrétariat de la Société asiatique en 1882. Nommé professeur au Collège de France en 1885, il effectue un an plus tard un voyage en Inde à la suite duquel il fait paraître une traduction de chansons afghanes ainsi qu’un essai sur la langue et la littérature afghanes. Marié très brièvement avec Agnes Mary Francis Robinson en 1888, il devient directeur d'études de l’École Pratique des Hautes Études en 1892.

Mary Darmesteter son épousé, née Mary Robinson (1857-1944) ) fut la biographe de son mari James Darmesteter. Elle fut également critique littéraire et poète. 

Ludovic Halévy était un ami intime du couple Damesteter. 

Très bon exemplaire du tirage de tête sur Japon tiré à 10 exemplaires seulement.

Prix : 490 euros

mercredi 27 mars 2019

Auguste Mouton-Dufraisse. Quelques bluettes, chansons, par Mouton-Dufraisse, membre du Caveau et de la Lice chansonnière (1871-1877). Bel exemplaire relié plein chagrin pour sa nièce Julie de Beaurepaire de La Marche.


Auguste Mouton-Dufraisse

Quelques bluettes, chansons par Mouton-Dufraisse, membre du Caveau et de la Lice chansonnière.

Paris, Typographie et Lithographie Jules-Juteau et Fils, s.d. (vers 1877)

2 volumes petits in-8 (18 x 13 cm) de 266 + 204 pages + environ 100 pages restées vierges in fine. Portrait photographique de l'auteur (9 x 5,7 cm) en frontispice du premier volume daté du 22 mai 1877 et signé par l'auteur. Chaque titre imprimé a été tomé à l'encre à la main par l'auteur "1" et "2". Le premier volume sur une Épître amicale manuscrite à Monsieur et Madame de Beaurepaire la Marche (2 pages 1/2) datée d'avril 1871. Suivent 3 pages manuscrites en vers intitulées : "Couplets pour le mariage de Camille et d'Albert", signées par l'auteur et datées du 27 novembre 1878. Le premier volume s'achève par 3 pages manuscrites de table des pièces en vers contenues dans le volume. Le deuxième volume s'ouvre sur un sonnet manuscrit "à ma nièce" (signé des initiales de l'auteur). Les pièces imprimées (plusieurs dizaines) ne sont pas paginées et ont été imprimées chez Jules-Juteau entre 1871 et 1877 environ. Certaines pièces ont été imprimées chez la Veuve Ed. Vert ou encore l'imprimerie Chaumont.

Reliure de l'époque (vers 1880) plein chagrin rouge, dos à nerfs richement ornés, encadrements de filets dorés sur les plats, fleurons dorés dans les angles, dentelle dorée en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier peigne. Très bel état de conservation de l'ensemble. Quelques ombres au maroquin sur les plats. Intérieur frais. La reliure n'est pas signée mais de belle facture.


Exemplaire spécialement composé et offert par l'auteur à sa nièce Julie de Beaurepaire de La Marche.

En offrant ce recueil de chansons l'auteur se souvient en quelques vers choisis du château de La Marche (Villegaudin, Saône-et-Loire). En 1861, Le château de La Marche, alors propriété du dernier marquis de La Marche, Antoine-Félix de Beaurepaire, est détruit par les flammes. Il ne reste aujourd'hui que quelques dépendances du château encore debout.


"Chansonnier de franche allure, il ne faut rechercher ni les spéculations philosophiques ni les rêves de l'école lamartinienne. Le bon vin, le joyeux rire et la gaudriole l'inspirent ; sa Muse, quoique sobre, aime à tremper sa lèvre dans un verre bien amorcé. C'est une des physionomies les plus rondes du Caveau, c'est un camarade cher à tous les autres sans exception. Élevé à Saint-Etienne, il est né dans le département dont cette industrieuse ville est le chef-lieu, à Chazelles-sur-Lavieu, le 26 janvier 1814. Sa profession de dessinateur industriel laisse à sa pensée des loisirs qu'il consacre à la chanson. Mouton-Dufraisse réalise le type complet de l'épicurien comme le comprenaient les Gouffé et les Désaugiers ; seulement il convient de dire que son esprit ouvert et franc est empreint d'un sentiment religieux très prononcé. Il est membre de la Lice chansonnière depuis 1865, membre associé du Caveau depuis 1868 et membre titulaire depuis 1872. [...] Il n'a guère commencé à faire des chansons qu'en 1858. [...] Le Caveau a publié plus de trente chansons échappées à la verve de cet esprit aimable et franc. [...] Jules Juteau est imprimeur du Caveau depuis 1868." (La chanson française : histoire de la chanson et du Caveau, par Charles Coligny, 1876).


Auguste Mouton-Dufraisse est mort en 1895 âgé de 81 ans.

Voici un sonnet typique de cet auteur-épicurien :

L'âme, dit-on, pour un autre séjour,
Après la mort s'échappe de la terre,
Et dans des flots d'harmonie et d'amour,
Comme un phénix éteint, se régénère.
Jusqu'à présent ce sublime idéal
M'a laissé froid et sans aucune envie....
Oui, me dût-on traiter d'original,
Je redirai, même au terme fatal :
La bonne chose que la vie !


Voici quelques titres de chansons présentes dans ce recueil : Il faut vider son verre - On serait bien fou d'être sage - Une insomnie conjugale - Sur le lit - L'apologie des gros sous - Les boutons de ma culotte - Le plaisir - Buvons ! - Si le vin coulait dans la Loire - On a besoin de rire - Vieillissons gaiement - Le joyeux buveur - Que le diable emporte l'amour - L'amour est sournois - Un instant de plaisir - Les bons moments de ma femme - etc.


Bel et émouvant exemplaire de dédicace offert par l'auteur à sa nièce adorée.

Prix : 1.250 euros


jeudi 21 mars 2019

Fr.-R. de Chateaubriand. Mémoires d'outre-tombe (Bruxelles, Librairie du Panthéon, 1851). 20 tome reliés en 5 volumes in-16. Bel exemplaire dans sa jolie reliure romantique.


François-René de Chateaubriand

Mémoires d'outre-tombe, par M. de Chateaubriand. Tome I à XX.

Bruxelles, Librairie du Panthéon [Tarride], 1851

20 tomes reliés en 5 volumes in-16 (14,3 x 9,7 cm) de XXVI-123, 144, 133, 131, 135, 159, 139, 130, 154, 140, 143, 146, 142, 148, 137, 136, 138, 141, 156 et 147 pages. Collationné complet.

Reliure strictement de l'époque demi-chagrin noir, dos lisses ornés en long de grands fers dorés rocaille, titres et tomaisons dorés, plats de papier chagriné noir, doublures et gardes de papier crème. Reliure très bien conservées. Légers frottements. Intérieurs très frais sans aucune rousseur sur papier vélin fin.


Contrefaçon belge parue peu de temps après la première pré-originale belge imprimée chez Tarride à Bruxelles en 1848 également en 20 tomes in-16.

Cette édition de 1851 est un retirage, avec seulement d'infimes différences de justification des pages, de l'édition Tarride 1848 (Bruxelles). Le texte est identique. Il existe aussi une édition datée 1850 chez le même libraire et dans le même format. D'après nos recherches il s'avèrerait que la maison d'édition Tarride et la Librairie du Panthéon ne seraient en réalité qu'une seule et même maison.


Le tracé de la publication en librairie des Mémoires d'outre-tombe est assez sinueux. L'édition originale des Mémoires d'outre-tombe, titre final du projet, sera publiée en 12 volumes in-8 entre 1849 et 1850 chez Penaud frères (Paris), après une diffusion en feuilleton dans le journal La Presse. C'est depuis les colonnes de La Presse que les libraires belges s'empressent de copier le texte de Chateaubriand pour le publier immédiatement en petits volumes destinés à inonder le marché de la librairie française sous le manteau (libraire Tarride de Bruxelles). L'édition belge de petit format est donc en partie pré-originale (4 premiers volumes belges) et en avance sur l'édition originale française en grand format. D'autres éditions belges parues chez le même (ou d'autres comme Méline) suivent de près en 1849, 1850 et 1851. Le succès de l'édition française a dû inciter à la multiplication des éditions pirates.


Chateaubriand souhaitait que ces Mémoires ne fussent publiés qu'après sa mort survenue le 4 juillet 1848, ce qui fut effectivement le cas. Les Mémoires d'outre-tombe, s'ils relèvent des Mémoires au sens historique et littéraires du terme, s'inspirent des Confessions de Rousseau au sens où Chateaubriand traite, outre les événements politiques et historiques, des détails de sa vie privée et ses aspirations personnelles. Il nous révèle son moi intérieur dans une intimité parfaite avec le lecteur. Les Mémoires d'outre-tombe sont considérés, à tort ou à raison, comme l'un des plus beaux textes intimistes du XIXe siècle. L'auteur y développe une prose poétique d'une force incomparable.


Les Mémoires d'outre-tombe sont un monument littéraire toujours très recherché par les bibliophiles. L'édition française en 12 volumes in-8, bien reliée à l'époque, est d'un prix élevé (8.000 à 12.000 euros en librairie selon la reliure). Cette petite édition belge, parfaitement reliée à l'époque et restée d'une étonnante fraîcheur est un beau témoignage des combats éditoriaux qui pouvaient régner entre la France et la Belgique au milieu du XIXe siècle.

Bel exemplaire de cette édition peu commune dans sa séduisante reliure romantique d'un élégant noir lugubre.

Prix : 1.500 euros



mardi 19 mars 2019

Jean de La Fontaine. Charles Eisen. Contes et Nouvelles en vers (1764). « Cette édition est la meilleure contrefaçon qui ait été faite de l'édition des Fermiers généraux ». Très bel exemplaire en maroquin de l'époque.


Jean de La Fontaine. Charles Eisen (illustrateur).

Contes et Nouvelles en vers, par M. de La Fontaine.

A Amsterdam, 1764

2 volumes petits in-8 (18,1 x 12 cm. Hauteur de marges : 174 mm) de X-214-(2)-16 et VIII-254-(2) pages. Portrait de La Fontaine e n frontispice du tome I. 39 figures hors-texte dans le tome I. 41 figures hors-texte dans le tome II. 30 vignettes à l'eau-forte dans le tome I y compris la vignette de titre et une vignette tirée hors-texte. 37 vignettes à l'eau-forte dans le tome II y compris la vignette de titre et une vignette tirée hors-texte. Soit 1 portrait, 80 figures hors-texte et 67 vignettes.

Reliure de l'époque maroquin rouge, dos lisses ornés, pièces de titre et tomaisons de maroquin olive, triple-filet doré en encadrement des plats avec petit fleuron dans les angles, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, tranches dorées sur marbrure, doublures et gardes de papier peigne. Petit manque de papier en bordure de deux pages de garde. Légère marque sur un mors sans gravité et peu visible. Infimes frottements. Belle reliure très bien conservée. Intérieur frais. Rares et légères salissures/rousseurs. Les figures sont tirées sur papier fort. Collationné complet.



Très belle imitation de l'édition dite des "Fermiers Généraux" parue deux ans auparavant.

Le figures hors-texte sont inversées mais d'un très beau tirage et d'une finesse d'exécution proche de celles de 1762 (certaines sont signées Boily). Plusieurs des vignettes sont copiées sur celles de Choffard pour l'édition de 1762.



J'aime à penser que la plupart des bibliographes qui désignent cette édition comme "assez belle" hésitaient à être plus catégorique pour ne pas faire trop d'ombre à la célébrissime édition des Fermiers Généraux de 1762 qui de tout temps s'est vendue fort chère sur sa réputation d'avoir coûté énormément d'argent à ses commanditaires. Je pense qu'il faut être plus affirmatif et dire sans timidité que cette édition de 1764, sans avoir la gloire de la primeur, est tout aussi belle et parfaitement imprimée que sa sœur aînée. On ne prête qu'aux riches parait-il ...



« This rare and very beautiful Amsterdam edition is printed two years after the monumental first edition from Paris, which was commissioned by Ferniers Géneraux, and which is very scarce and sought after. This is the most beautiful and well-executed of the re-impressions. » (Lynge & Son).

« Cette édition est la meilleure contrefaçon qui ait été faite de l'édition des Fermiers généraux ». Rochambeau, 526.

Les exemplaires reliés en maroquin à l'époque bien conservés de cette jolie édition doivent être recherchés par les bibliophiles.



Je ne comprendrai jamais pourquoi les Contes de La Fontaine ne sont pas imposés au programme des colléges et des lycées quand on nous rabâche sans cesse des Fables tirées d’Ésope, certes intéressantes d'un point de vue moral, mais qui le sont sans doute bien moins que ces Contes légers propices à l'éducation des plus curieux. (NDLR).



Références : Lewine, p. 280 ; Boissais et Deleplanque, p. 102 ; Brunet III,760 : "assez belle" ; Graesse IV, p. 75 ; Cohen, 571 ; Rochambeau, 526. Un exemplaire de l'édition dite des Fermiers Généraux de 1762, relié en joli maroquin d'époque, se négocie en librairie actuellement entre 10.000 et 15.000 euros, parfois plus cher encore, selon le luxe de la reliure.



Très bel exemplaire de cette très jolie édition.

VENDU



lundi 18 mars 2019

Jean-Marie Soubdès. Politique de Napoléon ou Tableau des projets formés par ce guerrier-législateur, pour faire triompher dans toute l'Europe les grands principes de la révolution de 1789 ; par un ancien officier de la Grande Armée (1833). Edition originale rare. Bel exemplaire. Reliure signée (Rivière, Condom, Gers).


[Jean-Marie Soubdès]

Politique de Napoléon, ou Tableau des projets formés par ce guerrier-législateur, pour faire triompher dans toute l'Europe les grands principes de la révolution de 1789 ; par un ancien officier de la Grande Armée.

Toulouse, J.-B. Paya, 1833 [Imprimerie d'Augustin Manavit à Toulouse]

1 volume in-8 (21,2 x 13,5 cm) de LXII-[1 feuillet blanc]-424 pages.

Reliure strictement de l'époque demi-maroquin rouge à grain long, dos lisse orné en long, tranches marbrées, plats de papier rouge maroquiné grain long (reliure romantique signée Rivière, relieur à Condom - avec son étiquette imprimée). Belle reliure très bien conservée. Petites traces sombre le long du mors supérieur (non visible de dos), légères salissures sur les plats. Intérieur très frais. Rares rousseurs. Beau papier vélin blanc.

Edition originale et unique édition.

Exemplaire de dédicace offert par l'auteur à Monsieur Détrois "probe et loyal".


Conscient de tout ce qui a été écrit et publié sur Napoléon, l'auteur se propose de "démontrer son existence positive" en s'appuyant sur une série d'argumentations, relatives les unes et les autres aux grands projets, dont le titre offre la définition sommaire. "Ses démarches n’erraient jamais à l’aventure, et se laissait encore moins dominer par les instigations de quelque penchant vicieux ou désordonné [...]". L'auteur sur la générosité d'âme, l'intelligence vive et précoce de Napoléon, qui lui permirent de pénétrer de bonne heure les mystères de l'organisation sociale [...]". L'auteur conclut son ouvrage en écrivant : "Oui, soyons fidèles à la mémoire et aux derniers vœux de Napoléon ; imitons son exemple, en nous efforçant d’assujettir nos penchants, nos goûts, nos habitudes, et même nos préjugés, aux intérêts sacrés de la cause nationale ; qu'il apparaisse constamment à nos yeux comme un symbole de gloire, de grandeur et de pur patriotisme ; que notre amour pour lui, que les inspirations de son génie sublime, deviennent une sorte de culte politique, dont nous suivrons toujours avec ferveur les lois et les préceptes, quel que soit le souverain que nous adoptions, et qui desservira franchement l'autel civique, élevé par nous à l'honneur de Napoléon, et à l'éternelle prospérité de la France."


Le catalogue de la Bnf ne précise aucun auteur (Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, cote 8-LB51-1883). Cependant le seul autre exemplaire trouvé, listé au Catalogue Collectif des Bibliothèques de France au catalogue de la Bibliothèque Municipale de Toulouse (cote Res. C XIX 938 (2)) est attribué à Jean-Marie Soubdès capitaine de cuirassiers sous Napoléon Ier (d'après la fiche de la librairie Henner, Paris, acquisition de la BM de Toulouse, 2007 - exemplaire en maroquin vert). Jean-Marie Soubdès (1783-1868) est mort à Condom (Gers) lieu d'exécution de la présente reliure. Fils de député et député du Gers lui-même, il fut lieutenant puis capitaine au 5ème régiment de cuirassiers. Il fut anobli de Noblesse d'Empire par lettres patentes le 9 septembre 1810. Il fut nommé Chevalier d'Empire. 


"J'avoue tout bonnement que j'ai choisi Toulouse [pour faire imprimer son livre], parce que je suis né et que je réside non loin de cette ville [...]". L'auteur pressent les contradicteurs pour cet ouvrage dans lequel il dit n'être guidé que par son libre-arbitre. En 1833 la France est sous le régime de la Monarchie de juillet (1830-1848) sous le règne de Louis-Philippe. L'auteur se doit de rester prudent en louant ouvertement le régime napoléonien et les guerres napoléoniennes encore présents dans tous les esprits.


Bel exemplaire dans une séduisante reliure provinciale signée de l'époque.

Exemplaire de dédicace.


Ouvrage rare.

Prix : 850 euros

vendredi 15 mars 2019

André Gide. La Symphonie pastorale. Robert Léger éditeur, 1962. Gouaches originales par Jean-Pierre Rémon. Tirage à 180 exemplaires, tous uniques (gouaches peintes à la main).


André Gide. Jean-Pierre Rémon (illustrateur)

La Symphonie pastorale.

Robert Léger édieur, 1962 [Bourg-la-Reine, Dominique Viglino pour la typographie]

1 volume in-folio (39 x 29,5 cm), en feuilles sous couverture imprimée, de 163 pages dont 25 gouaches originales (peintes directement par l'artiste dans le livre) dont 3 sur double-page, 10 hors-texte et 12 in-texte. Sans emboîtage. Quelques rousseurs claires à quelques feuillets et sur la couverture. Petite déchirure sans manque en pied de couverture. Exemplaire frais.

Tirage à 180 exemplaires.

Celui-ci nominatif (hors tirage) sur vélin d'Arches.


Chaque exemplaire est unique et entièrement peint à la main par l'artiste. Même si les sujets peints (paysages) sont les mêmes dans chaque exemplaire, c'est une prouesse de travail et d'endurance que réalisait ici Jean-Pierre Rémon (comme il l'a fait pour d'autres ouvrages).

On trouve en tête du livre un avant-propos de Jean Cocteau et une lettre de Catherine Gide.


Le chef d'oeuvre d'André Gide est ici magistralement interprété au pinceau au travers des paysages du Jura Neuchâtelois (La Brévine). L'artiste, comme l'écrit Catherine Gide, a parfaitement saisi "la morosité, la gravité, la matité de ce pays".


Dans les années 1890, Gertrude, une jeune fille aveugle et orpheline de sa tante qui vient de mourir, est recueillie par un pasteur qui lui offre de vivre avec sa femme, Amélie, et ses cinq enfants dans une petite chaumière du Jura neuchâtelois, en Suisse. Dans son journal, le pasteur raconte l’éducation protestante qu’il offre à Gertrude, dont il finit par tomber amoureux. Son fils Jacques tombe également amoureux de Gertrude. Lorsque le pasteur s’en rend compte, il lui ordonne de partir. Une opération donne la vue à Gertrude et, voyant le père et le fils, elle tombe amoureuse de Jacques plutôt que du pasteur, même si encore aveugle, elle avait davantage de sentiments amoureux pour ce dernier. Entre-temps, Jacques s'est converti au catholicisme, rejetant ainsi définitivement son père pasteur, et a endossé l'habit de moine. Il renonce donc également à ses penchants pour Gertrude. La vue permet à Gertrude d’observer tout ce que le pasteur lui avait caché, le Mal et le péché, durant des années pour protéger le sentiment de bonheur qu’il avait tenté de susciter chez elle. Attristée par ses découvertes, et par le fait qu'elle prend une place importante dans la famille après une tentative, de suicide au cours de laquelle elle s’est presque noyée, Gertrude finit par mourir de folie quelques semaines après l’opération qui lui a permis de voir.


Jean-Pierre Rémon est né en 1928. Son oeuvre peinte s'attache essentiellement à la douceur des paysages. On lui doit notamment l'illustration de La Porte étroite du même auteur (1958, Lausanne, Gonin).


Très bon exemplaire de ce joli livre illustré de gouaches originales.

Prix : 800 euros

Buffon. Histoire naturelle. Quadrupèdes et Oiseaux. Matières générales. Edition Duménil, 1835-1836. 9 volumes in-8. Belle reliure romantique. Plus de 336 planches.


Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon

Oeuvres complètes de Buffon avec les suppléments, augmentés de la classification de G. Cuvier, et accompagnés de 700 vignettes gravées sur acier, représentant au moins 900 animaux.

Paris, P. Duménil, 1835-1836 [Typographie de Firmin Didot frères, Paris]

9 volumes in-8 (21,5 x 13,5 cm) de 400 à 500 pages chaque environ (collationné complet), avec 148 planches pour les Quadrupèdes, 188 planches pour les Oiseaux et quelques autres planches dans les premiers volumes, soit plus de 336 planches en noir hors-texte avec le plus souvent deux animaux par planche. Collationné complet de toutes les planches requises.


Reliure demi-veau rouge strictement de l'époque. Dos lisses orné doré "romantique", plats de papier marbré, petits coins de parchemin. Très belle série homogène. Rousseurs habituelles pour cette publication, plus ou moins importantes selon les feuillets, la majorité des feuillets sans rousseurs néanmoins, les planches sont bien fraîches avec peu de rousseurs pour la plupart. Quelques piqûres de vers sans gravité.Texte sur deux colonnes en petits caractères.


Cet ensemble complet en 9 volumes comprend 4 volumes de Matières générales, 2 volumes pour les Quadrupèdes et 3 volumes pour les oiseaux.


Buffon (1707-1788) est surtout notoire pour son Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy, rédigée sur près de 50 ans, à Montbard d'abord dans son cabinet et à la Tour Saint-Louis, puis en sa bibliothèque du Petit Fontenet en 36 volumes parus de 1749 à 1789, plus huit autres après sa mort, grâce à Lacépède. Il y a inclus tout le savoir de l’époque dans le domaine des « sciences naturelles », appellation large regroupant aussi des disciplines qui ressortent aujourd'hui de la science des matériaux, de la physique, de la chimie ou de la technologie. C’est dans cet ouvrage qu’il relève les ressemblances morphologiques entre l’homme et le singe, quoi qu'il pense ceux-ci dénués de pensée, ce qui les diffère profondément de l'Homme.


L'édition Duménil que nous proposons ne contient pas les poissons et autres suppléments de Lacépède etc.


Très bel exemplaire dans une très jolie reliure romantique décorative et solide de l'époque.

Prix : 1.900 euros


jeudi 14 mars 2019

Pierre Daninos. Les Carnets du Major Thompson (1954). Superbe reliure abstraite polychrome (box et papier) signée du maître relieur Pierre-Lucien Martin.


Pierre Daninos (auteur). Walter Goetz (illustrations). Pierre-Lucien Martin (relieur)

Les Carnets du Major Thompson illustrés par Walter Goetz avec la collaboration du Major Thompson.

Pierre de Tartas, Editeur d'Art, Paris, s.d. (1954)

1 volume in-8 (25,3 x 17 cm) de 173-(5) pages. 

Reliure d'art signée Pierre-Lucien Martin et datée 1959. Box rouge à bande, plats décorés d'une mosaïque abstraite de papier de différentes couleurs et de deux textures (mat et brillant), tête dorée, non rogné (ébarbé), couverture illustrée (premier plat) conservée. Chemise à dos de plexiglas transparent bordée de box, étui bordé de même. Parfait état.

Edition originale.

Tirage limité à 1.990 exemplaires. 

Celui-ci, 1 des 1.500 exemplaires sur vélin de Lana avec l'état définitif des gravures.

Exemplaire de dédicace offert par l'auteur à un ami (bel et spirituel envoi autographe sur le faux-titre).



Très belle reliure de création par l'un des plus fins relieurs de son époque. Datée de 1959, cette reliure abstraite non figurative correspond parfaitement à la ligne artistique du maître relieur à cette époque.



Le texte de Daninos n'est plus à présenter. Abandonnant la chasse au tigre, le major W. Marmaduke Thompson décide d'explorer la jungle française et consigne ses observations sur les autochtones, leurs comportements, leurs manies, leurs qualités, leurs défauts... Les Carnets du major Thompson sont un des plus grand succès de librairie du XXe siècle. Traduit dans vingt-huit pays, ce chef-d'oeuvre d'humour fait l'objet d'éditions scolaires et universitaires en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suède, aux Etats-Unis, etc. Pierre Daninos avait commencé à publier quelques petites chroniques dans le Figaro au début de l'année 1954. 



Superbe spécimen.

VENDU

mardi 5 mars 2019

Bertrand Dorny. Jacques Gouttenoire. FOULES (1962). Livre d'artiste imprimé à 32 exemplaires. 10 aquatintes de l'artiste. Avec envoi autographe. Bel exemplaire.


Jacques Gouttenoire (texte). Bertrand Dorny (illustration)

FOULES. Texte de Jacques Gouttenoire. Suite de 10 gravures de Bertrand Dorny.

à Paris, chez l'artiste.

Achevé d'imprimer le 15 décembre 1962.

Tirage limité à 32 exemplaires.

Exemplaire n°6.

1 volume in-folio (39,5 x 28 cm) de 1 feuillet de titre, 2 pages de texte, 1 page de justification du tirage +  10 planches hors-texte (aquatintes sur cuivre tirées en noir) signés et numérotés. Etui et chemise de toile grise (titre doré au dos). Rousseurs sur la chemise de papier blanc qui contient les feuillets ainsi que sur la page de titre (plus faible), sinon très bel état de conservation. Etui légèrement sali.

Envoi autographe de l'artiste sur la page de titre.


Peintre à ses débuts, Bertrand Dorny (1931-2015) s’initie à la gravure. Cette technique devient le moyen privilégié de son expression et, par la suite, la base de ses recherches futures. L’œuvre gravée de Dorny comprend environ 650 planches. Un premier catalogue raisonné de son œuvre gravée de 1967 à 1980 a été publié en 1981 par les éditions Sources, à Paris, avec un texte de présentation de Bernard Gheerbrant. Partant de ses expériences de la gravure, Dorny, particulièrement attiré par les matériaux pauvres : bois flottés, carton, papiers usagés ou rejetés, etc., a réalisé des collages, papiers pliés, « topomorphoses » (bois-reliefs), et de très grands panneaux de bois flottés assemblés. Ses papiers collés ont inspiré à Bernard Noël, Le Roman de papier, livre d’art paru aux éditions Ubacs, en 1989. Après avoir été professeur de dessin à l’Académie de la Grande Chaumière, Dorny a enseigné la gravure à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, de 1975 à 1979. Il a été membre de la Société des peintres-graveurs français et sociétaire de la Jeune Gravure contemporaine. Après avoir mis fin à son activité de graveur, en 1991, il a poursuivi ses collages, par séries thématiques (Vitrines, Le Musée manipulé, Architectures) et réalisé de nombreux livres, avec des écrivains ou des poètes contemporains. (source Wikipédia).


"La technique de Dorny est singulière et n’a rien à envier à l’ampleur de la gestuelle picturale ni au dégrossissage des formes d’un bas-relief. Quand nous pensons aux techniques traditionnelles de l’eau-forte et du burin, nous imaginons des centaines de lignes, mouchetures et hachures résultant de l’incision du métal par la pointe ou le burin. Le faire unique de Dorny produit un relief par des moyens tout à fait différents. Ce relief résulte de l’utilisation de plaques séparées et découpées et en jouant sur leurs interstices. Chaque forme a sa texture et sa couleur. Ce sont les formes évidées dans les plaques qui, en passant sous la presse, marquent le papier de leur empreinte…" (Robert Herbert, Dorny, vingt ans de gravure, 1987).


Il s'agit ici de son premier livre de gravures publié. Le collectionneur Gérard Vidalenche possédait un exemplaire de ce livre dans sa collection de livres d'artistes (Collection Gérard Vidalenche Vente aux enchères publiques le mardi 21 février 2017 50 ans de passion pour former une exceptionnelle bibliothèque de livres d’artistes - n°109 - estimé 1.000/1.200 euros).


Bel exemplaire de ce joli livre d'artiste au tirage confidentiel.

Prix : 950 euros