mercredi 25 avril 2018

William Tatham. Traité général de l'irrigation (1803). Edition originale française avec titre de relais à la date de 1806. Belle reliure de l'époque.


William Tatham.

Traité général de l'irrigation, contenant diverses méthodes d'arroser les prés et les jardins, la manière de conduire les prairies, pour les récoltes du foin ; avec les moyens d'augmenter ses revenus, en faisant usage de l'eau d'une manière utile à l'agriculture, au commerce, et même aux besoins de la vie. Avec huit planches représentant diverses machines pour élever et conduire l'eau ; Par William Tatham ; traduit de l'anglais par de R...

A Paris, chez Galland, 1806 [i.e. 1803] [de l'imprimerie de Langlois].

1 volume in-8 (21 x 13 cm) de XII-(2)-309-(3) pages. 8 planches hors-texte.

Reliure de l'époque demi-veau caramel mou, dos lisse richement orné de filets et palettes dorés, pièce de titre de maroquin rouge, plats de papier jaune. Petite galerie de vers au mors (partie inférieure du premier plat), sinon exemplaire très bien conservé. Intérieur parfait.


Édition originale française.

Il s'agit bien ici de la première édition française publiée à Paris chez Meurant à la date de 1803 (an XI), remise en vente par le libraire Galland avec un nouveau titre à la date de 1806. Soit que le libraire Meurant aura fait faillite ou que le stock ne se vendait pas. Cet ouvrage a paru pour la première fois en anglais sous le titre : National Irrigation, or The Various Methods of Watering Meadows; Affording Means to Increase the Populations, Wealth, and Revenue of the Kingdom, by an Agricultural, Commercial, and General Economy in the Use of Water. (London, Carpenter, 1801). L'édition française a été remaniée par le traducteur français.


L'auteur passe en revue les différents moyens d'irrigation des terres dans les pays comme l'Amérique, l'Angleterre, l'Espagne, et la France. L'irrigation naturelle des prairies par les ruisseaux et les rivières précèdent les moyens artificiels (machines) alors proposés.

William Tatham (1752-1819) est né en Angleterre (County of Cumberland). En 1769, il s'embarque à 16 ans pour la Virginie (Amériques) pour y étudier le commerce du tabac. Pendant la révolution il va suivre des études de droit en Caroline du Nord (admis en 1784). Il participe à la fondation de la ville de Lumberton en Caroline du Nord (1787). C'est durant cette période qu'il étudie et s'intéresse de très près à la construction des canaux d'irrigation, à la cartographie, etc. En 1796 il retourne en Angleterre et y restera 8 années. C'est durant cette période qu'il écrira plusieurs ouvrages relatifs à l'agriculture, au commerce, à l'architecture, etc. L'ouvrage qui lui valut la renommée est An Historical and Practical Essay on the Culture and Commerce of Tobacco (London, 1800). Il revient aux états-unis en Virginie. A 60 ans il part pour Washington où il est ingénieur topographique au ministère de la guerre jusqu'en 1815. La maladie le gagne rapidement. Grand collectionneur depuis des années, il doit se résigner à vendre sa collection de cartes géographiques et autres documents historiques. Tatham se suicide sur la place du Capitole de Richmond (il se place devant un canon qui tire en l'honneur de Washington). Il ne s'est jamais marié et n'a eu aucun enfant. Quel destin !


Référence : Dictionary of North Carolina Biography, 6 volumes, edited by William S. Powell. Copyright ©1979-1996 by the University of North Carolina Press, Tatham, William by G. Melvin Herndon, 1996 ; G. Melvin Herndon, William Tatham, 1752–1819 : American Versatile (1973).

Bel exemplaire de cet ouvrage utile à l'agriculture et peu commun. Very nice copy.

Prix : 950 euros


mardi 24 avril 2018

Claude-François Constantin de Magny. La Oille, Mélange ou assemblage de divers mets pour tous les goûts par un vieux cuisinier gaulois (1755). 400 pensées philosophiques. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun.


[Claude-François Constantin de Magny].

La Oille. Mélange ou assemblage de divers mets pour tous les goûts par un vieux cuisinier gaulois.

A Constantinople, l'an de l'ère chrét. 1755, de l'hégire 1233 [Dresde].

1 volume in-16 (13,3 x 8,5 cm) de XIX-(1)-314-(23) pages. Frontispice gravé.

Reliure de l'époque demi-veau caramel beurre salé à petits coins, dos à nerfs orné aux petits fers doré. Probablement une reliure allemande ou hollandaise. Très bel état de conservation tant de la reliure que de l'intérieur. Légers frottements et traces sur les plats.

Première édition sous ce titre.



Ce volume a déjà paru selon les bibliographes sous le titre l'Olla potrida en 2 volumes in-12 (sans lieu ni date). Constantin de Magny (1692-1764) était originaire de Savoie (Reignier dans le Genevois). Il était d'ancienne famille noble française et suisse. Il fit des études de droit à l’Université de Louvain, acquit le grade de docteur agrégé en droit et obtint une chaire de droit à l’Université de Turin. Il choisit cependant de faire carrière à Paris, et obtint en 1726 une place de bibliothécaire du maréchal d’Estrées. D’après la notice du catalogue des livres de la vente Perret (vente du 31 mai 1860, p. 129), il serait devenu alors attaché de l’ambassade de Hollande, puis capitaine en Russie et enfin bibliothécaire du roi Auguste de Pologne à Dresde, où il se remarie. Il s’est fait connaître en 1729 par le premier grand commentaire du Paradis perdu de Milton, traduit par Dupré de Saint-Maur : Dissertation critique sur le Paradis perdu « par M. C. de M. ». Cet essai a bénéficié de nombreux comptes rendus dans la presse du temps. La Oille, recueil peu connu, semble être l'un de ses seuls autres ouvrages publiés.

Ce volume se divise en 4 centuries, soit 400 pensées, réflexions, maximes, sentences, à l'usage de la félicité humaine. Tous les sujets sont abordés de la religion à la politique, aux mœurs et à la morale. Amour, beauté, chasse, ivrognerie, richesse, pauvreté, prostituées, jeu, mariage, filles, obscénité, etc.



Le titre qu'il porte : La Oille, est celui d'un plat d'origine espagnole puis provençale (Olla pour Marmite). C'est donc ici un pot-pourri, une marmite de toutes sortes de légumes et de viandes pour l'esprit que l'auteur offre au lecteur. Dommage que le fond roule sur une morale et des lapalissades le plus souvent éculées. Mais il est parfois bon de se rappeler de quelques truismes dans notre monde déboussolé.

"Tu vois prospérer et briller les Méchants, tandis que tu es dans l'abaissement et dans la peine ! c'est le train du Monde. Tu ne dois pas pour cela perdre courage. Regarde les, comme autant de créatures qui s'engraissent pour être détruites, ou sacrifiées ; et toi comme étant dans le Régime pour la conservation de ta santé. Ils n'ont pour tout Paradis, que l'Espoir d'être longtemps sur la Terre. Tandis que tu as sur la Terre l'Espérance du Paradis qui viendra bientôt. S'il n'y avait point de fin au voyage, le Chrétien voyageur n'aurait guère de Consolations ; encore moins d'Espérance." (Chapitre XVIII, Quatrième Centurie, Les Méchants).



"Curieux ouvrage" (Bulletin Morgand). Le frontispice est très curieux également (non signé). Il montre une assemblée princière réunie autour d'une marmite remplie de mets. Au premier plan un indigène couché semble-t-il empoisonné.

Référence : Quérard II, 276 (imprimé à Dresde et non à Liège comme on le lit le plus souvent). Jean Sgard, Dictionnaire des journalistes ; Mémoires et documents de la Société d’Histoire de la Suisse romande, vol. 32, 1893.

Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun.

Prix : 570 euros

lundi 23 avril 2018

Gabriel-François Coyer. Plan d'éducation publique (1770). Edition originale de ce très intéressant traité d'éducation populaire pour le bien commun. Bel exemplaire.


[Gabriel-François COYER].

Plan d'éducation publique.

A Paris, chez le veuve Duchesne, 1770

1 volume in-12 (17,3 x 10,5 cm) de XIV-(2)-360 pages

Reliure de l'époque plein veau brun marbré, dos lisse orné aux petits fers dorés, tranches rouges. Exemplaire frais très bien conservé. Coiffe inférieure arasée. Quelques légers frottements. Intérieur sur beau papier blanc pratiquement sans rousseurs.

Édition originale.


Ce plan d'éducation publique est divisé en trois parties : De l'éducation physique, De l'éducation morale et De la constitution des collèges. On le doit à Gabriel-François Coyer (1707-1782), issu d'une famille pauvre originaire du Doubs (Baume-les-Dames). Elevé chez les Jésuites (1728-1736), il vient à Paris en 1738 et est chargé de l'éducation du prince de Turenne. Proche des Encyclopédistes (il rédige l'article Peuple), sa principale idée était de lutter contre la pauvreté dont il était issu. Selon Coyer La patrie doit également assurer une certaine sécurité de la fortune et de la propriété, faute de quoi, l'état devient despotique. On lui doit divers ouvrages remarqués à l'époque telles ses Bagatelles morales (1754 et de nombreuses fois rééditées), La Magie démontrée (1748), La Noblesse commerçante (1756), etc. Son Plan d'éduction publique est sans doute le moins connu de ses ouvrages et pourtant l'un des plus intéressants et utiles. La première partie consacrée à l'éducation physique (ce que nous appelleront Sport) est très détaillée et met en avant les vertus du corps (bienfaits du grand air, propreté, nourriture, force physique, adresse, gymnastique, des jeux, natation, escrime, équitation, la Wii n'étant pas encore inventée...). Dans ce traité Coyer s'oppose à Rousseau sur certains points. Se mettant du côté des matérialistes Coyer se propose en éduquant un enfant de l'adapter à la vie sociale en vue de son propre bien et aussi du bien commun, écrit Jacques Ulmann, mais Coyer ne délaisse pas pour autant la nature. Ulmann voit en Coyer un rationaliste d'inspiration quasi cartésienne.


Référence : De la gymnastique aux sports modernes, par Jacques Ulmann (Paris, Vrin, 2004, pp. 237 et suiv.).

Bel exemplaire de cet ouvrage très intéressant.

Prix : 400 euros


dimanche 22 avril 2018

La Rochefoucauld. Réflexions ou Sentences Morales. Sixième édition (1693). 554 maximes. Superbe exemplaire relié plein maroquin par Thibaron.


LA ROCHEFOUCAULD (François VI, duc de)

RÉFLEXIONS OU SENTENCES MORALES. SIXIÈME ÉDITION augmentée.

Paris, Claude Barbin, 1693

1 volume in-12 (16,6 x 9,5 cm - Hauteur des marges : 162 mm) de (4)-XXXIV-(20)-196 pages.

Reliure plein maroquin anthracite janséniste de la seconde moitié du XIXe siècle (THIBARON). Jeu de filets et roulettes dorée en encadrement intérieur des plats, double-filet doré sur les coupes, doublures et gardes de papier peigne, tranches dorées. Très bel état de conservation de la reliure et intérieur frais (exemplaire délicatement lavé et réencollé, sans excès).

SIXIÈME ÉDITION ORIGINALE, POSTHUME.



Cette édition contient 25 pensées qui n'avaient encore jamais été publiées. Elle contient en outre la Réflexion de l'Amour propre, le Discours préliminaire par La Chapelle de Bessay revu par Segrais et qui n'avait pas été publié depuis la première édition de 1665. Outre les 50 maximes de la première partie, la seconde partie contient 504 maximes.

Il s'agit de l'édition la plus complète. Les maximes nouvelles publiées après la mort de La Rochefoucauld (1613-1680) n'ayant pas été désavouées par sa famille ont été considérées comme authentiques et ont été reprises dans les éditions suivantes.

Le succès des Maximes de La Rochefoucauld comme on les appelle communément fut très grand dès leur parution en 1665. Les nombreuses rééditions et contrefaçons sont là pour en témoigner. Avant même la publication, c'est dans le salon de Mme de Sablé que ces maximes circulèrent pour être lues et approuvées par l'élite du Grand Siècle lettré. Il est parfois dit que Corbinelli eut une certaine part à la rédaction des Sentences et Réflexions. Mme la marquise de Sévigné, le comte de Bussy-Rabutin, le Prince de Conti et bien d'autres furent aux premières loges de ces lectures. La Rochefoucauld ne fut pourtant indulgent pour personne et tous les Grands du Royaume de France pouvaient aisément se retrouver dans ces traits fulgurants. Mme de Sévigné et sa fille Mme de Grignan échangèrent sur la maxime 209 : "Qui vit sans folie n'est pas sage qu'il croit." La maxime 111 : "Plus on aime une maîtresse, et plus on est prêt de la haïr." a certainement dû mettre plus d'un galant de la cour face à lui-même. Tout le grand monde du Grand Siècle finissant a lu les Maximes de La Rochefoucauld, et son écho s'est propagé jusqu'à notre XXIe siècle. Cet ouvrage fait partie des livres majeurs de la littérature française.

"Voici un portrait du cœur de l’homme que je donne au public, sous le nom de Réflexions ou Maximes morales. Il court fortune de ne plaire pas à tout le monde, parce qu’on trouvera peut-être qu’il ressemble trop, et qu’il ne flatte pas assez." (La Rochefoucauld, avis au lecteur de l'édition de 1665).

Référence : Tchémerzine VII, 64.

SUPERBE EXEMPLAIRE FINEMENT ÉTABLI EN MAROQUIN DE THIBARON.

Prix : 2.500 euros


vendredi 20 avril 2018

Halford. Précis de la Pêche à la mouche sèche (1924, deuxième édition française). Très bon exemplaire de cette Bible du pêcheur à la mouche.


Frédéric M. HALFORD - G. L. WAUTHIER, traducteur

PRÉCIS DE LA PÊCHE A LA MOUCHE SÈCHE. MANUEL COMPLET comprenant l'entomologie à l'usage du Pêcheur, la création et l'organisation d'une pêche, par Frédéric M. Halford "Detached Badger", du "Field". Traduction et Notes par G. L. Wauthier. Deuxième édition.

Gaston Doin, Paris, 1924

1 volume in-8 (24 x 16 cm), broché de XV-475 pages. 44 planches hors-texte en noir dont le frontispice. Exemplaire frais, papier satiné. Quelques feuillets légèrement déréglés, brochage encore solide, couverture très propre. Bel exemplaire.

DEUXIÈME ÉDITION FRANÇAISE QUI REPRODUITE EXACTEMENT LA PREMIERE EDITION FRANCAISE DE 1913.

L'édition originale anglaise a parue en 1913 sous le titre : The dry fly mans’ handbook).


La première partie de l'ouvrage contient la description du matériel et des techniques (cannes et accessoires, le lancé, les règles de la mouche sèche, le choix des mouches, le sillage, les conditions favorables et défavorables, le moment psychologique, la mouche sèche sur les lochs et les lacs, le ferrage et maniement du poisson. La deuxième partie contient l'entomologie à l'usage du pêcheur (l'étude de l'entomologie, les mouches de mai, Duns et Spinners, les Trichoptères, les mouches des pierres, Alders, Smuts, etc. Enfin, la troisième partie concerne la création et l'aménagement d'une pêche (sélection d'une pêche, organisation générale, les Herbes et le faucardage, la destruction des ennemis de la truite, le repeuplement).


L'illustration est riche et variée. On y voit plusieurs insectes très finement gravés d'après nature. On y trouve aussi des paysages divers et variés de la campagne anglaise. Enfin les poissons y sont finement gravés également. Le texte est un des plus complets et précis sur le sujet.

Frederic Michael Halford (13 April 1844 – 5 March 1914), pseudonym Detached Badger, was a wealthy and influential British angler and fly fishing author. Halford is most noted for his development and promotion of the dry fly technique on English chalk streams. He is generally accepted as "The Father of Modern Dry Fly Fishing." John Waller Hills, A History of Fly Fishing for Trout (1921) called Halford "The Historian of the Dry Fly". (source : Wikipédia)


TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CE LIVRE QUI PEUT ÊTRE A JUSTE TITRE CONSIDÉRÉ COMME LA BIBLE DU PÊCHEUR A LA MOUCHE SÈCHE.

Prix : 280 euros


jeudi 5 avril 2018

Georges Courteline. Œuvres complètes. 1930-1931. 1 des 17 exemplaires d'artiste. Splendide reliure mosaïquée signée. Illustrations de Gus Bofa, Dunoyer de Segonzac, Dignimont, Falké, Forain, etc.


Georges Courteline. 

Œuvres complètes de Courteline.

Librairie de France, Paris, 1930-1931 (imprimerie Vilain à Bar)

10 volumes in-4 carré (24,5 x 21,5 cm), environ 300/400 pages par volume (collationné complet).

Reliure demi-maroquin rouge à bande, dos à quatre nerfs avec mosaïque polychrome historiée dans l'entre-nerfs au centre des dos (chaque volume est orné d'une mosaïque différente en rapport avec son titre), relié sur brochure, non rogné (grandes marges), couvertures imprimées conservées (neuves). Reliure de l'époque signée A. Gresle, relieur-doreur.

Tirage à 2.692 exemplaires numérotés.

Celui-ci, 1 des 17 exemplaires hors-commerce sur Hollande van Gelder imprimés pour les héritiers de l'auteur et pour les artistes.


Chaque volume contient relié à la fin une suite des illustrations (parfois coloriée au pochoir, parfois en noir).

78 compositions hors-texte dont 48 en couleurs dont 3 sur double-page et de très nombreux dessins en noir dans le texte et hors-texte.


Ces 10 volumes contiennent les titres suivants :

Volume 1 : Boubouroche. Philosophie. Illustrations de Dunoyer de Segonzac.
Volume 2 : Les Tribunaux. Illustrations par J.-L. Forain.
Volume 3 : La Vie de Ménage. Illustrations par P. Devaux.
Volume 4 : Contes et Nouvelles. Illustrations par Dignimont.
Volume 5 : Contes et Nouvelles. Illustrations par Boussingault.
Volume 6 : Rimes et Saynettes. Illustrations par P. Falké.
Volume 7 : Le Train de 8h47. Illustrations par Gus Bofa.
Volume 8 : Les Linottes. Illustrations par J. Marchand.
Volume 9 : Les Gaités de l'Escadron. Illustrations par J. Oberlé.
Volume 10 : Messieurs les ronds-de-cuir. Illustrations par A. Villeboeuf.


Ensemble réunissant pour les œuvres d'un même auteur, plusieurs illustrateurs très renommés et appréciés (Gus Bofa, Forain, Dunoyer de Segonzac, Dignimont, Falké).


Magnifique série reliée avec la plus grande délicatesse par André Gresle (né en 1910), installé relieur en 1935. Il succéda au relieur Lagorce dans un atelier créé en 1875 (Passage Vendôme à Paris, où exerçait auparavant F. Mousset-Thouvenin, neveu du grand Thouvenin. Gresle a cessé son activité en 1977. (Fléty, Dictionnaire des relieurs français ayant exercé de 1800 à 1988, p. 85, col. 1).


Splendide ensemble du plus rare tirage dans une reliure décorative parfaitement maîtrisée.

Prix : 6.000 euros


mardi 3 avril 2018

Louis Vallet. Croquis de cavalerie (1893). Exemplaire sur Japon impérial avec aquarelle originale (hussard anglais). Très belle reliure en maroquin de Ritter. Superbe volume. Rare tirage.


Louis VALLET.

A travers l'Europe. Croquis de cavalerie. Préface de M. Roger de Beauvoir. Ouvrage illustré de 300 gravures dans le texte et 50 en couleurs (hors-texte) d'après les dessins de l'auteur.

Paris, Librairie de Firmin-Didot et Cie, 1893

1 fort volume in-folio (35 x 27,5 cm) de 300-(1), 50 planches hors-texte en couleurs (chromolithographies).


Reliure de l'époque demi-maroquin ardoise à larges coins, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés dont un fer spécial poussé au centre des caissons (fer à cheval et cravache, emblèmes de la cavalerie), tête dorée, non rogné, couverture illustrée en couleurs conservée en parfait état. Quelques très légères marques à la reliure, à peine visibles. Exemplaire à l'état proche du neuf.


Le premier plat de couverture porte imprimé en haut à droite : Le Chic à Cheval (2e série). A Travers l'Europe. Croquis de cavalerie.

Édition originale.


Exemplaire du tirage spécial à très petit nombre sur papier impérial du Japon (probablement moins de 35 exemplaires), spécialement imprimé pour Monsieur Edmond Magimel (alors gérant de l'immense imprimerie Firmin-Didot, proche parent de Monsieur Firmin-Didot).

Enrichi à l'époque d'un très joli dessin original (aquarelle définitive ayant servi au tirage du Hussard anglais, p. 49). Dimensions du dessin : 21,7 x 11 cm. (voir photo).

Belle reliure signée Ritter.


Louis Vallet (1856-1940), artiste-peintre, dessinateur, était ancien cavalier-élève de l'école de Saumur. C'est en cette qualité qu'il donne cette vaste et superbe illustration. Il fut également co-fondateur de la Société des Humoristes (dont était Adolphe Willette).

Cet ouvage est dédié à Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Aumale, en très respectueux hommage.

Notre volume a été imprimé pour M. Edmond Magimel (1831-1902), avocat puis gérant de la société Firmin Didot, juge au tribunal de commerce de la Seine, fil de l'artiste peintre Albert Magimel, élève et ami de Jean Auguste Dominique Ingres. Edmond Magimel prend la tête de l'imprimerie Firmin-Didot avec Alfred Firmin-Didot. Magimel était lui-même petit-fils d'imprimeur.


Exemplaire de choix de ce livre important pour l'histoire de la cavalerie militaire à travers l'Europe au XIXe siècle.


Superbe volume.

Prix : 1.800 euros


vendredi 30 mars 2018

Georges Brunet (marquis de Panat) - Marquise de Bertier (Château de Pinsaguel - Toulouse) - L'Horoscope (1905). Pièce de théâtre privée représentée au château. Exemplaire unique relié en maroquin pour la marquise de Bertier.


Georges Brunet (Marquis de Panat).

L'Horoscope. Comédie en un acte, en vers.

Toulouse, Editions de l'Âme Latine, 1905

1 volume in-8 (22,5 x 14 cm) de 71 pages et 1 feuillet de musique (partition et paroles).

Reliure de l'époque plein maroquin chocolat intense, dos lisse orné de filets dorés en long, encadrement de filets dorés sur les plats, filet doré sur les coupes, encadrement intérieur (10 mm) de maroquin souligné de filets dorés entrecroisés, tranches dorées, couvertures conservées (premier plat imprimé, second plat vierge). Reliure signée A. Jonquières (Toulouse). Très bel état de conservation de l'ensemble, proche du neuf. Légères ombres au maroquin. Intérieur très frais, imprimé sur papier vergé teinté.


Exemplaire unique ayant été offert par l'auteur à madame la marquise de Bertier, actrice principale de cette pièce dans le rôle de Mélissinde, avec un très beau poème autographe, tout à la gloire de celle-ci. Nous le reproduisons intégralement ci-dessous :

A Madame la Marquise de Bertier // Melissinde est rentrée au Palais bleu du Rêve. // Les Djinns de la forêt, les lutins de la grêve // Ont emporté leur Reine, à travers terre et ciel, // Vers les champs de lumière où trône Alaciel ! // Mais sa beauté suprême et son port de déesse, // Son génie et son Art, sa grâce enchanteresse, // Ses mille attraits divins, sont restés parmi nous, // Madame, // et ce sont eux que l'on adore en vous ! // [signé] Mis de Panat // G. Brunet //.

Cette pièce "privée" a été représentée au château de Pinsaguel, propriété des Bertier, le 14 juin 1905. Mme la marquise de Bertier y tient le rôle principal de Mélissinde ; sa fille Mademoiselle Jehanne de Bertier celui de Renée. M. Armand Praviel y tient le rôle de Zampiero. M. Joseph Paul, celui de Carlos. La scène est au pays d'Utopie. Costumes Louis XIII, ou quelque chose d'approchant (imprimé). La pièce est datée à la fin du 28 octobre 1901.

Au début du volume on trouve un feuillet imprimé de dédicace à Armand Praviel, témoignage d'estime, d'affection et de reconnaissance de l'auteur.


Le château de Pinsaguel se situe à une quinzaine de kilomètres sud du centre de la ville de Toulouse. Son origine remonte à la fin du XIVe siècle (famille Ysalguier). Il est acquis en 1494 par Simon Bertier, maître des eaux et forêts du Langudoc. Au XVIIe siècle Philippe de Bertier, président du parlement de Toulouse fut le maître des lieux. C’est durant le XVIIIe siècle que la famille de Bertier démantèlera et réorganisera la bâtisse initiale pour lui donner la figure néo-classique que nous lui connaissons encore aujourd’hui. Il est désormais propriété de la commune de Pinsaguel après avoir été longtemps laissé à l'abandon.

Ce petit livre est l'un des ultimes témoignages des fastes finaux d'une lignée en train de s'éteindre dans les souvenirs d'une très ancienne noblesse finissante. Cette pièce privée, jouée au château, pour la famille de Bertier et par la famille de Bertier, est un achèvement. L'exemplaire, offert par l'auteur, anobli d'un joli poème, relié luxueusement par ce qui devait être le meilleur relieur de Toulouse à l'époque ; est sans doute resté longtemps sur les rayonnages de la marquise de Bertier, dans son château, comme un trophée et un souvenir de plus de cinq siècles de domination du Gotha toulousain. Ici bas, tout fini ...


On pouvait lire dans la revue L'Art Méridional ce compte-rendu (publié le 1er juillet 1905) :

— Le 14 juin a eu lieu au château de Pinsaguel une superbe séance artistique. Plus de deux cents invités s’étaient rendus à l’invitation du marquis et de la marquise de Bertier. Dans la grande salle du château avait été élevé un grand théâtre des mieux machinés et des mieux conditionnés. Deux pièces figuraient au programme : Alain Chartier, du vicomte de Borelli, joué dans la perfection par la marquise de Bertier (Agnès Sorel), Mlle de Bertier (la Dauphine), et M. A. Praviel (Alain Chartier) ; la deuxième, une fine comédie inédite du marquis de Panat, L'Horoscope, dont le succès a été grand, joué par la marquise de Bertier (Mélissinde), Mlle de Bertier (Renée), M. Praviel (Zampiero), et M. Paul (Carlos). Le talent de tout premie r ordre des interprètes a soulevé à plusieurs reprises les applaudissements et les rappels de toute l’assistance. Entre les deux parties, MM. Théron de Montaugé et Rozès de Brousse, poètes de l’âme latine , sont montés sur la scène et ont récité chacun un poème fait pour la circonstance avec le talent et l’à-propos plein d’esprit qu’on leur connaît. On a beaucoup remarqué le décor de L'Horoscope, une forêt, très heureusement brossée par M. des Essars. Nous ne nommons personne de l’assistance ; il faudrait citer tout Toulouse mondain et artistique.


Quant à l'auteur de la pièce, Georges Brunet en littérature, marquis Samuel de Panat (1851-1915) à la ville, originaire de l'Isle Jourdain (Gers), on lui doit notamment un roman, Céline (1877), des Poésies (1902) et deux autres pièces de théâtre : Dans les Gardes-Françaises (1903), comédie, et Le serment de Pierrot, opérette (1905). La famille de Panat est de la plus vieille noblesse toulousaine. Armand Praviel ici acteur est l'homme qui fonda en 1897 à Toulouse la revue littéraire L'Âme Latine (il est l'éditeur de cette pièce).


Tirage probable à petit nombre voire très petit nombre pour la famille Bertier, l'auteur et leurs amis.

Émouvant exemplaire.

Prix : 950 euros

mardi 27 mars 2018

Octave Uzanne. Le Paroissien du Célibataire (1890). 1 des 1.000 exemplaires sur vergé des Vosges. Jolie reliure de l'époque plein veau porphyre. Avec envoi autographe au peintre Félix Bouchor. L'ouvrage le plus intime voire le plus intimiste d'Octave Uzanne.

Octave UZANNE

LE PAROISSIEN DU CÉLIBATAIRE. Observations physiologiques et morales sur l'état du célibat, par Octave Uzanne. Illustrations de Albert Lynch gravées à l'eau-forte par E. Gaujean.

Paris, Ancienne Maison Quantin, May & Motteroz, 1890

1 volume in-8 (24,5 x 16,5 cm) de XXX-295-(1) pages. Frontispice, vignette de titre et 10 bandeaux gravés à l'eau-forte par Albert Lynch.

Reliure à la bradel de l'époque plein veau glacé porphyre (décor marbré polychrome), dos lisse, auteur et titre dorés, tête dorée, non rogné, couvertures conservées. Reliure très bien conservée avec seulement d'infimes marques et taches sans gravité ; intérieur frais avec quelques rousseurs sans gravité (rousseurs marquées sur les gardes blanches). La reliure bien que non signée est de très belle facture et doit sortir d'un excellent atelier. Belle impression sur papier vergé.


Édition originale.

Tirage à 1.100 exemplaires numérotés (1.000 ex. sur papier vergé des Vosges ; 25 ex. sur Chine ; 25 ex. sur Whatman et 50 ex. sur Japon).

Celui-ci, 1 des 1.000 exemplaires sur vergé des Vosges.

Exemplaire de dédicace offert par l'auteur au peintre Félix Bouchor. "à Félix Bouchor, fervent célibataire de ma paroisse j'offre ce livre" en dévotion féminine. Octave Uzanne. 12. I. 91.".


Félix Bouchor était le frère de Maurice Bouchor, très bon ami d'Octave Uzanne également. L'envoi autographe est donné à peine un mois après la sortie du volume en librairie. Cet envoi d'Octave Uzanne a été rendu caduque par un mariage en date de février 1906 (à l'âge de 53 ans). Félix Bouchor épouse Suzanne Riquet, jeune fleur des villes alors âgée de seulement 23 ans ... 30 ans les sépare ... elle meurt à l'âge de 47 ans en 1931. Le couple n'a pas eu de descendance. Octave Uzanne, lui, est resté célibataire ... en totale "dévotion féminine" ... ou presque.


A noter que sur les 10 bandeaux, 6 représentent de manière évidente Octave Uzanne lui-même, célibataire endurci pourtant âgé de seulement 39 ans au moment de cette édition. Mais Uzanne pose ici les bases de toute la sa vie amoureuse : profiter des femmes (des femmes des autres et des célibataires) plutôt que de se marier. Il tiendra cette ligne de conduite tout au long des années qui suivront. Le frontispice montre l'auteur à sa table de travail en train de se faire tourner  les pages de son Paroissien du célibataire par une jolie dame.


Voici le détail des chapitres : Qui vive ! - Traité du célibat et physiologie du véritable célibataire - De l'homme à femmes, du féministe et de l'amoureux par innéité, causerie du boudoir - Le nid du célibataire - Des filles, dames et damoiselles dans la vie de garçon - Des charmes et maléfices de la correspondance d'amour - Des rendez-vous, ruses et subterfuges dans la contrebande du mariage - Le jardin du monde, démonstration nécessaire des décors d'amour - La Bible de Satan ; Théorie des voluptés intimes - Le Miroir de l'éternel féminin, aphorismes, fragments et réflexions d'un gynépsychologue.


Avec Octave Uzanne il n'est pas aisé de savoir s'il faut prendre ce qu'il écrit pour argent comptant de premier degré ou bien fadaise, vanité ou encore fanfaronnade de second rayon. On a cependant, à la lecture de ce livre intime voire intimiste, l'impression que c'est ici et pas ailleurs qu'Octave Uzanne nous livre sa personne amoureuse et jouissante avec le plus de sincérité que dans aucun autre de ses livres. Ce qui en fait pour nous le livre-témoignage le plus précieux. Uzanne a-t-il jamais aimé vraiment un jour ? (aucune pièce manuscrite ne nous permet de le dire à ce jour n'ayant rien découvert à ce sujet dans sa correspondance).


Beau spécimen de reliure en plein veau porphyre glacé, avec envoi autographe.

Prix : 800 euros


lundi 26 mars 2018

Octave Charpentier. MAGNIFICAT. Poèmes plastiques (1921). Dessins de A. Bouchet gravés sur bois par Paul Baudier. 1/65 ex. sur vergé d'Arches, avec suite.


Octave Charpentier. A. Bouchet / Paul Baudier (illustrateurs).

MAGNIFICAT. Poèmes plastiques. 32 dessins de A. Bouchet gravés sur bois par Paul Baudier.

Paris, Editions d'Art du "Croquis". En vente chez Marpon et Cie. S.d. (1921)

1 volume in-8 (20,5 x 16,5 cm), broché de 71-(3) pages et la suite supplémentaire brochée à la fin, tirée en bistre sur Japon (31 illustrations). 31 illustrations dans le texte, tirées en rouge. Illustration de couverture tirée en bistre. Couvertures légèrement poussiéreuses avec quelques petites rousseurs. Intérieur très frais.

Édition originale.

Tirage à 540 exemplaires. Celui-ci, 1 des 65 exemplaires sur Vergé d'Arches (après 35 ex. sur Japon et 50 ex. sur Hollande Van Gelder, et avant 390 exemplaires sur Vélin Lafuma).

Bien complet de la suite des bois brochée en fin de volume.


Exemplaire de dédicace offert par l'auteur à Lucien Saint Omer "Ces poèmes badins, sans conséquence, avec mon affectueux souvenir".

Ce joli volume a été achevé d'imprimer le 20 septembre 1921. C'est un agréable recueil de poésies sur les différentes parties anatomiques de la femme (blason féminin comme c'était à la mode au XVIe et XVIIe siècle) : les mains, les hanches, les fesses, les cuisses, les pieds, le ventre, le menton, les épaules, les cheveux, etc. D'une saveur tout à fait convenable, l'auteur a même décidé de s'arrêter aux portes du Paradis. Comme il l'écrit lui-même sur le dernier feuillet : Ce petit livre est un rosaire, un chapelet de volupté, chaque grain marque une prière à la beauté ! (NDLR : dommage qu'il en manque au moins un ou deux ... de grains). Les bois gravés de Paul Baudier d'après les dessins de A. Bouchet sont très jolis et se fondent parfaitement dans le texte.

On a de cet auteur d'autres recueils intitulés : Les Vierges de Mai (illustrations de Roubille), Poèmes infernaux, Mabrouka femme arabe (bois de Paul Baudier), A travers le Quartier Latin, etc.
Octave Charpentier était un familier de Montmartre et du Quartier Latin. 


Bon exemplaire.

Prix : 190 euros