mardi 5 mars 2024

Léon Lebègue (1863-1930). Carte de voeux pour la nouvelle année 1898. Très rare document éphémère typique du travail de l'artiste à cette époque.

Léon LEBEGUE (1863-1930), artiste graveur et décorateur

Carte de voeux pour la nouvelle année 1898

Papier carte bristol  11,2 x 7,2 cm

Impression en noir.

Sujet : scène médiévale (un homme en train d'écrire à son bureau, sa femme rentre dans la pièce avec la date "1898" inscrite sur sa coiffe. Avec ce texte calligraphié imprimé : "Léon Lebègue demeurant à Paris en la rüe Léopold Robert N°5 vous souhaite en cestuy jour une année moult joyeulse"

Léon Lebègue est un artiste français (graveur, lithographe, affichiste, illustrateur) né à Orléans, reconnu pour ses compositions de type miniaturiste et historiées. On lui doit l'illustration réussie de plusieurs ouvrages d'Anatole France (La Leçon bien apprise, 1898 ; Histoire de Dona Maria d'Avalos et du duc d'Andria​, 1902 ; Mademoiselle Roxane, 1923), Paul Verlaine (Les Fêtes galantes, 1913), Théodore de Banville (Gringoire, 1919), J.-K. Huysmans (La Bièvre, 1914), etc. Il a travaillé sous la direction d'Octave Uzanne pour ses éditions de bibliophilie et pour ses cartes de voeux (pour Joseph Uzanne également).

Très bon état pour ce document devenu rare.

Prix : 350 euros

lundi 4 mars 2024

Le Diable au corps de Raymond Radiguet, illustré par Paul-Emile Bécat (1957). Un livre scandaleux ! Un des rarissimes 16 exemplaires de tête sur Japon nacré à la forme avec triple suite, modèle de coloris, et superbe dessin original ayant servi à l'ouvrage. Bel exemplaire de curiosa sensuel.


RAYMOND RADIGUET / JEAN COCTEAU / PAUL-EMILE BÉCAT (illustrateur)

LE DIABLE AU CORPS. Compositions en couleurs de Paul-Émile BÉCAT. Préface de Jean Cocteau.

Éditions Georges Guillot, Paris (1957)

1 volume in-4 (28,5 x 23 cm), en feuilles, sous emboîtage éditeur plein papier beige, couverture imprimée. 16 lithographies hors-texte en couleurs avec suite en noir. Emboîtage éditeur de papier couleur moutarde (légèrement frotté à quelques endroits).

TIRAGE A 1.030 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, UN DES 16 EXEMPLAIRES DE TÊTE SUR JAPON NACR
É A LA FORME, COMPORTANT DEUX SUITES EN NOIR (UNE SUR JAPON NACRÉ ET UNE SUR VÉLIN DE RIVES.

BIEN COMPLET DE LA COMPOSITION ORIGINALE A LA MINE DE PLOMB ET DU MODELE DE COLORIS A L'AQUARELLE SIGNÉ PAR L'ARTISTE.

Le dessin original est celui pour la page 44 (femme nue dans toute sa beauté avec un homme lui embrasant l'épaule). Ce dessin est l'un des plus réussis de la suite des 16 dessins qui composent l'illustration de cet ouvrage.





Notre exemplaire est le premier papier avant 940 exemplaires sans suite.

La présente édition a été conçue par Georges Guillot et réalisée avec André Koch, et imprimée par Fequet et Baudier, typographes. Les illustrations ont été tirées par Louis Duval et coloriées à la main par Jean et Paulette Monnier. Elle a été achevée d'imprimer à Paris, le 2 janvier 1957.








"Raymond Radiguet, monstre de génie, avait certes, comme Rimbaud, le diable au corps, mais ce diable me semble fort suspect. Davantage qu'une zone infernale, il relève du "Vert paradis des amours enfantines" et de cette "Part de Dieu" que Gide nous accorde. Cette "Part de Dieu" était la sienne propre et alors que chez les autres elle arrive en outre, chez lui elle était la base, le socle, la sève de l'arbre, le noyau du fruit. Avec "le Diable au Corps", une plante se reconte dans notre langue et la moindre ligne de son livre conservera toujours le duvet de pêche d'une joue en feu." Jean Cocteau

Le Diable au corps a paru pour la première fois en 1923, Raymond Radiguet n'avait pas 20 ans et est mort la même année de la fièvre typhoïde. C'est le récit d'une histoire d'amour entre un jeune homme et une femme tandis que le fiancé de cette dernière se bat sur le front durant la Première Guerre mondiale. Cette œuvre marque les esprits par l'extraordinaire sens de la formule de son auteur, et surtout le mythe qui l'entoure (Radiguet est mort à l'âge de 20 ans). Des thèmes tels que l'adolescence, la trahison, le scandale, la parentalité, l'adultère, les doutes amoureux sont magistralement abordés dans cet ouvrage.









Paul-Emile Bécat (1885-1960) est bien connu des bibliophiles pour ses délicates illustrations sensuelles et souvent érotiques voire pornographiques pour certaines publications clandestines des années 1930-1940. On lui doit un très grand nombre de compositions libres empreintes d'un réalisme reconnaissable au premier coup d'oeil. Il a illustré les plus grands noms de la littérature, de l'Arétin à Ronsard et Brantôme en passant par Casanova, Laclos, Nerval, Verlaine, Gautier, Pierre Louÿs et les petits noms des livres interdits de l'entre deux guerre. Le Diable au Corps de Raymond Radiguet fait partie de ses dernières productions.*

BEL EXEMPLAIRE DU TRES RARE TIRAGE DE TÊTE SUR JAPON NACRÉ BIEN COMPLET DES SUITES, DU DESSIN ORIGINAL AYANT SERVI A L'OUVRAGE, AINSI QUE DU MODELE DE COLORIS ÉXECUTÉ PAR L'ARTISTE.

Prix : 2.800 euros

vendredi 1 mars 2024

J. R. R. TOLKIEN Le Seigneur des Anneaux. Première partie : La communauté de l'anneau. Deuxième partie : Les deux tours. Troisième partie : Le retour du Roi. Traduit de l'anglais par Francis Ledoux. Dessins de Jean-Pierre Evrard. Edition des Editions Nouvelles Jean-Jacques Pauvert [achevé d'imprimer à Poitiers, Ligugé, sur les presses des imprimeries Aubin le 25 octobre 1978, pour Jean-Jacques Pauvert]. Première édition française dans ce grand format, relié en un seul volume. Superbe exemplaire.


J. R. R. TOLKIEN

Le Seigneur des Anneaux. Première partie : La communauté de l'anneau. Deuxième partie : Les deux tours. Troisième partie : Le retour du Roi. Traduit de l'anglais par Francis Ledoux. Dessins de Jean-Pierre Evrard.

Chez Jean-Jacques Pauvert éditeur [achevé d'imprimer à Poitiers, Ligugé, sur les presses des imprimeries Aubin le 25 ocobre 1978, pour les Editions Jean-Jacques Pauvert]

1 fort volume grand in-4 (27,8 x 22 cm) de 603-(4) pages. Texte imprimé sur deux colonnes. Dessins en noir dans le texte (ornements en rapport avec le texte de Tolkien) par Jean-Pierre Evrard.

Reliure éditeur pleine toile bleue titrée en blanc et or. Beau papier de qualité resté bien blanc. Bien complet du rodhoïd (jauni). Cartes imprimées en noir et rouge servant de gardes au volume. On joint une carte dépiante volante repliée.


Nouvelle édition.

Première édition française dans ce format.

La première édition française du Seigneur des Anneaux a été donnée entre 1972 et 1973 par les éditions Christian Bourgois (3 volumes in-8 brochés, non illustrés). La traduction est de Francis Ledoux (même traducteur que l'édition Bourgois. La première édition anglaise date de 1954-1955 (3 volumes in-8 publiés par George Allen and Unwin). La seconde édition anglaise révisée par Tolkien a été donnée en 1966.

Elle est avec l'édition suivante, en deux volumes mais à la pagination et maquette identique (sauf les photographies en couleurs d'après le film d'animation de Ralph Bakshi sorti en 1978), donnée par les Editions Famot (diffusion François Beauval) en 1980, l'une des deux seules éditions anciennes françaises en grand format.





On ne connait pas le chiffre du tirage de cette édition, sans doute plusieurs centaines voire un millier. Malgré le nombre important d'exemplaires imprimés, elle est aujourd'hui difficile à trouver en parfait état, et très recherchée.






Inutile de présenter le Seigneur des Anneaux, livre au gigantesque retentissement universel et dont l'adaptation cinématographique Peter Jackson (2001-2003) en  n'a fait qu'amplifier une renommée déjà acquise. Le Hobbit également adapté par le même réalisateur au cinéma (2012-2014) n'a fait que donner plus d'ampleur au phénomène. Tolkien est l'un des auteurs anglais contemporains parmi les plus recherchés en Angleterre mais également dans le monde entier (traduit dans de très nombreuses langues).





Superbe exemplaire parfaitement conservé.

Prix : 600 euros

jeudi 29 février 2024

Les Amours de Pierre de Ronsard. Avec 17 cuivres d'Emile Bernard, peintre-graveur. Ambroise Vollard éditeur, Paris (1915). Un des 200 exemplaires sur papier de Hollande. Bon exemplaire de ce titre recherché.


RONSARD, Pierre de | Emile BERNARD, graveur-illustrateur | Ambroise VOLLARD, éditeur

Les Amours de Pierre de Ronsard.

Ambroise Vollard éditeur, Paris, 1915 [imprimé par les soins de l'illustrateur sur les presses à bras de Fequet]

1 volume in-folio (33,5 x 25,5 cm), en feuilles sous couverture imprimée (vignette à l'eau-forte tirée en bistre signée en haut du premier plat) en rouge et bistre. Volume non paginé bien complet des 16 cuivres hors-texte tirés en divers tons (de noir à bistre) avec également 157 bois gravés tirés en bistre dans le texte (culs-de-lampe, bandeaux, encadrements), le tout gravé par Emile Bernard. Couverture à rabats bien conservée malgré de petites déchirures en tête et en queue du dos. Comme toujours pour cet ouvrage quelques rousseurs (plus marquées pour quelques feuillets de texte, les gravures sont épargnées). Texte entièrement gravé. Ensemble complet.

Premier et unique tirage (les cuivres et les bois ont été détruits après tirage).

Tirage à 250 exemplaires numérotés.

Celui-ci, un des 200 exemplaires sur papier de Hollande après 25 exemplaires sur Japon et 25 exemplaires sur Hollande avec suites.





Un des cinq ouvrages et le premier des ouvrages publiés par Ambroise Vollard et illustrés par Emile Bernard (1868-1941). Avec Vollard, il illustre Les Amours de Ronsard (1915), Les Fleurs du mal de Baudelaire, les Oeuvres de François Villon (1918), les Petites fleurs de saint François d'Assise (1928) et l'Odyssée d'Homère (1930). Vollard présente Bernard à Louis Barthou qui lui commande l'illustration du poème de Victor Hugo, La Fin de Satan. L'ouvrage illustré de 50 eaux-fortes de Bernard paraît aux éditions Le Livre contemporain à l'occasion du cinquantenaire de la disparition du poète, en 1935. Il illustre également les Chansons de Paul Fort de cent bois gravés en 1922 (Paris, Édouard Pelletan Helleu et Sergent éditeurs, 1922). Le Cantique des Cantiques de Salomon, illustré de bois gravés, de Bernard paraît à titre posthume en 1946 chez Grasset. Émile Bernard aura réalisé plus de 2 000 bois gravés durant sa longue carrière. Il en a coloré à la main un grand nombre, que ce soit à l'encre, à l'aquarelle ou à la sépia. Après avoir été un élément marquant de l'école post-impressionniste dite école de Pont-Aven, Emile Bernard revient vers un style classique à partir de 1904 et son retour à Paris. Il meurt le 16 avril 1941 dans son atelier parisien de l'hôtel Le Charron au 13-15, quai de Bourbon, dans l'île Saint-Louis, qu'il occupait depuis 1926. Une plaque portant son nom est placée au 15 quai de Bourbon résume ainsi l'artiste : "Créateur du Synthétisme, Initiateur de l'évolution du groupe de Pont-Aven, Père du Symbolisme."






Les eaux-fortes de ce Ronsard ont été gravées de telle sorte que le tirage sur papier produit un relief palpable au toucher des plus saisissant. Chaque eau-forte dégage une puissance étonnante. Notre exemplaire mériterait une belle reliure.

Référence : Carteret, Livres illustrés IV, 347











Bon exemplaire de ce titre recherché.

Prix : 1.600 euros