lundi 24 septembre 2018

Cham (Amédée de Noé). Nos Gentils Hommes. Goût, tournure, élégance, moeurs et plaisirs de la jeunesse dorée (1846). Très rare.


Amédée de Noé dit CHAM.

Nos Gentils Hommes, Goût, Tournure, Elegance, Moeurs et Plaisirs de la Jeunesse dorée par Cham.

Paris, chez Aubert et Cie, s.d. (1846).

1 volume in-4 (33,5 x 25,5 cm), 1 titre + 20 planches lithographiées en noir + catalogue de l'éditeur Aubert de (2)-14 pages.

Exemplaire dérelié, plats du cartonnage conservés détachés (à restaurer). Premier plat orné de la lithographie de titre (salissures et usures). Ensemble du titre et des 20 lithographies en excellent état, sans rousseurs. Beau papier bien blanc.

Unique et très rare édition de cet album.




Voici la liste des légendes des 20 lithographies :

1. Ne vous effrayez pas! 2. Un objet de prix pour ne rien prendre 3. Foi de carrossier. 4. Un maître dans une peau de domestique. 5. Des gages fabuleux. 6. Ton vicomte est un cuistre ! 7. Pauvre créancier ! 8. L'ami de cœur. 9. Tiens! C'est le m'sieu du château ! 10. Palsambleu quel bon petit chic !! 11. L’état d’héritier a bien ses charges ! 12. Monsieur le baron après souper. 13. Prenez y garde, John ! 14. Un ci-devant. 15. Tachez donc de faire aller mes cheveux ! 16, Le tir des pigeons. 17. Oh he ! Ce cavalier! Ohe ! 18. Bravo Marquis ! Tu arrives le premier. 19. Dieu ! La belle chasse. 20. Au diable les préjugés !

Il existe des exemplaires avec les lithographies aquarellées et gommées à l'époque. Le tirage en noir donne toute la puissance du dessin de Cham et uniquement cela.




Exemplaire complet, cartonnage à refaire ou à restaurer.

Prix : 700 euros

Octave Uzanne. Paul Avril. The Sunshade. The Glove. The Muff. 1884. Traduction anglaise de l'Ombrelle, le Gant et le Manchon. Bel exemplaire.


Octave Uzanne. Paul Avril (illustrateur).

The Sunshade. The Glove. The Muff. By Octave Uzanne, illustrated by Paul Avril.

London, J. C. Nimmo and Bain, 1884 [i.e. 1883]

1 volume grand in-8 (28,5 x 18,5 cm) de 138 pages +  catalogue de l'éditeur Nimmo and Bain pour septembre 1883 (14 pages).

Cartonnage pleine percaline vert pistache, dos doré en long (dorures très fraîches), premier plat orné à froid d'une composition de Paul Avril en bistre. Nombreuses illustrations tirées en différentes couleurs autour du texte. Quelques feuillets teintés. Pas de rousseurs notables.

Unique édition anglaise de L'Ombrelle, le Gant, le Manchon.

Il existe des exemplaires portant la date de 1883. Nous ne savons pas pourquoi il existe aussi des exemplaires portant la date de 1884 comme le nôtre. Il n'y eut qu'un seul et même tirage.



A l'exception du texte qui est en anglais, cette édition est en tous points identique à l'édition française parue chez Albert Quantin à la fin de l'année 1882 (15 novembre). Il est intéressant de se pencher sur cette édition anglaise. Le petit catalogue de la firme Nimmo and Bain qui se trouve à la fin du volume nous donne quelques informations relatives à cette édition. Il est mentionné : "This is an English Edition of this unique and artistic work "L'Ombrelle", recently published in Paris, and now difficult to be procured. No new Edition in French to be produced. This Edition has been printed at the press of Monsieur Quantin with the same care and wonderful taste as was his French Edition."



Bien que ce volume comporte la marque de l'imprimeur anglais Ballantyne and Hanson (Londres et Edimbourg), il est évident que ce volume a été tiré à Paris sur les presses de Quantin en ce qui concerne les illustrations. Seul le texte a semble-t-il été tiré en Angleterre (et encore ce n'est pas certain). Il a très certainement été tiré à petit nombre comme l'édition française (750 ex. ?). Nous ne connaissons cependant pas de grands papier (Japon) pour ce tirage anglais. Le cartonnage a très probablement été confectionné outre-manche. Dans le catalogue de l'éditeur il est indiqué que The Fan (traduction de l’Éventail publié en décembre 1881) est à paraître chez le même éditeur en octobre de la même année 1884.



Cette publication nous informe que l'extraordinaire réseau d'Octave Uzanne capable de diffuser ses ouvrages tirés à petit nombre outre-manche (et même outre-atlantique). Albert Quantin et sa puissante imprimerie, ainsi que la revue Le Livre dont Octave Uzanne était depuis janvier 1880 le rédacteur en chef et pour ainsi dire le directeur, ont été de précieux atouts déterminants.




A wonderful account of feminine adornment via various umbrellas, parasols, gloves, mittens, and fur muffs. A charming document in the history of fashion.


Bel exemplaire très bien conservé dans son cartonnage éditeur.

Prix : 195 euros

jeudi 20 septembre 2018

Le Sopha de Crébillon Fils illustré par Louis Icart (1935). Magnifique livre illustré moderne coté et recherché. 1 des 35 ex. sur Hollande. Broché. Rare.


CREBILLON FILS - ICART, Louis (illustrateur)

LE SOPHA. Illustré de vingt-trois eaux-fortes originales en couleurs de Louis ICART.

Le Vasseur et Cie, Paris, 1935 [imprimerie Coulouma à Argenteuil]

1 volume in-4 (24,5 x 19,2 cm), broché de 342-(1) pages. 23 eaux-fortes dont 21 hors-texte en couleurs. Couverture de papier crème avec le titre imprimé en rouge sur le premier plat. Quelques légères rousseurs à la couverture et dans le corps d'ouvrage, sans incidence sur la qualité de l'ensemble. Emboîtage cartonné de l'éditeur (légères usures). Bel exemplaire, très frais.

PREMIER TIRAGE DES EAUX-FORTES ORIGINALES DE LOUIS ICART.

TIRAGE A 517 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 35 EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE VAN GELDER.



Les exemplaires du tirage à 440 ex. sont sur vélin de Rives. Les 22 premiers exemplaires sont sur Japon impérial.

Notre exemplaire ne contient pas la suite en noir de toutes les planches avec remarques gravées à la pointe sèche.



Les eaux-fortes originales en couleurs de Louis Icart ont été tirées en taille-douce sur les presses de A. Porcabeuf et Cie à Paris.



Le Sopha fut rédigé par Crébillon fils en 1737 et publié pour la première fois en 1740. De nombreuses rééditions se succédèrent montrant l’engouement pour ce type de littérature. Ce fut un succès de scandale. Le conte adopte un récit cadre oriental qui renvoie aux Mille et une nuits et s’affirme comme une réflexion sur les aléas du désir et de l’amour. Le narrateur, Amanzéï, est transformé en sopha et ne retrouvera sa forme humaine que « quand deux personnes se donneraient mutuellement et sur [lui] leurs prémices ». À l’intention du sultan Schah-Baham, qui s’ennuie, et de la sultane, il raconte les scènes dont il a été le témoin en faisant défiler sept couples. Le dernier, formé de deux adolescents (Zéïnis et Phéléas) dont les jeunes cœurs jouissent innocemment du plaisir qu’ils se donnent, remplit la condition permettant de le libérer. La virtuosité de Crébillon consiste à broder à l’infini sur le même thème sans jamais répéter exactement les mêmes notes. Les différents épisodes – dont le plus long (9 chapitres) est celui de Zulica – de ce roman qui « conjugue vitriolage psychologique, satire politique et mise en abyme des pouvoirs de la fiction et du langage », sont autant d’occasions de ridiculiser l’hypocrisie sous ses différentes formes (respectabilité mondaine, vertu, dévotion). Le Sopha circulait déjà sous le manteau bien avant sa publication officielle en 17421, nonobstant les défenses qui lui avaient été faites. Après sa publication, l’auteur est exilé par le cardinal de Fleury à 30 lieues de Paris le 7 avril 1742 en raison du cynisme de l’ouvrage et de son libertinage, mais surtout parce que certains croient reconnaître Louis XV dans le personnage ridicule et amusant du sultan Schah-Baham. Crébillon prit alors le chemin de l’Angleterre, sans en informer son père qui demanda de ses nouvelles au chancelier d’Aguesseau, qui lui répondit le 31 mai. Crébillon parvint à faire valoir pour sa défense que l’ouvrage aurait été commandé par Frédéric II de Prusse et n’aurait été publié qu’à la suite d’une indiscrétion et contre sa volonté. Rappelé le 22 juillet, il s’empressa de rentrer en France. Avec le Sopha, Crébillon obtint un nouveau succès de scandale. Lorsqu’il fut introduit auprès du public anglais par Lord Chesterfield, qui avait donné les trois cents exemplaires, que lui avait envoyés Crébillon, à vendre chez l’éditeur White, le succès en fut énorme ; Walpole lui-même le trouva admirable. Hogarth a trouvé le moyen de le représenter dans son Mariage à la mode (1745), enfoncé dans un coin du canapé. Le Sopha a eu une influence sur les Bijoux indiscrets de Diderot, où la bague de Mangogul joue le même rôle d’objet voyeur que le sopha crébillonien, et les Liaisons dangereuses de Laclos où Mme de Merteuil lit un chapitre du Sopha pour se disposer à la venue de Belleroche.



Cette édition moderne illustrée avec talent par Louis Icart est sans doute une des plus belles versions du XXe siècle de texte érotique. Elle est très recherchée et se trouve rarement sur le marché des beaux livres illustrés.



BEL EXEMPLAIRE TEL QUE PARU DU TIRAGE RARE SUR HOLLANDE.

Prix : 1.900 euros


Saint-Pierre-Martinique 1635-1902 par Charles L. Lambolez (1905). Annales des Antilles françaises - Journal et Album de la Martinique - Naissance, vie et mort de la cité créole - Livre d'or de la charité. Par Coeur Créole (C.L.L.). Eruption volcanique de la montagne Pelée. Ouvrage illustré de 60 gravures. Rare ouvrage de référence.



CŒUR CRÉOLE [C.L.L = Charles L. LAMBOLEZ]

1635 - 1902. SAINT-PIERRE-MARTINIQUE. Annales des Antilles françaises - Journal et Album de la Martinique - Naissance, vie et mort de la cité créole - Livre d'or de la charité. Par Coeur Créole (C.L.L.). Ouvrage illustré de 60 gravures.

Berger-Levrault, Paris, Nancy, 1905

1 volume in-8 (25,5 x 16,5 cm), broché de 509 pages. Nombreuses reproductions de photographies, gravures anciennes, etc. Brochage solide, papier couché au kaolin (papier très lourd), quelques petites accidents sur les bords de la couverture (haut du dos touché sans conséquence). Complet.

ÉDITION ORIGINALE RARE.

Voici le détail des chapitres : 1. Les origines de la colonisation française dans le golfe du Mexique. 2. L’œuvre de Du Parquet. Bases solides de la colonisation de la Martinique. Sérieux progrès au Fort Saint-Pierre. Le brillant avenir de la cité créole se dessine. 3. Précis de l'histoire de la Martinique. 4. Quelques célébrités de la colonie (Madame de Maintenon, l'impératrice Joséphine Tascher de La Pagerie, etc. 5. Nos calamités à travers les siècles, jusqu'au cataclysme de la cité créole. La deuxième partie de l'ouvrage traite de la catastrophe du mois de mai 1902 (éruption volcanique de la montage Pelée). Histoire très complète de la catastrophe. Rapports officiels. Supplément au journal de la catastrophe. etc.

Ce volumineux ouvrage a été rédigé peu de temps après l'éruption volcanique de la montage Pelée de mai 1902.

Ce volume a été offert comme prix d'excellence en classe de première à l'élève Marcel Girard au collège d'Auxerre en 1920 (avec étiquette imprimée du collège d'Auxerre).

Volume rare, aucun exemplaire à vendre actuellement sur les sites spécialisés.

BON EXEMPLAIRE DE CET OUVRAGE DE RÉFÉRENCE.

Prix : 450 euros

mardi 18 septembre 2018

Bussy-Rabutin. Lettres et Nouvelles Lettres (1727). Rare contrefaçon de l'édition de 1720-1727. 7 volumes en reliure de l'époque. Une des plus intéressantes correspondances privées couvrant la première partie du règne de Louis XIV (de 1666 à 1692).


BUSSY-RABUTIN, [Roger de Rabutin, comte de Bussy, dit]

LES LETTRES DE MESSIRE ROGER DE RABUTIN, COMTE DE BUSSY, Lieutenant Général des Armées du Roi, et Mestre de Camp Général de la Cavalerie française et étrangère. Nouvelle édition. [Première-Quatrième partie].

Suivi de :

NOUVELLES LETTRES DE MESSIRE ROGER DE RABUTIN, COMTE DE BUSSY, Lieutenant Général des Armées du Roi, et Mestre de Camp Général de la Cavalerie française et étrangère. Avec les réponses.

Sur l'imprimé A Paris, Chez Florentin Delaulne, 172



7 volumes in-12 (16 x 9,5 cm) de (4)-374-(2), (4)-295, (6)-550, (8)-491-(4), (10)-448, (8)-386 et (6)-384 pages. Nous pouvons fournir la collation détaillée sur demande.

Reliure pleine basane fauve de l'époque, dos à nerfs richement ornés, pièces de titre et tomaison de maroquin rouge, tranches rouges. Coiffes et coins avec usures et manques aux extrémités, intérieur collationné complet. Papier parfois bruni sans gravité. Quelques rousseurs. Pourtour de quelques pages de titre bruni. Le titre au dos a été mal doré "RABATIN" au lieu de "RABUTIN".

RARISSIME CONTREFAÇON DE L'EDITION DE 1720-1727 PARUE CHEZ LA VEUVE DELAULNE.



Détail des volumes : Tome I : Outre un Avertissement, ce volume contient les lettres I à CXLIV. Soit 144 lettres. Tome II : Ce volume contient les lettres I à CXI. Soit 111 lettres. Tome III : Ce volume contient les lettres I à CCCXXXIII. Soit 333 lettres. Tome IV : Ce volume contient les lettres I à CCCLXXI. Soit 371 lettres. Tome V : Outre un Avertissement, ce volume contient les lettres I à CCCXXV. Soit 325 lettres. Tome VI : Ce volume contient les lettres I à CCLXX. Soit 270 lettres. Tome VII : Ce volume contient les lettres I à CCXIX. Soit 219 lettres. Sur l'ensemble des 7 volumes ce sont donc 1773 lettres écrites par le comte de Bussy-Rabutin ou adressées à lui qui sont rassemblées dans cette édition (identique en tous points à celle de 1720-1727). 

Quelques remarques sur cette édition : A noter qu'on ne trouve de réclame qu'en fin de cahiers de 4 ou 8 feuillets, ce qui contrairement à la pratique dans les Pays-Bas (Amsterdam ou La Haye) où tous les feuillets comportent habituellement une réclame pour le feuillet suivant, indiquerait ici une impression française. La mention "sur l'imprimé" présente sur les titres indique de façon claire une contrefaçon de l'impression de Paris chez Florentin Delaulne. D'ailleurs en 1727 Florentin Delaulne est décédé et la véritable édition de Paris, 1727 porte l'adresse : Veuve Delaulne. L'ensemble des 7 volumes est parsemé d'ornements gravés (fleurons, bandeaux, culs-de-lampe), leur étude serait intéressante pour déterminer de quelle ville et de quel atelier typographique sortent ces volumes (Lyon ? Rouen ?). Une comparaison avec la véritable édition Delaulne de 1720 indique un texte identique avec de faibles différences dans la justification de quelques lignes. La pagination est identique.



On trouve un très grand nombre de lettres dans cette riche correspondance de Bussy-Rabutin. Exilé sur ses terres de Bourgogne à Bussy pendant près de dix-sept années à cause de son libertinage et surtout à cause de son Histoire amoureuse des Gaules qui circula en manuscrit et imprimée pendant toute la seconde moitié du XVIIe siècle, pour la plus grande fureur de Louis XIV qui ne lui pardonna jamais d’avoir chansonné les amours du Roi, Bussy-Rabutin se livre ici dans son intimité. Mais ce qu’il y a de plus remarquable sans aucun doute dans cette correspondance, c’est qu’on y trouve aussi les réponses des nombreux correspondants du comte, fait rare dans l’édition des correspondances anciennes qui sont parvenues jusqu'à nous. On y retrouve notamment la plus célèbre de ses correspondantes, la marquise de Sévigné, Marie de Rabutin Chantal. On sait que c’est le fils de Roger de Rabutin qui édita en partie avec le Père Bouhours la correspondance de Bussy (1697-1709). C’est également le fils de Roger de Rabutin qui communiqua les manuscrits des premières lettres publiées de la marquise de Sévigné, quelques années plus tard.



Provenance : Ex libris gravé du Marquis de Girard. Ex libris manuscrit du Marquis de Girard dans tous les volumes (biffé sur la page de titre). Girard, Pierre-Maurice-Emmanuel de, marquis de Pézennes (1718-17..) (Meyer-Noirel, G0118). 



Localisation : nous n'avons trouvé aucun exemplaire de cette contrefaçon datée 1727 dans les dépôts publics.

BON EXEMPLAIRE DANS UNE RELIURE DE L'EPOQUE DE CETTE CONTREFAÇON RARE.

Prix : 950 euros



Charles Milon. L'Eventail. Poème en quatre chants (1780). Exemplaire de la bibliothèque Octave Uzanne. Rare.


Charles Milon (ou Millon)

L'éventail, ou Zamis et Delphire, poème en quatre chants ; par M. Milon.

A Londres, et se trouve à Paris, chez la Veuve Duchesne, 1780

1 volume in-8 (19,5 x 12,5 cm) de (6)-36 pages. Frontispice gravé à l'eau-forte par Boulland.

Reliure de l'époque plein veau brun, dos lisse orné en long à la grotesque, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges. Reliure usagée (mors, coiffes, coins) qui reste solide. Intérieur très frais imprimé sur beau papier de Hollande fort.

Édition originale.

Exemplaire provenant de la bibliothèque de l'homme de lettres Octave Uzanne (1851-1931), avec son ex libris gravé par Aglaüs Bouvenne.


Ce poème est dédié à son Altesse sérénissime Madame la Duchesse de Bourbon "protectrice des arts". L'auteur explique dans son Avertissement qu'il a eu l'idée de ce petit poème en l'honneur de l'éventail, ce "sceptre de Vénus", cette "arme divine", en lisant un poème intitulé L'Eventail par le poète anglais Gay. Mais ce n'est pas une traduction qu'il donne ici mais une adaptation au goût français du moment. Outre le poème en quatre chants on trouve quelques notes historiques en bas de page sur l'éventail.


Ce volume a servi d'outil de travail à Octave Uzanne pour la publication de son propre Eventail (Paris, Quantin, 1882) à la fin de l'année 1881. Uzanne a placé sous le faux-titre de son Éventail un mot de Sylvain Maréchal (l'homme sans dieu) : "L'éventail d'une belle est le sceptre du monde." Passé l'avant-propos, on trouve en tête du volume une épître dédicatoire à Madame Louise ***, dont le titre est suivi de ces vers signés Milon : ... La pomme fut décernée à Cypris. Offrant cet Eventail je dis comme Pâris : Il est pour la plus belle. MILON. Obscur Milon ! Qui est-il ? C. Milon ? Milon de Liège ? Nous avons répertorié plusieurs éditions de ce texte écrit à la manière des Dorat, des Lambert et autres écrivains de la femme, de ses heures et de ses ornements dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Celle-ci est la première. Il y a une édition datée 1781 (Paris, Maestricht, Veuve Duchesne) ; une autre en 59 pages datée 1782 (Paris, Liège, Lemarié). Cette dernière édition étant marquée "seconde édition" sur le titre et Milon étant désigné comme "Milon, de Liège". Charles Millon ou Milon (1754-1839) fut écrivain et professeur de philosophie. Le Mercure de France du samedi 17 août 1782 consacre une longue notice à cet ouvrage et à son auteur : "L'auteur de cet opuscule, qui se dit fort jeune, et dans la préface et dans son poème, ne prétend pas du moins en imposer au public sur le motif qui l'a déterminé à courir les risques de l'impression. Il avoue qu'il a ambitionné son suffrage. Cette sincérité ne saurait lui nuire ; elle est bien préférable au charlatanisme de ceux qui veulent faire croire qu'ils se sont vus contraints par leurs amis, ou par des personnes à qui ils sont obligés d'obéir ; cette coquetterie littéraire est trop usée, et en même temps trop ridicule. L'essai poétique que nous annonçons est une imitation de l’Éventail de Gay, Poème en trois chants, plein de longueurs et vide d'action, comme presque tous les ouvrages anglais de ce genre. M. Milon y a fait plusieurs additions ; et le poème, qui n'était déjà que trop long, a un chant de plus. Avec un goût plus mûr, l'auteur eût réduit le tout à un seul. On sent aussi que son style n'est point fait. Il est toujours diffus et souvent prosaïque. La description de l'éventail est très faible. (...)Tout l'ouvrage n'est pas aussi défectueux (...) mais il y a peu de morceaux bien travaillés, les meilleurs manquent de précision. Ce n'est pas qu'on ne rencontre souvent des vers très agréables. (...) L'auteur, en conseillant aux femmes le goût de la simplicité dans la parure, a eu occasion de rendre hommage à une Princesse aussi chérie que respectée, et que l'on peut louer sans flatterie (Madame la Duchesse de Bourbon) (...) Nous n'étendrons pas plus loin et nos citations et notre critique. Nous ne voulons point affliger l'auteur, et encore moins le décourager. C'est pour l'animer à mieux faire que nous avons fait mention de son ouvrage. Les jeunes versificateurs, encore pleins des illusions d'un Art dont ils ne connaissent que les charmes sans en soupçonner les difficultés, et vivement éblouis par le phosphore de la gloriole littéraire, attachent beaucoup d'importance à leurs moindres essais, et n'ont rien tant à coeur que d'obtenir une mention quelconque dans les ouvrages périodiques. Ce désir, qui tient beaucoup à l'émulation, doit paraître tout simple dans un débutant. Il y a une sorte d'équité à parler d'un ouvrage qui, sans être bon et sans avoir assez d'importance pour mériter l'attention du public, annonce néanmoins dans l'auteur quelques dispositions et un goût pour les lettres qui ne peut être blâmable, pourvu qu'il soit bien dirigé, et qu'il ne devienne pas une prétention ridicule. Les jeunes écrivains, abstraction faite du plus ou moins de talent, sont intéressants aux yeux d'un vrai littérateur par une qualité bien précieuse, c'est qu'ils sont enthousiastes de bonne-foi, et qu'ils ne connaissent point l'esprit de parti. Aussi l'auteur de cet article se fera-t-il un devoir d'avoir toujours beaucoup d'égards pour ses jeunes confrères."


Exemplaire de travail pour Octave Uzanne, et conservé comme tel dans sa bibliothèque. Ce livre n'a figuré dans aucune des deux premières ventes Uzanne (mars 1894 et avril 1899). Une étiquette du libraire Edouard Rouveyre (collée au contre plat du volume) nous permet de penser que ce volume a été acheté par Uzanne chez ce jeune libraire avec qui il avait par ailleurs publié ses premiers ouvrages (Les Caprices d'un Bibliophiles en 1878, mais surtout Du Mariage par un philosophe du XVIIIe siècle, avec une préface par Octave Uzanne, publié à la librairie ancienne et moderne Edouard Rouveyre, en 1877, mais aussi le Bric-à-Brac de l'amour en 1879, Le Calendrier de Vénus en 1880 et Les Surprises du Coeur en 1881). La bibliophilie d'Octave Uzanne était double, d'une part des exemplaires contenant des textes rares, pour son travail d'écrivain et d'essayiste, souvent dans des reliures d'époque usagées ou très simplement reliés ; d'autre part une bibliophilie résolument moderniste avec des exemplaires de livres modernes, de livres d'art et d'artistes, d'éditions originales de ses amis, soit cartonnés artistiquement mais simplement par Carayon, Pierson et autres, soit superbement reliés par les meilleurs artisans comme Petrus Ruban, Carayon, Meunier, etc, pour ce qui concerne les exemplaires uniques avec pièces ajoutées. Cette dichotomie bibliophile se perçoit aisément pour peu qu'on se plonge un peu dans le détail des catalogues de vente de quelques parties de sa bibliothèque. 


Bon exemplaire de ce petit ouvrage rare provenant de la bibliothèque d'Octave Uzanne.

Prix : 390 euros


vendredi 14 septembre 2018

Eliphas Lévi. L'Assomption de la Femme ou le Livre de l'Amour (1841). Edition originale très rare. Exemplaire non rogné en condition d'époque.


LÉVI (Éliphas) - [Abbé Constant]

L'Assomption de la Femme ou Le Livre de l'Amour. Par l'abbé Constant.

Paris, Aug. Le Gallois, chez Pilout, 1841 [Imprimerie de Pommeret et Guénot]

1 volume in-12 (16,8 x 11 cm) de XXVIII-252 [i.e. 152] pages.

Cartonnage bradel de l'époque demi-percaline rouge, plats de papier marbré, non rogné (relié sur brochure). Papier vélin fin dépourvu de rousseurs. Reliure en très bon état. Légers frottements.

Édition originale.



L'abbé Alphonse Constant, plus connu sous le pseudonyme d'Eliphas Lévi, est né en 1816 et mort en 1875 à Paris. Il fut professeur d'Hébreu au Petit Séminaire St Sulpice et s'est occupé d'art (de peinture particulièrement) puis de politique : de ce dernier chef il subit même quelques mois de prison. En 1848, il quitte définitivement la soutane et épouse Mlle Noémie Cadiot, qui est connue comme romancière, sculpteur et journaliste sous le nom de Claude Vignon. Cette union, peu heureuse, fut annulée au bout de quelques années, et en 1875 après la mort de l'abbé Constant, sa veuve épousa Maurice Rouvier; député de Marseille, et plus tard Ministre et président du Conseil. Dans les dernières années de sa vie, l'abbé Constant dut demander ses moyens de subsistance à un petit commerce de fruiterie. Son pseudonyme, Eliphas Lévi Zaed est la traduction en hébreu francisé de ses trois noms : Alphonse, Louis, Constant, mot à mot. (Caillet). Eliphas Lévi est considéré comme le rénovateur de l'occultisme en France au XIXe siècle.



Cet ouvrage, l'un des premiers de l'auteur, devait être intitulé l’Évangile de l'amour ; mais ce titre ayant effrayé l'imprimeur (un procès fait à l’Évangile du peuple du même auteur et publié seulement quelques mois plus tôt avait valu à son auteur 8 mois de prison et 300 francs d'amende) il lui avait substitué celui de L'Assomption de la femme. La Confession qui précède le texte et qui occupe les XXVIII premières pages a fait l'objet d'auto-censure par l'auteur. "Évangile veut dire bonne nouvelle apportée à la femme par un ange" écrit Epliphas Lévi en tête du texte. "La nouvelle que l'ange apportait à la femme était celle de son affranchissement par l'intelligence et l'amour." Le reste du volume est une revue du Cantique des Cantiques accompagné des commentaires mystiques de l'auteur. "Qu'elle me baise [la femme] du baiser de sa bouche ! car tes mamelles sont plus délicieuses que le vin. [...] Ainsi les jeune filles l'ont tendrement aimée [comme les jeunes colombes se caressent entre elles, ainsi vous vous aimez dans votre adolescence, jeunes filles pures et naïves ! Et dans les tendres embrassements d'une délicate amitié vous rêvez d'autres caresses plus tendres encore, des affections plus intimes, un épanchement plus délicieux. [...] O femme ! tous les bons coeurs doivent t'aimer ! [La société où nous vivons n'est pas la société des justes, car elle n'aime pas la femme : la femme est élevée pour la servitude, et on l'exerce de bonne heure à feindre et à se cacher. On la vend au mariage sans consulter son coeur ; et un homme souvent brutal, presque toujours détesté, la rient à la chaîne, ne l'aime pas et lui défend d'aimer personne. [...] Car Ève et Marie ne sont qu'un même symbole, et c'est celui que l'antiquité nous présentait sous la figure de Pandore. Pandore ouvre par curiosité la boîte fatale de la science où sont renfermés tous les maux : c'est Ève qui cueille et goûte le fruit défendu. Mais, au fond de la boîte, Pandore garde et apporte aux humains l'Espérance : c'est Marie qui descend du ciel, enceinte du Verbe incarné. Ainsi tout a commencé par la femme, et par elle tout doit finir. [...]"



Eliphas Lévi s'explique sur l'Assomption de la femme dans une lettre du 30 mai 1862 adressée à l'un de ses élèves : "Marie est la personnification humaine de Chocmah, la sagesse divine ou la Sainte Schechinah, la lumière manifestée par reflet. Elle est le côté féminin du Verbe fait chair, et participe par assomption à toutes les gloires de Jésus-Christ. Le femme élève l'homme : mais l'homme élève la femme. Tel est le mystère de l'assomption de Marie entraînée dans l'ascension de Jésus-Christ par le lien d'amour qui ne saurait être rompu entre le fils et la mère de l'humanité qui croit en Dieu. A ce titre elle est élevée au dessus des anges non par ses propres forces, mais par le mérite de son fils. Exaltation toute divine et à laquelle la chair ne participe en rien. L’Évangile dit peu de choses sur Marie, et son Assomption est une tradition en dehors des Écritures. Cette Assomption peut être considérée comme dogmatique et comme légendaire. [...] Les légendes sont des fleurs qui se fanent au souffle glacé de la critique. L'Assomption de la femme est un des grands mystères de l'humanité. C'est la sanctification de l'amour, et toute la lumière de ce mystère divin est caché dans le Cantique des cantiques, cet admirable poème où Salomon s'écrie : Quoe est illa quoe procedit sicut aurora consurgens, innixa super sponsum ? Quelle est cette beauté qui monte dans le ciel appuyée sur son bien-aimé comme l'aurore qui annonce le lever du soleil ? Marie est une double aurore : celle du lever et celle du déclin. Son amour seul est vivant dans le catholocisme moderne." (extrait de La Philosophie Kabalistique et Occulte d'Eliphas Lévi, Tome 1, Lettres aux étudiants, Daath Gnostic Publishing, 2018 (4e édition).



Très bon exemplaire de cet ouvrage très rare.

VENDU

mercredi 12 septembre 2018

Marquis d'Argenson. Les Loisirs d'un Ministre d'Etat (1787). Essais dans le goût de Montaigne. Bel exemplaire.


René Louis, Marquis d'Argenson

Les Loisirs d'un Ministre d'Etat, ou Essais dans le goût de Montagne [Montaigne] : Composés en 1736, par l'auteur des Considérations sur le Gouvernement de France.

A Amsterdam, 1787

2 parties en 1 volume in-12 (17 x 10,5 cm) de 240 et 240 pages.

Reliure de l'époque plein veau marbré fauve, dos à nerfs orné, tranches rouges, gardes et doublures de papier bleuté. Infimes frottements à la reliure et une petite piqûre de vers sur un mors, sans aucune gravité. Reliure très fraîche, intérieur très frais, proche de l'état de parution.


Édition donnée par le fils de l'auteur, Antoine-René de Voyer d'Argenson, marquis de Paulmy, sur les manuscrits de son père. René Louis de Voyer de Paulmy, 2e marquis d'Argenson, est un homme d'État et écrivain français né à Paris le 18 octobre 1694 et mort au château de Segrez à Saint-Sulpice-de-Favières (actuel département de l'Essonne) le 26 janvier 1757. Il fut Secrétaire d'État aux Affaires étrangères de Louis XV de 1744 à 1747, mais il est surtout connu pour ses travaux littéraires et historiques, en particulier ses Mémoires et son Journal. Ses Essais à la façon de Montaigne ont été composés vers 1736 et publiés en 1785 (première édition parue sous le titre d'Essais), firent l'objet d'une nouvelle édition sous le titre Loisirs d’un ministre d’État en 1787. C'est un recueil de portraits et d'anecdotes sur des personnages contemporains qui, sous des dehors de bonhomie et de laisser-aller, ne manque pas de finesse. L'auteur se déclarait en faveur des philosophes et était ami de Voltaire.


"Le marquis d'Argenson est un précurseur des Physiocrates, d’Adam Smith et des économistes classiques, auxquels il a légué la maxime Laissez-faire. Partisan de la liberté du commerce, critique envers les réglementations étatiques sur l’industrie et l’agriculture, le marquis d’Argenson a marqué, dans l’histoire de la pensée économique, un jalon important, initiant un mouvement libéral qui s’épanouira avec les Physiocrates et Turgot, puis, au cours du XIXe siècle, avec toute l’école française d’économie." (André Alem, Le marquis d'Argenson et l'économie politique au début du XVIIIème siècle, Institut Coppet, 2015).


Bel exemplaire.

Prix : 390 euros


mardi 11 septembre 2018

Albert Dubout. Code de la route et de la circulation. Maurice Gonon, 1955. 1 des 20 exemplaires sur chiffon Rives BFK avec suite en noir au trait et suite en couleurs. Exemplaire signé "sympathiquement" par l'artiste. Très rare tirage de tête.


Albert DUBOUT.

CODE DE LA ROUTE ET DE LA CIRCULATION. Illustrations de Dubout.

Maurice Gonon, éditeur, 1955

1 volume in-4 (26,5 x 19,5 cm), broché de 231-(1) pages. 65 aquarelles dont une planche double, 24 pleine page, 40 in-texte. Emboîtage plein papier toilé jaune et vert de l'éditeur. Exemplaire en bel état. Première de couverture présentant une légère insolation format encadrement (voir photo), sans gravité. Quelques légers frottements et marques à l'emboîtage qui reste très frais.


Tirage total à 2.070 exemplaires


Celui-ci, 1 des 20 exemplaires de tête sur chiffon Rives BFK avec 2 suites sur Rives BFK également (1 suite en noir du trait, 1 suite mise en couleurs).

Exemplaire portant le numéro 1 (au composteur).


Exemplaire de dédicace signé autographe par Dubout "Sympathiquement Dubout".

Il manque l'aquarelle originale annoncée à la justification pour les 20 exemplaires de tête.


Édition originale.


Toute la verve de Dubout au service des affres de la conduite automobile ...


Superbe ouvrage, tel que paru, dédicacé par l'artiste, du tirage à 20 ex. avec deux suites.

Prix : 950 euros