jeudi 17 janvier 2019

Rétif de la Bretonne. L'Ecole des Pères (1776). Traité d'éducation inspiré par l'Emile de Jean-Jacques Rousseau. Exemplaire relié par Petit successeur de Simier.


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]

L'Ecole des Pères. Par N. E. Retif de la Bretone.

En France, et à Paris, chés la veuve Duchesne, Humblot, Le Jai et Dorez, Delalain, Esprit et Mérigot, 1776

3 tomes reliés en 2 volumes in-8 (20 x 13 cm) de (1)-480, (1)-192 et (1)-370-(2) pages.

Reliure demi-maroquin prune à larges coins, dos lisses ornés, filets dorés, tête dorée (reliure de la seconde moitié du XIXe siècle signée Petit successeur de Simier. Extrémités des coins et coiffes usés/frottés, dos passés. Intérieur frais malgré quelques marges légèrement brunies, sans gravité. Complet.

Deuxième édition.


Exemplaire cartonné comme la plupart des exemplaires qu'on peut trouver de cet ouvrage malmené par la censure.

Voici les cartons présents dans cet exemplaire: Tome 1: pages 31 à 36 remplacées par un seul feuillet (B7), pages 41-42, 51-52, 54-55, 57-58, pp. 79 à 81 et cahier D remaniés, pages 82 à 86 remplacées par une seule page numérotée 82-86, pages 355 à 374 remplacées par un seul feuillet. Tome 2: pages 59-60, pages 121 à 128 remplacées par un seul feuillet. Tome 3: pages 1-2, pages 19 à 22, remplacées par un feuillet, tout comme pour les pages de 25 à 40 et de 305 à 308.

Cette "seconde édition" censurée et remaniée, d'après Rives Childs, aurait été imprimée en réalité entre 1776 et 1780, sans pouvoir être plus précis.


Cet ouvrage existe sous le titre de "Le Nouvel-Emile" (il en existe deux ou trois exemplaires portant ce titre conservés à la Bibliothèque de l'Arsenal (Rives Childs, p. 240). La censure fut la cause des changements que le Nouvel-Emile a dû subir avant de paraître dans une forme encore abrégée sous le titre de l'Ecole des Pères. Restif nous explique que "mon Nouvel-Emile... a paru sous le titre de l'Ecole des pères" (Monsieur Nicolas, t. VII, p. 4151).  Restif commençait son travail d'un nouvel ouvrage après avoir achevé, au commencement d'avril 1770, les deux premiers volumes des Idées singulières. Il faisait la connaissance à ce moment d'Elise Tulout (l'Elisabeth de la Malédiction paternelle). (Rives Childs)

Dans l'idée de Rétif de la Bretonne, cet ouvrage faisait partie intégrante des Idées singulières (Pornographe, Andrographe, Thesmographe, Gynographes) sous le faux-titre titre : L'Educographe.


On trouve dans cet ouvrage, comme presque toujours avec Rétif, un enchevêtrement de récits qui n'ont pas d'obligations les uns aux autres. Cependant très intéressant pour le récit qu'il fait des journées "paysannes" de sa région de la Bourgogne (Yonne). C'est aussi un traité d'éducation de l'homme-social (l'homme vivant en société).


"Mis à part, peut-être, La Philosophie de Monsieur Nicolas, aucun des ouvrages où Rétif expose ses idées ne se présente sous forme de pur traité : dans l'Ecole des pères (1776), c'est par le biais d'un "journal d'éducation", où viennent s'insérer entretiens, lettres et récits, qu'il livre ainsi ses théories pédagogiques (inspirées par la lecture de l'Emile de Rousseau) et aborde la plupart des domaines de la connaissance (des techniques de labourage à la structure de l'univers). Ce journal est tenu par le Comte de S*, qui y consigne pour sa fille Désirée les étapes de la découverte par son futur gendre, Roger, du milieu rural puis urbain." (Françoise Le Borgne).

Fils de paysans de l'Yonne, devenu ouvrier typographe à Auxerre et Dijon, Nicolas Restif de La Bretonne s'installe à Paris en 1761 : c'est alors qu'il commence à écrire. Il a une vie personnelle compliquée et est sans doute indicateur de police. Polygraphe, il fait paraître de très nombreux ouvrages touchant à tous les genres, du roman érotique (L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour) au témoignage sur Paris et la Révolution (Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne, 1788-1794, 8 volumes) en passant par la biographie avec La Vie de mon père (1779) où il brosse un tableau idyllique du monde paysan avant la Révolution avec la figure positive de son père. Il a également touché au théâtre sans grand succès. Cherchant constamment des ressources financières - il mourra d'ailleurs dans la misère -, il écrit aussi de nombreux textes pour réformer la marche du monde. Cependant l'œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie, Monsieur Nicolas, en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d'une existence et expose les tourments de l'auteur/narrateur comme à propos de la paternité - le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle. C'est aussi un philosophe réformateur pénétré de rousseauisme qui publie des projets de réforme sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, et un auteur dramatique. (source Babelio).

Référence : J. Rives Childs, Bibliographie des ouvrages de Rétif de la Bretonne, p. 240 ; P. Lacroix, Rétif de la Bretonne, p. 136-143 ; Françoise Le Borgne, Récits et expériences dans L’École des pères de Rétif (Etudes Rétiviennes, N° 30, juin 1999, p. 89-100).

Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun.

Prix : 2.000 euros

mardi 15 janvier 2019

Adolphe Guillot. Paris qui souffre. La basse Geôle du Grand Châtelet et les Morgues modernes. 1371-1887. Rare tirage sur Japon. Exemplaire de la bibliothèque d'Octave Uzanne.


Adolphe Guillot. Ernest Daudet (préface)

Paris qui souffre. La basse Geôle du Grand Châtelet et les Morgues modernes par Adolphe Guillot, juge d'instruction à Paris. Avec une préface par Ernest Daudet.

Paris, P. Rouquette, 1887

1 volume grand in-8 (25,5 x 17,5 cm) de VI-290-(10) pages. Quelques illustrations dans le texte. Frontispice gravé.

Reliure à la bradel de l'époque demi-toile verte à larges coins. Pièce de titre en cuir. Fleuron et millésimé dorés au dos. Couvertures imprimées conservées (les deux plats). Quelques légers frottements à la reliure. Intérieur parfait.

L'un des rares exemplaires tirés sur papier du Japon (non justifiés).

"Ah ! le cruel et terrible livre ce Paris qui souffre ! mais le beau livre aussi, et bon surtout ! En son titre pourquoi ne pas le dire ? il annonce, à la vérité, un sujet plus vaste encore que celui où l'auteur s'est maintenu et M. Adolphe Guillot le reconnaît lui-même au terme d'un éloquent paragraphe. « Paris qui souffre, en y pensant bien, c'est Paris tout entier ». Par un artifice littéraire auquel les traités de rhétorique donnent un nom plus ou moins barbare, il a pris la partie pour le tout, non dans l'intention mesquine d'attirer le lecteur en lui promettant, sinon autre chose, plus, assurément, qu'il ne donne ; mais, tout au contraire, dans la crainte de voir son livre « confondu avec les œuvres malsaines qui exploitent la brutale curiosité des foules pour l'ignoble et le scandaleux, en inscrivant sur la première page le nom sinistre de la "Morgue". Car, sous le titre de Paris qui souffre, c'est l'histoire de la Morgue dans le passé, c'est l'étude de l'institution actuelle au point de vue philosophique et social que nous présente M. Adolphe Guillot. Et c'est bien dans cette sombre hôtellerie, en effet, que Paris qui souffre donne ses suprêmes rendez-vous « C'est là que se recueillent les épaves des existences dévoyées, que défilent vers l'éternité les longues processions des âmes flétries, des courages abattus et des consciences coupables, » Où trouverait-on de plus sûrs documents pour écrire l'histoire du crime et de la misère noire que dans ce petit espace, la Morgue, qu'on ne saurait visiter, si peu qu'on ait de pitié dans le cœur, « sans songer aux redoutables problèmes que la vie soulève à chaque pas, dans une cité où se heurtent de violentes passions et où abondent tant d'éléments de dissolution sociale ? Et qui la connaîtrait mieux, la Morgue, que M. Adolphe Guillot, le magistrat qui, par sa fonction, y est appelé presque chaque jour, le juge qui a instruit avec autant de pénétration que d'humanité tant de causes célèbres, depuis une douzaine d'années, et est devenu populaire en ce Paris qui ne peut sans admiration le voir rivaliser d'audace avec nos plus hardis pompiers, atteindre aux parties les plus inaccessibles, braver les écroulements, affronter les trombes d'eau, risquer l'asphyxie, franchir des brasiers dans les ruines brûlant encore de l'Opéra-Comique, par devoir professionnel, sans doute, mais par le culte de la justice surtout, car il procédait à l'enquête sur les responsabilités du sinistre. Tel est l'auteur de Paris qui souffre. Sur le livre, j'ajouterai peu de chose à ce qui précède, je n'en ferai pas l'analyse ; il faut les lire, ces pages exemptes de tout lieu commun déclamatoire, par cela même si émouvantes, que traverse le souffle d'une ardente charité, chargées de pitié pour les vaincus de la vie, animées de la plus haute philosophie spiritualiste, inspirées par la foi religieuse en la survivance de l'âme édictées par l'amour fervent de l'humanité, en même temps qu'elle sont écrites avec le souci de la vérité le plus scrupuleux. Parmi les réformes que sa longue expérience lui suggère et qu'il sollicite si éloquemment au nom de la civilisation, celle qui lui tient le plus au cœur, qu'il appelle au plus vite et avec le plus d'insistance, c'est la suppression de l'entrée libre à la Morgue, l'exposition publique des cadavres inutile à l'action de la justice étant avec ses « exhibitions hideuses », ses « représentations extraordinaires », ses « mises en scène trop dramatisées », un outrage au respect dû à la mort et un appât malsain offert à « l'engouement du public pour les spectacles horribles ». Or, dit encore M. Guillot, « la vue de l'horrible pervertit l'esprit ; il ne faut point dire ad alta per fœda et horrida ! Il Ayons le souci de la dignité humaine, car – et c'est le dernier mot de ce cruel et terrible et beau et bon livre « tout ne finit pas avec la dernière larme qui vient mouiller à l'heure suprême les yeux de celui qui a souffert dans ce monde ». (Critique littéraire du Mois, Le Livre, 1888).

Une seconde édition paraîtra dès l'année suivante (1888) chez le même éditeur. 


Provenance : F. Chandenier (ex libris gravé), historien érudit et bibliophile sénonais (Sens, Yonne). Octave Uzanne bibliophile et homme de lettres (ex libris artistique gravé, par Aglaus Bouvenne - vente du 2 mars 1894, n°219)

Références : Vicaire III- 116 (tirage à 500 ex. dont 25 Japon, 25 Hollande et 450 vélin).

Bon exemplaire du rare tirage sur papier du Japon (25 exemplaires sur ce papier).

Prix : 390 euros

vendredi 21 décembre 2018

Albert Robida. Le XIXe siècle. Edition originale. Cartonnage éditeur historié. Bel exemplaire. Ouvrage recherché pour sa très riche iconographie.


Albert Robida

Le XIXe siècle. Texte et dessins par A. Robida.

Paris, Georges Decaux, 1888

1 volume grand in-8 (30 x 21,5 cm) de III-404-(2) pages. 48 planches hors-texte dont 16 en couleurs (pochoirs). Très nombreuses illustrations en noir dans le texte.

Cartonnage éditeur pleine percaline verte décorée sur l'ensemble des deux plats et du dos d'une composition polychrome dessinée par Albert Robida (scène projetée depuis une lanterne magique faisant défiler les personnages types du XIXe siècle ; scène regardée par une femme assise dans un fauteuil et assistant au grand spectacle de l'histoire du XIXe siècle). Cartonnage frais malgré quelques traces sans gravité. Charnières intérieures restaurées (doublures et gardes de papier gris d'origine). Tranches dorées. Impression sur papier vélin teinté. La très belle couverture illustrée qui est reprise sur les plats de la reliure est ici conservée en parfait état (en 2 morceaux - premier plat relié en tête du volume - deuxième plat et dos relié à la fin du volume).

Edition originale.

Premier tirage de ce superbe ouvrage.


Robida auteur et artiste passe en revue, à la plume et au crayon, les chapitres les plus originaux et les plus typiques du XIXe siècle français, le tout avec beaucoup d'humour.

Références : Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, tome VI, 1150 ; Carteret, Trésor du bibliophile, tome IV, 344.


Exemplaire très recherché en cartonnage éditeur à plat historié, en belle conditions, avec ses couvertures conservées en parfait état.


Bel exemplaire.

Prix : 750 euros


jeudi 20 décembre 2018

Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]. La Famille vertueuse (1767). Premier ouvrage de l'auteur.


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretonne]

La Famille vertueuse. Lettres traduites de l'anglais par M. de la Bretone.

A Paris, Chés la Veuve Duchesne, 1767 [de l'imprimerie de Quillau]

4 parties en 4 volumes in-12 (17 x 10 cm) de XXXVI-251, 288, 300 et 299-(13) pages.

Reliure de l'époque plein veau brun, dos lisses ornés. Le quatrième volume est dans une reliure différente. Quelques usures aux reliures néanmoins solides. Galeries de vers et manques de cuir sur les plats de la 4eme partie. Intérieurs très frais. Les 3 premières parties ont les tranches rouges tandis que la 4e partie a les tranches mouchetées bleues.


Edition originale.

Tirage à 2.000 exemplaires (J. Rives Childs / Lacroix)

Premier ouvrage de l'auteur. Celui par lequel tout a commencé.


"J'entrai, dit Restif, chez F.-A. Quillau pour régir son imprimerie, vers le 2 juillet 1764 ... Je remplis mon devoir comme aucun prote de Paris ne l'a rempli ... Je réussis, à force de travail et d'exactitude. Je montai, en trois années d'administration, son imprimerie de quatre à douze presses ... Tous mes moments de loisir, sous la charge accablante de soixante-six ouvriers, furent employés à la composition de mon premier ouvrage, intitulé la Famille vertueuse [...]" (Monsieur Nicolas, éd. Liseux, IX, p. 195-196).

"Je vendis la Famille vertueuse à la dame veuve Duchesne, quinze livres la feuille ; l'ouvrage en fit cinquante et une ; et je me crus très riche ! Jamais si grosse somme ne m'avait appartenu. On imprima, sous ma double direction de prote et d'auteur, chez F.-A. Quillau, dans les six premiers mois de 1767, mais l'ouvrage ne parut qu'à la Saint-Martin ... [...] J'avais achevé le manuscrit de la Famille vertueuse, avec la fin de 1766 ... on commença l'impression le 20 janvier 1767. J'étais ivre de joie de me voir imprimer. Les quatre volumes furent achevés au mois de mai ... je résolus de me consacrer tout entier à la littérature. [...]" (Monseur Nicolas).


"Tous les romans de Restif ont une base et une muse. Il disait dans la Revue des ouvrages de l'auteur (p. CLXX-CLXXI) :". Tous ses romans, dont on va parler, ont un fond vrai (c'est leur principal mérite), qu'il a été obligé d'altérer légèrement ... La Famille vertueuse est le premier de ses ouvrages qui ait vu le jour ... Ce roman, qui n'est pas traduit de l'anglais, comme le titre l'annonce, présente d'abord l'histoire véritable d'un négociant de Lyon, déguisé sous le nom de sir Kirch. Henriette, fille de cet homme, eut réellement de M. Dulisse [Rétif] une fille nommée Léonore, etc. Les historiettes rapportées dans ces quatre parties sont des aventures bourgeoises arrivées à Paris, à l'exception de celle de Laurenza, fille du jésuite Llamas, qui est espagnol, et que l'auteur tenait d'un neveu de ce jésuite. Tout l'ouvrage ne respire que la vertu. L'orthographe, qui est conforme à la prononciation, fit tort à la vente." D'autre part, il ajoute : "Je n'ai jamais pu me soumettre à l'orthographe ordinaire ; je l'ai plus ou moins contrariée toute ma vie." (Mes ouvrages, p. 4-8) Sa muse fut Mlle Rose Bourgeois qui lui donna le courage d'écrire. "En 1766, au moyen de l'énergie que Rose m'avait donnée et de la honte que je ressentais, qu'une ex-blanchisseuse comme la lyonnaise Benoit fit des romans que je n'aurais pas faits, je me mis à composer la Famille vertueuse." (J. Rives Childs, p. 198).


"Cet ouvrage, publié sans nom d'auteur, fut tiré à 2,000 exemplaires et n'a pas été réimprimé, ni contrefait. Il en restait encore des exemplaires, en 1784, lorsque Restif rédigea la Revue des ouvrages de l'Auteur, pour faire suite aux Figures du Paysan perverti. Il expliquait alors la lenteur de la vente de son livre, en disant : « L'orthographe, qui est conforme à la prononciation, fit tort à la vente. » (P. Lacroix, p. 80


Provenance : les 3 premiers volumes proviennent de la bibliothèque de monsieur De Fauconpret de Thulus (ex libris armorié gravé du XVIIIe siècle dans la 3e partie - arraché dans les parties 1 et 2). Supra libris encadré gratté sur le premier plat des 3 premières parties.

Références : J. Rives Childs, Restif de la Bretonne. Bibliographie. p. 197-198 ; P. Lacroix, Bibliographie des ouvrages de Restif de la Bretonne, p. 78-81

Bon exemplaire du premier ouvrage de Rétif de la Bretonne. Il ne fut ni contrefait ni réimprimé.

Prix : 1.000 euros

mercredi 19 décembre 2018

Rétif de la Bretonne. Philosophie de Monsieur Nicolas (1796). Edition originale rare. Exemplaire de la bibliothèque de Paul Lacroix (bibliographe de Rétif).


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretonne]

Philosophie de Monsieur-Nicolas. Par l'Auteur du Coeur-Humain-Dévoilé [Rétif de la Bretonne].

A Paris, De l'Imprimerie du Cercle-Social [Bonneville], 1796. L'an V de la République Française.

3 parties en 3 volumes in-12 (17 x 10 cm) de XLIV-264, (4)-284 et 268 pages.

Reliure de l'époque demi-basane marron, dos lisses ornés aux petits fers, pièce de titre et de tomaison, plats de papier à la colle. Reliure usagées (mors fendus, coins et coupes frottés et usés). Ouvrage imprimé sur papier de médiocre qualité mais qui reste correct. A noter quelques manques de papier et petites déchirures marginales (quelques pertes de lettres à un feuillet). Reliures néanmoins solides et décoratives.

Edition originale rare.

Exemplaire provenant de la bibliothèque de Paul Lacroix (Bibliophile Jacob) bibliographe de Rétif en 1875 (voir note).



« Je ne parle pas, dit Restif, de deux manuscrits que j'ai composée cette année 96, ni des peines que je me suis données pour la mise en ordre de ma Philosophie en six petits volumes, dont Bonneville a imprimé les trois premières parties, contenant la Physique. Il en reste trois : la Morale, la Politique, et la Religion ; puissé-je avoir le courage et les moyens de les mettre au jour ! » (Monsieur Nicolas, t. XI, p. 114-115).

« Le titre de la Philosophie de Monsieur Nicolas aurait quelque obscurité, sans un mot d'éclaircissement. C'est une oeuvre à part, et qui cependant fait partie d'un ouvrage considérable, important, unique dans notre littérature, intitulé : Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé. [...] L'auteur du Cœur humain dévoilé ne s'est pas contenté de son histoire morale, que nous allons publier, si nous sommes faiblement aidés par les amateurs de la vraie littérature ; il a fait plus, il expose ses idées sur un système complet de l'Univers, aussi propre à amuser que le meilleur roman. [...] Il aurait été peut-être plus naturel de publier le Cœur humain dévoilé avant la Physique. Mais l'éditeur ne connaissait pas le premier ouvrage, que le second lui a donné l'envie de lire. » (philosophie de Monsieur Nicolas, t. I, p. V-VII.)



« Une note, divisée en trois parties et imprimée au verso des trois volumes de cet ouvrage, sous le titre d'Idée du Système du monde, semble prouver, de la manière la plus certaine, que Restif n'est pas l'auteur d'un livre qu'on lui attribuait, et dont il n'était que l'éditeur responsable ; cette note se termine par le paragraphe suivant : « Système signifie assemblage ; ainsi, mon système de Physique est l'assemblage des vérités qu'a découvertes M. Nicolas. » Il résulte, de ce paragraphe, que Restif ayant émis des opinions toutes nouvelles sur la cosmogonie et sur la Nature, non-seulement dans la Découverte australe, mais encore dans plusieurs de ses ouvrages, tels que l'École de la jeunesse, le Marquis de T*, etc., un admirateur de ses idées les a fidèlement rassemblées dans l'ouvrage qu'il intitule Philosophie de Monsieur Nicolas, et qu'il publie, de concert avec Restif, qui s'est donné le plaisir d'y ajouter quelques pages de sa façon. Il est très-probable que son ami, Nicolas de Bonneville, qui était alors à la tête de l'imprimerie du Cercle social, est le véritable auteur ou rédacteur de ces trois volumes. On peut aussi en attribuer une part au citoyen Arthaud, qui s'occupait d'astronomie, et que Restif nous présente comme son excellent ami. (Voy. tome Ier, pag. 59.) » (P. Lacroix, Bibliographie des ouvrages de Rétif de la Bretonne, p. 407.



« L'impression de l'ouvrage ne semble pas même avoir été faite sous les yeux de Restif, puisqu'on n'y découvre aucune trace de ses habitudes orthographiques, si ce n'est dans le titre où il a main tenu son système de traits-d'union entre les mots. C'est donc Bonneville qui a fait respecter l'orthographe régulière et académique de l'imprimerie du Cercle social. C'est Bonneville qui, dans tous les cas, a écrit la préface qu'il intitule Éclaircissements et qu'il consacre à louer sans réserve le génie de Restif et son chef-d'oeuvre encore inédit : le Cœur humain dévoilé : « L'auteur du Cœur humain dévoilé, dit-il, ne s'est pas con tenté de son histoire morale, que nous allons publier, si nous sommes faiblement aidés par les amateurs de la vraie littérature ; il a plus fait, il expose ses idées sur un Système complet de l'Univers, aussi propre à amuser que le meilleur roman. » La Philosophie de Monsieur Nicolas n'est donc, en quelque sorte, qu'un prospectus du Cœur humain dévoilé, auquel on souscrivait à l'imprimerie du Cercle social, pour 12 volumes, prix 24 livres : « Les 8 premiers volumes de cet ouvrage, ajoute une note placée à la suite de la table des matières de la Philosophie de Monsieur Nicolas, étant depuis longtemps composés à la casse par l'Auteur et imprimés en secret, seront délivrés aux souscripteurs, dès que son 9e volume, qui est sous presse, sera imprimé en entier. » ((P. Lacroix, Bibliographie des ouvrages de Rétif de la Bretonne, p. 408.





Paul Lacroix s'étend longuement sur cet ouvrage dans sa Bibliographie parue en 1875 chez le libraire Auguste Fontaine. Ce n'est pas certain pourtant que tout soit juste dans ce qu'il avance néanmoins. Paul Lacroix avait le goût de la broderie et l'affabulation facile.

« Cette œuvre contient, entre autres, un amusant passage qui en dit long sur la naïveté de Restif, dont ce dernier possédait une dose peu commune, et selon lequel Frédéric II aurait procédé à des expériences d'accouplement d’hommes avec des cochons, mariant ensuite les produits en ayant résulté avec des humains ; « au bout de trois générations, les descendants étaient presque entièrement décochonnées » nous dit Restif. Notre Nicolas s'en sera une fois de plus laissé conter » (Jean-Claude Courbin).







« C’est l’ouvrage le plus raisonnable qu’on puisse faire entrer dans une bibliothèque des Fous, telle que Charles Nodier en avait tracé le plan ; il a sa place à côté du Voyage dans la lune, de Cyrano de Bergerac » (Lacroix)

Provenance : Exemplaire provenant de la bibliothèque de Paul Lacroix (le Bibliophile Jacob) bibliographe de Rétif de la Bretonne qui donne après Charles Monselet (1854) la plus importante étude sur Rétif de la Bretonne et son oeuvre (Auguste Fontaine, 1875), avec son ex libris dessiné par Marius Perret ; étiquette de Louvard, libraire, rue du Bac, n°78.

Références : J. Rives Childs, Restif de la Bretonne. Bibliographie, p. 330 ; P. Lacroix, Bibliographie des ouvrages de Rétif de la Bretonne, p. 407-413 ; Monselet, n° 41, pp. 181-182.




Bon exemplaire de cet ouvrage rare et curieux, de la provenance la plus désirable qui soit.

VENDU

mardi 18 décembre 2018

Charles Monselet. Rétif de la Bretonne. Sa vie. Bibliographie (1854-1858). 1 des 20 ex. sur papier rose. Portrait avant la lettre et eau-forte. Bel exemplaire relié à l'époque. Envoi autographe de l'auteur.


Charles Monselet. [Rétif de la Bretonne]

Rétif de la Bretonne. Sa vie et ses amours. Documents inédits - Ses malheurs - Sa vieillesse et sa vie - Ce qui a été écrit sur lui - Ses descendants - Catalogue complet et détail de ses ouvrages suivi de quelques extraits. Avec un beau portrait gravé par Nargeot et un fac-similé.

A Paris, chez Aug. Aubry, 1858 [i.e. chez Alvarez, 1854]

1 volume in-8 (19 x 12 cm), frontispice gravé (2 états) + fac-similé de l'écriture de Rétif de la Bretonne. 

Reliure de l'époque demi-charin marron à coins, tête dorée, non rogné. Coins légèrement usés. Quelques légères marques à la reliure. Intérieur frais. Le fac-similé est tiré sur papier rose également. Les couvertures imprimées n'ont pas été conservées.



Edition originale de 1854 avec page de titre et couverture de remise en vente par Auguste Aubry en 1858.

Tirage limité à 520 exemplaires.

400 ex. sur vergé. 60 ex. sur vélin. 40 ex. sur papier de Hollande. 20 e. sur papier rose.

Celui-ci, 1 des 20 ex. sur papier rose avec le portrait avant la lettre et l'eau-forte.

Exemplaire de dédicace offert par Charles Monselet à un ami proche avec cette dédicace : "A mon co-religionnaire en Rétif // A Louis *** (le nom du dédicataire a été soigneusement gratté) // [signé] Charles Monselet."

Quelques rares et pâles rousseurs.



Ouvrage de référence sur Rétif de la Bretonne, sa vie et son oeuvre. Premier ouvrage du genre publié en 1854 (remis en vente en 1858) et qui précède de 20 ans la bibliographie du Bibliophile Jacob (Paul Lacroix) publiée en 1875 chez le libraire Auguste Fontaine. Ce sont ces deux ouvrages qui ont redonné à Rétif ses lettres de noblesse parmi les bibliophiles et amateurs qui avaient oublié depuis longtemps cet auteur curieux et digne du plus grand intérêt.

Fils de paysans de l'Yonne, devenu ouvrier typographe à Auxerre et Dijon, Nicolas Restif de La Bretonne s'installe à Paris en 1761 : c'est alors qu'il commence à écrire. Il a une vie personnelle compliquée et est sans doute indicateur de police. Polygraphe, il fait paraître de très nombreux ouvrages touchant à tous les genres, du roman érotique (L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour) au témoignage sur Paris et la Révolution (Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne, 1788-1794, 8 volumes) en passant par la biographie avec La Vie de mon père (1779) où il brosse un tableau idyllique du monde paysan avant la Révolution avec la figure positive de son père. Il a également touché au théâtre sans grand succès. Cherchant constamment des ressources financières - il mourra d'ailleurs dans la misère -, il écrit aussi de nombreux textes pour réformer la marche du monde. Cependant l'œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie, Monsieur Nicolas, en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d'une existence et expose les tourments de l'auteur/narrateur comme à propos de la paternité - le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle. C'est aussi un philosophe réformateur pénétré de rousseauisme qui publie des projets de réforme sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, et un auteur dramatique. (source Babelio).


Très bon exemplaire, sur grand papier le plus rare, bien relié à l'époque, avec envoi autographe, de ce livre qui doit avoir sa place dans toute bibliothèque rétivienne.

Prix : 950 euros



Charles Monselet. Rétif de la Bretonne. Sa vie. Bibliographie (1854-1858). 1 des 40 ex. sur Hollande. Portrait avant la lettre. Bel exemplaire broché.


Charles Monselet. [Rétif de la Bretonne]

Rétif de la Bretonne. Sa vie et ses amours. Documents inédits - Ses malheurs - Sa vieillesse et sa vie - Ce qui a été écrit sur lui - Ses descendants - Catalogue complet et détail de ses ouvrages suivi de quelques extraits. Avec un beau portrait gravé par Nargeot et un fac-similé.

A Paris, chez Aug. Aubry, 1858 [i.e. chez Alvarez, 1854]

1 volume in-8 (18,5 x 11,2 cm), broché de 212 pages +  frontispice gravé + fac-similé de l'écriture de Rétif de la Bretonne. Couvertures imprimées.

Edition originale de 1854 avec page de titre et couverture de remise en vente par Auguste Aubry en 1858.



Tirage limité à 520 exemplaires.

400 ex. sur vergé. 60 ex. sur vélin. 40 ex. sur papier de Hollande. 20 e. sur papier rose.

Celui-ci, 1 des 40 ex. sur papier fort de Hollande avec le portrait avant la lettre.

La quatrième de couverture annonce que les 40 ex. sur Hollande possèdent aussi le portrait à l'eau-forte, qui n'a pas été broché dans notre exemplaire.



Bel état de conservation. Légères salissures aux couvertures. Le dos est intact, non fendu. Intérieur très frais imprimé sur beau papier de Hollande épais. Quelques rares et pâles rousseurs.

Ouvrage de référence sur Rétif de la Bretonne, sa vie et son oeuvre. Premier ouvrage du genre publié en 1854 (remis en vente en 1858) et qui précède de 20 ans la bibliographie du Bibliophile Jacob (Paul Lacroix) publiée en 1875 chez le libraire Auguste Fontaine. Ce sont ces deux ouvrages qui ont redonné à Rétif ses lettres de noblesse parmi les bibliophiles et amateurs qui avaient oublié depuis longtemps cet auteur curieux et digne du plus grand intérêt.



Fils de paysans de l'Yonne, devenu ouvrier typographe à Auxerre et Dijon, Nicolas Restif de La Bretonne s'installe à Paris en 1761 : c'est alors qu'il commence à écrire. Il a une vie personnelle compliquée et est sans doute indicateur de police. Polygraphe, il fait paraître de très nombreux ouvrages touchant à tous les genres, du roman érotique (L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour) au témoignage sur Paris et la Révolution (Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne, 1788-1794, 8 volumes) en passant par la biographie avec La Vie de mon père (1779) où il brosse un tableau idyllique du monde paysan avant la Révolution avec la figure positive de son père. Il a également touché au théâtre sans grand succès. Cherchant constamment des ressources financières - il mourra d'ailleurs dans la misère -, il écrit aussi de nombreux textes pour réformer la marche du monde. Cependant l'œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie, Monsieur Nicolas, en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d'une existence et expose les tourments de l'auteur/narrateur comme à propos de la paternité - le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle. C'est aussi un philosophe réformateur pénétré de rousseauisme qui publie des projets de réforme sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, et un auteur dramatique. (source Babelio).



Très bon exemplaire, sur grand papier, tel que paru, de ce livre qui doit avoir sa place dans toute bibliothèque rétivienne.



Prix : 650 euros



dimanche 16 décembre 2018

Rétif de la Bretonne. Les Contemporaines, ou Aventures des plus jolies Femmes de l'âge présent (1781-1792). Collection complète en 42 volumes in-12 et 283 figures. Exemplaire broché. Exceptionnel ensemble complet.


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretonne]

Les Contemporaines, ou Avantures des plus jolies Femmes de l'âge présent ; Recueillies par N.-E. R** D*-L*-B** ; Et publiées par Timothée Joly, de Lyon, Dépositaire de ses Manuscrits : Seconde Edition : Premier Volume [à Dix-Septième Volume]. Imprimé à Leipsick, par Büschel, marchand-Libraire Et se trouve à Paris, chés la Dame V.e Duchesne Libraire, 1781-1784. 17 volumes.

Suivi de :

Les Contemporaines du-commun, ou Avantures des belles Marchandes, Ouvrières, &c., de l'âge présent : etc. Seconde édition. Imprimé à Leipsick, par Büschel, marchand-Libraire Et se trouve à Paris, chés la Dame V.e Duchesne Libraire, 1784-1792. 13 volumes.

Suivi de :

Les Contemporaines par-gradation : ou Avantures des Jolies-Femmes de l'âge actuel, suivant la gradation des principaux Etats de la Société. Etc. Imprimé à Leipsick, par Büschel, marchand-Libraire Et se trouve à Paris, chés la Dame V.e Duchesne Libraire, 1783-1785. 12 volumes.

42 volumes in-12 (183 x 115 mm) brochés sous couverture de papier à la colle marron clair. Collationné complet. 283 figures hors-texte. Détail de la pagination sur demande (conforme à J. Rives Childs avec quelques variantes cependant). Voire la note ci-dessous sur le brochage de cet exemplaire.



Seconde édition.

Bien que tous les volumes ne portent pas le mention "seconde édition" imprimée sur les pages de titre, tous les volumes de notre exemplaire font partie de la seconde édition (première et deuxième série). La troisième série n'a pas connu de seconde édition. Il est rare de trouver un ensemble homogène complet des trois séries. La plupart des exemplaires répertoriés complets se composent de volumes issus de la première édition mélangés à la seconde.



Cette second édition est plus estimée que la première pour les notes et lettres qu'elle contient en grand nombre (notamment des lettres adressées à Rétif de la Bretonne au fur à mesure de la publication des volumes).




"L'origine de son énorme travail sur les Contemporaines es racontée par Restif dans Mes ouvrages (p. 159-160) : "Je n'avais, en composant ce dernier ouvrage (la Malédiction paternelle), que trois volumes de Nouvelles, comme on le voit dans l'Avertissement : en travaillant, mes idées, s'étendirent. Je vis de la matière pour seize volumes. A la fin du seizièm, je formai un plan qui me donna l'idée des Contemporaines communes et des Contemporaines graduées ; tout cela s'étendit encore en travaillant et porta mon ouvrage à ... quarante-deux [...]" (J. Rives Childs, p. 256)




Restif a mis six ans à venir à bout des trois séries des Contemporaines, de 1779 à 1785 ! Certains des volumes - le vingt-neuvième notamment - sont rédigés en style poissard et contiennent des chansons populaires qui, sans eux, auraient disparu. Ce monumental ouvrage contient l'une des plus jolies et des plus rares suites d'illustrations au XVIIIe siècle : elle comprend 283 figures gravées hors texte, dues à Binet pour l'essentiel, dont plusieurs dépliantes. Cette suite fut sans doute exécutée aux dépens du fameux gastronome Grimod de la Reynière, ami de l'auteur, les frais ayant été considérables. L'artiste - ou plutôt les artistes, car Binet n'est pas l'auteur exclusif des figures - dut se soumettre à tous les caprices de l'imagination du romancier et on sait que Restif corrigea lui-même les compositions qui ne répondaient pas pleinement à son idéal de la femme : fascination pour les tailles de guêpes, culte voué aux pieds mignons, fétichisme de la chaussure. Cohen se dit même choqué de ces "exagérations ridicules dans la finesse de la taille et des pieds". Paul Lacroix, dans sa Bibliographie des œuvres de Restif, souligne la rareté de la troisième série, ornée de 83 figures, dont plusieurs sont repliées : "Il y a bien des raisons qui expliquent la rareté de cette troisième et dernière suite des Contemporaines : les figures et surtout les planches doubles ont été très recherchées par les modistes et les artistes de la toilette féminine, non seulement en France, mais encore à l'étranger, où Restif était considéré comme le souverain arbitre de la mode française."



Restif disait que toutes les femmes qu'il avait connues étaient rassemblées dans ses Contemporaines (Monsieur Nicolas, t. VIII, p. 48).

Références : J. Rives Childs, Restif de la Bretonne. Bibliographie, p. 256-277 ; P. Lacroix, Bibliographie des ouvrages de Rétif de la Bretonne, p. 188-197.



Note sur le brochage de cet exemplaire : le présent exemplaire est conservé à l'état broché, non rogné, sous couverture de papier à la colle de couleur caramel. Au dos des volumes on ne trouve pas de pièce de titre mais simplement un numéro de tomaison imprimé en noir sur un petit carré de papier. La photographie ci-dessus montre l'aspect général des volumes, tous identiques. Nous avons examiné le brochage de chacun des volumes. Au verso du papier des couvertures, nous trouvons parfois (pas systématiquement), en guise de doublure, une feuille imprimée qui provient du rebut de feuilles imprimées en provenance d'un livre en particulier : Histoire d'Alexandre Ier empereur de toutes les Russies etc, par Rabbe, publié chez Truttel, Würtz et Ponthieu en 1826. De cette seule information on déduit que la brochage de cette série a été fait cette même année 1826 ou très peu de temps après. C'est-à-dire bien postérieurement (plus de 30 ans après l'impression du dernier volume de la série achevé d'imprimer en 1792). On en déduit dans le même temps que jusqu'en 1826, ces 42 volumes étaient restés "en feuilles", non brochés, certainement stockés alors en paquets dans quelque remise de libraire ou d'imprimeur. Cette information vient confirmer s'il en était besoin que les ouvrages de Restif de la Bretonne, comme certains de ses contemporains aimaient l'écrire, étaient juste bon pour servir d'emballage chez les épiciers. Heureusement cet exemplaire est sauvé !



Note sur l'état de conservation du présent exemplaire : Les volumes brochés présentent quelques défauts d'usage. Quelques plats détachés (quelques uns manquent) avec des dos parfois fendillés. Le dos de la couverture d'un volume manque. Brochage malgré tout solide pour la plupart des volumes. L'intérieur des volumes est sain malgré quelques salissures, taches, mouillures, grignotages en marge de quelques feuillets. Quelques gravures sont tachées ou mouillées. Il est important de noter qu'il ne manque à notre exemplaire aucun feuillet ! ce qui est rare pour une série aussi imposante. A noter également que plusieurs gravures semblent d'un retirage postérieur (tirage net mais assez pâle). La plupart des gravures sont en bon tirage. La qualité du papier est inégale selon les volumes, comme c'est toujours le cas pour cet ouvrage, mais très bonne pour la plupart des volumes.



Bon exemplaire resté dans son jus, non rogné, rarissime dans cette condition "originelle" très désirable, et surtout bien complet des 283 estampes toutes plus admirables les uns que les autres.

Détails complémentaires sur simple demande.

VENDU