jeudi 5 décembre 2019

Louis Blanc. Révélations historiques en réponse au livre de Lord Normanby, intitulé A Year of Revolution in Paris. 1859. Première édition française. Très bon exemplaire.


Louis Blanc.

Révélations historiques en réponse au livre de Lord Normanby, intitulé A Year of Revolution in Paris. Ouvrage d'abord publié en anglais par l'auteur, et, dans la traduction en français faite par lui-même, augmenté de près d'un volume.

Bruxelles, Méline, Cans et Compagnie, 1859.

2 volumes in-12 (18 x 12 cm) brochés de 340 et 361 pages. Couvertures jaunes imprimées replacées au centre de couvertures refaites, dos habilement titré en noir. Exemplaire aux couvertures refaites, solides et propres, intérieur frais pratiquement sans rousseurs, papier légèrement teinté.

Première édition française.

Comme indiqué sur les titres et les couvertures, cet ouvrage a été publié pour la première fois en anglais par Louis Blanc en 1858, à Londres, chez Chapman and Hall (1 volume in-8).


Louis Blanc (1811-1882) fut membre du gouvernement provisoire de 1848. Socialiste et républicain, il participe à la campagne des Banquets en faveur du suffrage universel et se distingue, après la Révolution de 1848, en proposant la création des Ateliers sociaux afin de rendre effectif le droit au travail. Il est finalement contraint de s'exiler à Londres après les Journées de Juin car tenu pour responsable de l'émeute du 15 mai. Il y demeura jusqu'à la fin de la guerre franco-prussienne de 1870, entrant de nouveau à l'Assemblée nationale en 1871, où il siège une dizaine d'années à l'extrême gauche.

Louis Blanc fut promoteur de l'aphorisme communiste De chacun selon ses facultés à chacun selon ses besoins : « L'égalité n'est donc que la proportionnalité, et elle n'existera d'une manière véritable que lorsque chacun […] produira selon ses facultés et consommera selon ses besoins. » (Organisation du travail, 1839) repris par Étienne Cabet (Voyage en Icarie, 1840) puis plus tard par les communistes libertaires.

« La révolution de 1789 fut certainement une révolution socialiste (…) puisqu’elle modifia la constitution économique de la société au profit d’une classe très nombreuse et très intéressante de travailleurs ; mais la révolution de 1789 laissa beaucoup à faire pour la classe la plus nombreuse et la plus pauvre ! (…) Elle déblaya la route de la liberté ; mais elle laissa sans solution la question, très importante pourtant, de savoir si beaucoup de ceux qui étaient à l’entrée de la route n’étaient pas condamnés par les circonstances du point de départ à l’impuissance de la parcourir. » (Louis Blanc).

« Est-il vrai, oui ou non, que tous les hommes apportent en naissant un droit à vivre ? Est-il vrai, oui ou non, que le pouvoir de travailler est le moyen de réalisation du droit de vivre ? Est-il vrai, oui ou non, que si quelques-uns parviennent à s’emparer de tous les instruments de travail, à accaparer le pouvoir de travailler, les autres seront condamnés, par cela même, ou à se faire esclaves des premiers, ou à mourir ? » (Louis Blanc).

Très bon exemplaire de cette première édition française publiée en Belgique (pour échapper à la censure) de ce texte profondément historique et propagateur de la pensée socialiste révolutionnaire.

Référence : Revue britannique, 1859, pp. 125-132.

Prix : 250 euros

mercredi 4 décembre 2019

Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]. La Malédiction Paternelle (1780). Edition originale rare. Très bon exemplaire.


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]

La Malédiction Paternelle : Lettres sincères et véritables de N. ******, à ses parents, ses amis, et ses maîtresses, avec les réponses : Recueillies et publiées par Thimothée Joly, son exécuteur testamentaire.

Imprimé à Leipsick, Par Buschel, marchand-libraire et se trouve à Paris chés la Dame Veuve Duchesne, 1780

3 parties reliées en 3 volumes in-12 (17 x 10,5 cm) de 830 pages (pagination continue) et 5 feuillets non chiffrés (catalogue et présentation d'ouvrages de Rétif).


Reliure bradel demi-percaline chocolat, pièces de titre et millésime en cuir noir, plats, doublures et gardes de papier marbré (reliure vers 1880). Exemplaire non rogné (tranches irrégulières), tranches ébarbées, belles marges. Reliures très bien conservées, dos décoratifs et propres, coins légèrement frottés/usés, intérieur frais. Rares rousseurs. Petites réparations en marge de quelques feuillets. Collationné complet.



Edition originale et unique édition ancienne.

"Lorsque paraît La Malédiction paternelle, en août 1779, sous le millésime de 1780, Rétif est déjà un auteur confirmé. Il publie régulièrement depuis 1767 (La Famille vertueuse est sa première œuvre) et en une douzaine d’années il a produit 44 volumes in-12 sous 19 titres. Beaucoup ne se distinguent guère des ouvrages du temps, ni par leur facture (recours à la forme épistolaire), ni par leur idéologie morale. Ce conformisme littéraire n’a valu à l’écrivain qu’un accueil médiocre, mais trois œuvres lui ont tout de même permis d’acquérir quelque notoriété, parce qu’elles sortent, chacune à leur manière, des sentiers battus de la littérature. Il y eut d’abord Le Pornographe (1769), « Projet de règlement pour les prostituées », traité inséré dans le cadre d’un roman épistolaire, puis, sous le même millésime, Le Pied de Fanchette, roman enjoué et parodique, au titre discrètement érotique, objet de plusieurs éditions et contrefaçons jusqu’à la fin du XVIII e siècle. Mais le succès le plus décisif est venu en 1775 avec Le Paysan perverti : « Cet ouvrage, qui m’a donné une existence dans le monde, fut la source de ma réputation et me procura une considération dont tous les bons esprits me donnent encore des marques », écrit Rétif dans Mes Ouvrages ; de fait, il restera durablement, en dépit d’autres succès (notamment avec les volumes de nouvelles des Contemporaines), « l’auteur du Paysan perverti ». [...] Rétif va alors prendre conscience qu’il doit exploiter résolument la veine autobiographique, et plus précisément son parcours singulier de paysan bourguignon devenu ouvrier parisien dans l’imprimerie. Ce n’est pas qu’il n’ait précédemment nourri ses histoires de souvenirs personnels, mais il convient désormais de mettre mieux en valeur ses origines, son enfance, son adolescence. Il s’y essaye avec L’École des pères (1776), mais l’ambition didactique de l’ouvrage dilue quelque peu les traits du tableau rural. Il s’éloigne ensuite de cette inspiration avec Le Quadragénaire (1777) et Le Nouvel Abeilard (1778), deux romans qui ne se font guère remarquer. Or s’affirme de plus en plus le succès du Paysan perverti. Rétif est alors convaincu que la reconnaissance de son génie littéraire passe par la mise en œuvre du thème campagnard, domaine où il a, sur tous les autres littérateurs, l’avantage d’une expérience authentique. De là, en 1779, la publication de La Vie de mon père, avec en page de titre cette indication significative : « par l’auteur du Paysan perverti ». À La Vie de mon père succède immédiatement La Malédiction paternelle. [...] La Malédiction paternelle inaugure incontestablement une nouvelle époque dans la carrière littéraire de Rétif, celle où il s’engage dans l’autobiographie proprement dite. [...] Dans La Malédiction paternelle, la figure du père reproduit les traits de Pierre et non ceux d’Edme : cette autorité impérieuse, cette volonté de choisir l’épouse de son fils. [...] Le manuscrit de La Malédiction paternelle n’existe plus, sans doute depuis l’impression de l’ouvrage, selon les habitudes du temps. Il n’y a pas eu, du vivant de l’auteur, d’autres éditions que celle de 1779. [...] La seule façon d’échapper à la conscience coupable, de surmonter le sentiment de subir une malédiction, est d’écrire, de publier, d’accomplir pleinement cette vocation intellectuelle qui l’a détourné de sa destinée de paysan. À cet égard, La Malédiction paternelle est une œuvre cruciale : elle ressaisit une matière romanesque déjà mise en œuvre dans des ouvrages précédents (Le Quadragénaire, Les Nouveaux Mémoires d’un homme de qualité) et féconde les livres à venir. Rétif a souligné lui-même cette fonction matricielle : la Malédiction « est la préface naturelle des Contemporaines ». [...]" (extraits de l'Introduction à l'édition critique donnée par Pierre Testud, La Malédiction Paternelle, Ed. Champion, 2006).





Références : P. Lacroix, pp. 159-162 "Les plus jolis dessins que Binet ait jamais faits se trouvent dans ce roman ; ils égalent ceux de Marillier et peut-être ceux de Moreau." ; Rives-Childs pp. 253-256 "La Malédiction paternelle, qui fut singulièrement négligée par les biographes de Restif, est un des plus importants de ses ouvrages, à part Monsieur Nicolas et les Nuits de Paris, pour l'histoire de sa vie."

Très bon exemplaire de cet ouvrage rare de Rétif de la Bretonne.

Prix : 2.750 euros





samedi 30 novembre 2019

Alfred Naquet. L'Humanité et la Patrie. Paris, P.-V. Stock, 1901. Un des 10 exemplaires sur papier de Hollande. Avec une lettre autographe de l'auteur à propos de cet ouvrage. Rare.


Alfred Naquet.

L'Humanité et la Patrie.

Paris, P.-V. Stock, 1901

1 volume in-18 (20,5 x 14 cm) de LXX-342 pages.

Reliure de l'époque pleine toile rouge, titre imprimé au dos et sur le premier plat en grands caractères tirés en bleu, couvertures imprimées conservées (plats et dos), non rogné, à toutes marges. Reliure très bien conservée, dos passé, quelques ombres et poussières à la toile (bords), intérieur très frais, bords de grandes marges avec rousseurs ou bruni, sans gravité. Le feuillet d'errata a été relié en tête du volume bien qu'il poursuive la pagination (il est aussi imprimé sur Hollande).

Edition originale.

Un des 10 exemplaires tirés à part sur papier de Hollande (celui-ci non numéroté).

Exemplaire enrichi d'une lettre autographe de l'auteur à un confrère écrivain (9 octobre 1901) en rapport avec la publication de l'ouvrage.


L'auteur écrit : "cher monsieur, je viens de recevoir votre livre et je veux d'autant moins tarder à vous remercier, que très-souffrant de vertiges depuis quelques temps, j'éprouve à lire et à écrire une fatigue extrême qui m'oblige à en ajourner un peu la lecture. De mon côté j'ai eu le plaisir de vous adresser un exemplaire de "l'humanité et la patrie" que vous devez avoir reçu ou allez recevoir. Je ne sais si vous partagerez les vues exprimées dans cet ouvrage ; mais vous reconnaîtrez certainement la sincérité de l'auteur qui n'est à la recherche que du vrai et qui, au cas où il se tromperait, ce que j'espère n'être pas le cas, le ferait avec une absolue bonne fois. M. Finot a du recevoir aussi un exemplaire du livre. Si, par vos relations avec lui, vous pouviez obtenir de lui un article de bibliographie, approbatif ou critique, peu importe, je vous en saurais un gré infini. En attendant veuillez recevoir l'expression de ma gratitude pour l'envoi de votre dernière production et l'expression de mes meilleurs sentiments. A. Naquet."


Alfred Naquet (1834-1916) était scientifique de formation, médecin, chimiste, il s'engagea très tôt au sein des milieux révolutionnaires réformateurs. Le jeune chimiste fut condamné, le 29 décembre 1867 à quinze mois de prison et 500 francs d'amende, pour avoir fait partie de la Commune révolutionnaire des ouvriers français, une société secrète ayant pour but de « renverser le gouvernement impérial » et pour avoir fourni à ses membres la recette du fulmicoton, une substance explosive utilisée dans la fabrication des bombes. Il sera privé de droits civiques et condamné à nouveau en 1869. Aux côtés des frères Reclus, Jules Guesde, Benoît Malon, Ferdinand Buisson, Victor Dave, James Guillaume, Alfred Naquet est membre de l'Alliance internationale de la démocratie socialiste fondée en septembre 1868 par Michel Bakounine. Celle-ci affirme vouloir avant tout l'abolition définitive et entière des classes et l'égalisation politique, économique et sociale des individus des deux sexes. L'Alliance reconnaît que tous les États politiques et autoritaires existants devaient disparaître dans l'union universelle des libres fédérations, tant agricoles qu'industrielles. Naquet se réfugie en Espagne. À son retour, il devient député de Vaucluse en 1871 et siège à l’extrême gauche à l'Assemblée nationale. Réélu en 1876, il est en mai 1877 l'un des signataires du manifeste des 363. Il est encore réélu en octobre de cette année, puis en 1881. En 1883, il est nommé sénateur du Vaucluse. Étonnamment, cet israélite mystique, socialiste et surtout républicain devient l’un des principaux animateurs du parti boulangiste. Il est conseiller politique du général Boulanger. Il incite même ce dernier à faire un « coup de force », ce qui le fait exclure du groupe de sénateurs de l'extrême gauche. En 1889, il est élu député boulangiste, représentant de l'aile gauche boulangiste. Invalidé mais réélu en 1890, il réclame en vain la révision de la Constitution et il fuit en Angleterre. De Londres, il supplie en vain Boulanger de se constituer prisonnier, croyant que ce geste pourrait ranimer la flamme boulangiste. Il serait par ailleurs franc-maçon. En mai 1895, il fait un discours dénonçant l'incohérence de l'antisémitisme, défendant par ailleurs « la fusion » des Juifs « dans la grande masse des citoyens français ». Alfred Naquet est poursuivi lors de l'affaire de Panama et acquitté en 1898. Il abandonne alors la vie politique et se consacre à l'écriture d'ouvrages socialistes et de traités de chimie. Il devient la cible des antisémites et des caricaturistes qui le représentent souvent en Quasimodo. Léon Daudet en fait l'une de ses cibles de prédilection lorsqu'il est question de défendre la famille et la patrie, conformément au « nationalisme intégral » prôné par l'Action française. Partisan de l’amour libre, ennemi du mariage, Naquet parvient à faire passer sa loi sur le divorce en France, le 27 juillet 1884. Il s'attire les foudres des milieux catholiques et traditionalistes, qui tirent prétexte de ses origines juives, de son implication dans l'affaire de Panama et de ses liens avec les anarchistes pour l'accuser de conspiration. Les antisémites s'en prennent à lui comme auteur de la loi sur le divorce et le surnommant « l'ange du divorce et le démon du mariage ». Une caricature est publiée dans La Libre Parole le 12 août 1893 avec la légende : « Un qui ne se présente plus ». D'autres caricatures paraissaient déjà dans la revue Le Voleur en 1882. Vers 1875, alors que flotte un certain esprit de liberté, le député Alfred Naquet dépose successivement trois propositions de loi dans le sens du divorce pour faute, afin de rétablir celui-ci, naguère autorisé par la loi de 1792. Après plusieurs échecs, il parvient à ouvrir de nouveaux débats à l'Assemblée, le 26 mai 1884. S'y affrontent deux camps : la tradition catholique contre l'esprit anticlérical et laïque des "Lumières". Le conflit est très violent et tourne au débat politique, où le bon sens est vite oublié. Lors de l'ultime vote, 355 députés votent pour et 115 contre. Voté par la gauche et le centre-gauche, le texte est définitivement adopté par le Sénat le 27 juillet 1884. Les catholiques, pour qui la séparation de corps doit être maintenue, ont voté contre. Cette loi n'établit pas le divorce par consentement mutuel ou pour incompatibilité d'humeur. Il faut des excès, des sévices, des injures graves ou la condamnation à une peine afflictive ou infamante, qui rendent intolérable le lien du mariage, pour que le divorce soit prononcé, à la demande du mari ou de la femme. La preuve de la faute est donc indispensable. Le divorce est prononcé soit aux torts exclusifs, soit aux torts partagés. L'« innocent » peut prétendre à une pension et à s'occuper des enfants. Cette loi fait l'effet d'un choc et s'ensuivront des démissions massives dans la magistrature. Elle est en effet très libératrice pour la femme car l'homme a le pouvoir économique... et pourtant, elle va réglementer le divorce pendant presque cent ans, car les modifications subies entre-temps seront mineures. 


L'Humanité et la Patrie est un curieux ouvrage. Divisé en deux grandes partie, la première consacrée à l'Homme, à la morale et plus particulièrement aux considérations à propos du libre arbitre. La deuxième partie consacrée à la Patrie aboutit à la volonté de l'auteur de voir s'établir des Etats-Unis d'Europe, une République Universelle dictée par la raison et la morale. En cela L'Humanité et la Patrie est une utopie à ranger parmi les projets de société humaine internationaliste. L'union de tous les peuples de l'Europe pour le bien commun, tel est son souhait. C'est le souffle révolutionnaire qui a donné à la France la prééminence sur tous les peuples, écrit-il. Il souhaite ardemment la séparation des pouvoirs entre l'église et l'état, et ne croit pas aux conceptions extrémistes des nationalistes. Cet épais volume est d'une densité et d'une complexité toute scientifique cependant animée par un esprit lucide et volontaire.


Très bon exemplaire du rarissime tirage sur papier de Hollande avec lettre autographe.

Prix : 1.150 euros


vendredi 29 novembre 2019

La locomotion à travers l'histoire et les mœurs par Octave Uzanne (1900). Un des rares 10 ex. sur papier Japon format colombier. Exemplaire n°I. Rarissime tirage.


Octave UZANNE - Eugène COURBOIN, illustrateur - Léon Rudnicki, illustrateur

LA LOCOMOTION A TRAVERS L'HISTOIRE ET LES MOEURS par Octave Uzanne, illustrations dans le texte et hors-texte de Eugène Courboin. Nombreuses reproductions d'estampes anciennes.

Paris, Société d'Editions Littéraires et Artistiques, Librairie Paul Ollendorff, 1900 [impr. Renouard et Chamerot].

1 volume grand in-4 (31 x 22,5 cm) de XX-281-(2) pages. 20 gravures hors-texte sous forme de triptyques aquarellées par Eugène Courboin (volets décorés Art Nouveau par Léon Rudnicki).

Reliure moderne bradel plein papier rouge texturé, dos muet, relié sur brochure. Parfait état.



ÉDITION ORIGINALE.

Tirage à 1.570 exemplaires numérotés (1.500 ex. sur vélin teinté ; 60 ex. sur Japon Impérial et 10 ex. sur Japon, format colombier).

CELUI-CI, UN DES 10 EXEMPLAIRES SUR JAPON COLOMBIER AVEC UNE SUITE DES 20 HORS-TEXTE SUR CHINE IMPRIMES EN NOIR NON MIS EN COULEURS.



Après quelques Propos avant-coureurs ou Documents accumulateurs de ce livre ou encore Essai bibliographique et iconographique (en réalité bibliographie des plus complètes sur le sujet des transports en tous genres depuis l'antiquité jusqu'à la fin du siècle, qui occupe les XX premières pages), on trouve les chapitres suivants : La locomotion dans l'antiquité (origines - Chine - Egypte - Inde - Perse - etc.) - La locomotion à travers l'univers (hier et aujourd'hui) - La locomotion publique, privée et royale, les transports en commun tant au moyen-âge que pendant la Renaissance et jusques à Henri IV (la cavalerie, la chevalerie et l'artillerie - routes et voies de communication) - Carrosses et entrées solennelles (fêtes de gala, cérémonies funèbres, religieuses et militaires, cavalcades, carroussels et coches) - XVIIIe siècle (les chaises à porteurs, les carrosses sous Louis XV (la locomotion sous la révolution, les premières diligences, etc.) - La locomotion depuis la révolution - Les chemins de fer (emploi de la vapeur - les premières locomotives) - Tramways, Automobiles et Cycles (importance de la locomotion parisienne - etc.) - La locomotion à côté (véhicules de divers usages) - La locomotion au XXe siècle (les progrès de l'automobilisme).


Compte tenu de la date d'édition de cet ouvrage, l'aviation n'est pas traitée dans ce volume. Il faudra attendre la nouvelle édition de 1911 pour avoir une dernière partie entièrement consacrée à ce sujet.

On trouvera difficilement un ouvrage aussi complet et aussi richement et artistiquement illustré sur le sujet.


SUPERBE EXEMPLAIRE DE CE TIRAGE DE TÊTE RARISSIME.

EXEMPLAIRE PORTANT LE N°I. (sur X).

Prix : 3.500 euros



jeudi 28 novembre 2019

Ludovic Halévy. La famille Cardinal. Exemplaire sur Hollande avec suite et dessins originaux (1883). Exemplaire offert par l'auteur à son ami Octave Uzanne. Bel exemplaire relié par Pierson pour Octave Uzanne.


Ludovic Halévy. [Octave Uzanne]. Emile Mas (illustrateur).

La famille Cardinal.

Paris, Calmann Lévy, 1883

1 volume petit in-8 (18,8 x 14 cm) de (4)-210-(1) pages.

Cartonnage bradel de l'époque pleine percaline bleue, pièce de titre au dos, fleuron dos et millésime dorés au dos, relié sur brochure (non rogné), couvertures conservées. Reliure signée Pierson réalisée pour Octave Uzanne. Excellent état. A noter que la page de faux-titre où se trouve l'envoi autographe et la composition originale est uniformément brunie (décharge du feuillet précédent). Quelques rousseurs.

Edition originale.

Un des 200 exemplaires sur papier vergé du Marais (non numéroté).


Exemplaire de dédicace offert par l'auteur à son ami : "Octave Uzanne, son dévoué confrère, Ludovic Halévy", enrichi d'une jolie composition originale sur le faux-titre (encre de Chine et aquarelle) et de deux autres petits dessins à l'encre en noir sur la page de titre et la première page de texte (voir photos).

Exemplaire auquel il a été joint la Suite complète de 1 frontispice et de 8 vignettes dessinées par E. Mas, gravés par J. Massard, pour illustrer Madame, Monsieur et les Petites Cardinal de Ludovic Halévy, épreuves sur Chine (prix de l'époque : 15 francs) publiées par la librairie L. Conquet en 1883. Épreuves sur Chine volant intercalées dans le volume.


La famille Cardinal (qui fait pour ainsi dire suite aux Petites Cardinal publié en 1880) est le symbole de la petite bourgeoisie parisienne pompeuse, pédante et méchante. En rupture avec la noirceur des romans naturalistes, ils dépeignaient un monde certes réaliste mais où tous les personnages sont bons et vertueux. Ce succès lui ouvrit les portes de l'Académie française, où il fut élu le 4 décembre 1884, au fauteuil 22, succédant à Joseph Othenin d'Haussonville. Sa réception officielle eut lieu le 4 février 1886. Il y soutint, en vain, les nombreuses candidatures de son ami Émile Zola et cessa quasiment d'écrire. Vers 1878, Ludovic Halévy, flanqué de sa cousine Geneviève Bizet, future Mme Straus et hôtesse d'un célèbre salon littéraire, recevait le Tout-Paris artistique et littéraire, lors des « jeudi de Ludovic » dans son appartement 22, rue de Douai où se côtoyaient Edgar Degas, Gustave Moreau, le romancier Paul Bourget, Édouard Dubufe, Édouard Manet, John Lemoinne, Georges Ohnet, Charles Gounod, Henri Meilhac, Charles Haas, le vicomte Eugène-Melchior de Vogüé, Guy de Maupassant, Alexandre Guiraud, Georges de Porto-Riche, Émile Straus, ou Robert de Montesquiou.


Provenance : Exemplaire des bibliothèque Octave Uzanne (avec son ex libris gravé par A. Bouvenne - eau-forte tirée en bleu - catalogue de sa vente de mars 1894, n° 223) ; bibliothèque A. Girard (ex libris dessiné par Paul Avril et gravé par Gaujean).




Émouvant exemplaire de la bibliothèque Octave Uzanne, très bien conservé.

Prix : 850 euros


mercredi 27 novembre 2019

Jacques Touchet. Les Quinze Joies du Mariage. 1930. René Kieffer éditeur. Exemplaire unique. Reliure plein parchemin véritable peinte à la main par l'artiste. Superbe.


Gouache originale signée
(premier plat de la reliure en plein parchemin véritable)


Anonyme [Antoine de La Sale]. Jacques Touchet (illustrateur - décorateur de la reliure originale peinte à la main).

Les Quinze Joies du Mariage. Illustrations de J. Touchet.

René Kieffer, éditeur à Paris, juillet 1930

1 volume in-4 (24 x 19 cm) de 195-(2) pages. 15 hors-texte, 15 bandeaux à mi-page et 15 culs-de-lampes et 8 autres vignettes ou culs-de-lampes pour le faux-titre, titre, achevé d'imprimer, prologue et justification du tirage.

Reliure de l'époque (probablement commanditée par l'éditeur René Kieffer) plein parchemin véritable, peinte à la main par l'artiste lui-même de trois compositions à l'encre rehaussées à la gouache (une composition sur chaque plat et une au dos). La composition originale du premier plat est signée par Jacques Touchet. Ces compositions originales sont inédites et n'appartiennent pas au volume imprimé. Les fragiles couvertures jaunes imprimées (premier plat) ont été conservées. Parfait état de l'ensemble.


Gouache originale
(second plat de la reliure en plein parchemin véritable)


Premier tirage des illustrations de Jacques Touchet aquarellées à la main au pochoir.

Tirage à 550 exemplaires numérotés.

Celui-ci, un des 500 exemplaires sur vélin à la forme.

Exemplaire unique dont la reliure est ornée de trois compositions originales (encre et gouache) par Jacques Touchet (signé).







Il n'aurait été que justice de voir ce savoureux ouvrage, si plein de justesse et d'esbaudissements, habilement recouvert d'une élégante et vénéneuse reliure en peau de femme irascible. La lâcheté de la gente masculine doublée de son emprisonnement es perpétuité dans la nasse du mariage en a empêché la réalisation (NDLR).

La nasse revient souvent dans l'illustration de Jacques Touchet (1887-1949). Gageons que son pinceau parle d'expérience.






Les Quinze joies de mariage est un texte satirique français en prose publié anonymement au milieu du XVe siècle et attribué à Antoine de La Sale, qui présente un tableau plein d'humour et d'acuité des querelles et tromperies conjugales : la satire misogyne voisine avec une analyse impitoyable de l'aveuglement des époux placés dans des situations quotidiennes et concrètes. L’auteur parodie un texte de dévotion populaire, les Quinze joies de la Vierge, et énumère en quinze tableaux les « joies », c’est-à-dire les affreux malheurs de l’homme pris dans la « nasse » du mariage, présenté comme la source de tous les maux domestiques, érotiques et autres, et surtout comme l'origine du malheur suprême de tout être humain : la perte de la liberté. Le ton est nettement misogyne et anti-féministe et s’inscrit dans une tradition médiévale qui remonte à saint Jérôme (notamment son Adversus Jovinianum) où les machinations et ruses féminines font le malheur de l’homme ; mais le mari est présenté comme un balourd sans imagination, « métamorphosé en âne sans qu'il soit besoin d'aucun enchantement », aussi coupable que son épouse, et qui a bien cherché son malheur : « Dieu n'a donné froid qu'à ceux qu'il sait assez chaudement emmitouflés pour pouvoir le supporter. » Le texte offre un tableau vivant et enjoué des pièges de la conjugalité, sans désir de corriger les mœurs, mais en jetant un regard ironique, toujours amusé. L’intérêt du texte tient en particulier à ce que chacun des quinze tableaux, mi-narratifs mi-satiriques, dans une langue proche de la langue parlée, est en soi une petite nouvelle avec de nombreux dialogues vifs et réalistes. L'aiguillage de la vérité générale vers la scène fictive est opéré par des adverbes comme le fréquent « à l'aventure » (par hasard en moyen français), qui signalent un changement de régime discursif au début de chaque tableau.


Gouache originale et titre calligraphié
(dos de la reliure en plein parchemin véritable)


Superbe exemplaire unique de ce très joli livre utile à plus d'un homme.

Prix : 1.150 euros