lundi 16 mai 2022

Les Chansons de Bilitis illustrées de douze eaux-fortes originales gravées par Edouard Chimot. Exemplaire d'artiste offert à Loÿs Delteil (bibliographe de l'estampe et artiste graveur) relié à l'époque par S. David. Bel exemplaire avec double-état des eaux-fortes (noir et couleurs) et trois planches libres ajoutées.

LOUYS, Pierre. CHIMOT, Edouard (illustrateur).

Les Chansons de Bilitis illustrées de douze eaux-fortes originales gravées par Edouard Chimot.

Paris, Editions d'Art Devambez, 1925

1 volume in-4 (25,7 x 20 cm) de VIII-158-(4) pages. 12 eaux-fortes de Chimot tirées en noir + 12 eaux-fortres tirées en couleurs (les mêmes) + 3 eaux-fortes libres supplémentaires reliés in fine.

Reliure strictement de l'époque demi-maroquin groseille à larges coins, dos à nerfs avec auteur, titre et millésime dorés, tête dorée, non rogné, couvertures conservées (reliure signée S. DAVID). Reliure très fraîche. Intérieur très frais.

Tirage à 576 exemplaires.

Celui-ci, un des quelques Exemplaires d'Artiste non numérotés imprimés sur vélin de Hollande avec une double suite des eaux-fortes, et portant envoi dédicace à M. Delteil, avec trois épreuves libres ajoutées (reliées in fine).

Les Chansons de Bilitis est une œuvre poétique publiée à Paris en 1894. L'ouvrage se donne comme une traduction du grec, due à Pierre Louÿs, de l'œuvre d'une poétesse antique du nom de Bilitis, à laquelle sont attribués ces poèmes érotiques et passionnés. L'ouvrage est précédé d'une Vie de Bilitis, retracée par le traducteur et accompagnées de plusieurs pages de notes. En fait, les poèmes sont bien de la main de Pierre Louÿs. Il s'agit d'un ouvrage de pseudo-traduction1. Afin de rendre crédible ses traductions, Pierre Louÿs prend soin d'inclure la description de la découverte des poèmes sur les murs d'une tombe de Chypre par un archéologue allemand qu'il nomme Herr G. Heim. Il inclut également des titres de poèmes non traduits. Lors de sa publication, l'ouvrage parvient à tromper les experts, et s'il ne fait aujourd'hui aucun doute qu'ils sont de la main de Pierre Louÿs lui-même, ces poèmes sont toujours considérés comme importants dans la littérature. Pierre Louÿs a également rédigé une série de poèmes encore plus érotiques, Les Chansons secrètes de Bilitis, qui ne sont publiées qu'après sa mort. L'ouvrage a inspiré plusieurs artistes, et certaines chansons ont été mises en musique par Claude Debussy.







La consécration de Chimot fut son rôle de directeur artistique des Éditions d’Art Devambez. De 1923 à 1931, de son nouvel atelier parisien situé rue Ampère, il supervise l'édition de livres d'art illustrés par des artistes comme Pierre Brissaud, Edgar Chahine, Alméry Lobel-Riche, et Tsugouharu Foujita. Cependant, il se réserva des textes d'exceptions pour les illustrer lui-même, à savoir Les Chansons de Bilitis de Pierre Louÿs (1925), Les Belles de nuit de Maurice Magre (1927), et enfin Parallèlement de Paul Verlaine (1931).

"Pour célébrer la femme, Chimot (1880-1959), va s'inspirer d'œuvres littéraires réalistes ou sulfureuses qui répondent à ses propres aspirations. Leurs poèmes ou leurs textes l'inspirent car ils exaltent la séduction féminine, la passion absolue, le désir exacerbé, il s'y mêle érotisme, beauté sublimée, rêverie, fantasmes, plaisir, triomphe, mais aussi souffrances et humiliations. Derrière l'amour subi ou consenti, il y a une course effrénée à l'oubli. Chimot va devenir le chantre visuel insatiable de la Beauté, de la Volupté et de la Mort." J.-L. Bernard, Édouard Chimot 1880-1959 : bibliographie des œuvres illustrés, 1991.

Provenance : de la bibliothèque de Loÿs Delteil ou Léo Delteil, né le 7 mai 1869 à Belleville (Paris) et mort à Paris le 11 novembre 1927, dessinateur, graveur, lithographe, illustrateur et historien de l'estampe français. On lui doit notamment le Manuel de l'amateur d'estampes des XIXe et XXe siècles (1801-1924), Paris, Dorbon-Ainé, 1925, ouvrage qui fit date et qui reste utile à tous les amateurs d'estampes. « on lui doit en très grande partie la place mondiale de l'estampe originale française du XIXe et XXe siècle » (Blandine Bouret).















Bel exemplaire finement relié à l'époque d'un des beaux livres sensuels illustrés par Chimot.

Provenance intéressante.

VENDU



jeudi 12 mai 2022

Un ouvrage religieux condamné par Rome pour Jansénisme : L'Année Chrétienne du Père Nicolas Letourneux (Le Tourneux), 1691-1705. Splendide exemplaire en maroquin doublé de l'époque attribuable à Luc-Antoine Boyet. Très rare.


[Le Tourneux ou Letourneux, Nicolas] [Luc-Antoine BOYET, relieur].

[L'Année Chrétienne, contenant les Messes des Dimanches, fériés et fêtes de toute l'année, etc.]

[Paris, Elie Josset, 1691-1705]

9 volumes in-12 à pagination multiple. Environ 400 à 500 pages par volume.

Reliure janséniste strictement de l'époque plein maroquin vieux rouge doublé maroquin vieux rouge, dos à nerfs, pièces de titre en maroquin olive portant uniquement le mois de l'année, roulette dorée en encadrement des pièces de titre, tranches dorées sur marbrure, doublures de maroquin vieux rouge encadrées d'un jeu de filets et roulette dorés, roulette dorée sur les coupes. Ex libris contrecollé sur la doublure (premier contreplat) de tous les volumes.

Les volumes ont été reliés sans les pages de titre (volontaire). Exemplaire réglé à l'encre rouge. Très bel ensemble avec de minimes défauts d'usage (un mors partiellement fendu et consolidé au deuxième volume, infimes frottements, petits manques de cuir à deux coiffes inférieures, petit travail de vers sur une doublure sans gravité). (reliures attribuables à Luc-Antoine Boyet).







Ensemble complet et très rare de l'Année Chrétienne du père Le Tourneux.

Chaque volume commence par L'Ordinaire de la Sainte Messe (28 pages), identique pour chaque volume. Le premier volume contient les mois de Décembre et Janvier. Le deuxième volume contient les mois de Février et Mars. Les volumes suivants contiennent les mois d'Avril à Novembre. Dans chaque volume on trouve les Messes des Saints dont les fêtes arrivent (aux dates indiquées) avec de courtes biographies des ces Saints. On trouve également l'Explication de l'Evangile.

L'Année Chrétienne de Monsieur Le Tourneux a été publiée en 12 volumes (un volume par mois), plus 1 volume pour les Messes votives de toute l'année avec des explications. Les volumes se vendaient séparément au prix de 3 livres le volume. Les 12 volumes se vendaient ensemble 36 livres (en 1693 selon l'extrait du Privilège du Roi qui se trouve au recto du feuillet qui indique la liste des ouvrages de dévotion du même auteur. 



Ces reliures sortent très probablement de l'atelieur de Luc-Antoine Boyet (relieur du roi ayant exercé de 1680 à sa mort en 1733. L'ensemble des volumes a été imprimé entre 1691 et 1705 (d'après les privilèges du roi et les achevés d'imprimer qu'on trouve dans les différents volumes). On datera donc les reliures de l'année 1705 ou 1706 au plus tard ce qui correspond tout à faire à la période d'activité du relieur Luc-Antoine Boyet. Particularité de l'exemplaire : les volumes ont été reliés dans aucune page de titre. Celles-ci n'ont (volontairement) jamais été placées en tête des volumes. Est-ce une volonté de rendre cet ensemble intemporel pour le dévot à qui il était destiné ? Nous ne savons pas. Quoi qu'il en soit, un relieur de cette trempe n'aurait certainement pas "oublié" de relier les pages de titre. Il s'agit donc d'un acte délibéré auquel il faudrait tenter de retrouver un sens. A noter également une pagination des plus farfelues qui pioche allègrement dans diverses parties de l'Année Chrétienne sans en suivre le cours tout le long. Il y a même pour un volume un cache de papier appliqué sur un haut de page pour cacher ce qui y était imprimé.




Nicolas Letourneux ou Le Tourneux (1640-1686) est né de parents pauvres. Il dut le bienfait de son éducation à M. Gentien Thomas Dufossé (père de Pierre Thomas), maître des comptes à Rouen, qui l'envoya étudier à Paris au collège des jésuites. Après avoir achevé sa philosophie au collège des Grassins, il retourna à Rouen, où il fut ordonné prêtre à vingt-deux ans, puis employé dans le ministère de la prédication, dont il s'acquitta avec succès, On lui procura deux petits bénéfices, et il obtint une pension du roi. Au bout de quelques années il quitta la place de vicaire qu'il occupait dans une paroisse de Rouen, et vint vivre à Paris dans la retraite. En 1681, il devint le confesseur officiel de Port-Royal, où il avait d'étroites liaisons. Son dessein était de se condamner pour toujours au silence ; mais Lemaistre de Sacy l'engagea à reparaître dans la chaire. Letourneux prêcha donc dans plusieurs églises, où il fut très suivi. Le goût de la retraite le conduisit dans le Maine, et enfin à son prieuré de Villers, dans le diocèse de Soissons, où il passa ses dernières années. De passage à Paris, il mourut d'une crise d'apoplexie, le IV des calendes de décembre 1686, à 46 ans. Il fut enterré dans l'église Saint-Landry (aujourd'hui disparue), et son cœur à Port-Royal des Champs dans la chapelle des Reliques. Par son testament il légua la somme de deux mille livres au monastère de Port-Royal. On lui doit notamment l'Année Chrétienne dont il publia seulement les premiers volumes. Dans le tome VII (1694) de l'Année Chrétienne on trouve à la fin du volume le catalogue des livres du Père Letourneux publiés par Hélie Josset. L'Année Chrétienne est ainsi présentée en 12 volumes vendus la somme de 36 livres. On y trouve également l'Histoire de la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la meilleure manière d'entendre la Sainte Messe, des Instructions et Exercices de piété durant la Sainte-Messe, avec des prières du matin et du soir, des Oraisons pour dire devant et après la confession et la Sainte Communion et des Instructions sur les Dimanches et Fêtes, des Instructions Chrétiennes sur les Sacrements et sur les Cérémonies avec lesquelles l'Eglise les administre, Six Lettres écrites à quelques personnes de la Religion Prétendue Réformée, pour les exciter à rentrer dans l'Eglise Catholique et pour répondre à leurs difficultés, Les Règles et les Principes de la Vie Chrétienne, etc.

UN OUVRAGE RELIGIEUX CONDAMNÉ PAR ROME.

Ce livre a été condamné à Rome, sous le Pape Innocent XII, le 17 septembre 1691, et par plusieurs évêques français, et les amis de l'auteur conviennent que sa doctrine est la même que celle de Pasquier Quesnel (mis à l'Index en 1695 soit neuf ans après sa mort). On a de Letourneux une Lettre pour sa justification, datée du 19 mai 1686. Il y disait qu'il n'était point retourné à Port-Royal depuis sa sortie de cette maison, et qu'il ne s'était point servi, dans son Année chrétienne, de la version du Missel de Voisin, ni de celle du Nouveau Testament de Mons. Toutefois son ouvrage renferme beaucoup de choses inexactes, et c'est pour le faire oublier que Griffet a composé son Année du chrétien. L'Année Chrétienne du Père Letourneux cache le venin des propositions du Jansénisme : « Le Bréviaire français (de Letourneux), dit Colonia, est un livre presque aussi dangereux que L'année Chrétienne. »

Provenance : de la bibliothèque du Vicomte Le Veneur avec son ex libris armorié dans chaque volume"ex dono patris Vicompte Le Veneur - D'argent, á la bande d'azur, chargée de trois flanchis d'or.) (collé sur la doublure du premier contreplat). Ces volumes proviennent de la bibliothèque de Alexis Le Veneur, vicomte de Tillières, créé comte de l'Empire en 1810, qui fut militaire et partisan des idées progressistes à la fin du XVIIIe siècle. Il était l'époux d'Henriette de Verdelin (1757-1834), fille de la marquise de Verdelin (1728-1810) qui fut une correspondante et protectrice de Jean-Jacques Rousseau. Adhérant aux idées progressistes, il prit position pour l'abandon des privilèges avant la Révolution. Il participa à plusieurs campagnes militaires qui lui valurent le grade de lieutenant général puis de général de division. Il fut commandant en chef de l'armée du Nord sous Custine (1793). Il fut élu maire de Carrouges et administrateur du département de l'Orne, puis Ier président du Conseil général de l'Orne et enfin député de l'Orne au Corps Législatif. Il fut fait comte d'Empire avec majorat par Napoléon Bonaparte. Il s'éteignit en 1833 à l'âge de 86 ans La famille Le Veneur ou Le Veneur de Tillières depuis le XVème siècle (parfois aussi appelée Le Veneur de Carrouges), est une ancienne et illustre famille de Normandie. D'extraction chevaleresque, sa filiation remonte à 1200. Elle s'est éteinte en 1963 ; de la bibliothèque d'Augustine Rosalie Victorine Marie Levêques-Billardeau (ex libris à l'encre - XIXe s.).

Splendide ensemble, des plus rares en maroquin doublé janséniste attribué à Luc-Antoine Boyet, relieur du roi.

Exemplaire en parfait accord esthétique avec les doctrines qu'il contient.

Prix : 6.000 euros


jeudi 5 mai 2022

LUCRECE, DE LA NATURE DES CHOSES [DE RERUM NATURA || DE NATURA RERUM]. Traduction nouvelle avec des notes par M. L* G**. Paris, Bleuet, 1768. Superbe exemplaire tiré in-8 sur papier de Hollande et relié en maroquin à l'époque. Provenances prestigieuses.


LUCRECE (Titus Lucretius Carus). GRAVELOT (illustrateur). LA GRANGE ou LAGRANDE (traducteur).

LUCRECE, DE LA NATURE DES CHOSES [DE RERUM NATURA || DE NATURA RERUM]. Traduction nouvelle avec des notes par M. L* G**.

A Paris, chez Bleuet libraire sur le Pont S. Michel, 1768

2 volumes in-8 (21,6 x 14,6 cm - Hauteur des marges : 207 mm) de 19-365-(2) et 457-(5) page. Titre-frontispice au premier volume (dessiné par Gravelot et gravé par Binet) et 6 eaux-fortes hors-texte (dessinées par Gravelot et gravées par Binet). Quelques ornements gravés sur bois (culs-de-lampe).

Reliure strictement de l'époque plein maroquin vieux rouge, dos à nerfs richement ornés de fleurettes aux petits fers dorés, pièces de titre et tomaison de maroquin olive, triple-filet doré en encadrement des plats avec fleurettes dorées dans les angles, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier marbré, tranches dorées sur marbrure. Rares rousseurs. Reliures en excellent état de conservation. Très frais.

Edition originale de cette traduction de Lagrange.

Exemplaire tiré au format in-8 sur papier de Hollande.

Le tirage commun est au format in-12 avec une pagination différente.


La traduction et les notes sont de Lagrange (1738-1775) qui était précepteur du baron d'Holbach. Elle est imprimée avec le texte latin en regard (pages de gauche). Le titre-frontispice du tome 1 remplace le titre imprimé que l'on trouve pour le tome II. Bien complet des feuillets de faux-titre.

"J'ai voulu t'exposer cette doctrine à nous / en un chant possédant le doux accent des Muses, / et sur elle poser la douceur de leur miel, / dans l'espoir que nos vers sachent, par ce moyen, / te retenir l'esprit tandis que tu perçois / des choses la nature en sa totalité, / et te pénètres bien de leur utilité. Lucrèce."


"Donner la plus grande force persuasive à la parole philosophique salvatrice, celle qui mène au bien et éloigne des maux, qui guérit des vaines peurs, celles des dieux et de la mort en particulier, tel est le projet de Lucrèce (Ier s. av. J.-C.), qui compose en latin son célèbre poème, De rerum natura, à la gloire d'Epicure et de sa philosophie. Exposé doctrinal d'une richesse exceptionnelle et œuvre littéraire majeure, ce poème se donne comme une œuvre totale, où le vrai s'allie au beau, et les séductions de l'imagination à la rigueur de l'analyse." (présentation édition 2002, Livre de Poche).







De rerum natura (De la nature des choses), plus souvent appelé De natura rerum, est un grand poème en langue latine du poète philosophe latin Lucrèce, qui vécut au Ier siècle avant notre ère. Composé de six livres totalisant 7400 hexamètres dactyliques, mètre classique utilisé traditionnellement pour le genre épique, il constitue une traduction de la doctrine d’Épicure. Le poème se présente comme une tentative de « briser les forts verrous des portes de la nature », c’est-à-dire de révéler au lecteur la nature du monde et des phénomènes naturels. Selon Lucrèce, qui s'inscrit dans la tradition épicurienne, cette connaissance du monde doit permettre à l'homme de se libérer du fardeau des superstitions, notamment religieuses, constituant autant d'entraves qui empêchent chacun d'atteindre l'ataraxie, c’est-à-dire la tranquillité de l'âme. « Il n'y a sans doute pas de plus beau poème scientifique que le De Natura Rerum. ».






Lucrèce dédie son poème à Caius Memmius, riche orateur romain. Il développe son texte en s'adressant constamment à cet interlocuteur, qu'il nomme à onze occasions au cours du poème. Cela lui permet de prévoir les objections éventuelles et d'y répondre avec bienveillance, en accord avec la visée pédagogique du texte. Son texte est également rendu très vivant par « la passion que Lucrèce apporte à suivre son raisonnement, par la vivacité de ses interrogations, de ses exclamations, de ses triomphes logiques ». Le plan commence par exposer les principes généraux pour ensuite développer les conséquences en matière de conception philosophique du monde et d'éthique personnelle. Livre I : principes fondamentaux de l'atomisme Livre II : physique atomique et constitution des corps Livre III : l'âme humaine et la crainte de la mort Livre IV : la vie psychique et le sentiment amoureux Livre V : histoire du monde et des hommes Livre VI : phénomènes physiques et fléaux L'absence de conclusion et la fin abrupte du sixième livre font penser que le poème est inachevé ou incomplet (mais un récapitulatif général n'est pas obligatoire, tel l'exemple des Géorgiques). Lucrèce s'écarte de son maître en ce qui a trait au statut de la poésie. Épicure, qui méprisait toute élaboration littéraire, recommandait à Pythoclès, son disciple, de « se boucher les oreilles avec de la cire comme l'Ulysse d'Homère », de fuir à pleines voiles, pour ne pas céder aux « incantations des sirènes de la poésie ». La poésie, pour lui, devait rester un pur divertissement, faute de quoi elle possédait « la séduction pernicieuse des mythes » à laquelle il est indispensable de résister, comme à toute superstition qui trouble l'âme.

Référence : Cohen-Ricci, Livres à gravures du XVIIIe siècle, 664 : "belle édition"

Provenance : des bibliothèques Huzard, de l'Institut (timbre humide sur faux-titre du premier volume - ventes de sa bibliothèque entre 1843 et 1844) ; Henry-Philippe Delamain (ex libris armorié) ; Gustave Chancel (ex libris) ; librairie Théophile Belin (étiquette avec date de la vente au crayon - 18 juin 1914).

Superbe exemplaire relié en maroquin à l'époque et imprimé sur papier de Hollande de provenances très intéressantes.

Prix : 5.500 euros