samedi 15 décembre 2018

Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretonne]. Adèle de Comm** ou Lettres d'une Fille à son Père (1772). Edition originale rare. "Forme ta fille, comme tu voudrais qu'on eût élevé ta Femme."


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretonne]

Adèle de Comm**, ou Lettres d'une Fille à son Père.

En France, 1772

4 parties en 4 volumes in-12 (17,3 x 10,5 cm) de XIV-346, 356, 384 et 384 pages. (4 premiers volumes sur 5 - le 5e étant très rare et ayant paru séparément).

Reliure de l'époque plein veau marbré, tranches rouges, dos lisses ornés aux petits fers dorés. Quelques usures aux reliures (coins, coiffe du tome IV et entaille du mors supérieur sur 1 cm, pièce de titre du tome I partiellement arrachée, pièces de titre et tomaison du tome IV absentes). Reliures solides. Intérieur globalement frais avec cependant quelques mouillures claires sans gravité et un travail de vers dans la marge intérieure dune trentaine de feuillets du tome IV, sans atteinte au texte. Collationné complet pour ces 4 volumes. Le cinquième volume qui est très rare manque à notre exemplaire (voir plus bas).

Edition originale rare.


La cinquième partie qui manque ici a été publiée à part aux frais de Restif et sous le contrôle pointilleux de la censure. Dans une note du tome IV, p. 62, Rétif écrit : "On imprime séparément, sous le titre de Pièces singulières et Curieuses, relatives aux Lettres d'une Fille à son Père, les morceaux annoncés qui n'ont pu trouver place dans cette IVe partie." (cette cinquièmre partie n'aurait été tirée qu'à 250 exemplaires (Mes ouvrrages, p. 25). Par ailleurs l'histoire d'Adèle de Comm** est complète en 4 parties, les textes de la cinquième partie y sont totalement étrangers.

Les 4 premiers volumes auraient été tirés à 1.250 exemplaires (Rives Childs) et non 1.500 comme l'indique Lacroix.


L'histoire de cet ouvrage de Rétif est des plus intéressante : "J'eus l'idée de cet ouvrage, dès 1768 ... j'y travaillai, en 1769, au Collège de Presle, après avoir conduit le Paysan perverti ... jusqu'au mariage d'Edmée Servigne. (Mes ouvrages, p. 22). Restif travaillait depuis le matin jusqu'à 3 heures ; le reste de la journée, il lisait les épreuves pour les libraires Humblot et Ganneaux, ou il travaillait à l'imprimerie sur la Mimographe" (Monsieur Nicolas, t. X, p. 53).

"On voit épars les matériaux d'un excellent roman : il y aurait très peu de travail pour le rendre tel ; les fautes sont visibles et faciles à corriger. Le manuscrit fut vendu au libraire Edme Rapenot qui garda l'édition dans son magasin, mais, après sa mort, les exemplaires se sont vendus rapidement... Ce roman parut en mars 1772... il est l'histoire vraie de Mlle de C***, fille naturelle du dernier Prince de C***, faiblement déguisée." (Revue des ouvrages de l'auteur, p. CLXXIV).

"Cet ouvrage est un des plus rares de la collection de Restif, parce qu'il n'a pas été réimprimé et que sa publication rencontra des difficultés de la part des censeurs. C'est aussi un des ouvrages que l'auteur estimait le plus, parmi tous ceux qu'il avait publiés." (P. Lacroix, p. 113).

Références : J. Rives Childs, Restif de la Bretonne. Témoignagnes et Jugements. Bibliographie. p. 217-219 ; P. Lacroix, Bibliographie des ouvrages de Restif de la Bretonne, p. 110-113


Photographies des reliures et détails sur demande.

Bon exemplaire en condition d'époque de cet ouvrage rare de Rétif de la Bretonne.

Prix : 3.250 euros

Octave Uzanne. La Nouvelle Bibliopolis ou Voyage d'un novateur au Pays des Néo-Icono-Bibliomanes. Frontispice de Félicien Rops. Lithographies en couleurs d'H.P. Dillon. Un des 100 exemplaires de tête sur papier du Japon dans une très jolie reliure en papier japonais ancien.


Octave Uzanne - H. P. Dillon, illustrateur- Félicien Rops, illustrateur

Les évolutions du bouquin. La Nouvelle Bibliopolis. Voyage d'un novateur au Pays des Néo-Icono-Bibliomanes par Octave Uzanne. Lithographies en couleurs et marges décoratives de H. P. Dillon. Frontispice à l'eau-forte d'après Félicien Rops. Nombreuses illustrations dans le texte et hors-texte.

A Paris, chez Henri Floury, 1897 [achevé d'imprimer par Edouard Cretté à Corbeil le 9 novembre 1896]

1 volume in-8 (19,5 x 13 cm) de XX-254-(2) pages + 10 feuillets d'encadrements tirés à part. Portrait en pied d'Octave Uzanne assis à son bureau-bibliothèque (2 états).



Reliure bradel plein papier japonais ancien floral orné de feuilles de Ginkgo, branches et racines (voir note), dos muet, doublures et gardes de papier japonais ancien (voir note). Relié sur brochure, tête dorée, couverture illustrée de Henri Thiriet (en 2 parties, premier plat relié au début, deuxième plat relié à la fin). Reliure moderne de création signée Elsa Rambour, 2018. Intérieur parfait.


Édition originale imprimée à 600 exemplaires.


Celui-ci, 1 des 100 exemplaires de tête sur papier impérial du Japon avec :

- une double suite du frontispice d'après le dessin de Félicien Rops
- un double état des 8 lithographies de H. P. Dillon (état en noir et état en couleurs)



- un portrait en pied d'Octave Uzanne assis à son bureau-bibliothèque du Quai Voltaire (2 états) (cette gravure est fort rare et nous ne l'avons jamais revue ailleurs).
- une suite des encadrement tirés à part (10 feuillets imprimés recto-verso reliés in fine)



- une carte-lettre autographe signée (4 mai 1896) où Octave Uzanne explique à son correspondant qu'il doit "de toute urgence, me murer chez moi et y travailler sans lacher pieds jusqu'à la délivrance de mes ouvrages en retard (...)".
- un portrait d'Octave Uzanne bibliophile gravé sur bois par Félix Vallotton (1892).



L'un des plus beaux livres de petit format, écrit, édité par Octave Uzanne, et dont la conception novatrice, tout en illustration pleine page avec encadrement lithographiés.


Voici le détail des chapitres : La Nouvelle Bibliopolis, le Symbolisme et la Littérature des Jeunes de Notre Heure (en guise d'avant-propos) ; La Bibliophilie Contemporaine (ses origines - ses étapes - ses tendances actuelles) ; Bibliophiles et Biblioscopes ; Physiologie du lecteur, un croquis en attendant un tableau (vingt dessins inédits de François Courboin) ; La monomanie des affiches (Précis historique - Les collectionneurs - les artistes français de l'affiche - les affiches à l'étranger) ; La renaissance de la reliure (la décoration extérieure des livres) ; Les ex libris modernes (notes succinctes sur l'art décoratif de ces marques de possession en France et à l'étranger).



Note : les papiers japonais utilisés pour la réalisation de cette reliure de création ont été récupérés sur des emboîtages d'ouvrages publiés par Octave Uzanne entre 1885 e 1886. Ce sont de véritables papiers japonais tels que les affectionnait Octave Uzanne. Nous avons voulu lui rendre hommage en faisant réaliser, selon notre plan, une telle reliure inspirée.


De la plus grande rareté sur ce papier.

Bel exemplaire dans une très jolie reliure moderne pastiche japonisante "inspirée".

Prix : 2.500 euros



vendredi 14 décembre 2018

Rétif de la Bretonne. Le Nouvel Abeilard ou Lettres de deux amans qui ne se sont jamais vus. (1779). Contrefaçon suisse. Exceptionnel exemplaire non rogné dans son fragile cartonnage de l'époque.


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretonne]

Le Nouvel Abeilard ou Lettres de deux amans qui ne se sont jamais vus.

En Suisse, Chez les Libraire associés, 1779

4 tomes in-12 (18 x 11 cm) de 448, (2)-464, (2)-472 et (2)-423-(1)-XXIV pages.

Cartonnage de l'époque plein papier peint à la colle, étiquettes de titre à l'encre au dos, cote de bibliothèque privée au dos du premier volume (étiquette et à l'encre). Ensemble décoratif et solide. Quelques légères traces et manques de papier au dos des volumes (voir photos), néanmoins excellent état de conservation pour une reliure si fragile. Entièrement non rogné. Quelques feuillets légèrement brunis. Rares et légères traces de mouillure. Papier le plus souvent superbe.

Références : J. Rives Childs, Restif de la Bretonne. Témoignages et Jugements. Bibliographie. p. 248 ; P. Lacroix, Bibliographie des ouvrages de Restif de la Bretonne, p. 151.


Contrefaçon suisse parue l'année suivant l'édition originale.

"L'idée de cet ouvrage disait Restif, est une des plus heureuses qui me soient tombées dans la tête ... il faut une muse à tout écrivain : Rose Bourgeois l'avait été pour la Famille vertueuse ; Cadette Forterre, pour Lucile ; Marie-Jeanne, pour la Confidence nécessaire ; une jolie personne de la rue Saint-Louis-en-L'Ile, pour le Marquis de T*** [...] Virginie pour le Quadragénaire ; Mlle Londeau, la charcutière, pour le Nouvel Abeilard. Elle passait un soir, par la rue de Bièvre, couverte d'une calèche, chaussée d'un soulier bien fait, à talons élevés et minces ; elle me ravit ; je commençais mon travail. Tous les soirs, je vins m'enivrer du plaisir de la voir et sa vue me mettait en verve : j'écrivais le soir et le lendemain matin, avec une inconcevable ardeur. C'est elle qui est cette Julie, dont il est si souvent question dans l'ouvrage. Mlle Parisot la fourreuse, Mlle Laurens la bijoutière, Mlle Poinot les menuisières, m'ont fourni le feu nécessaire pour faire l'Amour muet, l'Amour enfantin, la Partie carrée. Quant au modèle de A quoi sert le mérite, il me fut réellement inspiré par une belle dame de l'île Saint-Louis, de la manière dont je le raconte dans mon début. Cet ouvrage a d'excellents détails; mais le style en est quelque-fois prolixe." (Mes ouvrages, p. 147-148). "C'est néanmoins un ouvrage où tout est approfondi, beaucoup plus que dans les autres productions de l'auteur" (Revue des ouvrages, p. CLXXXII). 


"Les charmants contes de fées que le livre renferme nous fournissent encore des preuves du génie extraordinairement divers de Restif." (J. Rives Childs)



« Nous sommes dans le siècle des lumières et de l’ignorance, mais les ténèbres sont le lot des trois quarts de la nation ; il faut les combattre par tous les moyens possibles, même par l’amour », dit-il dans Le Nouvel Abeilard pour justifier l’intrusion de leçons de physique dans les lettres de l’amant à Héloïse. Le Nouvel Abeilard est encore un « Éducographe », mais le titre le situe davantage dans une lignée romanesque, celle de La Nouvelle Héloïse ; le sous-titre : « Lettres de deux amants qui ne se sont jamais vus » apparaît comme une variation piquante de celui de Rousseau : « Lettres de deux amants habitants d’une petite ville au pied des Alpes ». Mais ces amants, qui pendant longtemps ne se connaissent pas, échangent une correspondance essentiellement éducative ; Abeilard fait sa cour en faisant des cours (de physique notamment). Fort heureusement pour le lecteur, il transcrit aussi à l’adresse d’Héloïse de nombreuses histoires, intitulées "Modèles", elles-mêmes abritant des contes et des anecdotes ; le foisonnement narratif est ici étroitement lié au dessein didactique, puisque la multiplication des récits doit rendre plus complètes et plus convaincantes les leçons proposées. Malgré la fragmentation constante du narratif, l’ouvrage « veut être vu dans son ensemble », dit Rétif à la fin. (Pierre Testud, Rétif de la Bretonne et la création romanesque)


L'édition originale était ornée de 10 charmantes figures. Cette contrefaçon n'est pas illustrée.


Exceptionnel exemplaire non rogné dans son fragile cartonnage de l'époque.

Prix : 2.500 euros

jeudi 13 décembre 2018

Rétif de la Bretonne. La Vie de mon père (1779). Edition originale de second tirage. Bel exemplaire finement relié dans la deuxième moitié du XIXe siècle.


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretonne]

La Vie de mon père. Par l'auteur du Paysan perverti. Première et Seconde partie.

A Neufchâtel, et se trouve à Paris, chés la Veuve Duchesne, 1779

2 parties en 1 volume in-12 (17 x 10 cm - Hauteur des marges : 165 mm) de (5)-152 et 139-(3) pages. 14 figures hors-texte + vignette-portrait en médaillon sur chaque page de titre.

Reliure demi-maroquin à coins lavallière, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin rouge, filets dorés sur les plats, tranches dorées, doublures et gardes de papier peigne (reliure postérieure exécutée vers 1875). Infimes frottements à la reliure. Intérieur frais. L'exemplaire n'a pas été lavé. La reliure bien que non signée est de qualité.

Edition originale de second tirage.



Bien que Rives Childs la considère comme une seconde édition (conforme aux différences mentionnées page 249 de sa bibliographie) il s'agit en fait d'un second tirage quasiment identique au premier, avec les mêmes gravures.



La Vie de mon père a été composé en 1778 immédiatement après la mise en vente du Nouvel Abeilard, parut à la Saint-Martin [novembre], sous la date de 1779. C'est de ce petit ouvrage, qu'un homme en place a dit : "Je voudrais que le Ministère fit tirer cent mille de ces petites parties, pour les distribuer gratis à tous les chefs de villages." (Revue des ouvrages, p. CLXXXV.)



"Débarrassé du Nouvel Abeilard, en me rappelant ce que mon père avait souvent raconté devant moi, pendant mon enfance, de son séjour à Paris et de Miss Pombellins, il me vint une idée vive, lumineuse, digne du Payan-Paysane pervertis ! Je réfléchis sur tous les traits sortis de la bouche d'Edme Retif et je composais sa vie. Je ne revis pas ce petit ouvrage, je le livrai à l'impression, en achevant de l'écrire. Aussi, tout y est-il sans art, sans apprêt ; la mémoire y a tenu lieu d'imagination. A la seconde et à la troisième édition, je n'ai fait que corriger quelques fautes de style ou replacer quelques traits oubliés. Cette production eut un succès rapide, ce qui doit étonner ! Elle n'était fait ni pour les petits-maîtres, ni contre les femmes, ni pour dénigrer la philosophie : les bonnes gens seuls la pouvait acheter. Apparemment, ils donnèrent le ton pour la première fois. C'est dans la Vie de mon père que j'ose inviter les prêtres au mariage." (Monsieur Nicolas, tome X, p. 234).



"Cet ouvrage, le plus estimable des miens et celui dont le succès a été le plus général, me fut inspiré tout à coup, en finissant l'impression du Nouvel Abeilard, à laquelle j'avais travaillé sans relâche, je mis la main à la plume avec ardeur et je l'écrivis tout d'un trait, car je ne fus occupé d'autre chose, tant que l'impression dura." (Mes ouvrages, p. 149).



"Avec La Vie de mon père, Restif de la Bretonne s'est fait le nouveau Plutarque d'un simple paysan de la région de Tonnerre, un homme de bien dur à la tâche, juste dans ses jugements et ses actions et aux saines mœurs patriarcales. Jamais, dans la littérature française, la classe laborieuse n'avait encore été célébrée de manière aussi fervente. Car si Rétif de la Bretonne parfois enjolive et ne résiste pas à une certaine sentimentalité bien dans le goût de son temps, cette peinture d'une paysannerie française heureuse émeut par son authenticité et la finesse de ses détails. Mais La Vie de mon Père est un ouvrage profondément nostalgique. Le monde rural cher au souvenir de son auteur, c'est en effet un âge d'or qu'il oppose à la corruption des mœurs parisiennes et dont il fait mélancoliquement sentir qu'il est déjà révolu. Il y a chez lui quelque chose de la psychologie des Romains de la décadence qui regrettaient les vertus de la République, et là encore, Restif de la Bretonne était bien de cette génération prérévolutionnaire qui appelait à leur restauration." (Présentation, édition Garnier).



Provenance : ex libris circulaire de 40 mm de diamètre doré sur cuir rouge avec les lettres EH (?) et une fleur au milieu (voir photo).


Référence : J. Rives Childs, Restif de la Bretonne. Témoignages et Jugements. Bibliographie. p. 248-250 ; P. Lacroix, Bibliographie de Restif de la Bretonne, p. 152-154 ; Catalogue de la Librairie Amélie Sourget n°1 - printemps 2013 qui liste sous le n°42 un exemplaire du même tirage en cartonnage papier de l'époque (3.700 euros).



Bel exemplaire finement relié.

Prix : 2.500 euros



mercredi 12 décembre 2018

Rétif de la Bretonne. L'Andrographe ou Idées d'un honnête-homme, sur un Projet de Règlement, proposé à toutes les Nations de l'Europe, pour opérer une Réforme générale des mœurs, et par elle, le bonheur du Genre-humain. Avec des notes historiques. Superbe exemplaire parfaitement établi par Chambolle-Duru. Rare.


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretonne]

L'Andrographe ou Idées d'un honnête-homme, sur un Projet de Règlement, proposé à toutes les Nations de l'Europe, pour opérer une Réforme générale des mœurs, et par elle, le bonheur du Genre-humain. Avec des Notes historiques et justificatives. Recueillies par N.-E. Rétif-de-la-Bretone, éditeur de l'ouvrage. Première partie. [suivi de :] Seconde partie contenant les notes.

A La-Haie, chés Gosse et Pinet, et se trouve à Paris, chés la d(a)me Veuve Duchesne et Belin, et Mérigot-jeune, 1782

2 parties reliées en 1 volume in-8 (20,2 x 13,5 cm. Hauteur des marges : 195 mm) de (1)-475-(1) pages. Pagination continue.

Reliure plein maroquin rouge, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, triple-filet doré en encadrement des plats, double-filet doré sur les coupes, jeu de roulettes dorées en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier peigne, tranches dorées sur marbrure (reliure signée Chambolle-Duru, vers 1873). Très bel état de conservation. Infimes frottements et une petite trace sombre sombre à l'angle supérieur du plat supérieur, sans conséquence. Intérieur immaculé, très frais. Exemplaire parfaitement établi par Chambolle-Duru, probablement soigneusement lavé et réencollé. Quelques cahiers imprimés sur papier bleuté.

Edition originale.


Notre exemplaire est en 476 (i.e. 478 la dernière n'étant pas paginée et donnant une liste des ouvrages de l'auteur) pages mal paginées à la fin (il y a 2 pages paginées 472). Lacroix signale des exemplaires en 492 pages (les pages 477 à 492 son un Supplément au Pornographe et Suite de la note [Q]. Mais Rives-Childs précise que ce supplément signalé par Paul Lacroix n'a rien à faire avec l'Andrographe. C'est une suite normalement ajoutée à la troisième édition du Pornogaphe de 1776 et c'est par une simple coïncidence que la pagination de ce supplément se trouve conforme à la fin de l'Andrographe et c'est ce fait seulement qui a permis à Restif de l'ajouter comme s'il appartenait à ce volume.


Cet ouvrage devait tout d'abord porter le titre de l'Anthropographe, ou l'Homme réformé, titre qui se trouve en tête du texte après l'introduction et au commencement de la seconde partie. C'est le tome IV des Idées singulières, et "le complément du troisième volume (les Gynographes) ; l'homme et la femme ne pouvant être réformés l'un sans l'autre".


"Les journalistes n'ont point parlé de ce quatrième volume que l'auteur ne leur a point envoyé, mais il est bien supérieur aux deux premiers, par l'importance de la matière." (Rétif de la Bretonne, Revue des ouvrages, p. CCXLIII.). L'ouvrage, commencé en 1776 et repris en 1780, fut achevé en 1781, durant l'impression des Contemporaines (Ibid., p. CCXXXIV).

Tabarant avait le pressentiment que l'Andrographe "ne circula que par le colportage. Il est des plus rares." Le livre a-t-il été saisi, supprimé, mis à l'index ?" se demande Paul Lacroix. Rives-Childs ne tranche pas sur ces points malgré ses propres recherches.

"C'est surtout dans l'Andrographe que Restif a donné pleine carrière à ses théories socialistes." (Rives-Childs).


Au verso du titre, on lit cet avis de l'éditeur (Rétif de la Bretonne) : « Les puristes, ces ennemis immortels de tout bien, m'ont reproché d'avoir composé le Pornographe. Je leur déclare ici que je m'en applaudis ; c'est un projet utile, honnête, et le Gouvernement ne commettrait aucune indécence, en le réalisant : il n'y a rien d'indécent, pour la Divinité, pour la Nature et pour les corps politics (sic) ; Dieu et la Nature ont fait l'anus et la bouche, sans s'avilir ; ils ont réglé les fonctions des parties secrètes, etc. Les corps politics peuvent en faire autant. Comme auteur, je n'ai pas traité une matière insolite ; Philon, qui valait bien nos puristes, a fait un livre de Meretricis mercede, et Philon avait des mœurs pures. Les écrivains utiles ont toujours de la peine et du temps à perdre, pour répondre aux sots et aux mal-intentionnés ; c'est un mal nécessaire. »


Référence : J. Rives Childs, Restif de la Bretonne. Témoignages et Jugements. Bibliographie, p. 281-282. P. Lacroix, Bibliographie des ouvrages de Rétif de la Bretonne, p. 207-212 ; Tabarant, le Vrai visage de Rétif de la Bretonne, p. 275-276).

Provenance : Notre exemplaire a été listé par le libraire Morgand (n°5198. 100 francs or) et a fait partie de l'exemplaire complet de tous les ouvrages de Rétif de la Bretonne (porté au prix de 20.000 fr. or en 1874 relié à l'identique pour tous les volumes par Chambolle-Duru en maroquin rouge, dos richement ornés à l'identique), qu'on trouve listé à la fin de la Bibliographie de Restif de la Bretonne, par P. L. (Lacroix) Jacob, bibliophile, et sous le N° 1873 du Catalogue de la Librairie Auguste Fontaine, 1874.


Superbe exemplaire parfaitement établi par Chambolle-Duru.

Prix : 3.500 euros

mardi 11 décembre 2018

Emile Zola. Au bonheur des dames. Edition originale (1883). 1 des 150 exemplaires sur Hollande. Bel exemplaire.


Emile Zola

Au bonheur des dames. [Onzième volume des Rougon-Macquart, Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second empire]. Par Emile Zola.

Paris, G. Charpentier, 1883 [imprimerie A. Lahure, Paris]

1 fort volume in-18 (18,7 x 12,7 cm) de 521 pages.

Reliure bradel demi-chagrin rouge, dos lisse orné de fers dorés, pièce de titre de basane brun/vert, plats de papier marbré, doublures et gardes de papier peigne (reliure légèrement postérieure - vers 1900/1910). Tête dorée, non rogné (ébarbé) pour les autres tranches, les couvertures jaunes imprimées n'ont pas été conservées. Petites traces de colle dans la marge intérieure du faux-titre, une garde de papier blanc fendue en marge intérieure. Recto du faux-titre bruni ainsi que le verso du dernier feuillet (vierge), dû à l'acidité des papiers de garde.


Edition originale.

Celui-ci, 1 des 150 exemplaires de tête sur papier de Hollande.

Il a été fait également un tirage à 10 exemplaires sur Japon (non mentionnés par Vicaire).

Il s'agit du 11ème opus de l'épopée naturaliste des Rougon-Macquart publiés entre 1871 et 1893. Au bonheur des dames avait été prépublié dans le Gil Blas dès décembre 1882 (75 livraisons, du 17 décembre 1882 au 1er mars 1883). Ce roman a été favorablement accueilli par la critique dès sa parution et J.-K. Huysmans félicite Zola pour avoir su bâtir un tel édifice. Cette fresque détaillée et fourmillante gravitant autour et à l'intérieur du Grand Magasin est l'un des chef d'oeuvre de Zola.

Zola étudie dans ce célèbre roman (l'un des plus connus de la série) tous les rouages d'une société capitaliste où l'argent est le moteur principal des relations économiques et humaines. Son attitude envers lui peut être illustrée par son commentaire au sujet de son roman du même nom : « Je n'attaque ni ne défends l'argent, je le montre comme une force nécessaire jusqu'à ce jour, comme une force de civilisation et de progrès. » Il étudie donc la mécanique financière du grand magasin, le rôle joué par les grandes banques, l'importance de la production à grande échelle.


Bel exemplaire du rare et très recherché tirage sur Hollande de cet ouvrage majeur de Zola.

Prix : 3.500 euros


samedi 8 décembre 2018

Magica de Spectris (1656) - Thaumatographia Naturalis (1665). Compilation d'histoires de Spectres et de revenants et Merveilles de la Nature. Bel exemplaire dans son vélin d'époque. Rare.


Jan JONSTON.

THAUMATOGRAPHIA NATURALIS, in decem classes distincta, etc. Coeli, Elementarum, Meteororum, Fossilium, Plantarum, Avium, Quadrupedum, Exanguium, Piscium, Hominis.

Amstelodami, Joannem Janssonium, Waesberge Elizeum Weyerstraet, 1665 [Amsterdam, Jean Janssen]

495-(3) pages dont un frontispice gravé à l'eau-forte et la page de titre.

SUIVI DE :

Henningus GROSIUS (Henning GROSS [édit.].).

MAGICA DE SPECTRIS ET APPARITIONIBUS SPIRITU[M] DE VATICINIIS DIVINATIONIBUS etc.

Lugd. Batavorum, Apud Franciscum Hackium, Anno 1656 [Leyde, chez François Hack]

(24)-636-(33) pages et 1 feuillet blanc dont un frontispice gravé à l'eau-forte servant de page de titre.



2 ouvrages reliés en 1 fort volume petit in-12 (Hauteur des marges : 131 mm. Dimensions du volume : 135 x 85 mm.

Reliure de l'époque plein vélin à coutures apparentes (reliure hollandaise). Titre à l'encre au dos (bien conservé). Bel exemplaire au vélin très frais (à noter un petit trou dans le secon plat, sans gravité). Intérieur très frais. Petit manque angulaire à un feuillet du premier ouvrage, sans atteinte au texte. Quelques passages soulignés à l'encre verte ou rouge, dans le premier ouvrage seulement.



Le premier ouvrage est de Jan Jonston (1603-1675), scientifique né en Pologne ayant migré en Ecosse en 1622. Il est connu pour ses différents ouvrages sur l'Histoire Naturelle. Sa Thaumatographia Naturalis (ou description des merveilles de la nature) a paru pour la première fois en 1632. Outre l'aspect scientifique on trouve dans ce recueil sur les animaux, les plantes, les météores, les fossiles, les oiseaux, etc., nombre d'anecdotes curieuses et étranges. Johnston évoque le somnambulisme. Il rapporte ainsi qu’un jeune homme sortait toutes les nuits de son lit, vêtu seulement de sa chemise ; puis montant sur la fenêtre de sa chambre, il sautait à cheval sur le mur et le talonnait pour accélérer la course qu’il croyait faire. Un autre descendit dans un puits et s’éveilla aussitôt que son pied eut touché l’eau, qui était très-froide. Un autre monta sur une tour, enleva un nid d’oiseaux et se glissa à terre par une corde, sans s’éveiller. Un Parisien, de même endormi, se leva, prit son épée, traversa la Seine à la nage, tua un homme que, la veille, il s’était proposé d’assassiner ; et, après qu’il eut consommé son crime, il repassa la rivière, retourna à sa maison et se mit au lit sans s’éveiller. (cité par Colin de Plancy dans son Dictionnaire infernal). on y lit nombre de superstitions et croyances anciennes sur les propriétés des plantes notamment. A propos de la bétoine (Stachys officinalis) par exemple Johnston dit que non seulement elle éloigne tout ce qui est redoutable, mais qu’elle a la propriété de faire sortir tous les os cassés. Cet ouvrage est un excellent compendium des connaissances dans le domaine pour l'époque. Il a été réimprimé de nombreuses fois. Cette édition de Leyde est une très jolie édition en petits caractères, très bien imprimée.



Références : « A treatise on natural wonders, divided into ten categories : the new stars, the elements, meteors, minerals, plants, birds, quadrupeds, insects and other ‘bloodless’ animals, fish, and men.» (Norman 1177) ; Garrisson Morton, 287.

Le second ouvrage contenu dans ce volume est l'oeuvre d'un inconnu. La première édition date de 1597 (sous un titre légèrement différent) et seule l'épître dédicatoire est signée Henningus Grosius Bibliopol. ce qui a fait croire que l'ouvrage était entièrement de lui (il a découvert et publié le manuscrit). On trouve au début du volume un catalogue des auteurs cités tout au long, depuis les auteurs de l'antiquité jusqu'à ceux de la Renaisance. Ce sont plus de 900 petites histoires de spectres et de revenants. Il n'existe pas d'édition en français de ce volume.

Le titre-frontispice à l'eau-forte est très joli et montre une sorcière et son chaudron, entourée de diables et de spectres ailés.

Cet ouvrage a été condamné par Rome le 3 août 1656 soit très peu de temps après la parution de cette seconde édition. Les deux éditions ont été mise à l'Index simultanément.



Provenance : on note la présence de 4 ex libris manuscrits différents sur le frontispice (1) et la page de titre (3) du premier ouvrage, respectivement datés 1673, 1754, 1771 et 1793 (à identifier - Allemagne probablement pour la plupart, dont un diacre).

Références : Dorbon, 1995 "c'est, avec celui de Lavater, l'ouvrage le plus complet sur les spectres et les revenants" ; Caillet II, 4788 "C'est une compilation d'histoires de Spectres et de revenants" ; Willems, 1689 ; Pieters, 421 "Cette édition dans le genre des Elzévier est fort jolie et rare" ; Coumont, Demonoly and witchcraft bibliography, G83.1 ; Bibliotheca Lamiarum, n° 66. Stanislas de Guaïta possédait un exemplaire de ce volume rare relié en demi-veau du XIXe siècle avec cette note : "Très rare. Titre gravé des plus curieux. Jolie édition avec les ornements des Elzévier" (Paris, Drouot, Vente publique Muizon-Rieunier, 21 décembre 2016).



BEL EXEMPLAIRE CONSERVÉ DANS SA RELIURE EN VÉLIN DE L'ÉPOQUE.

Prix : 2.500 euros

jeudi 6 décembre 2018

Pierre Louÿs. Aphrodite. Les Aventures du Roi Pausole. Les Chansons de Bilitis. La Femme et le Pantin (illustrations de Jean Berque, Génia Minache, Grau Sala et Schem). Exemplaire avec suites.

LOUYS, Pierre - SCHEM (Raoul SERRES) - GRAU SALA - BERQUE, Jean - MINACHE, Génia (illustrateurs).


[COFFRET PIERRE LOUYS] contenant 4 ouvrages de Pierre Louÿs : Aphrodite, Mœurs Antiques, avec des illustrations de Jean Berque - Les Aventures du Roi Pausole, avec des illustrations de Schem - Les Chansons de Bilitis traduites du grec, avec des illustrations de Génia Minache - La Femme et le Pantin, roman espagnol, avec des illustrations de Grau Sala.

Paris, La Bonne Compagnie, 1950-1951 (imprimerie Arrault et Cie à Tours pour la typographie, Bouan pour les illustrations).


4 volumes in-8 (24 x 16 cm), brochés, 283, 349, 181 et 172 pages. Nombreuses illustrations en couleurs au pochoir, hors-texte et dans le texte. Coffret cartonné de l'éditeur. Les volumes sont à l'état proche du neuf, sous couverture de papier cristal d'origine, le coffret est en très bon état (la face avant légèrement passée). Ensemble complet.

TIRAGE NUMÉROTÉ A 1.200 EXEMPLAIRES.


CELUI-CI, 1 DES 90 EXEMPLAIRES SUR CHIFFON DE LANA AVEC SUITE EN NOIR DES HORS-TEXTE.


Il a été tiré également quelques exemplaires hors commerce.

Les quatre artistes de renom choisis pour illustrer cette suite d’œuvres littéraires par Pierre Louÿs font de cet ensemble une belle réussite toute de sensualité.

Bel exemplaire.

Prix : 600 euros