lundi 10 mai 2021

Emile Zola. Germinal (1885). Edition originale sur papier ordinaire sans mention (tirage du premier mille). Exemplaire à l'état proche du neuf relié à l'époque à la bradel demi-percaline rouge (couvertures conservées). Rare dans cette condition très désirable.

Emile ZOLA.

GERMINAL.

Paris, G. Charpentier et Cie, 1885

1 volume in-18 (19,3 x 12,5 cm) de (4)-591 pages.

Reliure strictement de l'époque demi-percaline rouge, pièce de titre de maroquin à long grain vert sombre, plats de papier marbré escargot, doublures et gardes de papier gris, non rogné. Les deux plats de la jaune imprimée ont été conservés. Exemplaire exceptionnellement dénué de rousseurs ou taches (les exemplaires de l'édition originale sur papier ordinaire que nous avons eu en mains avaient tous de fortes et grosses rousseurs et taches rousses). Les seules rousseurs se trouvent sur les deux plats de couverture jaune (faibles). Infime fente du papier de garde (charnière intérieure) au second plat.

Edition originale sur papier ordinaire sans mention (tirage du premier mille).

Il a été tiré 150 exemplaires sur papier de Hollande et 10 exemplaires sur papier du Japon.


Germinal est le treizième roman de la série des Rougon-Macquart. Il a été écrit d'avril 1884 à janvier 1885. Il paraît d'abord en feuilleton entre novembre 1884 et février 1885 dans le Gil Blas. Il sort en librairie en mars 1885. 













Fils de Gervaise Macquart et de son amant Auguste Lantier, le jeune Étienne Lantier s'est fait renvoyer de son travail pour avoir donné une gifle à son employeur. Chômeur, il part dans le Nord de la France à la recherche d’un nouvel emploi. Il se fait embaucher aux mines de Montsou et connaît des conditions de travail effroyables. Il trouve à se loger dans une famille de mineurs, les Maheu, et tombe amoureux de l'une des filles, la jeune Catherine. Celle-ci est la maîtresse d'un ouvrier brutal, Chaval, et bien qu'elle ne soit pas insensible à Étienne, elle se refuse à passer d'amant en amant. Lorsque la Compagnie des Mines, arguant de la crise économique, décrète une baisse de salaire, Lantier pousse les mineurs à la grève. Il parvient à vaincre leur résignation et à leur faire partager son rêve d'une société plus juste et plus égalitaire. Lorsque la grève éclate, la Compagnie des Mines adopte une position très dure et refuse toute négociation. Affamés par des semaines de lutte, les mineurs durcissent leur mouvement. Les soldats rétablissent l'ordre, mais la grève continue. Lors d'un mouvement de rébellion, de nombreux mineurs défient les soldats, qui se mettent à tirer sur les manifestants : Maheu, l'ouvrier chez qui Étienne avait pris pension, est tué en premier par les soldats. Les mineurs se résignent à reprendre le travail. C'est alors que Souvarine, un ouvrier anarchiste, sabote la mine. De nombreux mineurs meurent dans l'effondrement des galeries. Étienne, Catherine et Chaval, son amant, sont bloqués dans la mine. Chaval provoque Étienne, qui le tue. Il devient enfin l’amant de Catherine, qui meurt dans ses bras avant l'arrivée des sauveteurs. Étienne sort vivant de cet enfer. Il repart pour vivre à Paris où il veut consacrer ses efforts à l'organisation syndicale et politique des ouvriers pour améliorer leur condition. Il est persuadé que les ouvriers vaincront l'injustice. Malgré leur retour au travail, les ouvriers sont, eux aussi, conscients de l'injustice de la situation et de leur victoire prochaine.


"On sort de la lecture de Germinal, comme le Dante sortait des cercles les plus pénibles de l'Enfer, la sueur au front, la pâleur de l'épouvante aux joues, le cœur étreint d'une débordante pitié, sans oser se retourner en arrière pour jeter un dernier regard à ce que l'on vient de voir. Mais il y a entre l'impression causée par la lecture du livre du splendide et farouche Florentin et celle du roman de Zola, toute la différence qui sépare l'implacable réalité de la fantaisie même géniale. Germinal est plus près de nous que l'Enfer; nous. sentons mieux les souffrances peintes par l'auteur des Rougon-Macquart que les tortures les plus monstrueuses combinées par le Dante. L'Italien est sublime, il a fait une œuvre immortelle et gigantesque ; mais les mineurs, nous les avons vus, nous les connaissons, et si l'envie nous en prend, nous pouvons descendre avec eux dans leur Enfer pour subir l'horreur et le frisson de leur existence, - ils sont plus près de nous. Aussi monte-t-il de ce livre formidable, de ce morceau d'humanité souffrante, de ces abimes béants, un cri d'affreuse et pénétrante angoisse, la plainte lugubre de milliers d'êtres broyés par un travail de damnés, livrés par un sort inexorable à l'éternelle nuit, à l'éternelle servitude, à l'éternelle douleur sous ses formes les plus diverses. Cette œuvre, telle qu'elle est, est une des plus saisissantes, des plus puissances, qui soient sorties de la plume du. maître romancier. C'est aussi un des plus vigoureux et des plus justes cris de douleur qui aient retenti depuis longtemps en faveur des déshérités et des souffrants. Ce cri prend même, vers l'a fin, des allures menaçantes qui doivent faire réfléchir, faire penser au soulagement de plus en plus nécessaire des races opprimées. [...] A côté du roman magistral il y a l'œuvre de haute justice et de souveraine pitié qui ira réveiller les assoupissements égoïstes du bien-être dans lequel sont trop disposés à s'engourdir ceux qui ne manquent de rien, oubliant trop ceux qui manquent de tout." (Le Livre, 10 avril 1885).


Superbe exemplaire relié à l'époque à la bradel, à l'état proche du neuf.

Condition des plus désirables.

Prix : 1.400 euros


Maurice de Guérin. Georges Baudin (illustrateur). 1921. La Bacchante. Poème en prose de Maurice de Guérin. Les lettrines qui ornent cet ouvrage ont été composées et gravées sur bois par Georges Baudin. 1/200 ex. sur Hollande.



Maurice de Guérin. Georges Baudin (illustrateur).

La Bacchante. Poème en prose de Maurice de Guérin. Les lettrines qui ornent cet ouvrage ont été composées et gravées sur bois par Georges Baudin.

Paris, Imagerie de l'oiseau d'or, 1921

1 volume in-folio (32,5 x 25 cm), broché de XXXVIII-(3) pages. 19 Lettrines gravées sur bois dans le texte dont 1 pour la justification du tirage, 1 pour la page de titre, 1 pour l'achevé d'imprimer. Typographie grand corps. Achevé d'imprimer au mois d'octobre 1921 sur les presses de l'imagerie de l'oiseau d'or. Couverture de papier noir dominotée de petits rectangles d'or répétés. Etiquette de titre imprimée en noir et encadrée d'un filet noir gras sur la premier plat. Brochage solide, petits frottements sur la couverture le long du dos, plats de couvertures très frais. Intérieur frais.

Tirage numéroté à 221 exemplaires seulement.

Celui-ci, un des 200 exemplaires sur papier de Hollande Van Gelder.

Il a été tiré en outre 1 exemplaire unique sur japon ancien, 10 exemplaires sur japon impérial avec suite sur chine et 10 exemplaires sur Japon sans suite.



Maurice de Guérin (1810-1839) a composé Le Centaure et La Bacchante en 1835. Mort à 28 ans, il n'a d'ailleurs jamais achevé La Bacchante. Le poème s'arrête quand survient un serpent ; la morsure a lieu, mais non tous les effets. Selon Delphine Bouit : "Maurice de Guérin n’est pas vraiment un poète romantique français. Il ne peut pas être rattaché aux poètes romantiques allemands, mais il s’est nourri de la tradition classique allemande." L'auteur devait publier un troisième poème intitulé L'Hermaphrodite terminant ainsi ce triptyque singulier.













"Ce qui étonne, emporte et émerveille, dans cette poésie guérinienne, c’est la force qui émane de ses évocations. Nous sommes le centaure Macarée qui se coule dans le fleuve ; nous sommes la bacchante Aëllo qui s’aventure sur la haute montagne ; nous vivons leur course et leur repos comme notre vie ordinaire." (Bouit Delphine, « Le centaure, la bacchante et le serpent », Sigila, 2013/2 (N° 32), p. 95-105.

Ce très beau poème évocateur des hautes puissances di femina mythologiques est ici magistralement et humblement mis en images à l'aide de simples lettrines gravées sur bois par l'artiste Georges Baudin (1882-1960). Georges Baudin excellait dans le domaine artistique de la gravure sur bois et notamment dans la représentation de l'art antique et de la mythologie grecque.






Bon exemplaire du tirage sur Hollande.

Prix : 500 euros


Maurice de Guérin. Georges Baudin (illustrateur). 1921. La Bacchante. Poème en prose de Maurice de Guérin. Les lettrines qui ornent cet ouvrage ont été composées et gravées sur bois par Georges Baudin. 1/10 ex. sur Japon (sans suite).



Maurice de Guérin. Georges Baudin (illustrateur).

La Bacchante. Poème en prose de Maurice de Guérin. Les lettrines qui ornent cet ouvrage ont été composées et gravées sur bois par Georges Baudin.

Paris, Imagerie de l'oiseau d'or, 1921

1 volume in-folio (32,5 x 25 cm), broché de XXXVIII-(3) pages. 19 Lettrines gravées sur bois dans le texte dont 1 pour la justification du tirage, 1 pour la page de titre, 1 pour l'achevé d'imprimer. Typographie grand corps. Achevé d'imprimer au mois d'octobre 1921 sur les presses de l'imagerie de l'oiseau d'or. Couverture de papier noir dominotée de petits rectangles d'or répétés. Etiquette de titre imprimée en noir et encadrée d'un filet noir gras sur la premier plat. Dos du volume frotté avec de petits manques de papier (mors de couvertures partiellement fendus), plats de couverture légèrement passés. Brochage fragile (reliure à prévoir). Intérieur frais.

Tirage numéroté à 221 exemplaires seulement.

Celui-ci, un des 10 exemplaires sur papier japon impérial (sans suite).

Il a été tiré en outre 1 exemplaire unique sur japon ancien, 10 exemplaires sur japon impérial avec suite sur chine et 200 exemplaires sur papier de Hollande Van Gelder.

Maurice de Guérin (1810-1839) a composé Le Centaure et La Bacchante en 1835. Mort à 28 ans, il n'a d'ailleurs jamais achevé La Bacchante. Le poème s'arrête quand survient un serpent ; la morsure a lieu, mais non tous les effets. Selon Delphine Bouit : "Maurice de Guérin n’est pas vraiment un poète romantique français. Il ne peut pas être rattaché aux poètes romantiques allemands, mais il s’est nourri de la tradition classique allemande." L'auteur devait publier un troisième poème intitulé L'Hermaphrodite terminant ainsi ce triptyque singulier.













"Ce qui étonne, emporte et émerveille, dans cette poésie guérinienne, c’est la force qui émane de ses évocations. Nous sommes le centaure Macarée qui se coule dans le fleuve ; nous sommes la bacchante Aëllo qui s’aventure sur la haute montagne ; nous vivons leur course et leur repos comme notre vie ordinaire." (Bouit Delphine, « Le centaure, la bacchante et le serpent », Sigila, 2013/2 (N° 32), p. 95-105.

Ce très beau poème évocateur des hautes puissances di femina mythologiques est ici magistralement et humblement mis en images à l'aide de simples lettrines gravées sur bois par l'artiste Georges Baudin (1882-1960). Georges Baudin excellait dans le domaine artistique de la gravure sur bois et notamment dans la représentation de l'art antique et de la mythologie grecque.






Bon exemplaire du très rare tirage sur Japon.

Prix : 700 euros