lundi 24 juin 2024

ALGAROTTI, Francesco | DUPERRON DE CASTERA, traducteur | [NEWTON, Isaac] Le Newtonianisme pour les Dames, ou Entretiens sur la lumière, sur les couleurs, et sur l'attraction. Traduits de l'italien de M. Algarotti, par M. Duperron de Castera. A Paris, chez Montalant, imprimeur-libraire, 1738 2 tomes reliés en 1 volume petit in-8. Première édition française. Bel exemplaire de cet ouvrage important dans l'histoire de la vulgarisation scientifique, aussi approximative soit-elle.



ALGAROTTI, Francesco | DUPERRON DE CASTERA, traducteur | [NEWTON, Isaac]

Le Newtonianisme pour les Dames, ou Entretiens sur la lumière, sur les couleurs, et sur l'attraction. Traduits de l'italien de M. Algarotti, par M. Duperron de Castera.

A Paris, chez Montalant, imprimeur-libraire, 1738

2 tomes reliés en 1 volume petit in-8 (17,3 x 10,8 cm) de LXII-279-(9) et (2)-309-(11) pages

Reliure strictement de l'époque pleine basane granitée marron, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées de rouge. Reliure fraîche en dépit de quelques épidermures sans gravité. Intérieur en excellent état, très frais. Bien complet des feuillets d'errata.



Première édition française.

Très intéressant ouvrage de vulgarisation scientifique à l'usage des dames. Enfin, de nombreux hommes du commun auront bien du mal, encore aujourd'hui, à appréhender ne serait-ce que quelques lignes de ce bon résumé de la science de Newton concernant la lumière, les couleurs et l'attraction terrestre ou gravité.







Ce livre est un résumé, sous forme de dialogues, des entretiens qu'Algarotti eut  avec Voltaire et Madame du Châtelet lors de son séjour à Cirey à la fin de l'année 1735. Nous assistons dans cet ouvrage à une conversation galante autour de la science des astres, etc. L'ouvrage d'Algarotti (1712-1764) a paru l'année précédente en 1737 en italien sous le titre : Il Newtonianismo per le dame Ovvero Dialoghi sopra la luce (publié à Naples). De la première édition française il existe deux états, avec ou sans les commentaires d'Algarotti. Notre exemplaire est avec les commentaires (premier état), qui seront supprimés dans le tirage suivant. En décembre 1738 La Marquise du Chatelet écrit à Maupertuis : "Le Newtonianisme pour les dames est traduit. Je ne sais si vous aurez la patience de le lire dans l’impertinente traduction de Castera. Je ne sais comment M. Algarotti s’en trouve. Il méritait bien, après avoir dédié son livre à l’ennemi de Newton, d’être traduit par un homme qui se déclare l’ennemi de Newton et le sien." Voltaire se fâche alors avec Algarotti lui reprochant d'avoir écrit une préface dédiée à Fontenelle, connu comme anti-newtonien. Par ailleurs cette première édition française du Newtonianisme pour les dames parait la même année que la première édition de la Philosophie de Newton par Voltaire, ce qui est un événement éditorial portant forcément à conséquence sur les ventes de l'ouvrage du sage philosophe de Cirey. L'ouvrage de Voltaire est resté vanqueur incontesté de ce duel vulgarisateur. Sans doute parce qu'un homme de théâtre célèbre et célébré est plus à même de donner le bon point de vue sur les sciences.








Le Newtonianisme pour les dames traduit en français connaîtra cependant une seconde édition en 1739, puis encore une en 1741 et enfin une dernière en 1751.





Bel exemplaire de cet ouvrage important dans l'histoire de la vulgarisation scientifique, aussi approximative soit-elle.

Prix : 1.000 euros

mardi 18 juin 2024

Histoire Galante de Monsieur le Conte de Guiche et Madame, attribuée à Bussy-Rabutin. Iouxte la Copie A Paris, M DC LXVII. [1667] [imprimé en Hollande, chez les Elzévier ?] Ouvrage saisi et détruit par la police. Bel exemplaire relié sur brochure à toutes marges en vélin du XIXe siècle. Rare.


ANONYME [BUSSY-RABUTIN ?]

Histoire Galante de Monsieur le Conte de Guiche et Madame.

Iouxte la Copie A Paris, M DC LXVII. [1667] [imprimé en Hollande, chez les Elzévier ?]

1 volume in-12 (137 x 89 mm | Hauteur des marges : 131 mm) de 68 pages.

Reliure plein vélin souple muet (reliure de la fin du XIXe siècle à l'imitation des reliures hollandaises en vélin du XVIIe siècle). Excellent état de la reliure. Intérieur frais, à toutes marges, non rogné (ce qui est très rare pour ce type d'impression du XVIIe siècle). Beau papier resté bien blanc.









Armand de Gramont, comte de Guiche était né en 1637. Il fut un militaire et homme de cour. Il mourut le 29 novembre 1673 à l'âge de 36 ans. Fils du maréchal Antoine de Gramont et de Françoise-Marguerite de Chivré, dame du Plessis et parente du cardinal de Richelieu, il est l'un des favoris et mignons du duc d'Orléans, Monsieur, frère de Louis XIV. Il est également proche de l'épouse du duc, Henriette d'Angleterre, la cour murmurant qu'il entretenait une liaison avec elle. Madame de La Fayette disait du comte de Guiche qu'il « était le jeune homme le plus beau et le mieux fait, aimable de sa personne, galant, hardi, brave, rempli de grandeur et d'élévation », mais soulignait aussi que « la vanité que tant de bonnes qualités lui donnaient et un air méprisant répandu dans toutes ses actions ternissaient un peu de tout ce mérite ». Après avoir été accusé de comploter avec la duchesse d'Orléans contre Louise de La Vallière, favorite du roi, il est contraint à l'exil. Il combattit ensuite contre les Turcs, puis contre l'Angleterre, avant de revenir en France en 1669. En 1672, il participe à la Guerre de Hollande aux côtés de Louis XIV et du Grand Condé et meurt à Bad Kreuznach à l'âge de 36 ans. Sa veuve, Marguerite-Louise de Béthune, se remarie avec au duc du Lude, Henry de Daillon. Il est l'un des personnages de l'Histoire amoureuse des Gaules de Bussy-Rabutin. Adolphe Chéruel lui prête une liaison avec Catherine Henriette d'Angennes. Il est également l'un des personnages des deux derniers volets de la trilogie des Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas : Vingt ans après (1845) et Le Vicomte de Bragelonne (1848) dans lesquels il est l'ami du vicomte. Dans L’Histoire d’Ardelise, historiette faisant partie de L’Histoire amoureuse des Gaules de Bussy-Rabutin, Trimalet (le comte de Guiche) se déguise en femme pour rendre visite à Ardelise. Or Madame de La Fayette a rapporté une scène similaire, de notoriété publique, entre ce même comte de Guiche et Madame, Henriette d’Angleterre, la propre belle-sœur du roi. Le 17 avril 1665, peu de temps après la publication de L’Histoire amoureuse des Gaules, Bussy avait été conduit à la Bastille pour outrage à la famille royale.

C'est Henriette d'Angleterre (Madame) elle-même, qui chargea Cosnac d'empêcher la diffusion de ce libelle en faisant racheter tous les exemplaires. Néanmoins les impressions se succédèrent.

Cet ouvrage, qui n'a jamais été publié à Paris (à moins qu'une édition sans date et sans lieu soit celle de Paris), contrairement à ce que laisse penser l'adresse figurant sur la page de titre, fait partie des livres interdits venant de Hollande, saisis chez Guy Patin et son fils Charles Patin. En effet, le 27 juillet 1667, un tonneau de livres destiné à Guy Patin était saisi. Les 11 et 12 novembre 1667, une perquisition au domicile même de Charles Patin aboutissait à la prise d'environ un millier de volumes (dont cet ouvrage en blanc - c'est à dire en feuilles, non relié - ce qui explique d'ailleurs qu'on trouve aujourd'hui encore quelques exemplaires ayant été conservés à toutes marges non rognés, tels que le nôtre).







Qui est en réalité l'auteur de cet opuscule clandestin ? On sait qu'il existe au moins deux tirages différents sous la même adresse et avec une pagination différente (60 pages seulement). Le mot "Conte" au titre est imprimé "Comte" dans cet autre impression. L'édition en 60 pages a également deux tirages qui ne diffèrent que par quelques détails typographiques. Il existe par ailleurs une édition sans lieu ni date en 58 pages seulement (est-elle de 1667 ou postérieure ?). Jules Gay dans sa Bibliographie des ouvrages relatifs aux femmes, à l'amour et au mariage, indique que l'édition de Paris est en 68 pages (ce que nous n'avons pu vérifier). Le libraire Morgand indique dans son bulletin que ce pamphlet satirique est très rare. Rahir cite notre édition dans le Catalogue d'une collection unique de volumes imprimés par les Elzevier (n°2315, édition de 1667 en 68 pages, hauteur des marges 124 mm, relié au XIXe s. par Muller).

"M. de Guiche ne s'illustra pas moins par sa valeur que par ses galanteries." (Saint-Simon)

"Le comte de Guiche est à la cour tout seul de son air et de sa manière, un héros de roman, qui ne ressemble point au reste des hommes." Madame la marquise de Sévigné (7 octobre 1671, lettre)

"Elle faisait entrer le comte de Guiche quelquefois en plein jour, déguisé en femme qui dit la bonne aventure, et il la disait même aux femmes de Madame, qui le voyaient tous les jours et qui ne le reconnaissaient pas [...]". (Madame de La Fayette)



Même encore aujourd'hui ce texte est attribué à Bussy-Rabutin, même si rien n'est moins sûr. 

Références : Willems, Histoire et annales des Elzévier, n°1771 (notre édition en 68 pages)

Bel exemplaire à toutes marges relié en vélin souple ancien.

Prix : 1.200 euros

jeudi 13 juin 2024

Emile ZOLA Théâtre. Thérèse Raquin. Les Héritiers Rabourdin. Le Bouton de Rose. Paris, G. Charpentier, 1878 (imprimé par G. Chamerot à Paris) 1 fort volume in-18. Reliure de l'époque à la bradel demi-maroquin à larges coins signée Emile Rousselle. Un des 75 exemplaires numérotés sur papier de Hollande. Exemplaire portant la grande signature autographe d'Emile Zola (sans dédicace) en haut du faux-titre. Bel exemplaire.


Emile ZOLA

Théâtre. Thérèse Raquin. Les Héritiers Rabourdin. Le Bouton de Rose.

Paris, G. Charpentier, 1878 (imprimé par G. Chamerot à Paris)

1 fort volume in-18 (19,6 x 12,5 cm) de VIII-516-(1) pages.

Reliure de l'époque à la bradel demi-maroquin à larges coins, dos lisse orné d'un fleuron doré avec date en queue. Exemplaire relié sur brochure, non rogné. Les deux plats de couvertures ont été conservés (petit manque angulaire dans l'angle supérieur du premier plat). Petite tache d'encre en bordure du premier plat (au niveau du coin supérieur). Légères rousseurs éparses pour certains feuillets seulement, notamment au début et à la fin du volume (reliure signée Emile Rousselle).

Edition en partie originale. Première édition du Théâtre d'Emile Zola.

Un des 75 exemplaires numérotés sur papier de Hollande.

Exemplaire portant la grande signature autographe d'Emile Zola (sans dédicace) en haut du faux-titre.


Si cette édition est peu recherchée sur papier ordinaire (selon Clouzot) elle doit l'être sur grand papier. Il n'y a eu que 2 exemplaires sur papier de Chine et 75 exemplaires sur papier de Hollande ; le tout constituant le tirage en grand papier.

Cette édition est la première édition du Théâtre d'Emile Zola. Elle rassemble trois pièces : Thérèse Raquin, drame en quatre actes, représentée pour la première fois à Paris sur le théâtre de la Renaissance le 11 juillet 1873 ; Les héritiers Rabourdin, comédie en trois actes, représentée pour la première fois à Paris, sur le théâtre Cluny le 3 novembre 1874 ; Le bouton de rose, comédie en trois actes, représentée pour la première fois à Paris sur le théâtre du Palais-Royal le 6 mai 1878.









Qui mieux que Zola lui-même peut nous parler ce ces trois pièces ?

Il écrit en tête de ce volume (Paris, 1er juin 1878, soit moins d'un mois après la première représentation du Bouton de rose) : "Les trois pièces que je réunis dans ce volume n’ont eu aucun succès. Thérèse Raquin a été jouée neuf fois ; les Héritiers Rabourdin, dix-sept ; le Bouton de rose, sept. Le public de la première représentation a écouté Thérèse Raquin jusqu’au bout, dans une stupeur pleine de malaise, et, s’il n’a protesté que par deux ou trois coups de sifflet timides, c’est, m’a-t-on dit plus tard, que je l’avais rendu malade. On a laissé passer les Héritiers Rabourdin sans trop les bousculer ; pour cette fois, le mépris suffisait sans doute. Quant au Bouton de rose, il a soulevé de telles clameurs, de telles huées, un déchaînement de fureur si tempétueux, que l’artiste, chargé de dire mon nom, a dû le lancer au petit bonheur, dans l’orage. Une partie de la salle hurlait : « Pas l’auteur ! pas l’auteur ! » Mon nom aurait été une indécence, que les honnêtes gens qui étaient là ne se seraient pas fâchés avec une indignation de pudeur plus vigoureuse. Et je ne parle pas de la critique. J’ai collectionné précieusement tous les articles publiés, j’ai créé pour chaque pièce un dossier, que j’ai mis à mûrir dans mon grenier. Un jour, je compte en secouer la poussière et faire un petit travail. Certaines citations, avec le temps, pourront prendre de l’intérêt. Voilà les faits. J’ai voulu les constater et dresser moi-même le procès-verbal. Lorsque j’ai commencé à écrire mes romans, il y a eu contre eux, dans le public et dans la presse, des violences pareilles. Pendant dix années, on m’a traité en paria : ni talent d’aucun sorte, ni même de la simple honnêteté. Je me contentais de sourire, je me sentais le plus fort, parce que je travaillais et que je savais nettement où je voulais aller. On ne tue pas un livre. On peut chercher à l’enterrer sous le silence ou sous le scandale, mais il ressuscite à son heure, il a quand même le succès qu’il doit avoir. Malheureusement, au théâtre, les conditions changent. Une pièce sifflée est une pièce tuée. Il faut des circonstances extraordinaires pour qu’elle soit reprise un jour dans de bonnes conditions, et qu’un nouveau public casse le jugement du premier, s’il y a lieu. C’est pourquoi la lutte au théâtre est si difficile, si pleine de périls, lorsqu’on veut y apporter des idées neuves. La moindre blessure reçue devient mortelle. Une foule, toute une salle de quinze cents à deux mille spectateurs, vous ferme brutalement la bouche. Il n’y a qu’à s’incliner. On n’a pas à compter sur les réflexions du lendemain, la conquête lente des esprits, le mouvement de prosélytisme que détermine un livre original. Si l’on n’a pas du coup pris le public en masse, il faut renoncer à l’accoutumer, à le séduire tête par tête. Une seule protestation est possible : publier la pièce sifflée et attendre. C’est à quoi je me décide, je publie mes pièces sifflées et j’attends. Elles sont trois, les trois premiers soldats d’une armée. Lorsqu’il y en aura une vingtaine, elles sauront se faire respecter. Ce que j’attends, c’est une évolution dans notre littérature dramatique, c’est un apaisement du public et de la critique à mon égard, c’est une appréciation plus nette et plus juste de ce que je suis et de ce que je veux. J’ai beaucoup d’entêtement et de patience. On a bien fini par lire mes romans, on finira par écouter mes pièces."

A la suite de cet échec curisant au théâtre de ses adaptations théâtrales, Emile Zola fera adapter ces autres romans par d'autres auteurs.

Cet édition est intéressante car elle contient en édition originale, outre ce texte de présentation, une préface pour chaque pièce.








Le plus intrigant dans notre exemplaire est la présence de la signature d'Emile Zola, seule, apposée en haut du faux-titre. Point de dédicace. Point de place pour une dédicace même en petits caractères même. Alors pourquoi cette signature uniquement et en grande taille ? Nous avons déjà croisé d'autres exemplaires d'ouvrages d'Emile Zola portant uniquement sa signature. Ici, la présence de cette signature est intrigante au plus haut point. Nous pensons que cette signature a été demandée par le libraire de la librairie Auguste Fontaine, à savoir à cette adresse M. Emile Rondeau successeur.

Références : Clouzot, Guide du Bibliophile, p. 279

Provenance : ce volume porte le cachet de la librairie Auguste Fontaine (Paris, 19 Boulevard Montmartre). D'après l'historique de cette librairie on trouve l'information suivante : "À la mort d’Auguste Fontaine (en février 1882) son fils Paul lui succéda, secondé par un parent proche Emile Fontaine qui avait été le collaborateur de son père. N’ayant que peu de penchant pour la bibliophilie, Paul Fontaine ne conserva que peu d’années la maison paternelle et, en 1888, il la céda à Monsieur Rondeau. Émile Rondeau avait fait ses premières armes chez Hetzel en qualité de secrétaire de Jules Hetzel père (J.P. Stahl), puis chez Victor Havard. A l’époque à laquelle il prit la direction de la librairie, les passages ainsi que le Palais Royal n’avaient plus le même éclat que jadis. Une opération immobilière démolit la partie du passage des Panoramas où se situait la librairie qui fut transférée au 19 boulevard Montmartre en 1894." Cette date de 1894 pour le tampon nous permet de mieux situer ce volume dans le temps. La reliure est signée par le relieur Emile Rousselle. D'après le Dictionnaire des relieurs de Fléty, Emile Rousselle prit sa retraite en 1895. La reliure ne peut donc pas être plus récente que 1895. On ne dédicace par un grand papier à un libraire (ou très rarement) sauf ... sauf si c'est le libraire qui en fait la demande ! Emile Rondeau aurait-il fait la demande à Zola qui se serait contenté de signer l'exemplaire ? C'est une possibilité. Les libraires adorent les grands papiers donc cela irait aussi dans ce sens. Peut-être Emile Rondeau a-t-il demandé à Emile Zola (qu'il devait connaître par ses relations de librairie) une dédicace qu'il n'a finament jamais obtenue hormis cette signature en grand. A quelle date ? Soit dès 1888 ou même un peu avant ? Soit vers 1894 ? En tous cas c'est le seul indice que nous avons dans ce volume pour avoir une idée de sa provenance. Ce qui est certain c'est que ce volume a passé entre les mains du libraire Emile Rondeau entre 1878 et 1895 et dans celles d'Emile Zola qui a signé ce volume de façon magistrale, pour lui ou pour quelqu'un d'autre.

Bel exemplaire, sur grand papier de Hollande, signé par Emile Zola et relié par Emile Rousselle.

Prix : 3.800 euros

mercredi 12 juin 2024

Maurice de GUERIN | Adolphe GIRALDON, illustrateur | Charles MAURRAS, préfacier LE CENTAURE ET LA BACCHANTE. Préface de Charles Maurras. Illustrations de Adolphe Giraldon. Plon Nourrit et Cie, imprimeurs éditeurs, Paris, 1925. Tirage unique à 331 exemplaires. Celui-ci, un des 275 exemplaires sur papier à la cuve d'Arches. Exemplaire auquel a été joint une des 10 suites d'états décomposés des bois sur Japon mince. Bel exemplaire.



Maurice de GUERIN | Adolphe GIRALDON, illustrateur | Charles MAURRAS, préfacier

LE CENTAURE ET LA BACCHANTE. Préface de Charles Maurras. Illustrations de Adolphe Giraldon.

Plon Nourrit et Cie, imprimeurs éditeurs, Paris, 1925

1 volume petit in-4 (25 x 18 cm) en feuilles de 62-(1) pages, illustrations en couleurs dans le texte (ornements et illustrations dans le texte), sous couverture imprimée à rabats en papier caramel beurre salé. Avec 1 volume de suite (décompositon en plusieurs planches des différentes illustrations et ornements). Etui pleine toile titré au dos sur pièce de cuir noir. Excellent état de conservation. Très frais.

Tirage unique à 331 exemplaires.

Celui-ci, un des 275 exemplaires sur papier à la cuve d'Arches.

Exemplaire auquel a été joint une des 10 suites d'états décomposés des bois sur Japon mince.

(il a été tiré également 10 suites d'états décomposés des bois sur Chine). Les 30 exemplaires sur Japon ont également une double suite d'états décomposés des bois sur Japon et sur Chine.






Maurice de Guérin (1810-1839) a composé Le Centaure et La Bacchante en 1835. Mort à 28 ans, il n'a d'ailleurs jamais achevé La Bacchante. Le poème s'arrête quand survient un serpent ; la morsure a lieu, mais non tous les effets. Selon Delphine Bouit : "Maurice de Guérin n’est pas vraiment un poète romantique français. Il ne peut pas être rattaché aux poètes romantiques allemands, mais il s’est nourri de la tradition classique allemande." L'auteur devait publier un troisième poème intitulé L'Hermaphrodite terminant ainsi ce triptyque singulier.

"Ce qui étonne, emporte et émerveille, dans cette poésie guérinienne, c’est la force qui émane de ses évocations. Nous sommes le centaure Macarée qui se coule dans le fleuve ; nous sommes la bacchante Aëllo qui s’aventure sur la haute montagne ; nous vivons leur course et leur repos comme notre vie ordinaire." (Bouit Delphine, « Le centaure, la bacchante et le serpent », Sigila, 2013/2 (N° 32), p. 95-105.











Né à Marseille, Adolphe Giraldon (1855-1933) a conçu de nombreux décors de reliures industrielles ou pour des amateurs. Son style typique de l'Art nouveau est très reconnaissable. Il a été l'élève, collaborateur et ami du peintre Luc-Olivier Merson. Il collabore à L'Estampe moderne, Paris-Noël et à L'Illustration. Le Centaure et la Bacchante, de Maurice de Guérin, gravé sur bois en couleur par Rita Dreyfus, chez Plon-Nourrit, 1925, est porté par un style appartenant à la grèce antique et à l'Art Déco remplaçant dès lors l'Art Nouveau qui l'avait porté jusque là.



Bel exemplaire de ce joli livre illustré, avec une des rares suites des décompositions des bois sur Japon mince.

Prix : 850 euros