vendredi 11 octobre 2019

François Tolet. Traité de la lithotomie ou de l'extraction de la pierre hors de la vessie, avec les figures (1708). Rare et bel exemplaire en maroquin strictement d'époque.


François Tolet.

Traité de la lithotomie ou de l'extraction de la pierre hors de la vessie, avec les figures. Par François Tolet de Paris, chirurgien et opérateur du roi pour la pierre. Cinquième édition. Revue, corrigée et augmentée par l'auteur.

A Paris, chez François Muguet, 1708

1 volume in-12 (17 x 9,7 cm) de 10 feuillets non chiffrés, portrait de l'auteur par Maillet, 351-(1) pages, 18 planches hors-texte, 2 figures dans le texte. Collationné complet.



Reliure plein maroquin rouge strictement de l'époque, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, roulette dorée sur les coupes, triple-filet doré en encadrement des plats, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier peigne, tranches dorées. Reliure en bel état de conservation, avec quelques marques sans gravité (une ancienne éraflure sur le premier plat), coins légèrement tassés, petits manques de cuir sur deux coupes. Intérieur frais.



La première édition de ce grand classique de l'urologie date de 1681. François Tolet (1647-1724) fut le plus grand chirurgien lithotomiste de son temps. Cette chirurgie de l'extraction de la pierre (calculs) de la vessie, tant chez l'homme que chez la femme, fut l'une des pratiques chirurgicales parmi les plus délicates. Cette édition a été enrichie de plusieurs observations qui ne figuraient pas dans les précédentes. Le traité est composé de 29 chapitres. Les huit premiers contiennent la théorie de la lithotomie, faisant connaître "les causes, les espèces et les différences des pierres, & les pronostics qu'on doit en faire [...]". Les dix-huit chapitres suivants traitent des méthodes pour bien pratiquer l'opération et les trois derniers concernent les maladies qui persistent quelquefois après la taille et leurs remèdes. L'édition est illustrée de deux figures dans le texte et de 18 planches dessinées et gravées par Lalouette (instruments, positions opératoires, pierres, etc).





"François Tollet, chirurgien du roi Louis XIV, a laissé un très didactique traité de la lithotomie. Il a contribué à faire entrer la taille vésicale dans une chirurgie « réglée »." (Association Française d'Urologie).

Notre exemplaire est conforme à l'exemplaire de la Bnf qui lui aussi est relié en maroquin rouge (quasiment identique au nôtre). Ceci nous laisse à penser que les quelques exemplaires de cette édition reliés de la sorte en beau maroquin étaient sans doute des exemplaires de présent.

Très rare en maroquin d'époque.

Bel exemplaire.

VENDU


lundi 7 octobre 2019

Stall (André Lapuszewski). La fleur des cent nouvelles nouvelles ornée de quarante-cinq eaux-fortes originales de Stall tirées en couleurs à la poupée. 1930. Un des 20 exemplaires hors-cormmerce signés.


Collectif. Stall (illustrateur).

La fleur des cent nouvelles nouvelles ornée de quarante-cinq eaux-fortes originales de Stall tirées en couleurs à la poupée. Préface de Jean-Jacques Brousson.

A Paris, chez Baudel, à l'enseigne de la Lampe d'Or, s.d. (vers 1930).

1 volume in-4 (25,5 x 19,5 cm) broché de XV-185-(3) pages. 45 eaux-fortes dont 1 vignette de couverture, hors-texte, mi-page, tiers de page, bandeaux. Couverture à rabat illustrée d'une eau-eau-forte. Parfait état. Volume conservé sous son papier cristal d'origine. Sans emboîtage.

Première édition et premier tirage des illustrations de Stall.

Tirage limité à 220 exemplaires.

Celui-ci, un des 20 exemplaires hors-commerce sur Hollande numérotés en chiffres romains et signés par l'artiste.


Très beau volume joliment illustré par Stall alias André Lapuszewski (1874-1933), artiste plus connu pour ses affiches publicitaires (champagne, chemin de fer, foires et salons, etc). Cet ouvrage aux textes coquasses et coquins se trouve parfaitement enluminé par le talent de Stall. Le tirage en couleurs à la poupée sur beau papier est superbe.





Contient les Nouvelles suivantes : La Médaille à revers - Le Cordelier médecin - La Pêche de l'anneau - Le Cocu armé - Le Veau - Le Faiseur de Papes - Nonnain savante - Le Borgne aveugle - Une Verge pour l'autre - Le Curé coursier - Les Poires payées - L'Heure du Berger - La Garce dépouillée - La Cure des yeux - Le doigt du moine guéri. A la fin du volume se trouvent des notes historiques pour chaque nouvelle.





Parfait exemplaire.

Prix : 450 euros

samedi 5 octobre 2019

Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]. Le Quadragénaire ou l'Age de renoncer aux passions ; Histoire utile à plus d'un lecteur. 1777. Exemplaire relié en maroquin.


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]

Le Quadragénaire ou l'Age de renoncer aux passions ; Histoire utile à plus d'un lecteur. Première et seconde partie.

A Genève et se trouve à Paris, chés la Veuve Duchêne, 1777

2 parties reliées en 1 volume in-12 (17 x 10,5 cm) de 244 et 244 pages. 15 figures hors-texte.


Reliure plein maroquin bleu nuit, dos à nerfs janséniste (auteur et titre dorés, millésime doré en queue), filet perlé doré sur les coupes, doublures intérieures de soie brochée à motifs fleuris, montage sur charnière de maroquin, encadrement intérieur des plats d'un double-filet doré, doubles-gardes de tissu coloré, tranches dorées Exemplaire très bien conservé dans une jolie reliure de la fin XIXe siècle (non signée). Petit manque de papier angulaire pp. 135/136 avec perte du numéro de pagination (restauration du papier au moment de la reliure). Tache dans la marge d'un feuillet. Exemplaire sans les 6 feuillets de Revue des ouvrages de l'auteur qui manquent presque toujours à la fin du volume.

Edition originale et unique édition du premier ouvrage illustré de Rétif de la Bretonne.



"On a prétendu faire entendre aux Agréables, qu'à l'âge de 40 ans ils doivent renoncer à leurs prétentions, et revenir de leur ivresse ; s'ils ne veulent pas que le mépris et le persiflage amère flétrissent les myrrhes et les rose dont leur front est couronné. Si le vice a pu leur faire illusion dans la jeunesse, cette illusions cesse pour le Quadragénaire ; la vertu seule, l'union respectable des époux, ayant pour base les avantages solides de la raison, l'arrangement des affaires, peuvent lui procurer un bonheur réel et durable. [...] Le Quadragénaire est par lettres. Après un court Avant-propos, qui indique le sujet de l'ouvrage, commence la correspondance d'une jeune personne raisonnable, avec un homme âgé de 40 ans, dont elle désire devenir l'épouse. Dans les premières lettres, elle laisse entrevoir modestement et peu à peu son intention : mais dès qu'elle est suffisamment connue, elle emploie tous les moyens, pour déterminer un homme sensé, timide, et qui connait trop bien son siècle, pour vouloir hasarder le bonheur de la fille d'un ami, et le sien propre, par un imprudent mariage. [...] Elise (c'est le nom de la demoiselle), en fille sensée, persiste dans le plan de conduite qu'elle s'est tracé : elle épouse le Quadragénaire, dont elle ne peut douter qu'elle ne soit adorée, et elle est heureuse avec lui, en continuant d'être raisonnable, c'est à dire en se circonscrivant dans les soins de son ménage, en fermant l'oreille et l'entrée de sa maison aux jeunes muguets, et à tout être inutile. L'ouvrage est terminé par une revue très-abrégée des différents états, dans laquelle on se propose d'éclairer les parents, sur celui qu'ils doivent préférer pour s'y choisir un gendre. [...]." (extrait de la Revue des ouvrages de l'auteur, rédigée par Rétif de la Bretonne lui-même).



En réalité ce sont les amours déguisées de Rétif de la Bretonne lui-même avec Virginie qu'il nous raconte pour la première fois dans ce roman une fois de plus en grande partie autobiographique. Ses amours avec Virginie seront aussi contés dans La Malédiction paternelle, Monsieur Nicolas et Mes Inscripcions. En incorrigible coureur de jupons, Rétif essaye, par ce livre, de se convaincre d'être raisonnable arrivé 40 ans, cesser de penser qu'on peut encore se faire aimer à cet âge, sans se faire berner par la pernicieuse femina



C'est le premier livre de Rétif orné de belles illustrations. C'est la veuve Duchêne elle-même qui proposa à Rétif les services d'un jeune artiste de 24 ans, André Dutertre, élève du peintre Vien. Les gravures ont été gravées par Bacquoy et Berthet (seules deux sont signées).

Rétif indiquait cet ouvrage comme épuisé dans un catalogue de ses ouvrages en 1788.

Références : Rives Childs n°XVII, p. 245-246 ; Paul Lacroix (Bibliophile Jacob), n°XVIII, p. 145-147 : "ce roman singulier est très rare".


Bel exemplaire relié en maroquin.

Prix : 2.500 euros



jeudi 3 octobre 2019

Christophe de Thou. Barthélémy Faye. Jacques Viole. Coutumes de la ville et du Comte d'Auxerre (Bourgogne). 1620. Impression d'Auxerre (Denis Vatard). Bon exemplaire relié en parchemin d'époque.


Collectif [Christophe de Thou - Barthélémy Faye - Jacques Viole].

[Coutumes d'Auxerre, Bourgogne] Coustumes du comté et bailliage d'Aucerre anciens ressors et enclaves d'iceluy, mises et rédigées par escript en présence des gens des trois estats dudict pays. Revue, corrigée et imprimée de nouveau.

A Aucerre, chez Denis Vatard, 1620 [Auxerre].

1 volume petit in-8 (13,3 x 9 cm) de 4 feuillets non chiffrés (titre, extrait du privilège, épître du libraire à maître Claude Chevalier conseiller du roi, avis au lecteur et vers), 168 feuillets chiffrés, 8 feuillets non chiffrés de table. Collationné complet. Joli bois gravé armorié sur le titre et répété à la fin de la coutume (armoiries de la ville d'Auxerre).

Reliure strictement de l'époque plein parchemin souple fripé et sali. Reliure solide. Usures. Intérieur frais avec quelques coins de feuillets pliés ou roulés. Beau papier épais resté bien blanc. Petit travail de vers dans la marge intérieure de quelques feuillets, sans gravité. Le texte est encadré d'un filet noir.

Nouvelle édition.


Le privilège pour cette édition est daté du 13 décembre 1618. Le volume a été achevé d'imprimer le 16 juin 1620 par Denis Vatard, libraire et imprimeur d'Auxerre, demeurant rue saint Siméon, au nom de Jésus. Le Procès verbal qui suit le texte proprement dit de la Coutume est daté de l'an 1561, du dimanche 15 juin, sous la Présidence de Christophe de Thou, Barthélémy Faye et Jacques Viole, conseillers du roi. L'extrait des Registres de la Cour de Parlement est signé du Tillet et daté du vendredi 2 avril 1562. Le texte de cette coutume a paru pour la première fois à Paris 1563 au format in-4 (extrêmement rare - exemplaires imprimés sur vélin). Pierre Vatard donne a nouveau ce texte dans une édition de 1598 (très rare également). Cette édition portative de 1620 semble rare également, les exemplaires répertoriés se comptent sur les doigts d'une main, et encore.


Le texte de cette coutume d'Auxerre se divise en chapitres : De justice haute, moyenne et basse. Des fiefs. Des censives et des droits seigneuriaux. Des servitudes. Des rentes et criées. Des contrats et conventions. Du retrait lignager. Des prescriptions. De la communauté de biens. Des douaires. Des donations. Des testaments et exécutions d'iceux. Des successions et rapports. De la tutelle et curatelle. Des usages et pâturages. Au total 272 articles.


Le Procès verbal qui occupe les feuillets 83 à 133 donne la liste des noms des personnages assemblées pour la rédaction de ladite coutume. On y trouve également du feuillet 134 au feuillet 168 les annotations et commentaires, ajouts et corrections faits par ladite assemblée sur ladite coutume.


La ville d'Auxerre a été longtemps possédée par des seigneurs dans les premiers siècles. Elle fut érigée en Comté par Charlemagne et Pépin son fils. Auxerre est la ville capitale du Comté d'Auxerre qui est l'une des quatre du Duché de Bourgogne. Le roi de France Charles V dit le Sage fit l'acquisition du Comté d'Auxerre auprès de Guillaume de Châtillon (fin XIIIe et XIVe siècle). Le roi Louis XII fit convoqué les trois états en vue des la rédaction des Coutumes de ce Comté d'Auxerre (1507). Elles furent observées alors et revue à nouveau en 1558 et réécrites en 1561 (texte définitif de notre édition de 1620).

Bon exemplaire en condition d'époque de cette rare impression d'Auxerre.

Prix : 1.200 euros


mercredi 2 octobre 2019

Roger de Rabutin comte de Bussy dit Bussy-Rabutin. Les Mémoires (1697). Discours à ses enfants (1697). 2 vol. Superbe exemplaire de cette édition contrefaite en Hollande l'année suivant l'édition originale de Paris.


Roger de Rabutin, Comte de Bussy, dit Bussy-Rabutin.

Les mémoires de messire Roger de Rabutin comte de Bussy, Lieutenant Général des Armées du Roy, et Mestre de Camp Général de la Cavalerie légère.

A Paris, chez Jean Anisson, directeur de l'Imprimerie Royale, 1697 [i. e. Amsterdam ou La Haye]

2 volumes in-12 (16,2 x 10,5 cm) de (4)-489-(25) et (2)-427-(21)-164 pages. Portrait de l'auteur en frontispice.

Reliure de l'époque plein veau brun granité, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, tranches mouchetées. Reliure probablement hollandaise de très bonne facture et très bien conservée (proche de son état d'origine à la sortie de chez le relieur de l'époque). Intérieur très frais, sans rousseurs. A noter cependant quelques cernes de mouillure ancienne à la fin du premier volume (sans aucune incidence sur le papier). Petite tache au portrait (dans l'écharpe - voir photo).

Nouvelle édition (clandestine).


Les Mémoires de Bussy-Rabutin ont paru pour la première fois en 1696 en 2 volumes in-4 et 3 volumes in-12. Aussitôt parus en France, ces Mémoires, connaissant un très grand succès, ont été publiés clandestinement à l'étranger (Hollande) sortant probablement des presses d'un imprimeur de La Haye ou d'Amsterdam (notre édition). Cette édition porte en effet les marques typiques d'une impression hollandaise (réclame à chaque page). Par ailleurs on trouve à la fin du deuxième volume un autre ouvrage de Bussy, à savoir son Discours à ses enfants (sous le titre : L'Usage des Adversités, ou l'Histoire de(s) plus illustres favoris contenant un Discours du comte de Bussy Rabutin à ses enfants sur les divers événements de sa vie), paginé séparément et portant sur le titre la mention "Sur l'imprimé A Paris" qui indique une contrefaçon faite sur l'édition originale de Paris (Jean Anisson). Ce dernier texte avait paru pour la première fois à Paris en juin 1694.


Dans ces Mémoires essentiellement militaires on trouve le ton et la faconde de Bussy-Rabutin dans de nombreuses pages. Il y décrit sa vie depuis sa naissance en 1618 jusqu'à son exil en 1666. On y trouve aussi quelques lettres intéressantes dont celles de la marquises de Sévigné sa cousine, ou adressées à elles. Le second volume contient les Maximes d'Amour (pp. 242 à 302). En 1653, honoré d'une belle carrière militaire, bien en cour, Bussy est reçu à l'Académie Française ; c'est durant cette période que la première partie de son Histoire amoureuse des Gaules, dont il avait, sous le sceau du secret, confié le manuscrit à Mme de la Baume, commença à faire du bruit en circulant de mains en mains à la cour. Dans cet ouvrage, la conduite scandaleuse de quelques femmes de l'entourage proche du jeune Louis XIV est révélée sans ménagement et sans pudeur ; les plaintes vinrent de tous côtés ; ces histoires étaient pourtant bien connues à la cour (Bussy dira de ce roman, qu'il n'a rien inventé) ; il fût fortement soupçonné d'avoir fait entrer le roi dans son roman. Pour cela il fut embastillé, et pour s'en sortir, il se démit de ses charges ; se soumettant de plus à écrire des excuses auprès des personnes diffamées dans son livre. Exilé dans ses terres de Bourgogne (château de Bussy-Rabutin), il ne supporta pas cette disgrâce avec le courage dont il avait tant de fois fait preuve à la guerre. Il ne cessa de solliciter la grâce du Roi pour son retour à la cour, dans un grand nombre de lettres du style le plus servile, et remplies des sentiments d'une adoration basse. Son exil dura 17 ans. Bussy put revenir en 1682 à la cour mais le Roi ne l'honora pas même d'un regard, il retourna alors dans sa terre bourguignonne, où il acheva sa carrière dans la culture des lettres et dans les exercices de la dévotion. Il décédera à Autun d'une apoplexie le 9 avril 1693, il était âgé de 75 ans. Bussy eut une jeunesse assez dissipée, comme toute la jeunesse dorée de son temps, ni plus ni moins. Il faisait grand cas de sa personne, et cela lui attira des ennemi(e)s durant toute sa vie. Sa cousine, la marquise de Sévigné (née Rabutin-Chantal), ne fut pas épargnée par ses sarcasmes. De celle-ci il donnera dans l'Histoire amoureuse des Gaules un portrait physique au vitriol et un portrait moral non moins bassement répugnant : il écrira d'elle qu'elle ne fut amie que jusqu'à la bourse (ce qui était somme toute vrai). Cousin cousine finirent par se réconcilier non sans peine. Le Discours adressé à ses enfants, après avoir passé en revue quelques illustres malheureux (Saint-Louis, le roi Jean, le Maréchal de Bassompierre, Enguerrand de Marigny, Boëce, Bélisaire, David, Le Maréchal de Gyé, Philippe de Comines, François premier, Samblançay, Le Duc de Bellegarde, La Chastre), consacre une bonne part à l'histoire malheureuse de l'auteur lui-même (de la page 169 à 454), se hissant ainsi orgueilleusement au même niveau que ces grands personnages de l'Histoire. Le véritable destinataire du Discours est en réalité le roi Louis XIV lui-même, comme Bussy le dit au père Bouhours "C'est pour le Roi uniquement, et pour madame de Maintenon, vous et le père de la Chaise." Bussy-Rabutin ne désespéra jamais de pouvoir rentrer à nouveau en grâce aux yeux de Louis XIV. Bussy-Rabutin de conclure son Discours : "Il n'y a rien de plus malheureux que le bonheur des gens qui vivent au gré de leurs passions." On peinerait à lui donner tort ...


Provenance : ex libris du XVIIIe siècle non identifié réalisé au pochoir sur les titres (initiales E. L. v. G. P.) surmonté d'un couronne princière. Sans doute un membre d'une noble famille hollandaise.


Très bel exemplaire de cette jolie édition clandestine. Rare dans cette condition.

Prix : 1.150 euros


Victor Hugo. Histoire d'un Crime. 1877-1878. Un des 10 exemplaires sur papier du Japon. Exemplaire à relier de ce rarissime tirage de tête. "Ce livre est plus qu'actuel ; il est urgent. Je le publie."


Victor Hugo

Histoire d'un Crime. Déposition d'un témoin. I. Première journée. - Le Guet-apens. II. Deuxième journée. - La Lutte.

Histoire d'un Crime. Déposition d'un témoin. III. Troisième journée. - Le Massacre. IV. Quatrième journée. - La Victoire. V. Conclusion. - La Chute.

Paris, Calmann Lévy, Ancienne Maison Michel Lévy frères, 1877-1878 [imprimerie Albert Quantin]

2 volumes in-8 (23,5 x 16 cm environ) de 323 et 337 pages, exemplaire débroché (en feuilles), non rogné. Exemplaire à relier. Les plats de couverture saumon seront fournis (manques sur les bords dont un manque avec petit manque de texte à l'adresse du libraire pour le deuxième volume). Premier volume frais avec quelques pâles rousseurs éparses (cahiers non coupés). Deuxième volume frais (cahiers non coupés). Fonds de cahiers nettoyés, prêts à être cousus. Collationné complet.

Edition originale des deux volumes.



Celui-ci, 1 des 10 rarissimes exemplaires sur Japon (il porte le numéro 10 au composteur). Seul le premier volume est numéroté (ce qui est normal).

Le tirage de luxe de cet ouvrage a été de 10 ex. sur Japon, 20 ex. sur Chine et 40 ex. sur Hollande (Cf. Clouzot, Guide du Bibliophile français, XIXe siècle, p. 151).



"Rappel des circonstances de l'écriture d'Histoire d'un crime, écrit au lendemain du coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851, et publié 25 ans plus tard, en 1877, au lendemain de la crise du 16 mai. Histoire d'un crime est la reconstitution, heure par heure, des événements qui se sont déroulés pendant les quatre jours qu'il a fallu au coup d'état pour réussir (du 2 au 5 décembre), quatre jours au cours desquels les députés de la Montagne ont tenté d'organiser une résistance armée dans les faubourgs. - nuit du 1er au 2 décembre : l'organisation du coup d'état /Le guet apens/ - 3 décembre : les barricades ; la mort de Baudin faubourg St Antoine /La Lutte / - 4 décembre ; les barricades se multiplient, et sont pratiquement toutes abattues en fin de journée /Le massacre/ - 5-6 décembre : fin du combat, recul, solitude, dernière séance du comité de résistance /La victoire / Le 11 décembre, Hugo part en exil vers Bruxelles ; le 14, il commence la rédaction d'Histoire d'un crime, et s'y consacre activement pendant quelques mois. Le 11 janvier 1852, il écrit à sa femme "Ce sera de l'histoire, et on croira lire du roman". Le livre avance, mais Hugo écrit qu'il "ne voit pas encore urgence à l'achever". Avril : il écrit sans cesse, et l'on s'attend à la parution imminente de son "Coup d'État du 2 décembre". En mai, sans expliquer pourquoi, il interrompt la rédaction, et se consacre à celle de son pamphlet contre "Napoléon le Petit", publié en août 1852. Pourquoi cette soudaine interruption ? D'après les lettres écrites à Adèle, il semble avoir succombé sous une avalanche de documents qui lui parvenaient, et l'obligeaient à refaire sans cesse des retouches. D'autre part, beaucoup d'ouvrages sur le coup d'état paraissent à cette époque (8 entre 52 et 53). Hugo renonce donc à achever Histoire d'un crime ; qu'il ressortira de ces tiroir 25 ans plus tard, en 1877. Le 16 mai 1877, le Maréchal Mac Mahon, président de la République, contraint le président du Conseil Jules Simon à démissionner; ses adversaires parlent de 1/2 coup d'état. Mac Mahon imposera ensuite le duc de Broglie à la présidence du Conseil, et demandera la dissolution de la chambre des députés. Dès le 26 mai, Hugo commence à mettre en ordre son manuscrit de l'histoire du 2 décembre, se remet au travail, et donne les premiers chapitres à son imprimeur le 5 septembre. Très sensible aux coïncidences de l'histoire, Hugo a donc profité de l'opportunité que lui offrait le contexte politique de 1877 pour ressortir son vieux manuscrit et le publier...deux semaines avant les élections législatives d'octobre 1877. C'est d'ailleurs grâce à ce contexte que le livre obtient un si grand retentissement. Les ventes sont excellentes, les éditions sont écoulées sitôt sorties des presses ; plus de 100 000 exemplaires vendus en 15 jours. Le premier volume d'Histoire d'un crime parait le 1er octobre 1877 ; dans Le Rappel daté du 3 octobre, on peut lire: "Histoire d'un crime a été mis en vente hier matin et à dix heures il n'en restait plus un seul exemplaire chez l'éditeur Calmann Lévy. En moins de deux heures, tout avait été enlevé. Bien que le tirage fût à un nombre considérable d'exemplaires, le chiffre des demandes envoyées par lettres ou par dépêches dépassait ce nombre de plus du double." Dans Le Temps du 7 octobre, on peut lire : "Ce matin a paru l'édition à deux francs du livre de Victor Hugo, l'Histoire d'un crime. Plus de 50 000 exemplaires étaient déjà enlevés avant midi." Ce chiffre est peut-être un peu au-dessus de la réalité, du moins si l'on se fie à celui indiqué par Victor Hugo : "On a mis en vente hier l'édition à deux francs de l'Histoire d'un crime. On en a vendu 22 000 avant midi." Le succès de l'ouvrage s'amplifie de jour en jour, peut-être en partie grâce à la presse qui multiplie les articles. Le 11 octobre, Hugo rapporte dans ses Carnets l'état des ventes: "Calmann Lévy me dit que l'Histoire d'un crime se vend à 10 000 exemplaires par jour. Il y a 70 000 exemplaires vendus à cette heure. Le tirage ne peut suffire. On n'a plus le temps de satiner le papier." Le second volume de l'Histoire d'un crime, dont la publication était initialement prévue pour la date symbolique du 2 décembre 1877, n'est disponible que le 14 mars 1878. Dans son numéro du 11 mars, Le Rappel en annonce la parution : "Le second volume de l'Histoire d'un crime, dont la publication a été retardée par les incidents de la politique, paraîtra jeudi prochain 14 mars. L'édition grand in-8° sera seule mise en vente jeudi. Les nécessités d'un tirage tout à fait exceptionnel n'ont pas permis de publier ce jour là l'édition in-18° à deux francs. L'édition populaire paraîtra le mardi 19 mars." Le 20 mars, Le Rappel signale la sortie de l'édition à deux francs du tome II, et fait un bilan de la vente du premier volume : "Aujourd'hui mardi, en vente, dans toutes les librairies, l'édition à deux francs du tome second de l'Histoire d'un crime. Le tome premier a été vendu, dans cette édition in-16°, à 165 000 exemplaires, divisés en 110 éditions, à 1 500 exemplaires par édition. Pour épargner aux acheteurs l'inconvénient d'avoir lu deux volumes dans des éditions différentes, le tome second ne portera pas d'indication d'édition. Le premier tirage du tome second a été fait à 100 000 exemplaires qui étaient retenus d'avance par les libraires de Paris et des départements. Mais l'imprimerie Quantin ne discontinue pas le tirage, pour qu'il n'y ait pas interruption dans la vente." Comme le premier, le second volume d'Histoire d'un crime connaît un immense succès, dont la presse se fait largement l'écho." (extrait de Laurence Oliviéri : La réception dans la presse de Histoire d'un crime. Compte rendu de la communication au Groupe Hugo en mai 1987).


L'importance de cet ouvrage politique ainsi que la diffusion extraordinaire des volumes entre octobre 1887 et mars 1878 ne fait que renforcer l'intérêt exceptionnel qu'on doit porter religieusement à ces deux volumes tirés à 10 exemplaires sur papier du Japon.



Nous avons préféré laisser le choix de la reliure à exécuter à l'amateur qui fera l'acquisition de ces deux volumes. Plein papier ? Plein maroquin ? Il faut un habit de luxe à ces précieux exemplaires. Pour information, une fine reliure plein papier façon époque (fin XIXe s.) coûtera environ 300/400 euros pour les 2 volumes. Une fine reliure demi-maroquin à coins coûtera environ 1.200/1.500 euros pour les 2 volumes. Enfin une fine reliure plein maroquin avec emboîtage coûtera environ 3.000/4.000 euros. La valeur de cet exemplaire une fois reliée avec luxe (plein maroquin) peut être estimée à 8.000/10.000 euros. Le prix que nous proposons tient compte du fait que les deux volumes sont proposés en feuilles, à relier.



"Ce livre est plus qu'actuel ; il est urgent. Je le publie. V. H. Paris, 1er octobre 1877."


Exceptionnel exemplaire à relier du plus rare tirage pour ce titre, complet des deux volumes sur le même papier de tête (10 ex. Japon).

Prix : 5.000 euros

mardi 1 octobre 2019

Jeanne Laurent modes [chapeaux de femmes]. Octave Uzanne. 1896. 1900 French Fashion. Paris. Rare.


[Jeanne Laurent, modiste] Octave Uzanne (préface).

La Mode. 1896. [chapeaux pour les femmes].

Jeanne Laurent, Paris, 45, Avenue de l'Opéra, 1896

1 volume in-8 (22,2 x 13 cm) de 12 feuillets dont 10 feuillets de modèles de chapeaux. 1 feuillet de "lettre ouverte" par Octave Uzanne.

Reliure de l'époque demi-percaline violine à la bradel, pièce de titre cuir au dos, plats de papier marbré. Reliure en excellent état (coins frottés). Intérieur très frais, les deux plats de couverture ont été conservés (le premier plat sert de page de titre).

Très rare catalogue à classer parmi les ephemera de luxe.






La maison de mode Jeanne Laurent est vantée par les quelques lignes que donne Octave Uzanne en tête, le voici : "Lorsque La Mésangère fonda, au siècle dernier, son élégant et artistique Journal des Dames et des Modes, il voulut faire, non pas un recueil éphémère, mais un admirable monument dédié aux variations du costume. Autour de lui vinrent tour à tour se grouper des peintres et dessinateurs de grand mérite, tels que Debucourt, Boilly, Carle Vernet, Duplessis, Girardet, etc., etc. ; David même ne dédaigna pas d'employer son talent au dessin du costume. Quelles merveilleuses gravures de modes se succédèrent alors, que les collectionneurs se disputent aujourd'hui. Depuis, cet art s'est démocratisé et de nos jours les publications de modes, cédant aux exigences d'un fort tirage, sont devenues d'une navrante banalité. Les jolies créations actuelles de nos grands faiseurs y sont reproduites à la hâte ; pas une note d'art ne s'y trouve, c'est à peine si la forme est vaguement rendue. Cette décadence des gravures de modes, si regrettable pour tous ceux qui aimeraient à voir conserver brillants et intacts ces délicieux témoignages de la coquetterie moderne, vous vous proposez de la faire cesser et de reprendre les grandes traditions du siècle dernier ; je vous en félicite. Vous inaugurez votre tentative par un Album de dis médaillons de femmes contemporaines, coiffées selon la dernière mode chez la modiste en vogue ; vous revenez à ce goût du XVIIIe siècle qui nous documente si heureusement aujourd'hui ; vous revenez à l'opuscule de modes qui fût caractérisé sous Louis XVI par tant de mignonnes publications. Je ne puis que vous adresser mes compliments pour votre entreprise sconographique (*) ; vos planches de modes seront bien accueillies en tous lieux, elles sont vos meilleures lettres de crédit par le choix des modèles et l'art affiné des reproducteurs ; mais puisque vous voici engagé vis-à-vis du public, n'hésitez pas, chaussez les escarpins de La Mésangère et donnez-vous un cabinet des modes d'art ; nulle époque ne se prête mieux que la nôtre à cette rénovation. Octave UZANNE."

Nous ne connaissons pas les conditions qui ont conduit Octave Uzanne à rédiger en 1896 cette "Lettre ouverte" placée en tête d'un catalogue de chapeaux féminins de la maison de luxe parisienne Jeanne Laurent. Les planches ont été dessinées par A. F. Gorguet et gravées par Florian. Voici la liste des 10 modèles de chapeaux présentés : 1. Chapeau à la Récamier 2. Chapeau à la Maréchale 3. Chapeau à la Henriette 4. Chapeau à la Régence 5. Chapeau à la Montespan 6. Chapeau à la Parsifal 7. Chapeau à la Bergère de Watteau 8. Chapeau à la Flore 9. Chapeau à la Trianon 10. Chapeau à la Diane. Ce petit catalogue "publicitaire" a été imprimé par Draeger et Lesieur à Paris. Il a été tiré sur papier vélin crème. Le petit mot d'introduction par Octave Uzanne sert à merveille ce publi-reportage à peine déguisé servant de réclame pour la maison de luxe parisienne Jeanne Laurent. L'histoire de cette maison de mode reste à faire semble-t-il. Son adresse, 45, Avenue de l'Opéra à Paris laisse présager le passage d'une clientèle très aisée et très habituée des arts. Il semblerait que ce petit catalogue soit une tentative unique pour cette maison qui n'a visiblement pas réédité de catalogues conçus de la même manière. Nous ne savons pas à quelle date la maison Jeanne Laurent à cessé son activité de modiste. Nous trouvons encore des modèles de chapeaux de la maison Jeanne Laurent dans une revue de modes datant de novembre 1901 (le Moniteur de la mode). Ce petit catalogue conçu avec luxe, auquel Octave Uzanne apporte sa caution d'homme à "femmes à la mode", a probablement été tiré à petit nombre pour de riches clientes. On regrette qu'il n'y ait pas de prix dans ce catalogue ... mais affiche-t-on les prix dans les grandes maisons de luxe ? En tous les cas, gageons que ce petit catalogue publicitaire est devenu fort rare. Nous ne l'avons rencontré que deux fois en deux décennies.


Bel exemplaire. Très rare.

Prix : 400 euros