mercredi 14 novembre 2018

Dorvigny. Ma tante Geneviève ou Je l'ai échappé belle (1882, Gay et Doucé, Bruxelles). Belle édition ornée de 4 frontispices gravés par Chauvet.


Dorvigny (Louis-François Archambault dit)

Ma tante Geneviève ou Je l'ai échappé belle, par Dorvigny.

Bruxelles, Gay et Doucé, 1882

4 tomes reliés en 2 volumes in-8 (20 x 12,5 cm) de IX-245-(2) et 213-(2) pages. 4 frontispices gravés à l'eau-forte par Chauvet tirés sur papier de Chine. Pages de titre (4) imprimées en rouge et noir. La notice de 7 pages est de Paul Lacroix (Bibliophile Jacob).


Reliure de l'époque demi-chagrin vert sombre, non rogné (ébarbé). Les couvertures n'ont pas été conservées. Bien complet des 4 très jolis frontispices sur Chine. Belle impression du texte sur papier vergé. Rares rousseurs et quelques décharges acides. Ensemble très bien conservé.



Deuxième édition après la rarissime édition originale publiée en 1801.


On disait Dorvigny fils naturel de Louis XV. Il fut acteur comique et auteur. Il a publié Ma tante Geneviève ou Je l'ai échappé belle en l'an XI (1801). Ce roman passe pour son chef d'oeuvre et a été jugé suffisamment scandaleux pour avoir été interdit trois fois au cours du XIXe siècle. « C'est un roman un peu libre, mais dont le fond n'est pas mauvais » (Gay II, 934).


"Ce roman léger raconte assez drôlement, mais un peu longuement, en quatre volumes divisés en quarante-quatre chapitres, les quarante-quatre aventures d'une jeune vierge dont la vertu très exposée est toujours sauvée au dernier instant par l'intervention subite d'une vieille tante rébarbative. Au dernier chapitre, l'héroïne épouse légitimement un brave chevalier qui l'a sauvée d'un péril imminent ; mais il meurt de ses blessures et la jeune veuve reste fille. Ce roman fut un succès de librairie et une excellente affaire pour l'éditeur Barba. Il se vendit beaucoup. Il était, dit-on, très demandé dans les cabinets de lecture. En 1825, la censure le déclara immoral, ce qui était peut-être un peu exagéré ; tous les exemplaires en furent saisis et détruits. Mais, en 1881 (sic), il a eu l'honneur d'une réimpression assez luxueuse en deux volumes, avec illustrations, et une notice par Paul Lacroix." (P. Fromageot, Versailles d'autrefois, Un fils de Louis XV, p. 17).


Références : Pia, Les Livres de l'Enfer, 846 ; Gay II, 934.

Bel exemplaire de cette jolie édition tirée à petit nombre (probablement 500 exemplaires) comme toutes les publications Gay et Doucé.

Prix : 225 euros


lundi 12 novembre 2018

Friedrich Christian Lesser. M. P. Lyonnet. Théologie des Insectes, ou Démonstration des perfections de Dieu dans tout ce qui concerne les insectes. 1745.


Friedrich Christian Lesser. M. P. Lyonnet.

Théologie des Insectes, ou Démonstration des perfections de Dieu dans tout ce qui concerne les insectes. Traduit de l'allemand de M. Lesser, avec des remarques de M. P. Lyonnet.

A Paris, chez Chaubert et Durand, 1745

2 tomes reliés en 1 fort volume in-8 (20 x 13 cm) de X-(2)-384 et (4)-350-(2) pages. Sans la planche dépliante (qui n'a pas été reliée dans le volume - aucune trace d'arrachage).

Reliure pleine basane fauve marbrée de l'époque, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, tranches rouges. Coiffe supérieure légèrement usée avec petit manque, un coin usé, quelques marques à la reliure, solide. Intérieur frais.

Seconde édition française.


On trouve dans ce volume les chapitres suivants : De la création et de la génération des insectes - Ce que sont les insectes - De la division des insectes - Du nombre des insectes et de la proportion selon laquelle il se multiplient - De la respiration des insectes - De la transformation des insectes - Du sexe des insectes - De la demeure des insectes - Du mouvement des insectes - De la nourriture des insectes - Des armes que les insectes ont pour se défendre contre leurs ennemis et des moyens qu'ils ont pour éviter les autres dangers - Du soin paternel que les insectes ont de leurs œufs, et de leurs petits - De la sagacité des insectes - Des sens des insectes - Des membres des insectes - Des qualités singulières de quelques insectes - De la beauté de la plupart des insectes - De l'usage et de l'utilité des insectes par rapport aux hommes - De l'usage et de l'utilité des insectes dans la théologie, dans le droit, par rapport aux bêtes - Combien les insectes nuisent aux biens de la terre - Des maux que les insectes causent à l'homme - Des dommages que les insectes causent aux animaux - De l'abus qu'on fait des insectes en ce qui regarde la médecine - Des prodiges dont il est parlé dans l'Ecriture au sujet des insectes - Etc.


Cet ouvrage a paru pour la première fois en français en 1742 (la première édition allemande date de 1738). Cette édition a été largement mise à jour par la naturaliste néerlandais Pierre Lyonnet (1708-1789). Friedrich Christian Lesser (1692-1754) à la fois théologien et naturaliste renommé donne ici un véritable traité scientifique très détaillé bien que Dieu soit présent quasi à chaque page.


Provenance :  Apollonie de la Rochelambert (née en 1825). Ses parents, qui possédaient un château à Thévalles (Mayenne), émigrent en 1830 dans la capitale de la Prusse, Berlin. Son père est français, sa mère est russe. Apollonie passe toute sa jeunesse dans ce pays. Elle avait « sucé l’allemand avec le lait et sa gouvernante ne lui parlait qu’en anglais ». Elle fréquente la famille royale de Prusse, les princes Hohenzollern dont elle, sa mère et ses sœurs deviennent rapidement la coqueluche. Les cures dans les stations thermales sont les occasions de retrouvailles avec la Cour de France. Elle sera ainsi bercée sur les genoux de Charles X. Elle meurt en 1904. Elle avait épousé le comte de Valon. Armes : contre-écartelé d'or et de gueules (VALON); aux 2 et 3 : d'argent au chevron d'azur au chef de gueules plain (LA ROCHELAMBERT). Tenants : un homme armé et un sauvage. Couronne comtale, lion issssant en cimier. GMN. Répertoire général des ex-libris français : L0937 (référence LAME, Jacques Laget).


Très bon exemplaire.

Prix : 390 euros


John Hill (Abraham Johnson). Sainte-Colombe. La Femme comme on n'en connoit point, ou Primauté de la femme sur l'homme (Lucina sine concubitu). 1786. Bel exemplaire de cette édition peu commune.


[John Hill sous le pseudonyme d'Abraham Johnson, traduit et remanié par Sainte-Colombe]

La Femme comme on n'en connoit point, ou Primauté de la femme sur l'homme. [Lucina sine concubitu].

A Londres, chez Gabriel Goldt, et chez les meilleurs libraires de l'Europe, 1786

1 volume in-12 (17 x 10,5 cm) de 165 pages.

Reliure de l'époque demi-basane de l'époque, pièce de titre, dos orné, plats de papier à la colle. Très bon état de conservation de l'ensemble. Léger manque de cuir en bordure de coiffe supérieure, sans conséquence. Intérieur frais.

Nouvelle édition.


Première édition sous ce titre d'un ouvrage curieux paru à la fin de l'année 1749 (à la date de 1750) à l'adresse de Londres. Ce texte mi-facétie, mi-sciences, est l'oeuvre de John Hill (sous le pseudonyme d'Abraham Johnson). Plusieurs traductions en français ont été faites à la même date de 1750. Il s'agissait de montrer par quelques exemples extraordinaires que la femme peut se passer du concours de l'homme pour devenir mère. Que ce soit par quelques animalcules qui se trouvent dans l'air ambiant, quelques germes de la génération spontanée sortis d'on ne sait où, de quelque inspiration divine ou démoniaque donnant à la femme cette air de succube, l'auteur donne avec humour et sérieux toute une série d'exemples tirés des textes anciens et de la littérature. On en vient à débattre de l'éternité du Monde et de la présence intemporelle des germes présents dans l'air, pour arriver à cette épineuse question qui nous taraude encore en ce début de XXIe siècle : Quel a été créé le premier de l’œuf ou de la poule ? (p. 50). L'éditeur-commentateur Sainte-Colombe (probablement traducteur d'une des premières éditions de 1750 - d'après Assézat) conclut : "L'écrit de Johnson venge donc ce sexe triomphant de la folle idée de supériorité dont nous nous plaisons encore à nous repaître comme d'une fumée ; et par là il commence le grand ouvrage dès longtemps prémédité par le beau sexe, de reprendre totalement la Primauté qui lui est si justement acquise. Aussi en attendant cette honteuse, mais nécessaire époque suivant le cours de nos mœurs actuelles, devient-il déjà essentiel pour réprimer l'orgueil de tous ces petits Tyrans sans cervelle, qui, perpétuellement asservis, s'imaginent bien follement valoir beaucoup mieux que leurs aimables compagnes. [...]." (extrait des Observations particulières de l'éditeur). NDLR : Qui sait d'ailleurs si le propos tenu ne deviendra vérité ? L'homme est-il vraiment encore nécessaire à la femme pour procréer ? Le but ultime de la Nature n'est-il pas d'éliminer le mâle des projets futurs de l'humanité ? Certaines ultra-féministes ne renieront pas ces assertions désormais scientifiquement envisageables. Néanmoins une question risque de poindre à l'horizon : la femme souhaitera-t-elle encore engendrer ? même sans homme ! Rien n'est moins certain.


Référence : Lucina Sine Concubitu ou la Génération Solitaire, par Abraham Johnson, avec une introduction et des notes de J. Assézat (Paris, Henry, 1865). L'introduction explique parfaitement la genèse de cette édition et de ce curieux texte.


Bel exemplaire de cette édition peu commune.

Prix : 790 euros


vendredi 9 novembre 2018

Edouard Drumont. La Dernière Bataille. Nouvelle étude psychologique et sociale (1890). Edition originale bien reliée à l'époque. Ex libris Henry Houssaye. Bel exemplaire.


Edouard Drumont

La Dernière Bataille. Nouvelle étude psychologique et sociale.

Paris, E. Dentu, 1890 [imprimerie de Lagny, Emile Colin]

1 volume in-12 (18,4 x 12 cm) de XIX-572 pages.

Reliure de l'époque demi-veau blond, dos richement orné aux petits fers dorés, plats de papier marbré, doublures, gardes et tranches peignes. Reliure parfaitement conservée. Intérieur très frais sans rousseurs.

Édition originale sur papier courant.

Il a été tiré en grands papiers 50 ex. sur Hollande et 15 ex. sur Japon.


On ne présente plus ni l'homme Edouard Drumont (1844-1917), ni l'auteur de La France Juive publiée en 1886 et qui fit autant succès que scandale. Cet antisémite activiste et prosélyte, fondateur du Journal La Libre Parole, donne ici, avec La Dernière Bataille, un nouveau pamphlet ou étude (c'est ainsi qu'il la nomme) dirigé contre la "juiverie". Le tout est très dense et très violent, comme à son habitude. On notera un chapitre consacré à l'Exposition Universelle de 1889 et les Juifs ; des "coups de crayon complémentaires sur les Juifs" ; d'autres chapitres sont consacrés au Boulangisme, à Panama, à Ferdinand de Lesseps, aux Rothschild, à la Presse, etc. 


"Le Juif n'a pas le cerveau fait comme nous. Dans son cerveau il n'y a pas de place pour l'idée du Prochain, pour la pensée qu'il existe d'autres hommes qui aient des droits, des intérêts légitimes. Une fois qu'une convoitise s'est emparée de ce cerveau, le Juif va tout droit, il a une espèce d'hypertrophie du Moi. Emporté par ce Moi inéxorable dont parlait Renan, alors que les Sémites n'étaient pas tout puissants, il n'est gêné par aucun scrupule, il obéit à une sorte d'impulsion de névrosé servie par une merveilleuse subtilité pratique. [...]" (extrait de la Préface).


Attention ! Nous proposons ce livre en tant que document historique propre à informer et à servir de mémoire pour les générations futures. En aucune manière nous ne pouvons être accusés de propager les thèses antisémites défendues dans cet ouvrage. Bien au contraire nous dénonçons l'intégralité des propos tenus par l'auteur. Néanmoins cet ouvrage comme tout autre a sa place dans une bibliothèque d'étude sérieuse.


Provenance : Ex libris Henry Houssaye (gravé) collé au contre-plat.


Bel exemplaire bien relié à l'époque.

Prix : 195 euros


Charles Pictet de Rochemont. Traité des assolements ou de l'art d'établir les rotations de récoltes (1801). Edition originale. Exemplaire broché.


Charles Pictet de Rochemont

Traité des assolemens, ou de l'art d'établir les rotations de récoltes, par Ch. Pictet de Genève.

A Genève, chez J. J. Paschoud, libraire. IX (1801) [Genève, de l'imprimerie de Luc Sestié]

1 volume in-8 (22 x 14 cm), broché de (3)-284-(1) pages, couverture de papier à la colle, non rogné. Beau papier fort. Rares rousseurs. Dos de la couverture passé mais brochage bien solide.

Édition originale.

Cet ouvrage, comme l'indique un Avis imprimé au verso du faux-titre, était destiné au concours du prix, mais il s'en est trouvé exclus, parce qu'on a prorogé de trois mois le terme annoncé, et que l'auteur n'a été instruit de ce délai, par les papiers publics, que vingt jours après l'époque qui avait été d'abord fixée. L'ouvrage étant imprimé, et déjà annoncé dans la Bibliothèque Britannique, l'anonyme qui est une condition de rigueur, ne pouvait plus être gardé. Charle Pictet de Rochemont (1755-1824), l'auteur de ce traité, fut à la fois un homme d'état suisse et un agronome pragmatique. C'est à la suite d'un voyage en Angleterre effectué en 1787 que Pictet s'intéresse à l'agriculture. Il introduit la culture du maïs près de Genève et se lance dans l'élevage des moutons Mérinos. C'est aussi lui qui fonde en 1796 la Bibliothèque Britannique, périodique littéraire et scientifique qui diffusera les idées scientifiques durant de nombreuses années. La révolution et l'Empire avaient éloigné Pictet de la scène politique genevoise qu'il retrouve après la chute de Napoléon. Il devient un diplomate incontournable et signe le traité de reconnaissance de neutralité permanente de la Suisse (1815). Il meurt à 69 ans à Genève, auréolé de ses victoires diplomatiques.

Ce volume se trouvait à Paris chez Fuchs, Pougens et Emery. Ce livre répond à la question cruciale, et plus que jamais d'actualité encore aujourd'hui en ce début de XXIe siècle : "Quelle est la meilleure manière d'alterner les récoltes, à l'usage du plus grand nombre des cultivateurs ; à l'effet de diminuer, autant qu'il est possible, les jachères, suivant la différente nature des terres." Pictet propose plusieurs plans d'assolements : l'alternance des champs entre les plantes à racines fibreuses et les plantes à racines pivotantes ; des différents assolements selon les terres légères ou argileuses ; de la théorie des labours et de l'usage des jachères ; etc. Ce sont des dizaines d'exemplaires pratiques d'alternances de cultures variées qui sont précisément énoncés sur une période de 9 années (ou 6) tournantes.

Ouvrage très intéressant écrit dans la même veine expérimentale que ceux de Daubenton.

Prix : 295 euros

jeudi 8 novembre 2018

Honoré de Balzac. Physiologie du Mariage. Méditations de philosophie éclectique, sur le bonheur et le malheur conjugal, publiées par un jeune célibataire. Edition originale rare et recherchée. Bel exemplaire de la bibliothèque de l'écrivain polonais Józef Ignacy Kraszewski. Condition des plus rares.


Honoré de Balzac [Provenance : Józef Ignacy Kraszewski, Pologne]

Physiologie du Mariage. Méditations de philosophie éclectique, sur le bonheur et le malheur conjugal, publiées par un jeune célibataire.

Paris, Levavasseur et Urbain Canel, 1830 [imprimerie de A. Barbier, Rue des Marais S.-G., n°17]

2 tomes en 2 volumes in-8 (207 x 136 mm) de XXXV-(5)-332 [ie 328, la dernière page étant mal chiffrée 332 au lieu de 328], 352 pages.

Reliure de l'époque demi-chagrin bleu nuit/noir à larges coins, plats de papier chagriné ver sombre, filets dorés gras sur les plats, dos lisses ornés en long d'un grand fer typique de l'époque (vers 1840), gardes et doublures de papier marbré, fer doré armorié frappé sur le premier plat de chaque volume (32 x 23 mm env.). Voir provenance. Quelques légers frottements aux reliures par ailleurs très bien conservées. Rousseurs. Très légère mouillure sans conséquence en marges de quelques feuillets.


Édition originale.

La publication de la Physiologie du mariage fit scandale, mais le Tout-Paris le considéra comme un événement et le succès pour Balzac fut sans précédent, d’autant plus qu’on voulait savoir qui se cachait sous la signature anonyme du jeune célibataire qui devint aussitôt un auteur à la mode (1830). A la fois essai, méditation, et récit, le texte oscille entre l’étude de mœurs et le traité analytique. C’est d’ailleurs dans ce dernier genre que la cinquième édition de l’ouvrage (Furne) classera l’œuvre en 1846 dans la section Études analytiques de la Comédie humaine. Mais malgré son caractère osé (pour l’époque), sa structure peu conforme au roman balzacien, la Physiologie jette les fondations de la Comédie humaine.

Achevés d'imprimer chez A. Barbier aux environs du 20 décembre 1829 et enregistrés dans la Bibliographie de la France le 26 décembre, les pages de titre des deux volumes sont post-datées. Cet ouvrage était déjà en chantier en 1826 selon les propres déclarations d'Honoré de Balzac alors imprimeur. Ce ce premier jet composé il nous reste 128 pages in-8 sans page de titre. Imprimé par Balzac mais non édité, le texte de se trouve relié par Balzac lui-même avec l'Histoire de la Rage de son père, Bernard-François Balzac (ce premier essai a été publié dans la collection "les Bibliophiles de l'originale", tome XXV, par J.-A. Dacourneau. C'est donc seulement vers la fin de l'année 1829 que Balzac peut voir sortir son volume grâce aux deux libraires Levavasseur et Canel. L'introduction imprimée en tête du premier volume est datée du 15 décembre 1829 et signée H. B... C. On sait que ces deux volumes ont été imprimés à 1.500 exemplaires (sans retirages) et que Balzac en tira la somme de 1.500 francs "payables en leurs billets solidaires à un an de date". Balzac écrivait peu de temps avant de rendre copie aux imprimeurs : "La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a. Je travaille toute la journée à la Physiologie du Mariage. Je ne donne que six heures de nuit, de neuf heures à deux (sic), aux Scènes de la Vie privée, dont je n'ai qu'à corriger les épreuves ; et ma conscience est nette."

Provenance : Exemplaire provenant de la bibliothèque de l'écrivain polonais Joseph Ignace Kraszewski (1812-1887) avec ses armes dorées sur le plat de chaque volume (clan Jastrzębiec). Józef Ignacy Kraszewski est l'un des auteurs polonais les plus connus et les plus féconds du XIXe siècle. On ne lui doit pas moins de 800 volumes de romans et autres écrits littéraires. La possession par Kraszewski d'un exemplaire relié à ses armes de l'édition originale de la Physiologie du Mariage de Balzac relève du plus grand intérêt. En effet, Kraszewski, dans ses nombreux écrits, subit l'influence directe de Balzac. Comme lui il écrivit des romans historiques et sociaux. Dès l'année 1832, dans une lettre du 29 juillet qu'il écrit à sa mère, il l'informe qu'il traduit Balzac. Il ne cessa d'écrire à propos des ouvrages publiés par Balzac. Certains passages des livres de Kraszewski apparaissent même comme directement inspirés d'épisodes présents dans les romans de l'écrivain français. Kraszewski admire chez Balzac pour son son don d'observation, son aptitude de saisir sur le vif les actes humains, à les interpréter d'une manière vraisemblable, à les présenter sous le jour qui leur convient. Kraszewski distingue dans Balzac deux sortes d'écrivains. Le premier, avide de gloire et désireux de conserver son public, fabriquait des romans qui frappent d'étonnement par leur bizarrerie voulue. Là, selon Kraszewski, Balzac se montre tout à fait immoral, comme dans la Physiologie du mariage, qu'il appelle un "mauvais livre" (qu'il a lu dans le présent exemplaire), et les Contes drolatiques, qu'il qualifie de "livre abominable". "Aussi personne ne les lit, ajoute-t-il, bien que ces ouvrages révèlent, malgré tout, un immense talent. Le second aspect de l'écrivain, c'est le Balzac qui crée des livres tels que le Médecin de campagne, César Birotteau, Eugénie Grandet, etc. ; ils ne contiennent rien d'immoral et, au point de vue social, ne le cèdent pas aux chefs-d'oeuvre du genre." Nous ne savons pas dans quelle conditions cet exemplaire de la Physiologie du Mariage a pris place dans la bibliothèque de Jozef Kraszewski. Nous savons cependant les liens étroits qui ont uni Balzac et le monde slave notamment en rapport avec la très longue histoire qui relia l'écrivain français avec Mme Hanska et les voyages qui s'y associèrent.

Références : Balzac et le monde Slave. Balzac en Pologne, par Sophie de Korwin-Piotrowska (éd. H. Champion, 1933), nombreuses occurrences Kraszewski/Balzac ; Armorial du clan Jastrzębiec (en ligne) ; La Femme mode d'emploi. Balzac, de la Physiologie du mariage, La Comédie humaine. Nicholasville (Kentucky) : French Forum Publishers, 1992. Édition originale « rare et recherchée » (Clouzot, p. 19) qui indique que la plupart des exemplaires se trouvent très simplement reliés à l'époque.


De ce livre emblématique on ne connait pas ou très peu de reliures armoriées de l'époque (nous n'en n'avons pas trouvé d'exemplaires vendus ces dernières années).


Bel exemplaire.

Exemplaire exceptionnel de par sa provenance d'un très grand intérêt pour l'histoire littéraire entre la France et la Pologne.

Prix sur demande.


mercredi 7 novembre 2018

Jean-Baptiste-René Robinet. De la nature (1762). Ouvrage initialement attribué à Helvétius, Voltaire ou Diderot. Philosophie matérialiste. Bel exemplaire.


Jean-Baptiste-René Robinet

De la nature.

A Amsterdam, chez E. Van Harrevelt, 1762

4 parties en 1 volume in-12 (17,5 x 10,5 cm) de XII-228, VI-284 pages.

Reliure hollandaise de l'époque plein parchemin rigide, titre doré au dos, tranches mouchetées. Quelques légères et discrètes retouches à la reliure, intérieur frais. Rousseurs sur les gardes blanches. Rares rousseurs dans le texte.

Nouvelle édition.


Cet ouvrage a paru pour la première fois au format in-8 l'année précédente (1761 chez le même libraire). Publié anonymement, il a été rapidement attribué à Diderot, Helvétius et même Voltaire. L'auteur, un certain Robinet (âgé de seulement 27 ans), s'est fait connaître comme l'auteur de cet ouvrage dans le Journal des Savants en 1762.


La Première Partie traite de l'équilibre nécessaire de biens et de maux dans la nature (elle occupe tout le premier tome et la moitié du volume). La Seconde Partie traite de la génération uniforme des êtres (pp. 1 à 146 du second tome). La Troisième Partie traite de l'instinct moral (pp. 147 à 190 du second tome). Enfin la Quatrième et dernière Partie traite de la physique des esprits (pp. 191 à 284 du second tome). Une seconde édition plus étendue a paru en 1763, mais dépouillée du prestige de l'anonymat, elle intéressa moins le public. L'édition définitive complète de De la Nature sera publiée en 1766 (d'autres éditions suivront). De la Nature a pourtant été mis à l'index le 9 septembre 1762 (année de notre édition) pour ses prises de positions matérialistes sur l'Âme et Dieu.


Robinet formule dans cet ouvrage l’idée que les organismes vivants se transforment de manière à former une chaîne ininterrompue, idée qu’il développe dans ses Considérations philosophiques de la gradation des formes de l’être, ou les essais de la nature qui apprend à faire l’homme et dans son Parallèle de la condition et des facultés de l’homme avec la condition et les facultés des autres animaux, parus en 1768 et 1769. On assimile ainsi Robinet à l'un des précurseurs des théories transformistes telle qu'elles seront synthétisées plus tard par Charles Darwin. Il fut le continuateur de la grande Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (il publia les Suppléments).


"Jean-Baptiste Robinet, philosophe en partie éconduit par la postérité, publie à Amsterdam à partir de 1761, sous couvert de l'anonymat pour le premier tome, son ouvrage principal De la Nature, "livre capital" selon Hegel, représentatif de l'épistémè de l'âge classique selon Foucault. Cette oeuvre qui est un morceau étonnant de philosophie hylozoïste, adossé aux découvertes récentes des naturalistes, est également une entrée privilégiée dans les Lumières européennes : positionné entre Voltaire sur la question du mal et Diderot dont il commente les Pensées sur l'interprétation de la nature, le philosophe rennais tente en outre d'arbitrer le débat sur "l'ordre des choses" entre nominalisme et essentialisme. Il entre également dans le cercle des rédacteurs des Suppléments de l'Encyclopédie. À ces titres divers il s'inscrit, à la fois comme éditeur et philosophe, dans une nouvelle manière de faire de la philosophie comme pratique raisonnée des dictionnaires et comptes rendus des sociétés savantes. Soucieux de ne laisser aucune question dans l'ombre, y compris quand elle est mêlée de religion, il assume une critique radicale de l'anthropomorphisme, appuyée sur le commentaire de Bayle, ce qui contribue à le situer durablement, entre athéisme et matérialisme, du côté des pensées inclassables." (Jean-Baptiste Robinet, De la nature, édition critique par Françoise Badelon, Paris : Honoré Champion, coll. "L'âge des Lumières" n° 49, 2009, 2 vol. 632, 496 p. Présentation de l'éditeur).


Bel exemplaire.

Prix : 490 euros


vendredi 2 novembre 2018

Docteur Doussin-Dubreuil. Des égaremens secrets ou de l'onanisme, chez les personnes du sexe (1828). De la masturbation chez les femmes. Edition originale. Très bon exemplaire broché, tel que paru.


Doussin-Dubreuil (médecin)

Des égaremens secrets ou de l'onanisme, chez les personnes du sexe, par J. L. Doussin-Dubreuil, Docteur en Médecine de l'ancienne Faculté, etc.

Paris, Audin, 1828 [de l'imprimerie de Caron-Duquesne à Amiens]

1 volume in-16 (14,5 x 9,5 cm), broché de (4)-VI-306 pages. 2 planches hors-texte tirées en bistre (jeune femme de 15 ans saine, en pleine santé, et la même à 16 ans, malade, dernier épisode de la maladie, après de trop longues heures de plaisir solitaire ...). Couverture de papier vert imprimée. Très bon état. Deux petites fentes du papier de couverture le long du mors supérieur, sans gravité. Intérieur frais malgré quelques rousseurs claires. Exemplaire authentifié portant la signature de l'auteur et un petit texte destiné aux contrefacteurs.

Édition originale.


Le faux-titre porte "Le Tissot des personnes du sexe", autant dire : de la masturbation chez les femmes. Programme bien vaste traité en seulement 300 pages ! Un défi assurément. L'auteur, médecin réputé avait publié des Lettres sur les dangers de l'onanisme, des ouvrages traitant des glaires, de l'épilepsie, de la pulmonie, la gonorrhée, la vaccine, ou encore les fonctions de la peau.


"L'inflammation des organes sexuels, avec pertes blanches non interrompues, sont aussi presque toujours des signes certains de l'onanisme ; il en est de même des engorgements hémorroïdaux (NDLR : là ça commence à devenir sérieusement technique) [...] La modération dans le boire et le manger, ainsi que dans tout l'entretien du corps, est donc le premier préservatif contre le fléau si destructeur de sensations prématurées. [...]." L'auteur insiste sur le fait qu'il faut éviter à tout prix les frottements des parties sensibles, ce vice très pernicieux ; éviter les rapprochement des corps des jeunes filles, leur éviter de s'asseoir les unes sur les autres, qu'enfin elles ne croisent pas leurs jambes car cette position entraîne une pression du sang plus élevée dans les parties. L'auteur cite cet exemple d'une femme de 46 ans (NDLR : il n'est jamais trop tard) qui se procurait ses sensations voluptueuses en restant très longtemps les jambes croisées (NDLR : à essayer ....). L'auteur lutte contre les mauvais livres, l'imagination des jeunes filles, la vue des gravures et peintures lascives, sculptures, etc. Il conclut son ouvrage en disant que l'exercice physique est le meilleur moyen pour fortifier l'organisme affaibli par les égarements secrets. Quelques remèdes comme les bains froids et bains chauds, ainsi que quelques recettes empiriques sont données comme panacée contre le plaisir solitaire féminin.


Très bon exemplaire.

Prix : 390 euros

mercredi 31 octobre 2018

Emile Zola. La Débâcle (1892). Edition originale. 1 des 330 exemplaire sur papier de Hollande relié à l'époque par Victor Champs. Superbe exemplaire en jolie reliure signée de l'époque parfaitement conservée.


ZOLA (Emile).

La Débâcle.

Paris, Bibliothèque-Charpentier, 1892 [Imprimeries Réunies May et Motteroz, Paris]

1 volume in-12 (19,5 x 13 cm) de 636 pages.

Reliure de l'époque bradel demi-percaline à larges coins, dos lisse, pièce de titre de cuir marron, fleuron doré au centre du dos, millésime doré en queue du dos, tête dorée, non rogné, relié sur brochure, plats et dos de couverture imprimée en jaune conservés (reliure signée V. CHAMPS). Très bel exemplaire d'une remarquable fraîcheur, relié strictement à l'époque par Victor Champs, l'un des maîtres du cartonnage bradel de l'époque comme de la reliure de luxe. A noter une acidification de la marge extérieure du titre en contact avec le papier acide de la couverture, idem pour le verso du dernier feuillet et le faux-titre, sinon exemplaire immaculé, superbe.

Édition originale.

Celui-ci, 1 des 330 exemplaire sur papier de Hollande.



Il a été tiré en outre 33 exemplaires sur Japon, qui avec les Hollande constituent les seuls grands papiers pour ce titre.

La Débâcle est le dix-neuvième volume de la série des Rougon-Macquart, dont il constitue la conclusion historique. Le premier roman (La Fortune des Rougon) évoquait le coup d’État du 2 décembre 1851, qui mit en place le Second Empire ; celui-ci a pour cadre la déroute de l’armée française devant les Prussiens à Sedan pendant la guerre franco-allemande de 1870, et donc la chute de l’Empire, remplacé le 4 septembre 1870 par la Troisième République. Jean Macquart, déjà personnage principal de La Terre, a repris du service dans l’armée, après ses désillusions dans le monde paysan. Incorporé dans le 106e de ligne, il est caporal et ses hommes le respectent pour son bon sens, son dévouement et sa saine conception de l’autorité. Il assiste impuissant à l’effondrement de l’Empire et à la déroute de ses armées, que Zola attribue à l’incompétence de l’état-major, au manque de préparation des troupes et au rôle néfaste joué par l’impératrice Eugénie auprès de Napoléon III. C’est aussi l’histoire d’une amitié qui finira en drame entre Jean Macquart et l’un de ses soldats, l’intellectuel Maurice Levasseur. Le premier veut une France où règnent l’ordre et la sagesse ; le second souhaite mettre fin aux injustices et rêve de révolution. Ces divergences idéologiques ne les empêchent pas de s’aimer et de se respecter, chacun sauvant la vie de l’autre. Une fois la guerre finie, tous deux participent à la Commune, mais dans des camps différents. Lors de la Semaine sanglante, le versaillais Macquart blesse mortellement d’un coup de baïonnette un communard ; il s’aperçoit par la suite que c’est Levasseur. Jean Macquart, qui était sur le point d’épouser Henriette, sœur de Levasseur, quittera Paris et l’armée. On le retrouve ensuite dans Le Docteur Pascal, vivant en Provence et marié à une paysanne du nom de Mélanie Vial. Un peu comme dans Germinal, le roman se termine par une note d’espoir. Alors que Paris brûle et que Jean vient de perdre à la fois son meilleur ami et la jeune femme qu’il aimait, il a la sensation d’une aurore qui se lève, après la chute de la branche pourrie qui constituait l’Empire : « C’était le rajeunissement certain de l’éternelle nature, de l’éternelle humanité, le renouveau promis à qui espère et travaille, l’arbre qui jette une nouvelle tige puissante, quand on a coupé la branche pourrie, dont la sève empoisonnée jaunissait les feuilles… et Jean, le plus humble et le plus douloureux, s’en alla, marchant à l’avenir, à la grande et rude besogne de toute une France à refaire. » (source : Wikipédia).

Bel exemplaire sur grand papier en condition d'époque quasi parfaite.

Prix : 1.800 euros

mardi 30 octobre 2018

La Naissance Miraculeuse de la Chapelle de Bethleem en France fondée en l'Abbaye Royale de Saint-Pierre et Saint-Paul de Ferrières en Gâtinais (diocèse de Sens). Reliure de l'époque en parchemin. Très rare.


MORIN, Dom. Guillaume

LA NAISSANCE MIRACULEUSE DE LA CHAPELLE DE BETHLEEM EN FRANCE, fondée en l'Abbaye Royale de Saint-Pierre et Saint-Paul de Ferrieres en Gâtinais, au diocèse de Sens. Avec plusieurs Chartes des premiers Rois etc. Le tout recherché par Dom Guill. Morin, parisien religieux de ladite Abbaye. Dédiée à la Reine.

A Paris, Chez Gilles Blaisot, Imprimeur, 1610

1 volume in-12 (152 x 92 mm) de 2 pages de titre, 3 feuillets non chiffrés (épître à la Reine datée du 1er jour de Janvier 1610 et des vers (stances) à l'honneur du Bethleem des Français), 169-(3) pages.

Reliure de l'époque plein parchemin souple. Manque de parchemin en pied. Solide reliure. Traces d'anciennes mouillures sans gravité et peu visibles. Un coin de page découpé (pp. 35/36) sans atteinte au texte. Complet. Une belle vignette gravée sur bois dans un encadrement occupe le verso du titre daté 1610. L'autre titre, placé devant, est identique à l'autre mais porte la date de 1613.



ÉDITION ORIGINALE RARE.

Ferrières était le siège d’une célèbre abbaye bénédictine, fondée peut-être par Clovis. Son existence est attestée dès le début du VIIe siècle, elle aurait alors été fondée par des disciples de saint Colomban. Dans le Dictionnaire des abbayes et monastères publié en 1856 par l'abbé Migne, elle est décrite comme ayant été fondée en 630 par le duc Wandelbert sous le nom de Bethleem Ferrariæ qui signifie Bethléem de Ferrières. Selon la tradition, le premier sanctuaire édifié en ce lieu commémorait la vision miraculeuse des saints évangélistes Savinien et Potentien qui, la nuit de Noël, ont vu en songe la crèche de Bethléem. Dom Morin, Grand Prieur de Ferrières (depuis 1610) et auteur de cet ouvrage, cite un certain nombre de miracles, qui tendent à prouver que les pèlerins ne sont pas toujours déçus : Les témoins interrogés, touchant les miracles opérés par la miséricordieuse puissance de Notre-Dame de Bethléem, racontèrent qu'ils en avaient vu plusieurs, et qu'ils étaient même si fréquents que les gens ne sortaient plus de leur maison pour constater ces faits. […] Jean Moschefol assura pareillement que sa femme ayant mis au monde un enfant mort, le voua à Notre-Dame de Bethléem. Puis, l'ayant porté sur l'autel de la chapelle, se mit à prier et à conjurer la Vierge Marie de ressusciter son enfant. Or, une demi-heure s'était à peine écoulée qu'on s'aperçut que cet enfant vivait. Aussitôt on le baptisa et il vécut plus de dix ans. Mais les miracles recensés ne concernent pas que des enfants : L'an 1411, Pierre du Cymetière chargé par le roi Charles VI, de faire exécuter un arrêt du conseil privé par les habitants d'Orléans, fut saisi par ceux-ci et jeté dans la prison de la Tour-Neuve. Espérant peu du côté des hommes, et se souvenant des éclatants miracles qu'on disait opérés à Ferrières, il fit vœu en l'honneur de Notre-Dame de Bethléem. Or, à peine eut-il formulé son serment, que, soudain, une muraille s'ouvre devant lui, et le prisonnier s'évade au grand étonnement des Orléanais qui regardaient le fait comme impossible.  Morin a agrandi l'église en ajoutant les deux chapelles latérales. A sa mort, le 21 mai 1628, les moines ont déposé son corps dans cette chapelle qu'il avait fait édifier. Sur sa pierre tombale, il est représenté vêtu de la coule, large robe que les moines revêtent pour les offices. En haut, dans chaque angle, se trouvent les armes de sa famille.



Notre exemplaire a cette particularité de posséder les deux pages de titre, celle de l'édition originale de 1610 et celle de remise en vente de 1613, chez le même libraire. Il y a sur la page de titre datée 1613 un ex dono manuscrit de l'auteur (ex dono aucthoris) et un ex libris d'un frère de la Congrégation de St Maur à l'abbaye de Fleury située à Saint-Benoît-sur-Loire (Loiret). Il s'agit très probablement du premier possesseur de ce volume à qui l'auteur en aura fait don entre 1613 et son décès en 1628.

Référence : Seule la Bnf (Arsenal) semble posséder un exemplaire de cet ouvrage (absent des autres bibliothèques au CCfr) ; Jean Hubert, Nouveau recueil d'études d'archéologie et d'histoire, de la fin du monde, 1985, p. 282 et suiv. : "[...] Petit livre poétique et pieux plein d'une naïveté charmante.".



TRÈS BON EXEMPLAIRE CE RARE OUVRAGE.

Prix : 950 euros