mercredi 18 septembre 2019

Octave Uzanne. Les Zigzags d'un Curieux (1888). Bibliophilie et amour des livres. Exemplaire de dédicace offert au médecin Charles-Joseph Bouchard.


Octave UZANNE

LES ZIGZAGS D'UN CURIEUX. Causeries sur l'art des livres et la littérature d'art par Octave Uzanne.

Paris, Maison Quantin, 1888

1 volume in-12 (18 x 13 cm) de 307 pages. Broché. Frontispice par Félix Buhot. Très bon état. Quelques frottements à la couverture. Quelques rousseurs sur le pourtour du frontispice. Beau papier vergé.

Édition originale.

Tirage à 1.065 exemplaires.

Celui-ci, 1 des 1.000 exemplaires sur papier vergé de Hollande (n°994).


Le détail du tirage est le suivant : 1.000 ex. sur vergé de Hollande, 30 ex. sur Whatman, 30 ex. sur Japon et 5 ex. sur Chine (non mis dans le commerce).

Exemplaire de dédicace offert par l'auteur à l'un de ses médecins et amis : "au docteur Ch. Bouchard, un hommage sympathique en souvenir reconnaissant. 7 août 1892."


Outre un zigzag initial par Octave Uzanne (présentation du volume), on trouve dans ce volume les chapitres suivants : Les écrivains, le public et la réclame - Les Femmes bibliophiles -  Causons gravure (Henri Beraldi) - Les publications posthumes - A travers l'oeuvre de Honoré de Balzac - Les Bibliophiles collectionneurs - L'Hôtel Drouot et la curiosité - Les amateurs d'autographes.




Ce volume achevé d'imprimer le 15 mai 1888 regroupe des textes publiés pour la première fois dans la revue d'Octave Uzanne Le Livre entre le 1886 et 1888. Il est le pendant de Nos amis les livres paru deux ans plus tôt en 1886 et construit sur le même modèle (articles d'Octave Uzanne extraits du Livre entre 1884 et 1886).


Provenance : Bibliothèque du docteur Charles Bouchard (1837-1915).Il a été diplômé de la faculté de médecine de Lyon (il passe sa thèse en 1869). Il est élu membre de l'Académie de médecine de Paris en 1886 et membre de l'Académie des sciences en 1887. Médecin des hôpitaux à Bicêtre depuis 1874 il devient titulaire de la chaire de pathologie générale à la faculté de Paris en 1879. Sur quoi a-t-il travaillé plus particulièrement ? En 1882 il donne un ouvrage intitulé : Maladies par ralentissement de la nutrition. Il travaille également sur les auto-intoxications, il étudie les régimes alimentaires et les troubles digestifs sévères. Il aborde aussi les problèmes des maladies infectieuses et l’antisepsie. En 1892 Octave Uzanne a 41 ans. Il vient de vivre les 12 années les plus chargées en travail intellectuel de toute son existence, ayant mené à bien l'édition de plusieurs ouvrages de bibliophilie et successivement trois revues : Le Livre (1880-1889), Le Livre Moderne (1890-1891) et L'Art et l'Idée (1892). Ainsi s'achève un cycle de revuiste intense et qui le conduit progressivement vers un repos obligé mêlé à des envies de voyages lointains. 1892 est également l'année de pleine activité de la Société des Bibliophiles Contemporains qu'il a fondé à la fin de 1889 et qu'il dirige d'une main de fer. 1892 voit ainsi paraître pour cette société les Contes choisis de Guy de Maupassant. Que signifie ce "souvenir reconnaissant" adressé amicalement par Octave Uzanne au professeur Bouchard ? Il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'une reconnaissance liée à la médecine. Octave Uzanne a donc été soigné par le professeur Bouchard, mais pour quel mal ? Le hasard fait que nous avons retrouvé mention du docteur Bouchard dans plusieurs écrits publiés par Octave Uzanne. Le premier est extrait d'un article intitulé Avant les vendanges, le retour du vin, publié dans le Gil Blas du 30 septembre 1909. Il écrit à propos des bienfaits et des méfaits du vin : "La Faculté de médecine doit rigoureusement prescrire le vin après l'avoir proscrit. Je crois être bon prophète en disant qu'elle ne tardera pas à revenir de ses jugements injustifiés et à réhabiliter le produit de nos vignes, le vin de France, en affirmant ses vertus de panacée universelle, en faisant de nouveau chanter efficacement ses louanges, à la façon dont Homère chanta les bienfaits du fameux Népenthès. Déjà, certain docteur, qui est viticulteur au pays du Jurançon, cher à Henri IV, s'est mis à la tête d'un mouvement de réhabilitation du vin. Sa défense est ardente et logique. Elle apparaît sous la forme d'une communication qu'il eut la crânerie de faire à la Faculté de médecine de Paris, et qui mériterait d'être vulgarisée par des tirages innombrables d'exemplaires destinés à une générale distribution à tous nos compatriotes. Il réfute les études de Bouchard sur les échanges nutritifs dans l'arthritisme et la dilatation d'estomac, qui conduisirent tant de médecins à défendre le vin. Il démontre que l'arthritique et le névropathe ne doivent point compter sur l'eau pour les guérir, mais que ceux-ci, en activant leur circulation par un exercice quotidien, en marchant, respirant largement au grand air, doivent mériter le vin et en boire avec modération." Octave Uzanne s'oppose ici aux théories soutenues par Bouchard qui commandent l'interdiction du vin pour se bien porter. La deuxième mention du docteur Bouchard par Uzanne se trouve dans le Sottisier des Moeurs publié en 1911. Elle se trouve au chapitre intitulé Honorons nos appétits, la digestion psychologique. La voici : "Le mécanisme de la digestion est resté encore mystérieux pour nombre de médecins spécialistes, parmi ceux qui ont la sagesse de croire que la science est encore très éloignée d'avoir acquis toutes les certitudes sur les fonctions gastriques - les caprices de l'estomac dépistent souvent les plus autorisés des maîtres ; Potain avouait souvent n'y pouvoir rien comprendre, et Bouchard cherche encore parfois bien en vain à éclaircir les exigences stomachiques qui lui sont révélées par ses malades. Comment admettre, en effet, qu'un dispeptique au dernier degré, incapable de supporter un blanc de poulet ou d'assimiler un litre de lait, puisse désirer, ingérer et tolérer, par une digestion sans douleur, un coriace hareng-saur, sinon un pesant morceau de homard ? Devant de tels faits la science informe, et cependant tous les gastrologistes savent combien ils sont fréquents. Or, il paraît que nous possédions les idées les plus fausses qu'on puisse imaginer sur le processus de la digestion. [...]". La chose nous paraît entendue, Octave Uzanne a consulté Bouchard pour des problèmes digestifs. Problèmes digestifs que le docteur a certainement dû résoudre, tout ou en partie, compte tenu du "souvenir reconnaissant" qu'Uzanne lui offre au travers de ce modeste volume. Que sait-on d'Octave Uzanne et de son alimentation ? Il écrit à son frère Jospeh en 1909 : "[...] J’adore l’hôtel, j’y suis heureux et si libre, mais je suis devenu si amoureux de sobriété, de vie végétarienne le soir que j’ai trop de tentations de céder à mes appétits gloutons à table et ici la cuisine est trop tentatrice. [...]" Il avoue ses appétits gloutons d'avant 1909 ... En 1888, dans son Miroir du Monde, il s'avoue gastrolâtre ! Tout comme Uzanne se définissait féminolâtre à la même époque. Uzanne aime les femmes ! Uzanne aime manger ! Uzanne est un épicurien ! Voici ce qu'il écrit à ce sujet en 1888 : "D'après le dictionnaire de l'Académie, le mot Gourmand est synonyme de goulu et de glouton ; mais tous les gastrolâtres protestent contre cette acception ; il leur semble que cette définition n'est pas rigoureusement exacte et que l'on doit réserver les épithètes de glouton et de goulu pour caractériser l'intempérance et l'insatiable avidité. Selon les physiologistes du goût ... et par suite de la goutte, le terme de gourmand mérite de recevoir dans le monde poli une acception beaucoup moins défavorable et aussi beaucoup plus noble. A leur dire, le gourmand n'est pas seulement l'être que la nature a doué d'un excellent estomac et d'un vaste appétit, — tous les hommes robustes et bien constitués étant dans ce cas, — mais c'est bien au contraire celui qui joint à un estomac, parfois même médiocre, le goût éclairé dont le premier principe réside dans un palais singulièrement délicat, mûri par une longue expérience." En mars 1907 il écrit encore à son frère depuis le Cannet : "[...] En résumé, je puis bien me soigner ici, prendre la nourriture qui me convient [...]". Peut-être encore plus flagrant comme aveu de son mal endémique, il écrit à son frère en mars 1909 : "ce n’est pas seulement sa nourriture et son estomac qu’il faut surveiller, c’est sa vie et son travail – il faut s’aérer, marcher quand même, faire manœuvrer ses muscles et se donner tous les soins d’hygiène nécessaire. [...]". On apprend ainsi entre 1907 et 1910 qu'Octave Uzanne de diverses préparations médicamenteuses ou naturelles pour venir à bout de ces maux digestifs récurrents : huile de ricin, boisson de houblon, fruits cuits, lait, quassia amara, huile d'olive, lavements d'huile, huile de foie de morue, etc. 


Très bon exemplaire.

Prix : 350 euros

Alfred Rambaud. L'anneau de César. Mémoires d'un soldat de Vercingétorix (1893). Bataille d'Alésia. Bel exemplaire en cartonnage éditeur à plat historié.


Alfred Rambaud.

L'anneau de César. Mémoires d'un soldat de Vercingétorix. 80 illustrations de George Roux.

Bibliothèque d'éducation et de récréation J. Hetzel et Cie, Paris, s.d. (1893)

1 volume grand in-8 (28 x 19 cm) de 458 pages. Nombreuses illustrations en noir dans le texte et hors-texte. Catalogue Hetzel GU relié in fine (nouveautés pour 1893-1894). 

Cartonnage éditeur polychrome à plat historié pleine percaline rouge, dos décoré polychrome, tranches dorées (lingot). Excellent état de la reliure restée très fraîche. Quelques marques et traces sans gravité. Les ors et couleurs du premier sont parfaitement conservés. Intérieur très frais. Quelques rousseurs uniquement aux premiers feuillets, sans gravité. Sinon très frais.

Edition originale en librairie.


Alfred Rambaud (1842-1905) était un historien français et homme politique. Son Anneau de César est un roman basé sur l'histoire de la conquête des Gaules par César, les dernières batailles de l'armée coalisées avec Vercingétorix comme chef. La bataille d'Alésia occupe les derniers chapitres. Cet ouvrage a été couronné par l'Académie Française et a obtenu le prix Montyon. L'auteur y fait preuve d'une grande érudition dans les descriptions. Aujourd'hui certains éléments historiques avancés apparaissent comme empreints d'un nationalisme outré lié au contexte de l'époque. Léon Bloy a beaucoup apprécié la lecture de ce livre (voir son Journal inédit). Rambaud fut nommé ministre de l'instruction publique (1896-1898). Originaire de Besançon, il fut élu sénateur du Doubs (1895).


Bel exemplaire en cartonnage éditeur resté très frais.

Prix : 185 euros

mardi 17 septembre 2019

Madame d'Aulnoy. Histoire de Jean de Bourbon, Prince de Carency (1692). Superbe exemplaire finement relié (reliure anglaise) au XIXe siècle dans le style du XVIIIe siècle.


[Madame d'Aulnoy, Marie-Catherine Le Jumel de Barneville, baronne d’Aulnoy, dite]

Histoire de Jean de Bourbon, Prince de Carency. Par l'auteur des Mémoires et Voyages d'Espagne [Madame d'Aulnoy].

A La Haye, chez Jean Alberts, 1692

2 parties en 1 volume in-12 (13,5 x 7,5 cm - Hauteur des marges : 132 mm.) de 498-(2) pages. Pagination continue (la seconde partie - page 259 - possède sa propre page de titre comprise dans la pagination). Les deux dernières pages sont un catalogue des livres qui se trouvent chez le libraire Jean Aelberts (sic).


Reliure plein maroquin vert, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, pièce de titre, triple-filet doré en encadrement des plats, filet doré sur les coupes, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier peigne, tranches dorées (fine reliure non signée, probablement anglaise, exécutée vers 1840 ? 1850 ? à l'imitation des reliures françaises du XVIIIe siècle - reliure parfaitement réalisée sortant probablement d'un atelier anglais réputé - peut-être RIVIERE (?) à ses débuts. Reliure parfaitement conservée. Intérieur parfait.


Une des éditions données à l'étranger à la date de 1692.

La première édition de ce texte a été donnée en France par le libraire Claude Barbin (3 volumes in-12) la même année.


L'une des longues nouvelles historiques dont Madame d'Aulnoy (1651-1705) avait le secret. Ce roman historique a pour sujet l'histoire de Jean de Bourbon. Jean de Bourbon-Vendôme (1378-1457), le troisième fils de Catherine de Vendôme et de Jean Ier de Bourbon (né en 1344 - mort le 11 juin 1393, comte de La Marche (Jean Ier : 1362-1393), de Vendôme et de Castres (Jean VII : 1372-1393), pair de France), lui-même fils de Jacques Ier, comte de La Marche, et de Jeanne de Châtillon-Saint-Pol, dame de Leuze, Condé, Duisant et Carency, ces trois personnages de la Maison de Bourbon étant des ancêtres par les mâles du roi de France Henri IV. Une note manuscrite à la plume sur le premier feuillet blanc indique : "Jean de Bourbon, seigneur de Carency en Artois, d'Aubigny, de Bucquoy, etc., chambellan du roy Charles VI, troisième fils de Jean de Bourbon comte de la Marche et de Catherine comtesse de Vendôme, né circa 1367, accompagna ses deux frères ainés en Angleterre pour faire la guerre au roy Henry IV usurpateur de la couronne sur Richard II, conduisit en Suisse la reine de Chypre avant le mois de janvier 1455."


Madame d'Aulnoy est plus connue aujourd'hui pour ses contes des fées que pour ses romans historiques à rallonge pourtant estimables mais tombés aujourd'hui dans les oubliettes de la littérature.


Contemporaine de Madame de La Fayette et de la marquise de Sévigné, liée d’amitié avec Saint-Évremond et avec plusieurs conteuses du siècle comme Henriette-Julie de Murat et Marie-Jeanne L’Héritier, Marie-Catherine d’Aulnoy publie, dès 1690, ses premiers récits : les Mémoires sur la cour d’Espagne, l’Histoire d’Hippolyte, comte de Douglas ou la Relation du voyage d’Espagne (1691), les Mémoires des aventures de la cour de France (1692), les Mémoires secrets de plusieurs grands princes de la cour (1696). Ces productions littéraires estimées (à l'époque) sont suivies des contes qui ont assuré sa notoriété. Après le succès des Contes de ma mère l’Oye de Charles Perrault en 1697, elle fait paraître les quatre volumes des Contes des fées, suivis des Contes nouveaux ou les Fées à la mode, respectivement parus en 1697 et 1698 et qui lui valent la célébrité, jusqu’à surpasser Perrault selon certains (Sophie Raynard, La Seconde Préciosité : floraison des conteuses de 1690 à 1756, Tübingen, Gunter Narr Verlag, 2002, 512 p.). 

Provenances anglaises : des bibliothèques Ralph William Grey (1819-1869), homme politique britannique (avec son ex libris gravé armorié) et Robert J. Hayhurst (avec son ex libris gravé).


Superbe exemplaire. Petit bijou bibliophilique parfaitement conservé.

Prix : 1.350 euros

vendredi 13 septembre 2019

Pierre Manuel. La Police de Paris dévoilée (1791). Dénonciation des abus du pouvoir d'ancien régime en matière de police (presse, librairie, etc.), lettres de cachet et emprisonnement abusif.


Pierre-Louis Manuel.

La Police de Paris dévoilée, par Pierre Manuel, l'un des Administrateurs de 1789. Avec gravure et tableaux.

A Paris, chez Garnery, libraire, à Strasbourg chez Treuttel, à Londres, chez de Boffe, l'an second de la liberté (1791) [de l'imprimerie de Fiévée, rue Serpente, n°17 - qui est aussi l'adresse du libraire Garnery].

2 volumes in-8 (21,5 x 14 cm) brochés de 402-(3) et 330 (mal chiffrée 230)-(3) pages. Frontispice gravé. Tableaux dépliants. Couvertures d'époque de papier rose. Couverture usagée avec manques et en partie détachées, dos fendillés, non rogné. Quelques coins roulés en début et en fin des volumes. Intérieur frais. Complet.

Édition originale.


La plupart des catalogues (y compris le catalogue de la Bnf / Gallica et d'anciens catalogues de vente) ont confondu l'an second de la liberté (1791) avec l'an second de la République (1793). La Police de Paris dévoilée a paru à la fin du mois de juin 1791 (voir les Révolutions de Paris qui en informe ses lecteurs après la date du 22 juin). Louis Prudhomme écrit alors : "Cet ouvrage attestera à la postérité l'infamie des rois, et tout l'odieux d'un gouvernement pourri. Le seul règne et Louis XVI fournit une carrière de seize années de crimes et de lettres de cachet qui, presque toutes, ont eu pour objet la proscription de têtes innocentes. Tantôt ce sont d'honnêtes gens, [...], Pierre Manuel a eu besoin de tout son courage pour fouiller dans la sentine de la police, et en tirer des noms flétris, qui naguère étaient encore respectés. L'article de la police sur la librairie suffirait seul pour prouver à quel degré d'avilissement était tombé le gouvernement français. Au soin qu'on prenait pour enchaîner la presse, étouffer la voix de ceux qui avaient encore la force de se plaindre, on sent que le crime était sur le trône, et que le peuple avait la gorge sous le couteau des tyrans. Le plus léger soupçon suffisait pour exposer l'asile d'un imprimeur, d'un libraire, à être pillé par une brigade d'espions, de voleurs et de commissaires. [...]. La police des prêtres et des moines est un objet de scandale et de turpitudes, qui justifie pleinement la réforme du clergé [...]."


Après avoir participé activement aux événements de juillet 1789, il devient membre de la municipalité provisoire de Paris, et  « administrateur de la police, du département de la librairie, des spectacles et attributions accessoires » ; il intègre le club des Jacobins. En septembre 1791, il est élu procureur syndic de la municipalité de Paris, responsable de l’exécution des lois et arrêtés. Suspendu un temps par le directoire du département de Paris, il est défendu par la Législative qui lui rend sa place. Bras droit du maire Pétion, il l'accompagne de son action. Il est ainsi l'un des instigateurs de la journée du 20 juin 1792. Le 30 juillet, la Législative décrète la suppression de la Commune, mais, menacée d'une insurrection par Manuel, elle n'en fait rien. Il soutient toujours l'action de Pétion et des 47 sections lors des journées du 3 au 10 août 1792 comme membre de la commune insurrectionnelle. Le 13 août, il est nommé procureur syndic de la Commune de Paris et après en avoir fait proposition devant l'Assemblée, il escorte Louis XVI à la prison du Temple. Il est jusqu'à sa mort en fréquente relation avec le souverain déchu auquel il apprend en personne l'instauration de la République. Chargé par le conseil général de l'Assemblée d'assurer la tranquillité du Temple le 3 septembre, son rôle dans les massacres de Septembre est controversé. Certains témoignages l'accusent de laxisme, d'autres, comme celui de Pierre-Jean-Baptiste Nougaret, lui prêtent une complicité avec les massacreurs. Selon d'autres sources, peu avant les Massacres, il requiert la sortie des prisonniers pour dette ainsi que celle de Mme de Tourzel et de Jean-Jacques Duval d'Éprémesnil. Il se défend avec véhémence de toute responsabilité dans les événements, accuse la ville de Paris d'être complice, selon ses termes, de cette « Saint-Barthélémy des Français » et ses propos suscitent une dispute au club des Jacobins avec son collègue Jacques Alexis Thuriot. Élu à la Convention nationale, comme député de la Seine, il est nommé « commissaire chargé de rendre compte de l'état de la ville de Paris », puis suppléant au Comité d’instruction publique. Il obtient la suppression de la croix de Saint-Louis mais sa proposition de vente du château de Versailles est refusée. Son attitude envers le roi se modifie ouvertement dès le 7 novembre lorsque le député Mailhe présente un projet de décret sur le jugement du roi et les formes pour y procéder. Manuel propose que tout défenseur de Louis XVI soit sous la sauvegarde de la loi. Le 3 décembre, il donne son avis sur le sort de Louis XVI et le 6, il déclare à la Convention : « La Convention nationale ne peut commettre un assassinat. Je demande que Louis XVI soit entendu. » Ses interventions en faveur du roi font croire un moment qu’il est devenu fou. Le 15 décembre, il est exclu du Club des Jacobins. Un mois plus tard, en dépit de ses positions affichées, il vote la culpabilité du roi comme tous ses collègues. Le lendemain, il vote pour la ratification du jugement du peuple, le 17 janvier, pour la détention dans un fort ailleurs qu’à Paris, puis la déportation. Aussitôt que la peine de mort fut prononcée contre le roi Louis XVI, il quitta la salle et envoya sa démission par lettre. Les membres de la Montagne l’accusent en tant que secrétaire de séance, d’avoir tenté de falsifier les résultats de l’appel nominal. Il se retire à Montargis, où il est l'objet d'une tentative d'assassinat en mars 1793. Retiré de la vie politique, il se serait rendu selon Nougaret dans un château à Fontainebleau. Il est finalement arrêté le 20 août 1793 à Montargis où il se tenait caché. Transféré à Paris, à la prison de l'Abbaye. il comparaît devant le Tribunal révolutionnaire. Condamné à la peine de mort pour avoir voulu sauver le roi et coupable de conspiration contre la République, il est guillotiné le 24 brumaire an II (14 novembre 1793). Il était âgé de 42 ans. Il a été l'éditeur des Lettres originales de Mirabeau : écrites du donjon de Vincennes [à] Sophie Ruffey, marquise de Monnier (Paris, Garnery, 1792).






Bon exemplaire conservé dans son brochage de l'époque de cet ouvrage passionnant.

Prix : 595 euros



Charles Londe. Gymnastique médicale (1821), ou l'exercice appliqué aux organes de l'homme, d'après les lois de la physiologie, de l'hygiène et de la thérapeutique. Bel exemplaire relié à l'époque avec dédicace autographe de l'auteur.


Charles Londe.

Gymnastique médicale, ou l'exercice appliqué aux organes de l'homme, d'après les lois de la physiologie, de l'hygiène et de la thérapeutique ; par Charles Londe, docteur en médecine de la faculté de Paris, etc.

A Paris, chez Croullebois, 1821 [de l'imprimerie de Crapelet].

1 volume in-8 (21,5 x 13) de X-351 pages.

Reliure de l'époque demi-veau glacé aubergine, dos orné aux petits fers dorés, plats de papier marbré, doublures et gardes de papier caillouté. Belle reliure fraîche. Coins légèrement émoussés. Intérieur frais. Rares rousseurs. Beau papier vergé chiffon.

Édition originale.

Exemplaire de dédicace offert par l'auteur à Monsieur Begot "hommage d'un respectueux et inaltérable attachement."


"On rencontre déjà dans cet ouvrage une critique sévère des livres et des institutions de gymnastique qui s'étaient répandus en France d'après les idées de Guts-Muths" (Dally, Cinésiologie, 1857). Johann Christoph Friedrich GutsMuths, dit aussi Guts Muths ou Gutsmuths (1759-1839) était un pédagogue allemand, l'un des fondateurs du mouvement gymnique allemand. Il est connu surtout pour son rôle dans le développement de l'éducation physique. Gutsmuths a introduit des exercices physiques systématiques dans les programmes d'études scolaires et a développé les principes fondamentaux de la gymnastique artistique. Charles Londe (1795-1862) écrit dans son introduction : "J'ai particulièrement pour objet, dans ce travail, de rechercher l'influence de l'exercice sur nos organes, leurs facultés, leurs fonctions, leurs altérations ; de rappeler l'attention sur des ressources bien précieuses et trop négligées, de tracer sur leur emploi quelques règles plus individuelles qu'on ne l'a fait jusqu'à présent, de jeter, si mes faibles moyens le permettent, une clarté salutaire sur quelques points de la physiologie hygiénique, d'appliquer à d'autres, sinon des idées nouvelles, du moins un langage moins contradictoire et plus convenable." Dans la première partie l'auteur recherche les effets que produit l'exercice des fonctions sensorielles sur les agents de ces fonctions (fonctions nutritives et leurs organes). Dans la seconde partie l'auteur étudie l'application des exercices à l'homme malade dans le but de le guérir par cette voie. L'auteur passe en revue les différents exercices physiques possibles : marche, danse, course, saut, chasse, escrime, natation, lutte, pugilat, disque, palet, boules, quilles, balle, billard, jeu de volant, chant, musique, ainsi que les exercices dits passifs physiologique tels que la digestion, la respiration. Il traite aussi des bienfaits de l'équitation. Plusieurs chapitres sont consacrés aux gymnases modernes. Des frictions et onctions (massages - l'auteur consacrera d'autres ouvrages aux massages).


"En France, Rousseau avait produit un grand mouvement en faveur de l'éducation. Les écrits d'Amar-Durivier et Jauffret, Tissot, Londe, Bérard, Royer-Collard, Clias (1819-1842) précédèrent la fondation de la gymnastique en France par Amoros. A la même époque, le Suédois Ling (1776-1839), avec les principes qu'il avait, pris en Danemark à l'école de Nachtigall et les traditions chinoises, indiennes et grecques, fonda l'école suédoise. Ses principes sont ceux de Platon, mais la réalisation de son système est tout à fait empreinte du milieu de l'Extrême-Nord dans lequel il s'est développé ; sa gymnastique, plutôt médicale qu'éducatrice, n'a pu évoluer à cause du respect exagéré de ses successeurs pour les traditions. [...]. Les ouvrages de Londe, de N. Dally, de Bouvier, de Blache, de Boyer-Collard, Bouchardat, Tardieu, Michel Lévy, Foissac, Demarquay, et les thèses nombreuses présentées sur le sujet, sont une preuve du mouvement important qui se produisit en France de 1819 à 1854 et aboutit à un décret rendant la gymnastique obligatoire dans les lycées de l'empire." (Extrait de la définition du mot Gymnastique dans le Nouveau dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, sous la direction de Ferdinand Buisson, 1911).



Bel exemplaire.

Prix : 550 euros


jeudi 12 septembre 2019

Frederic M. Halford. Modern Development of the Dry Fly (1910). The New Dry Fly patterns. The manipulation of dressind them and Practical Experiences of their use. Bel exemplaire.


[Fly fishing] Frederic M. Halford.

Modern Development of the Dry Fly. The New Dry Fly patterns. The manipulation of dressind them and Practical Experiences of their use, by Frederic M. Halford.

London, George Routledge and Sons, n.d. (1910)

1 volume in-8 (23 x 16 cm) de VIII-219 pages. 43 planches hors-texte dont plusieurs planches de mouches artificielles et nombreuses héliogravures. 9 chromolithographed plates of fishing flies, 18 plates of colour charts & 17 photogravure plates (incl. frontis. portrait, some sepia)

Reliure pleine toile bleue de l'éditeur, auteur et titre dorés au dos, tête dorée. Reliure fraîche très bien conservée (le dos n'est pas passé). Intérieur frais. Rares rousseurs. Beau papier.

First edition.

Exemplaire du tirage courant après 50 exemplaires de luxe (non mentionnés). pour les USA et 75 exemplaires pour l'Angleterre, en 2 volumes et signés par l'auteur.


"During 1902 Halford collected a very large number of specimens of flies on which the rising trout were feeding and preserved them in formalin which he had read about in an article in the Field in 1901. He then worked out the new patterns with the local fly-dresser reproducing as nearly as possible the precise shades of colour of the natural insect. He fished with these flies only from 1903 to 1909 with great success." (Chet Ross Rare Books description).


Contents : Part I. The Halford Dry Fly patterns. Part II. The Halford Dry Fly patterns in use.






Bel exemplaire de ce superbe livre sur l'art de la pêche à la mouche par un maître de ce sport-passion.

Prix : 495 euros


F. M. Halford. Dry-Fly Entomology (1902), leading types of natural insects serving as food for trout and grayling with the 100 best patterns of floating flies and the various methods of dressing them, by Frederic M. Halford. The Halford Dry Fly Series N°2. Second edition revised.


[Fly fishing] Frederic M. Halford.

Dry-Fly Entomology, leading types of natural insects serving as food for trout and grayling with the 100 best patterns of floating flies and the various methods of dressing them, by Frederic M. Halford. The Halford Dry Fly Series N°2. Second edition revised.

London, Winton & Co., 1902

1 volume in-8 (22 x 15X cm) de XII-323 pages. 28 planches hors-texte (photos ou héliogravures) dont les planches XIX à XXVIII qui sont de très belles reproductions en couleurs de montages de mouches articifielles (100 modèles sont expliqués). 2 tableaux dépliants.

Cartonnage éditeur pleine percaline fine bleue nuit. Titre doré sur le premier plat et au dos. Quelques légères traces à la reliure qui est en très bon état. Intérieur frais. Quelques rousseurs. Complet.

Second edition. 

First published 1897.

English edition. Texte en anglais.


Table of contents : Leading types of natural insects serving as food for trout and grayling - the hundred best patterns of floating flies (imitations of natural insects - fancy flies - dry-fly dressing).

Frederic Michael Halford (13 April 1844 – 5 March 1914), pseudonym Detached Badger, was a wealthy and influential British angler and fly fishing author. Halford is most noted for his development and promotion of the dry fly technique on English chalk streams. He is generally accepted as "The Father of Modern Dry Fly Fishing." John Waller Hills, A History of Fly Fishing for Trout (1921) called Halford "The Historian of the Dry Fly". (source : Wikipédia)





Cet ouvrage n'a pas été traduit en français.

Très belles illustrations de reproductions de mouches artificielles.

Bel exemplaire de cet ouvrage capital pour la science entomologique des mouches pour la pêche.

Prix : 495 euros