lundi 29 janvier 2024

TITINE. Histoire d'un viol. Illustré de quarante dessins, neuf eaux-fortes et dix-huit lettrines de Louis-Robert Antral. Paris, Editions André, 1922. Un des 40 exemplaires sur Hollande Van Gelder réimposé au format 20 x 25 cm contenant une suite des premier et deuxième états des eaux-fortes, une suite des états définitifs contresignés par l'artiste, et une double couverture dont une avant la lettre (soit un ensemble de 34 eaux-fortes). Bel exemplaire imprimé au nom de M. Max Fischer.


MACHARD, Alfred | ANTRAL

TITINE. Histoire d'un viol. Illustré de quarante dessins, neuf eaux-fortes et dix-huit lettrines de Louis-Robert Antral.

Paris, Editions André, 1922

1 volume in-4 (25,5 x 21 cm) de (8)-180-(6) pages. 8 eaux-fortes et 1 eau-forte en couverture.

Reliure de l'époque demi-chagrin rouge à coins, dos à quatre nerfs, tête dorée, non rogné. Couverture illustrée d'une eau-forte en plein. Dos insolé éclairci (petite insolation sur le second plat également), minimes frottements à la reliure qui est en excellent état néanmoins. Intérieur très frais.


Première édition illustée.

Tirage à 575 exemplaires.

Celui-ci, un des 40 exemplaires sur Hollande Van Gelder réimposé au format 20 x 25 cm contenant une suite des premier et deuxième états des eaux-fortes, une suite des états définitifs contresignés par l'artiste, et une double couverture dont une avant la lettre (soit un ensemble de 34 eaux-fortes).

Notre exemplaire contient en outre relié à la fin du volume une eau-forte supplémentaire refusée.

Exemplaire nominatif imprimé au nom de M. Alex Fischer (homme de lettres et directeur littéraire avec son frère Max Fischer des Editions Flammarion)


Cet ouvrage a paru pour la première fois dans le Mercure de France en 1913 sous le parfum du scandale. Titine, histoire d'un viol, est un roman écrit dans la langue populaire des faubourgs de Paris où le dialogue tient la première place.

"Le chef d'oeuvre du jeune maître, cette histoire d'un viol, terriblement d'actualité, illustrée par le rude crayon d'Antral ! Un beau livre." (Rachilde)









Alfred Machard (1887-1962), né à Paris, a découvert et mis dans son œuvre les bambins de faubourgs et les gamins de Paris, leur âme collective, leurs chagrins, leurs passions, leur imagination et leur blague, leur argot aussi et trop souvent leur candide perversité : Frimousses ; L'Epopée du faubourg ; les Cent gosses ; Titine ; Bout-de-Bibi, enfant terrible ; La Guerre des mêmes ; Trique, gamin de Paris ; Popaul et Virginie ; Souris l'arpète ; Poucette ou le plus jeune détective du monde ; le Loup-garou (histoire sentimentale et non indécente d'un bagnard). Le romancier des gosses n'a pas su se maintenir dans les limites du réalisme où se confinent ordinairement les écrivains de cet acabit : il a glissé dans l'obscénité la plus honteuse, tellement qu'il a encouru le mépris de tous, en publiant Printemps sexuels. (in Romans à lire et Romans à proscrire, par l'abbé Louis Bethléem)

Robert Antral (1895-1939) donne ici une illustration naturaliste très tourmentée collant parfaitement au texte. Il illustra également Mac Orlan, Maurice Genevoix, ou encore Henry de Monfreid. Il était également peintre, graveur et lithographe. Il mourut prématurément de maladie à l'âge de 44 ans. « "C’était le type même de « l’indépendant ». Sa silhouette, son vêtement, son allure de frondeur anarchiste le désignait à ce rôle. »" (Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier mouvement social, consulté en ligne).





Provenance : de la bibliothèque de l'homme de lettres Alex Fischer (Alex James Abraham Eliezer) Fischer né à Paris le 20 mai 18813 et décédé à Paris 16e le 3 avril 1935. Il fut avec son frère directeur des éditions Flammarion, romancier et conteur d'histoire humoristiques.

Bel exemplaire du tirage sur Hollande avec triple suite et une eau-forte refusée.

Prix : 950 euros

mercredi 24 janvier 2024

Le Livre des Convalescents. Dessins de Henri Pille. Préfaces de Armand Silvestre et de Touchatout. Paris, Tresse éditeur, 1885 [de l'imprimerie Darantière à Dijon | achevé d'imprimer le 30 mai 1885]. Exemplaire de dédicace offert par l'auteur, Coquelin Cadet à son ami le pianiste Jacques Dusautoy (Du Sautoy) : "à Jacques Du Sautoy, cet oiseau rare ... un pianiste charmant ! son ami Coquelin Cadet". Recueil de blagues potaches, graveleuses et scatalogiques. Humour. Bel exemplaire relié à l'époque.


COQUELIN CADET (Pirouette) | PILLE, Henri (illustrateur) | SILVESTRE, Armand (Préface) | TOUCHATOUT (Préface)

Le Livre des Convalescents. Dessins de  Henri Pille. Préfaces de Armand Silvestre et de Touchatout.

Paris, Tresse éditeur, 1885 [de l'imprimerie Darantière à Dijon | achevé d'imprimer le 30 mai 1885]

1 volume grand in-8 (25 x 17 cm) de XVI-402-(2) pages. Nombreuses illustrations dans le texte.

Reliure strictement de l'époque demi-chagrin rouge, dos à nerfs orné de fleurons dorés, filets dorés, tête poncée, non rogné pour les autres tranches. Reliure fraîche, légers frottements sur les coupes. Intérieur frais avec quelques rousseurs éparses. Beau papier vélin blanc. Ex libris (tampon sur la page de titre et ex libris contrecollé) moderne.


Tirage à 1.115 exemplaires.

Celui-ci, un des 1.100 exemplaires sur papier vélin numérotés.

Il a été tiré 15 exemplaires sur Japon.

Exemplaire de dédicace offert par l'auteur, Coquelin Cadet à son ami le pianiste Jacques Dusautoy (Du Sautoy) : "à Jacques Du Sautoy, cet oiseau rare ... un pianiste charmant ! son ami Coquelin Cadet"










Ce recueil de blagues potaches, graveleuses et souvent scatologiques, de traits moqueurs sur divers personnages de son temps (notamment Sarah Bernhardt et d'autres), a paru pour la première fois en 1880. C'est ici la seconde édition. 

"Nous vivons, en effet, dans un temps si particulièrement morose que ceux-là me semblent faire une bonne action qui, se souvenant que "rire est le propre de l'homme", s'efforcent à dérider ce grand lac d'ennui et à en illuminer la surface d'un clair rayon de beau soleil." (Armand Silvestre, 16 mai 1885)

"Je n'ai pas à redire ce que je pense de ces histoires que les gens bégueules trouveront peut-être quelquefois un peu salées, puisqu'elles ont presque toutes subi la censure du Tintamarre, qui passe pour être assez bonne fille. C'est là un genre de ... naturalisme dont je raffole, on le sait ; car j'ai toujours pensé qu'il fallait cent fois plus d'esprit pour péter à propos, que pour parler sans raison, et qu'un pet bien plein valait mieux qu'une phrase creuse." (Touchatout, janvier 1880, Préface à la première édition qui se trouve également placée en tête dans ce volume).

On trouve dans ce volume disparate des Joyesetés Fantasques, des Souvenirs de l'Exposition, des vues sur les Drapeaux, le Théâtre, la Seine, un Sarah-Bernhardtiana, des Conseils, des vues sur l'Angleterre, des Pensées et Déginitions, des Facéties d'hiver, etc.

"Un apothicaire vient d'inventer une liqueur qui fait revivre les pendus ; c'est du bromure de pentencium. [...] Saviez-vous que les vidangeurs accommodassent les adverbes à leur fantaisie ? Ils disent : "Je vous suis excrémement obligé !" [...] J'entendais dans un water-closet à 15 centimes ce cri d'un constipé vaincu : Qu'ils sont heureux les chieurs de long !" [...] Je lis sur les prospectus d'hiver d'un tailleur pour chiens : Gâteuses pour vieilles levrettes. [...] J'aime les très grosses femmes parce que quand elle s'en vont on les voit longtemps s'en aller. [...]" (extraits)

Coquelin Cadet consacre tout un chapitre à Sarah Bernhardt dont il se moque hardiment en faisant référence à sa maigreur légendaire. "Quand aime Sarah Bernhardt, on peut dire que l'amour tient à un fil [...] Sarah Bernhardt se mettant au bain : - Un coup d'épée dans l'eau. [...] Sarah Bernhardt c'est le plat du jour [...] Sarah Bernhardt, c'est le sec plus ultra ! [...] etc. (extraits)






Provenance : de la bibliothèque du pianiste et compositeur Jacques Du Sautoy ou plutôt Dusautoy (1850-1915) avec envoi de Coquelin Cadet sur la première garde. Painiste et compositeur aujourd'hui oublié, Dusautoy était membre des Hydropathes et a composé plusieurs pièces pour le piano. Il a mis en musique des textes d'Armand Silvestre et on lui doit quelques adaptations symphoniques (Sonnets d'Arvers et Papillons bleus notamment), une barcarolle pour piano (Minuit), etc. Dusautoy a réalisé quelques transcriptions pour piano d'œuvres de Tchaïkovski, au sujet desquelles les deux hommes ont correspondu à la fin des années 1880 et au début des années 1890 ; ex libris moderne.

Coquelin Cadet (1848-1909) était le spécialiste du monologue sur scène. Il joue à la Comédie Française (1867) et passe ensuite au théâtre des Variétés où il joue des vaudevilles dont ceux d'Eugène Labiche. Il devient sociétaire de la Comédie Française en 1879 et joue Molière. Spécialisé dans le monologue, qu'il découvre en écoutant Charles Cros lire son poème Le Hareng saur, art sur lequel il a écrit deux livres, Le Monologue moderne (1881) et L'Art de dire le monologue (1884), il a porté de nombreux monologues sur la scène, parmi lesquels ceux de Feydeau : Le Potache et Patte en l’air, Les Réformes, Tout à Brown-Séquard, Un Monsieur qui est condamné à mort et Un Monsieur qui n'aime pas les monologues. En 1908, Coquelin cadet est interné dans une maison de santé à Suresnes, où il meurt le 8 février 1909.

Bel exemplaire de dédicace pour ce volume précurseur des recueils de blagues potaches et graveleuses.

Prix : 450 euros

mardi 23 janvier 2024

Alice Ozy, par Louis Loviot (1910). Biographie. Un des 15 exemplaires de tête imprimés sur papier du Japon. Bel exemplaire broché, tel que paru. Edition originale. Une jeune comédienne qui résista aux avances de Victor Hugo !



LOVIOT, Louis [Alice OZY]

ALICE OZY

Paris, Les Bibliophiles Fantaisistes, Dorbon Aîné, 1910

1 volume in-8 (25,5 x 16,5 cm) broché de 117-(1)-(8) pages. 4 illustrations hors-texte contecollées. Couverture imprimée d'une vignette gravée d'après Armand Rassenfosse pour les Bibliophiles Fantaisistes. Exemplaire en grande partie non coupé, à l'état proche du neuf.

Edition originale.

Tirage à 500 exemplaires.

Celui-ci, un des 15 exemplaires de tête sur Japon (numérotés au composteur).






Alice Ozy, de son vrai nom Julie Justine Pilloy, était la fille d'un fabricant et négociant en bijoux et de l'actrice Charlotte Amédée Ozi. Elle descend du chancelier de Maupéou et est alliée par les femmes aux Montmorency. Elle voit le jour à Paris le 6 août 1820 et ses parents se séparent peu de temps après sa naissance. Ses parents mènent une vie cahotique et la petite Alice suit les tournées de sa mère dans les années 1828-1830. Elle est mise en apprentissage dans un atelier de broderie à Paris qu’elle doit quitter brusquement alors qu’elle a à peine douze ans, après avoir subi les assauts inconvenants du patron.​ Elle est ensuite conduite à Lyon chez la soeur de sa mère où elle poursuit la broderie sur or et argent. Après trois années à Lyon, où son charme ne laisse pas indifférents les clients et les passants, elle revient à Paris. Sa rencontre, à seize ans, avec Brindeau, jeune comédien de vingt-deux ans, à la Grande-Chaumière ou à La Chartreuse, où l’on dansait sur le boulevard du Montparnasse, va décider de l’orientation de sa carrière. Celui-ci convainc celle qui est devenue sa maitresse de devenir comédienne, lui donne quelques cours et lui obtient des « utilités », voire de tout petits rôles. Au patronyme de sa mère, elle ajoute un prénom « qui sonne bien » et devient « Alice Ozy » et joue son premier vrai rôle, Marianne la cuisinière, le 14 novembre 1837 au théâtre du Palais-Royal dans Absent ou présent ou Ma maison du Pec, un vaudeville écrit par Mélesville et Varner à l’occasion de l’inauguration de la première ligne de chemin de fer au départ de Paris, reliant Paris-Saint-Lazare au Pecq, le 24 août 1837. Elle se révèle bonne comédienne et poursuit, lançant le mot avec assurance et sang-froid, chantant les couplets avec beaucoup d’humour. On l’applaudit et ses appointements furent aussitôt élevés à 2 000 francs. Parvenue à jouer sur le même théâtre que Brindeau, elle gagnait 1 200 francs par an. Elle enchaine ensuite créations et reprises. Le public et la critique lui font un bon accueil. Hippolyte de Villemessant rapporte que son extrême naïveté était proverbiale. Au début 1841, elle devient la maitresse du baron Bazancourt, mais elle a des soupirants au Café de Paris et de Tortoni. Au cours du début d’été 1847, Victor Hugo tente de la séduire, allant jusqu’à lui offrir de la faire entrer à La Comédie-Française pour jouer Maguelonne dans Le roi s'amuse, mais elle n’apprécie guère le quatrain que le poète lui adresse le 14 août 1847, terminé par « Madame, montrez moi Vénus entrant au lit ». À défaut du père, elle entretient une relation de trois mois avec son fils Charles. Sa carrière de comédienne et de séductrice se poursuit. Parmi ses nombreux amants, ont figuré le futur empereur Louis-Napoléon Bonaparte, Théodore Chassériau, Thomas Couture, Edmond About, ou encore Gustave Doré. Le 6 juillet 1855, le rideau tombe pour la dernière fois. le 20 juillet 1855, elle quitte la Comédie, renonçant au théâtre, au boulevard, pour redevenir Julie Pilloy et s’installer dans sa maison d’Enghien acquise à l’hiver précédent18. Julie Pilloy devient une femme d’affairesn. Disposant de liquidités et placements importants, sachant s’entourer de conseillers avisés, elle boursicote, entretient des relations privilégiées avec des banquiers, avec le duc de Morny. Julie Pilloy meurt en son domicile du 91 boulevard Haussmann, le 3 mars 1893, à l'âge de 73 ans.












Louis Loviot, l'auteur de cette biographie, est mort prématurément d'un cancer en 1918 à l'âge de 33 ans. Il était bibliothécaire de l'Arsenal et historien. C'était un bibliophile érudit et possédait une riche bibliothèque.

On trouve à la fin du volume un intéressant texte de 4 pages donnant les raisons d'être des Bibliophiles Fantaisistes.

Bel exemplaire broché du très rare tirage de tête sur Japon à 15 exemplaires seulement.

Prix : 400 euros

lundi 22 janvier 2024

Essai sur l'état actuel de l'administration des finances et de la richesse nationale de la Grande-Bretagne, par Frédéric Gentz (1800). Edition originale française. Important essai traitant de la gestion de la dette anglaise et par ricochet de la mauvaise gestion des finances françaises avant et depuis la révolution. Bon exemplaire.


GENTZ, Frédéric [Friedrich von Gentz]

Essai sur l'état actuel de l'administration des finances et de la richesse nationale de la Grande-Bretagne, par Frédéric Gentz.

Londres, chez Debrett, chez Perthès, réimprimé à Paris et se trouve chez Treuttel et Würtz, 1800

1 volume in-8 (19,8 x 13 cm) de XII-275 pages.

Reliure strictement de l'époque pleine basane caramel, dos lisse orné. Reliure frottée, coins usés, épidermures, extrémité de la coiffe supérieure arrachée, intérieur frais.


Edition originale française.

Contrairement à ce que sous-entend la page de titre, il n'existe pas d'autre édition en français que celle-ci (il n'y a pas d'édition en anglais de cet ouvrage d'après nos recherches).







Le volume débute par une épître adressée à Sir Francis d'Ivernois datée de Berlin le 18 janvier 1800. Friedrich Gentz ou von Gentz est un auteur allemand né à Breslau en 1764 et mort à Vienne en 1832. Ecrivain et homme politique, il fut un disciple de Kant. Egalement journaliste et diplomate, notamment auprès de Metternich, écrivain passionné et engagé, il a écrit des œuvres fondamentales d'économie politique et fut surtout un des principaux acteurs du mouvement contre-révolutionnaire et probablement l'adversaire européen de Napoléon le plus actif. Il prend en 1793 la place de Wilhelm August Rehberg dans la "couverture journalistique" de la Révolution française, par le biais de l’Allgemeine Literatur Zeitung, s'affirmant ainsi comme le "contre révolutionnaire" allemand le plus doué et le plus zélé. Il traduit alors des œuvres de contre révolutionnaires émigrés comme celle de Mallet du Pan, de Mounier et de D'Ivernois ou encore d'Edmund Burke1. Mais c'est à travers la parution de l'Historisches Journal en 1799 et en 1800 que s'exprime tout son talent d'écrivain politique engagé. En 1801, après la publication de deux de ses œuvres majeures "l'état politique de l'Europe" et "Sur l'origine et le caractère de la guerre face à la Révolution française" et "Sur l'État politique de l'Europe avant et après la Révolution française", Gentz, soutenu financièrement par l'Angleterre et recevant des cadeaux de l'Autriche et de la Russie, se trouva dans une position politique délicate du fait de son opposition croissante à la politique de neutralité de la Prusse. Il quitta Berlin pour Vienne où il ne fut pas bien reçu par l'Empereur François II. Il fait la connaissance de Metternich à Dresde en 1802 et devient par la suite son principal collaborateur. Il sera secrétaire du congrès de Vienne (1814-1815) après la chute de Napoléon. Gentz serait mort de maladie en 1832.






Cet essai rédigé vraisemenblablement fin 1799 "est entièrement consacré à l'exp1ication du mécanisme mis en place outre Manche pour gérer la dette sans mettre en danger les finances de I'Etat ; l'Angleterre a fait sortir l'utilisation du crédit de "sa période d'adolescence" en respectant un principe simple : la dette doit avoir des limites telles qu'elle ne puisse pas devenir un poids insupportable pour la société. C'est parce que l'Angleterre a su contenir les dettes croissantes de l'Etat dans des limites raisonnables que le système d'emprunt a été à l'origine de la prospérité du pays. [...] En Angleterre la mise en p1ace des mécanismes de la consolidation de la dette, des fonds d'amortissement ont permis au système de crédit de donner toute sa mesure alors qu'en France les mêmes expériences - malgré les gages apportés par Necker ou calonne, ma1gré les plans d'amortissement - se sont soldées par des catastrophes financières qui précipitèrent la fin de la royauté en France. A cela Gentz voit une raison plimordiale : on voulut en France concilier l''impossib1e, le paiement d'intérêts élevés et le remboursement progressif de l'ensemble du capital en une vie d'homme, ce qui obligea à hypothéquer les recettes sur de nombreuses années et provoqua la ruine du pays après avojr enrichi les banquiers. Gentz explique la réussite anglaise par la décision salutaire de Pitt. L'Etat ne s'engageait plus à restituer les capitaux, mais, en accord avec les banques, il paiera des intérêts réguliers, ne mettra aucune entrave à la circulation des obligations, libres de toute taxe et tout impôt ; chaque nouvelle dette sera couverte par de nouvelles ressources. Par cette décision, le gouvernement permettait à I'Angleterre d'entrer, déjà, dans une ère nouvelle. [...]" (extrait de Marie-Joseph Meyer. Historisches journal de Friedrich Gentz. Histoire. Université Paul Verlaine - Metz, 1992).




On ne connait pas le traducteur français de cet essai. On sait d'après Quérard qu'il a été traduit de l'allemand. Nous n'avons pas trouvé d'édition en anglais de ce titre. Il faut considérer dès lors cette édition comme distribuée à la fois pour la France et l'Angleterre (la British Library possède la même édition que la nôtre, sans aucune autre édition).

Ouvrage estimé bien que prenant le parti délibéré de l'Angleterre.

Bon exemplaire en condition d'époque.

Prix : 650 euros