lundi 18 février 2019

Docteur P. Barbellion. Truites, Mouches, Devons. Mouche sèche - Mouche noyée - Lancer léger et Extra-Léger - Ultra-Léger. (1948). Très bel exemplaire dans son cartonnage pleine toile éditeur décorée.


Docteur P. Barbellion

Truites, Mouches, Devons. Mouche sèche - Mouche noyée - Lancer léger et Extra-Léger - Ultra-Léger.

Librairie Maloine, Paris, 1948

1 fort volume grand in-8 (28 x 20,5 cm) de 1.181-(1) pages. Très nombreuses illustrations dans le texte et hors-texte en noir et blanc, figures techniques, schémas, reproductions de photographies.

Reliure pleine toile verte éditeur, premier plat de couverture avec étiquette imprimée 14 x 12 cm contrecollée (truite avec titre doré), le tout en excellent état de conservation. Intérieur comme neuf. Beau papier satiné de qualité. Quelques infimes plis marqués aux coiffes.


Édition originale.

Il a été tiré en outre 350 exemplaires sur papier couché.


Véritable bible du pêcheur de la truite à la mouche et au lancer léger, ce monumental ouvrage est l'oeuvre d'un pur passionné. Tout y est méticuleusement et précisément présenté : matériel, techniques, sensations, même l'écologie est largement présente dans ce superbe volume très recherché des collectionneurs-pêcheurs. C'est avec La Truite d'A. Vavon (1926), l'autre livre indispensable et incontournable qui doit être présent dans toute bibliothèque halieutique.


Ouvrage riche de 52 illustrations hors-texte dont 34 planches photographiques en noir et 2 planches couleurs présentant des mouches artificielles, avec de très nombreuses figures techniques.


Ce volume, relié sur un exemplaire broché à l'état de neuf, possède son premier plat de couverture (le seul illustré) en parfait état, ce qui est notablement rarissime pour cet ouvrage. Il n'est pas rare de trouver cet ouvrage dans un état médiocre ou passable, dans un superbe état de fraîcheur tel qu'ici c'est une autre histoire ...


Superbe exemplaire resté très frais dans sa reliure éditeur pleine toile décorée.


Prix : 550 euros


jeudi 14 février 2019

Voltaire. La Pucelle d'Orléans (1775). 21 figures dont plusieurs libres. Superbe exemplaire en maroquin doublé doré plein or par Muller successeur de Thouvenin. Rare.


Voltaire [reliure maroquin doublé plein or par Muller successeur de Thouvenin]

La Pucelle d'Orléans, Poème, divisé en vingt-un chants, avec les Notes de M. de Morza.

A Londres, 1775

1 volume in-8 (19,6 x 12,8 cm) de XV-(1)-447-(1) pages. 21 figures hors-texte à l'eau-forte dont plusieurs assez lestes.


Reliure plein maroquin à grain long bleu nuit, doublure de maroquin rouge . Dos à nerfs orné, encadrement de filets dorés avec fleurons dans les angles des plats, doublure dorée plein or d'une très riche composition d'entrelacs et points d'or, le tout dans un encadrement de maroquin bleu nuit orné d'une roulette et filets dorés, charnières de maroquin bleu nuit, gardes de papier marbré, tranches dorées. (Reliure signée MULLER successeur de THOUVENIN - 1834-1836 - très courte période de son activité). Très bel exemplaire. Quelques légères ombres à la reliure. Quelques légers frottements. Le travail de dorure sur la doublure est en tous points exceptionnel de rendu et de qualité d'exécution. Intérieur du volume frais. Rares rousseurs. Texte encadré d'un double-filet noir.

Nouvelle édition.


La Pucelle de Voltaire, poème héroï-comique, fit scandale à la cour de France et passa de 14 chants en 1752 à 21 en 1762. Cette édition contient la Préface de Dom Apuleius Risorius et le chant de La Capilotade, chaque chant étant suivi de variantes et de notes. Le chant XXIV des éditions en XXIV chants est donné en variante du chant XXI. Elle est joliment illustrée d'un frontispice allégorique et de 21 figures avec la lettre dont quelques-unes libres, non signées mais attribuées à Claude-Louis Desrais. Plaisante édition au texte encadré. La Pucelle de Voltaire fit longtemps partie des textes confinés dans l'Enfer de la Bibliothèque nationale.


Superbe exemplaire finement établi par Muller, successeur de Thouvenin. Muller n'a exercé sous son propre nom que durant les années 1834 à 1836. La finesse d'exécution de la présente reliure montre assez son art parfaitement maîtrisé de la reliure de luxe dans la première moitié du XIXe siècle.


"De 1730 à 1760, cette Pucelle fut, en effet, la compagne idéale du grand homme. Après un mémoire sur les forces motrices ou sur le feu, après quelques pages sur les croisades ou sur le saint Empire, c’était sa Jeanne que, fatigué, Voltaire évoquait, et avec laquelle il s’ébattait dans le silence des nuits. S’il fuyait de Berlin et courait les grandes routes sans trop savoir où prendre gîte, c’était Jeanne encore qui se trouvait à ses côtés et qui le consolait des infortunes du jour. A elle seule, peut-être devons-nous attribuer cette longue santé d’esprit que Voltaire conserva en dépit des plus rudes fatigues, et cette égalité d’âme qu’il retrouvait toujours à la suite des plus violentes secousses. Il ne se sépara d’elle que le jour où, réfugié en Suisse, il épousa la liberté. Aussi dirons-nous que si la Pucelle historique du moyen-âge a mérité des autels civiques pour avoir sauvé la France, c’est sottise que de jeter la pierre à la Pucelle poétique du dix-huitième siècle, qui maintint, pendant trente ans, claire et sereine la plus haute intelligence dont s’honore l’humanité de notre âge. Ce poème n’est donc pas la satire des mœurs et des héros du temps jadis : il n’a rien d’archéologique. Il nous montre, au contraire, la vie des cours, des rois et des prêtres de l’époque voltairienne. En lisant la Pucelle, les contemporains du poète ne songeaient qu’à Louis XV, à la Châteauroux, à la Pompadour, aux jansénistes, aux jésuites, etc. ; ils ne s’étonnaient pas de voir Charles VII rencontrer sur sa route les Fréron, les La Beaumelle et autres ennemis des philosophes, de même qu’en face de ces peintures vivantes, ils ne s’inquiétaient non plus si le poème avait un plan ou une fin ; car chaque page intéressait, et on le lisait par pages, comme Voltaire l’avait composé. Tout le monde du dix-huitième siècle s’en nourrit, y compris Marie-Antoinette, y compris Malesherbes, y compris nos pères de 89 et de 93, qui à table, au camp, à la tribune, dans les journaux, prenaient volontiers leurs traits dans la Pucelle." (Georges Avenel).


Référence : Fléty, Dictionnaires des relieurs français de 1800 à nos jours (1988), pp. 133-134 ; L'oeuvre de Voltaire à la B.N., 1918. ; Bengesco, 500 ; Pia, 1191 ; Cohen, 1031.


Superbe exemplaire parfaitement établi par Muller en plein maroquin doublé et doré plein or.

Prix : 3.950 euros

François Savinien d'Alquié. La Science et l'école des Amants ou Nouvelles découvertes des Moyens infaillibles de triompher en Amour (1679). Bel exemplaire dans une fine reliure de la fin du XIXe siècle. Rare.


François Savinien D'Alquié

La science et l'école des amans, ou Nouvelle découverte des Moyens infaillibles de triompher en Amour. Par Sr. D'Alquié. La seconde édition.

A Amsterdam, chez Henry et Théodore Boom, 1679

1 volume in-12 (13,5 x 8 cm) de (14)-340-(4) pages. Frontispice allégorique gravé à l'eau-forte.

Reliure plein veau blond, dos à nerfs orné, filets dorés sur les plats, nerfs prolongés à froid, roulette dorée sur les coupes, doublure et gardes de papier peigne, date dorée en queue du dos, pièce de titre de maroquin rouge titrée à l'or en caractères gothiques, tranches rouges (reliure postérieure exécutée vers 1880). Fine et fraîche reliure (non signée). Intérieur frais. A noter cependant plusieurs feuillets roussis/brunis (dont quelques-uns fortement brunis - sans doute un problème lié à la qualité du papier - cahier signé F). Exemplaire court de marges. Quelques très légères marques et frottements à la reliure.

Seconde édition.

La première édition de cet ouvrage date de 1677 chez le même libraire.


Cet ouvrage curieux et rare est divisé en six parties. La première partie contient l'Art de gagner les cœurs et l'invention de se faire aimer. La seconde partie traite du siège en règle du cœur. La troisième partie : il faut vaincre le cœur. La quatrième partie : le triomphe du cœur. La cinquième partie : il faut conserver le cœur. la sixième et dernière partie traite des cœurs perdus. Tout un programme donc ... cuisiné à la sauce précieuse et maniérée du Grand Siècle.


"Tu connais toi-même que l'inclination de ton cœur et les mouvements secrets de ton âme te font désirer avec empressement d'être chéri et d'être aimé ; Je connais que ton désir qui est la flamme de ton amour (dont ton âme est pétrie) te pousse à cela, et te sollicite à travailler pour cet effet ; ainsi comme il n'est pas en ton pouvoir de renoncer à cette inclination que la naissance t'a donnée, que la raison approuve, et que l'intérêt anime ; je veux t'apprendre à devenir heureux en ce point, et te donner les moyens de te faire aimer d'un chacun, et d'être riche en cœurs dans peu de temps." (Avis au lecteur).


François-Savinien d'Alquié (?-?) dont on ne sait que très peu de choses pour ne pas dire rien, est l'auteur de plusieurs ouvrages curieux sur des sujets très variés. On lui doit notamment Les délices de la France ou Description des Provinces & Villes Capitales d’icelle, depuis la Paix de Ryswyk et la description des Châteaux, Maisons royales, etc (1699), Les mémoires du voyage de Monsieur le marquis de Ville au Levant, ou l'histoire curieuse du siège de Candie (1670-1671), Recherches politiques très curieuses. Tirées de toutes les histoires tant anciennes que Modernes (1669), etc. D'après la notice de référence de la Bnf il aurait été médecin et traducteur de plusieurs ouvrages.  


Références : J. Gay, Bibliographie des principaux ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes, etc., 102.


Bel exemplaire finement relié à la fin du XIXe siècle de ce petit ouvrage rare.

Prix : 1.350 euros

Bussy-Rabutin. Histoire amoureuse des Gaules et autres romans des amours de Louis XIV et de sa cour (Gatien Courtilz de Sandras). Précieux exemplaire en maroquin de l'époque.


[Roger de RABUTIN, comte de BUSSY, dit BUSSY-RABUTIN] - Gatien COURTILZ DE SANDRAS

Amours des Dames illustres de France sous le règne de Louis XIV. Tome premier et second.

A Cologne, chez Pierre Marteau, sans date (1737)

2 volumes petits in-12 (13,5 x 8 cm. Hauteur de marges : 132 mm. Tome 1 : 1 feuillet de titre imprimé en rouge et noir, 3 feuillets non chiffrés d'avis au lecteur, 2 pages non chiffrées de table pour les 2 tomes, 501 pages. Ce premier volume contient en outre 1 frontispice gravé et 8 gravures hors texte. Tome II : 1 feuillet de titre imprimé en rouge et noir et 472 pages chiffrées. Ce second et dernier volume contient en outre 8 gravures hors texte. Soit 17 gravures sur cuivre hors-texte (non signées - Dubourg ?).


Reliure de l'époque plein maroquin rouge, dos lisses richement ornés aux petits fers dorés, pièces de titre et tomaison de maroquin olive, triple-filet doré en encadrement des plats, tranches dorées, doublures et gardes de papier marbré (reliure de l'époque). Fine reliure en maroquin. Excellent exemplaire. Infimes marques et frottements aux reliures. Léger manque de cuir en tête du mors du premier volume, sans aucune incidence sur la solidité (peu visible). Intérieur frais.


Nouvelle édition de la célèbre Histoire amoureuse des Gaules. On a joint à cette édition des romans satiriques sur les amours de Louis XIV et de la cour de France sous le règne du roi soleil. Ces romans furent parfois attribués à tort à Bussy-Rabutin mais la plupart sont restés anonymes ou sortent de la plume acerbe de Gatien Courtilz de Sandras.


Voici le détail de ce que contient ces volumes : Histoire amoureuse des Gaules, par le Comte de Bussy-Rabutin, et sans doute le seul texte de lui dans ces deux volumes, avec les Maximes d'amour et une Lettre au Duc de St Aignan - Le Palais Royal ou les Amours de Madame de La Vallière - Histoire de l'amour feinte du Roi pour Madame - La Princesse, ou les amours de Madame - Le Perroquet, ou les amours de Mademoiselle - Junonie, ou les amours de Madame de Bagneux - Les fauses prudes, ou les amours de Madame de Brancas et autres dames de la Cour - La déroute et l'adieu des filles de joie de la ville et faubourgs de Paris, avec leurs noms, leur nombre, les particularités de leur prise, et de leur emprisonnement et la requête à Madame de La Vallière - Le Passe-temps royal ou les Amours de Mademoiselle de Fontange - Les Amours de Madame de Maintenon, sur de nouveaux Mémoires très curieux - Les Amours de Monseigneur le Dauphin avec la Comtesse du Roure. La plupart de ces romans licencieux sont attribués à Gatien Courtilz de Sandras.


Fort, bien involontairement du scandale que provoqua la publication en 1665 de l'Histoire amoureuse des Gaules, Bussy-Rabutin (1618-1693), bel esprit fort railleur et libertin, se vit alors attribué la plupart des productions licencieuses dans les années qui suivirent, alors même qu'il était déjà exilé dans ses terres de Bussy en Bourgogne. Il y restera près de 18 ans, loin de la cour et des méandres des histoires amoureuses et politiques du siècle de Louis XIV. Enfin rappelé un jour de 1682 pour assister au lever du Roi, ce dernier ne le regarda point et Bussy comprit alors que ce n'était plus son temps. Il s'en retourna dans sa campagne bourguignonne et ne reparut plus à la Cour qu'en de brèves occasions. Il mourut à Autun le 9 avril 1693. Outre les histoires que l'on sait, c'est grâce à ce cousin facétieux qu'on peut lire aujourd'hui les célèbres Lettres de Madame de Sévigné (qu'il dépeint peu gentiment dans l'Histoire amoureuse des Gaules).



Précieux et désirable exemplaire en maroquin du temps très bien conservé.

Prix : 2.850 euros


samedi 9 février 2019

Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]. Le Nouvel Abeilard ou Lettres de deux amants qui ne se sont jamais vus (1778). Edition originale ornée de 10 figures hors-texte. Bon exemplaire.


[Nicolas-Edme RÉTIF DE LA BRETONNE]

Le Nouvel Abeilard ou Lettres de deux amans qui ne se sont jamais vus.

A Neuchatel, et se trouve à Paris chez la Veuve Duchesne, 1778

4 volumes in-12 (17,3 x 11 cm), (4)-448-(8) ; (4)-464-(16) ; (4)-472-(8) et (4)-423-(1)-XXIV-(8) pages. 10 figures hors-texte à l'eau-forte.



Reliure fin XIXe siècle demi-basane rouge. Dos à faux-nerfs ornés. Tranches mouchetées. Reliure légèrement frottées. Intérieur très frais. La page de titre du tome second est en fac-similé ancien (datant de la reliure). Bien complet des 10 figures hors-texte (une figure avec anciennes écritures à l'encre au verso - encre traversante sur la gravure). Grattage sur la page de titre du tome premier (mot "Abeilard" légèrement atteint - voir photo).

Édition originale.


"Ce roman, que Rétif avait vendu assez avantageusement à la veuve Duchesne, est un de ceux qu'il a imprimés lui-même. "L'amour par lettres, ou le Nouvel Abeilard" dit-il dans Monsieur Nicolas (p. 2978), s'imprimait chez André Cailleau, frère de la dame veuve Duchesne ; pour accélérer la besogne et ne pas m'occuper d'autre chose, j'aidais à l'ouvrier, travaillant même les dimanches." C'est encore un joli pied et une jolie chaussure qui furent les inspirateurs du Nouvel Abeilard. Rétif avait commencé à écrire l'Amour par lettres, en se rappelant ses correspondances amoureuses avec de jeunes modistes qui ne le connaissaient pas et qui ne l'avaient jamais vu, mais sa première idée était aride, dit-il : "Je n'y trouvais rien d'onctueux ; il aurait fallu parler à ma muse. Une autre à laquelle je ne parlais pas davantage, mais qui m'inspirait des désirs infiniment plus vifs, me donna ce qui me manquait. Un jour, sortant de ma demeure, rue de Bièvre, je vis devant moi une fille charmante, par la taille, la jambe et le pied ; elle était chaussée à talons très-élevés, et marchait avec une noblesse provoquante." Suit le portrait physique de l'inconnue, qui devint la muse du romancier. C'était la fille d'une charcutière, Mlle Londo, que Rétif célèbre comme une nymphe qui n'avait pas d'égale (Monsieur Nicolas, P. 2974). Cependant il avoue que Victoire Londo ne fut pas la seule muse pour cet ouvrage, et qu'il en eut encore huit ou neuf autres. "L'idée de cet ouvrage, dit-il (Monsieur Nicolas, p. 4715), est une des plus heureuses qui me fût tombée dans la tête ... J'imaginai que les honnêtes parents qui voudraient conserver le coeur de leurs enfants précoces ou trop sensibles pourraient les assortir de bonne heure et leur permettre de s'écrire sans s'être vus autrement qu'en peinture." L'auteur du Pornographe se persuada qu'il avait composé un livre très-utile à la société, et il était très-fier d'avoir trouvé le moyen de conserver les mœurs des jeunes gens, sans les marier." (P. L. Jacob, Bibliophile, Bibliographie des ouvrages de Rétif de la Bretonne, n°2085).


Cet ouvrage porte la dédicace imprimée à Mme M.A.D.A.D.L.R.D.F, c'est-à-dire à Marie-Antoinette d'Autriche devenue Reine de France.  Les gravures, très fines, qui ornent ces volumes, non signées, sont sans doute de plusieurs artistes de l'entourage de Gravelot ou Marillier.



Ce roman dont le titre est imité de la Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau est composé de nombreuses histoires et contes imbriqués formant un touffu roman-essai à tiroirs qui donne divers modèles sur les différentes Conduites en ménage. On y trouve la Philosophie des maris, l'Amour enfantin, la Partie carrée, l'Amour muet, etc. Rétif était très-fier d'avoir trouvé le moyen de conserver les mœurs des jeunes gens, sans les marier, et de "faire faire l'amour à la jeunesse, dit-il, sans danger pour ses mœurs."



Dans ses Mémoires (1796), Rétif écrit : "Honnête lecteur ! j'ai, comme ces gens-là, connu des princesses, des duchesse, des marquises, dont une ou deux adorables, une comtesse charmante, une baronne délicieuse, des demoiselles jeunes, jolies, brillantes ... et pas une n'égalait ma fille Victoire Londo ! (la fille de la charcutière)."


Bon exemplaire.

Prix : 950 euros


jeudi 7 février 2019

George Bois. Les Damnées. Illustrations par F. Besnier, H. Laissement, E. Bourdelle. Exemplaire sur Whatman. Belle reliure de l'époque signée de Ritter.


George BOIS

LES DAMNÉES. Dessins de Fernand Besnier, Henri Laissement et Emile Bourdelle, gravés à l'eau-forte par Eugène Decisy et Ch. Massart.

Paris, E. Dentu, 1890

1 volume in-8 (26 x 20 cm) de (2)-158-(1) pages. 1 frontispice hors-texte, 2 figures hors-texte et 69 vignettes dans le texte (en-tête et culs-de-lampe).

Reliure demi-maroquin citron à larges coins, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin bleu nuit, pièces de maroquin mosaïqué au centre des caissons bleu nuit, tête dorée, filets dorés sur les plats, relié sur brochure à toutes marges. Exemplaire sur papier Whatman portant le n°12. Les plats de couverture ont été conservés. Double-état de toutes les gravures. (reliure signée M. Ritter).


Édition originale.

Tirage de luxe. 1 des rares (50 ?) exemplaires sur papier Whatman.


Si Léopold Carteret dans son Trésor du Bibliophile (1875-1945) signale cet ouvrage comme une "édition estimée", avec des exemplaires sur papier vélin (1.000 ?) et sur Whatman (tirage indéterminé - sans doute 50), il existe par ailleurs des exemplaires sur Japon (50 ?) et des exemplaires sur Hollande (100 ?).


Les points d'interrogation s'accumulent sur ce sympathique recueil de poésies qui hésitent entre gauloiserie et franche gaudriole, sans jamais franchir les limites de l'érotisme suggéré et la polissonnerie de bon aloi. Les bibliographes sont muets sur l'auteur presque tout autant que sur son ouvrage. George Bois ? Inconnu des bibliographes, a écrit apparemment quelques pièces de théâtres publiées (vaudevilles ?). Georges Vicaire n'a pas trouvé cet auteur digne d'entrer dans son Manuel de l'amateur d'éditions du XIXe siècle. Pour autant ce livre est des plus réussis, tant du point de vue esthétique (l'illustration est nombreuse, finement exécutée et d'un spirituel consommé) que du point de vue textuel qui laisse à la lecture une agréable senteur de marivaudage et autres historiettes galantes. Un bel ouvrage donc, nimbé de mystères, totalement négligé par les bibliographes, ce qui ne veut pas dire que les bibliophiles doivent en faire autant !


Bel exemplaire parfaitement établi par Ritter.

Prix : 850 euros


mercredi 6 février 2019

Rétif de la Bretonne. L'Ecole des Pères (1776). Traité d'éducation inspiré par l'Emile de Jean-Jacques Rousseau. Premier tirage rare avec le troisième volume en 372 pages. Reliure de l'époque. Bel exemplaire.


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]

L'Ecole des Pères. Par N. E. Retif de la Bretone.

En France, et à Paris, chés la veuve Duchesne, Humblot, Le Jai et Dorez, Delalain, Esprit et Mérigot, 1776

3 tomes reliés en 2 volumes in-8 (20 x 13 cm) de (1)-480, (1)-192 et (1)-372 pages.

Reliure de l'époque plein veau fauve marbré, dos lisses ornés aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin rouge, pièce de tomaison de maroquin vert, tranches rouges. Quelques restaurations aux reliures (sans reprise de dorure - une petite reprise de dorure serait bienvenue au dos du tome 2). Les reliures sont décoratives et solides. Intérieur frais. Page de titre du premier tome renforcée en marge au verso.


Première édition sous ce titre et la première qu'on puisse réellement trouver.

Rare premier tirage avec 372 pages au troisième volume.

Exemplaire cartonné comme la plupart des exemplaires qu'on peut trouver de cet ouvrage malmené par la censure.

Voici les cartons présents dans cet exemplaire : Tome 1: pages 31 à 36 remplacées par un seul feuillet (B7), pages 41-42, 51-52, 54-55, 57-58, pp. 79 à 81 et cahier D remaniés, pages 82 à 86 remplacées par une seule page numérotée 82-86, pages 355 à 374 remplacées par un seul feuillet. Tome 2: pages 59-60, pages 121 à 128 remplacées par un seul feuillet. Tome 3: pages 1-2, pages 19 à 22, remplacées par un feuillet, tout comme pour les pages de 25 à 40 et de 305 à 308 (le feuillet original paginé 307/308 a été conservé alors qu'il aurait dû être supprimé).


Cet ouvrage existe sous le titre de "Le Nouvel-Emile" (il en existe deux ou trois exemplaires portant ce titre conservés à la Bibliothèque de l'Arsenal (Rives Childs, p. 240). La censure fut la cause des changements que le Nouvel-Emile a dû subir avant de paraître dans une forme encore abrégée sous le titre de l'Ecole des Pères. Restif nous explique que "mon Nouvel-Emile... a paru sous le titre de l'Ecole des pères" (Monsieur Nicolas, t. VII, p. 4151).  Restif commençait son travail d'un nouvel ouvrage après avoir achevé, au commencement d'avril 1770, les deux premiers volumes des Idées singulières. Il faisait la connaissance à ce moment d'Elise Tulout (l'Elisabeth de la Malédiction paternelle). (Rives Childs)


Dans l'idée de Rétif de la Bretonne, cet ouvrage faisait partie intégrante des Idées singulières (Pornographe, Andrographe, Thesmographe, Gynographes) sous le faux-titre titre : L'Educographe.

On trouve dans cet ouvrage, comme presque toujours avec Rétif, un enchevêtrement de récits qui n'ont pas d'obligations les uns aux autres. Cependant très intéressant pour le récit qu'il fait des journées "paysannes" de sa région de la Bourgogne (Yonne). C'est aussi un traité d'éducation de l'homme-social (l'homme vivant en société).


"Mis à part, peut-être, La Philosophie de Monsieur Nicolas, aucun des ouvrages où Rétif expose ses idées ne se présente sous forme de pur traité : dans l'Ecole des pères (1776), c'est par le biais d'un "journal d'éducation", où viennent s'insérer entretiens, lettres et récits, qu'il livre ainsi ses théories pédagogiques (inspirées par la lecture de l'Emile de Rousseau) et aborde la plupart des domaines de la connaissance (des techniques de labourage à la structure de l'univers). Ce journal est tenu par le Comte de S*, qui y consigne pour sa fille Désirée les étapes de la découverte par son futur gendre, Roger, du milieu rural puis urbain." (Françoise Le Borgne).


Fils de paysans de l'Yonne, devenu ouvrier typographe à Auxerre et Dijon, Nicolas Restif de La Bretonne s'installe à Paris en 1761 : c'est alors qu'il commence à écrire. Il a une vie personnelle compliquée et est sans doute indicateur de police. Polygraphe, il fait paraître de très nombreux ouvrages touchant à tous les genres, du roman érotique (L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour) au témoignage sur Paris et la Révolution (Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne, 1788-1794, 8 volumes) en passant par la biographie avec La Vie de mon père (1779) où il brosse un tableau idyllique du monde paysan avant la Révolution avec la figure positive de son père. Il a également touché au théâtre sans grand succès. Cherchant constamment des ressources financières - il mourra d'ailleurs dans la misère -, il écrit aussi de nombreux textes pour réformer la marche du monde. Cependant l'œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie, Monsieur Nicolas, en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d'une existence et expose les tourments de l'auteur/narrateur comme à propos de la paternité - le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle. C'est aussi un philosophe réformateur pénétré de rousseauisme qui publie des projets de réforme sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, et un auteur dramatique. (source Babelio).


Référence : J. Rives Childs, Bibliographie des ouvrages de Rétif de la Bretonne, p. 240 ; P. Lacroix, Rétif de la Bretonne, p. 136-143 ; Françoise Le Borgne, Récits et expériences dans L’École des pères de Rétif (Etudes Rétiviennes, N° 30, juin 1999, p. 89-100).

Provenance : Bibliothèque de Mr. Ducan (ex libris manuscrit XVIIIe s. au bas de chacun des trois titres). Ex libris S. Chalot (1829) manuscrit sur les trois faux-titre.


Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun dans le tirage le plus rare.

Prix : 2.950 euros