mercredi 6 octobre 2021

Gustave Flaubert. SALAMMBÔ. Eaux-fortes originales de F. Hertenberger. 1944-1947. 1/20 ex. d'artiste sur vélin d'Arches avec suite. Très bel exemplaire relié plein maroquin à l'époque par Jean-Etienne.

Gustave FLAUBERT | Fernand HERTENBERGER (illustrateur).

SALAMMBÔ. Eaux-fortes originales de F. Hertenberger.

[La Tradition, Malakoff, 1944-1947]

1 volume grand in-4 (34 x 26 cm) de 233 pages. 39 eaux-fortes originales de F. Hertenberger, dont un frontispice, 10 doubles pages (dont 3 à pleine page et 7 in-texte), 8 à pleine page et 19 in-texte.

Reliure strictement de l'époque plein maroquin vert sapin des Vosges, dos lisse, tranches dorées, encadrement intérieur de maroquin framboise, doublures et gardes de moire rose, points dorés sur les coupes et coiffes (reliure signée dans la doublure JEAN-ETIENNE). Excellent état de la reliure (fine reliure de maître). Dos légèrement passé. Intérieur parfait.

Tirage limité à 320 exemplaires numérotés tous sur vélin d'Arches.

Celui-ci, un des 20 exemplaires d'artiste (signé et numéroté par l'artiste).

Notre exemplaire est enrichi d'une suite de toutes les illustrations à l'état d'eaux-fortes pures tirées sur papier vélin de cuve. Ces illustrations sont en feuilles à part du volume.








Cette édition a été réalisée par Paul Durupt. Elle a été commencée en juin 1944 et fut achevée en novembre 1947. La typographie composée à la main a été exécutée par l'imprimerie "La Ruche" (A. et P. Jarach, 20, rue Lalande, Paris 14e arr. Les eaux-fortes de Fernand Hertenberger ont été tirées sur les presses de nos ateliers d'impressions en taille-douce, A. Ragosta étant chef d'ateliers. C'est Albert Winter contremaître qui dirigea le travail aux presses et exécuta les bons à tirer sous la direction de l'artiste. Les pressiers furent Georges Kirstetter, Ch. Schmit, Guy Aner et les deux contremaîtres Albert Winter et Léon Aubert.

Splendide et magistrale illustration du monumental "Salammbô" de Gustave Flaubert. Salammbô prend pour sujet la Guerre des Mercenaires au IIIe siècle av. J.-C. Cette guerre opposa la ville de Carthage aux mercenaires barbares qu’elle avait employés pendant la première Guerre punique, et qui se révoltèrent, furieux de ne pas avoir reçu la solde convenue. L'un des chefs mercenaires, le Libyen Mâtho, s'éprend de la fille d'Hamilcar, Salammbô, prêtresse de Tanit. Cet amour sacrilège donne à Mâtho l'audace de pénétrer nuitamment dans les appartements de Salammbô, après avoir volé le voile sacré de la déesse, auquel semble attachée la fortune de la cité. Salammbô a paru pour la première fois en 1862. En avril 1858, Flaubert se rend en Tunisie afin de voir Carthage, de s'y renseigner, et de lui permettre de rendre avec justesse son sentiment sur les lieux où se déroule son récit. L'écriture de Salammbô fut un parcours de souffrances pour l'auteur de Madame Bovary (1857). Il achève l'écriture de son roman historique totalement épuisé. « J'ai enfin terminé, le 24 avril 1862, dimanche dernier [le 20 avril], à sept heures du matin, mon roman de Salammbô. Les corrections et la copie me demanderont encore un mois et je reviendrai ici dans le milieu de septembre, pour faire paraître mon livre à la fin d'octobre. Mais je n'en puis plus. J'ai la fièvre tous les soirs et à peine si je puis tenir une plume. La fin a été lourde et difficile à venir. »









"Oui, mon cher ami, j'aime Salammbô, parce que j'aime les tentatives et parce que... j'aime Salammbô. J'aime qu'un écrivain, lorsqu'il n'est pas forcé par les circonstances ou entraîné par son activité, à produire sans relâche, mette des années à faire une étude approfondie d'un sujet difficile, et le mène à bien sans se demander si le succès couronnera ses efforts. Rien n'est moins fait pour caresser les habitudes d'esprit des gens du monde, des gens superficiels, des gens pressés, des insouciants en un mot, c'est-à-dire de la majorité des lecteurs, que le sujet de Salammbô. L'homme qui a conçu et achevé la chose a toutes les aspirations et toutes les ferveurs d'un grand artiste. [...]" (George Sand, La Presse, 27 janvier 1863).








Très beau livre illustré brillant de la majesté du format alliée à la puissance de l'illustration.

Du tirage réservé d'artiste avec la suite complète des eaux-fortes pures.

Très bel exemplaire finement relié à l'époque par un maître relieur.

Prix : 2.650 euros