vendredi 22 novembre 2019

Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]. La Mimographe ou Idées d'une honnête-femme pour la réformation du théâtre national (1770). Edition originale et unique édition. Bel exemplaire en condition d'époque.


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone].

La mimographe ou Idées d'une honnête-femme pour la réformation du théâtre national.

A Amsterdam, chez Changuion, libraire, et à La Haye, chez Gosse et Pinet, libraires, 1770

2 parties en 1 volume in-8 (20 x 13 cm) de 466 pages.

Reliure de l'époque plein veau caramel marbré, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges, doublures et gardes de papier marbré. Excellent état de conservation de la reliure, intérieur très frais. Infimes marques et frottements à la reliure. Exemplaire bien complet du feuillet de faux-titre qui indique : "Idées singulières. Tome second."


Édition originale et unique édition.

Second volume de la série des "graphes" donnée par Rétif de la Bretonne. Le premier volume, le plus célèbre d'entre les cinq qu'il donnera, à savoir Le Pornographe (traité de réformation de la prostitution) avait paru l'année précédente (1769) et avait connu un beau succès avec une nouvelle édition et les contrefaçons qui suivront.



En tête de la page 297 on lit : Seconde partie. Notes. A cet endroit commencent en effet des notes imprimées en petits caractères serrés. Un errata se trouve imprimé au verso du faux-titre. Selon Rétif lui-même (Monsieur Nicolas) ce volume a été imprimé à 2.000 exemplaires. Il n'a jamais été réimprimé ni contrefait. Ce qui fait dire à Paul Lacroix : "Cet ouvrage est rare, peut-être très-rare." La Mimographe, écrit Paul Lacroix, mérite d'occuper une place dans une collection de livres sur le théâtre, car il renferme beaucoup de détails historiques et de particularités curieuses. Paul Lacroix pense que Rétif a eu peu de part à la compilation des notes et du texte, qui doit revenir très certainement à Nougaret, alors ami de Rétif mais déjà brouillé avec lui au moment de la mise sous presse du volume. Selon Lacroix, Rétif y a pourtant contribué à sa manière, en y ajoutant un roman relatif aux mœurs du théâtre, outre une foule d'idées singulières qui lui appartiennent bien. La Mimographe a été composé par Rétif durant tout l'été 1769. Il l'imprima avec l'aide du prote Michel, comme le Pornographe. Rétif ne gagna rien avec cet ouvrage alors qu'il travailla activement à la casse, sous prétexte, écrit-il dans Monsieur Nicolas, "que c'étaient des changements, et que je devais bien faire mon manuscrit, du premier coup. Je dévorai tout cela. Je pouvais objecter la difficulté de la matière et son importance. Je n'objectai rien; je travaillai six mois, du matin au soir, avec une application dont peu d'hommes sont capables... Ce volume fut beaucoup plus gros que le premier (la première édition du Pomographe) ; les notes en furent plus étendues, plus raisonnées ; l'enveloppe romanesque en est mieux faite. Il y a beaucoup de néologisme, qui n'est pas toujours également heureux." C'est l'enveloppe romanesque dont Rétif est le fabricateur écrit Paul Lacroix ; mais combien de choses curieuses et intéressantes, dans les Notes, sur l'intérieur de la scène, sur les théâtres du boulevard du Temple, sur les acteurs et les actrices, sur le déplacement nécessaire du Théâtre national à Paris, etc. ! 



Références : Lacroix, pp. 104-107 ; Rive Childs, p. 215-216 (qui n'est pas convaincu par la large collaboration de Nougaret à cet ouvrage).

Bel exemplaire relié à l'époque, très bien conservé.

Prix : 1.800 euros