jeudi 15 juin 2023

Les Pensées de Pascal sur la religion, et sur quelques autres sujets, qui ont été trouvées après sa mort parmi ses papiers. A Amsterdam, chez Abraham Wolfganck, suivant la copie imprimée à Paris, 1677. Suivi du Discours sur les Pensées de M. Pascal, où l'on essaie de faire voir quel était son dessein. Avec un autre discours sur les preuves des Livres de Moïse. Très bel exemplaire parfaitement établi par Hardy de cette édition rare.


PASCAL, Blaise. Filleau de la Chaise (pour le Discours).

Pensées de M. Pascal sur la religion, et sur quelques autres sujets, qui ont été trouvées après sa mort parmi ses papiers.

A Amsterdam, chez Abraham Wolfganck, suivant la copie imprimée à Paris, 1677


SUIVI DE :

Discours sur les Pensées de M. Pascal, où l'on essaie de faire voir quel était son dessein. Avec un autre discours sur les preuves des Livres de Moïse.

A Amsterdam, chez Abraham Wolfganck, suivant la copie imprimée à Paris, 1677


2 tomes reliés en 1 volume in-12 (135 x 80 mm | Hauteur des marges : 131 mm) de (48)-256-(20) pages et 119 pages pour le Discours.

Reliure plein maroquin rouge janséniste, tranches dorées sur marbrure, jeu de roulettes dorées en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier peigne (reliure signée H. HARDY, vers 1850). Reliure et intérieur très frais. Petit grattage sans gravité sur le titre (partie basse du mot "autres").

Nouvelle édition.








Cette édition est copiée sur celle de Paris et donnée sous cette même adresse "A Amsterdam, chez Abraham Wolfganck" pour la première fois en 1672.

Cette reimpression de 1677 est sans aucun changement par rapport à l'impression de 1672 (Pensées) et 1673 (Discours). Comme le tirage de 1672, ce volume a été bien imprimé et est assez rare.

"On joint à la collection elzévirienne cette jolie édition, du reste, peu commune" (Bibliothèque Arthur Dinaux). Un exemplaire de cette édition de 1677 était coté 100 francs or au répertoire Morgand (n°45, année 1878) "Jolie édition elzévirienne, au Quaerendo" (marque sur le titre).

Les Pensées de Blaise Pascal ont paru de manière posthume en 1670 (à Paris, chez Guillaume Desprez). On ne connait que deux exemplaires portant la date de 1669, considérée comme quasi-mythique pré-originale. Ce recueil fondamental rassemble des fragments de réflexions et de pensées de l'auteur sur des sujets tels que la religion, la philosophie, la nature humaine et la condition humaine en général. Pascal était un mathématicien, physicien et philosophe. Ses Pensées représentent l'une de ses contributions les plus importantes à la philosophie. L'œuvre de Pascal est profondément marquée par sa vision de l'homme comme un être à la fois grand et misérable. Il explore la dualité de la nature humaine, soulignant à la fois les capacités rationnelles de l'homme et sa propension à succomber aux passions et aux vices. Pascal aborde également le thème de la condition humaine, mettant en évidence la fugacité de la vie et la précarité de notre existence face à l'immensité de l'univers. Un aspect central des Pensées est la question de la foi et de la relation entre Dieu et l'homme. Pascal propose son célèbre argument du "pari" : il soutient que l'existence de Dieu ne peut être prouvée de manière absolue par la raison seule, mais que l'homme devrait néanmoins parier sur l'existence de Dieu, car cela offre une perspective de bonheur éternel. Selon Pascal, le croyant a tout à gagner et rien à perdre en pariant sur Dieu, tandis que l'athée court le risque de perdre tout espoir de bonheur éternel. Les Pensées abordent également des sujets tels que la condition des pauvres, les vices et les passions humaines, ainsi que la question de la vérité. Pascal adopte une approche souvent paradoxale et utilise des arguments rhétoriques pour convaincre le lecteur de la fragilité de l'homme et de la nécessité d'une quête spirituelle.

Livre d'une très grande importance dans l'histoire de la pensée humaine, les Pensées de Pascal représentent une réflexion profonde sur la condition humaine, la foi et la raison. L'œuvre propose des arguments convaincants en faveur de la croyance en Dieu et met en évidence les limitations de la raison humaine face à l'immensité de l'existence. Pascal explore également les vices et les passions qui obscurcissent le jugement de l'homme, tout en soulignant la nécessité de la recherche de vérité et de spiritualité dans notre vie éphémère.

Initialement destiné à servir de préface aux Pensées, le Discours de Filleau de la Chaise avait été supprimé de l'édition originale et ne parut qu'en 1672, séparément, puis à la suite des nouvelles éditions des Pensées.







"Dans son Discours sur les Pensées, Filleau de la Chaise (1631-1688) prétend s'appuyer sur un témoignage concernant la conférence de Pascal. Il travaille en collaboration avec les amis les plus intimes de Pascal — principalement avec le duc de Roannez — et il doit envoyer son Discours à la famille Périer dont tous les Pascalins savent la susceptibilité en ce qui touche aux écrits de Pascal. Une supercherie en ce qui concerne le témoignage sur la conférence peut paraître dès lors très invraisemblable. Au cours du Discours, Filleau se réfère explicitement aux fragments de Pascal qu'il a sous les yeux et à l'édition de Port-Royal en préparation." (McKenna Antony. Filleau de la Chaise et la réception des « Pensées ». In: Cahiers de l'Association internationale des études francaises, 1988, n°40. pp. 297-314).

"Monsieur Pascal conceut le dessein de cet ouvrage plusieurs années avant sa mort: mais il ne faut pas néanmoins s'estonner qu'il fut si longtemps sans en rien mettre par écrit, car il avoit toûjours accoustumé de songer beaucoup aux choses, & de les disposer dans son esprit avant que de les produire au dehors [...]" (Préface).

L'histoire des manuscrits de Pascal et de la publication des Pensées est un véritable roman d'aventures épiques. Le déchiffrement de l'écriture difficile de Pascal a demandé énormément de travail. "[...] On sait que le manuscrit original des Pensées de Pascal n’était autre chose qu’un amas de petits papiers que l’on trouva pêle-mêle dans sa chambre après sa mort ; [...] Comme l’écriture de Pascal, fort pénible à lire, était plus indéchiffrable encore sur ces brouillons écrits à la hâte et pour son seul usage, on eut aussi la précaution d’en faire une copie exacte ; [...]. Vers le même temps, on fit réunir et coller en un grand volume in-folio toutes les notes originales, mais presque sans aucun ordre, et surtout sans le moindre rapport d’arrangement avec la copie manuscrite, ni avec les imprimés. [...]" (Augustin Renouard, libraire-éditeur des Pensées de Pascal, 1803 et 1812).

Selon Jacques Attali, biographe et essayiste contemporain, Blaise Pascal incarne le génie français dans toute sa complétude : génial inventeur et scientifique, génial penseur et philosophe acquis à la cause du jansénisme, etc. NDLR : Mort à seulement 39 ans, Blaise Pascal aurait certainement pu offrir encore bien plus qu'il n'avait laissé. Une autre hypothèse pourrait laisser à penser qu'il aurait pu finir confit en bredinerie. On ne le saura jamais.

"L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser : une vapeur, une goutte d'eau suffit pour le tuer. Mais quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien." (Pensée)

"Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans passions, sans affaire, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent il sortira du fond de son âme l'ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir." (Pensée)


Très bel exemplaire parfaitement établi par Hardy de cette édition rare.

Prix : 2.800 euros