mardi 9 janvier 2018

Rétif de La Bretonne. Le Ménage Parisien (1773). Edition originale rare jamais réimprimée ni contrefaite de ce "roman-farce" très plaisant. Bel exemplaire en condition d'époque.


[Nicolas-Edme RÉTIF DE LA BRETONNE].


Le ménage parisien, ou Déliée et Sotentout. Première et Seconde partie.


Imprimé à La-Haie, 1773 [A Rouen, chez Leboucher et à Paris, chez De Hansy]


2 parties en 1 volumes in-12 (16,7 x 10,5 cm) de (11)-186-XXXII et (1)-186-[XXXIII à XCII]-(5) pages. Titres imprimés en rouge et noir dans un encadrement. Quelques pages imprimées en rouge et noir.


Reliure de l'époque plein vélin ivoir, dos à nerfs, pièce de titre de maroquin rouge, tranches marbrées, gardes et doublures de papier marbré (première garde remplacée). Ensemble très frais. Quelques feuillets légèrement teintés. Noms manuscrits ajoutés à l'époque dans les notes de la fin (clé).


Édition originale rare imprimée à 1.250 exemplaires qui n'a jamais été ni réimprimée ni contrefaite.


Cet ouvrage fut commencé à la fin de 1772 et imprimé pendant le Carême 1773, sa publication ensuite fut retardée jusqu'en juin.



Ce « roman-farce » comme le définit lui-même Rétif, « tient du roman grâce au « récit » [et] rappelle la farce par son esprit loufoque, le rire qu’il suscite et surtout par son personnage : Sotentout, le sot. Le Ménage parisien est en effet placé, dès l’épître dédicatoire, sous le patronage du fameux vers de Boileau : « Un Sot trouve toujours un plus Sot qui l’admire » [...] Avec Le Ménage parisien, nous sommes témoins pour la première et l’unique fois dans l’œuvre rétivienne, de toute la complexité qui régit le rapport de Rétif aux mots et à la littérature. Par certains de ses aspects, ce récit est un exercice de style, une sorte d’entraînement sur le verbe et sur « l’élasticité » des mots. L’auteur semble y éprouver son pouvoir sur les faits, à travers son rôle de « modérateur du fil » et son pouvoir sur les mots, à travers sa nouvelle orthographe d’abord (système exposé dès l’épître dédicatoire), mais surtout à travers cette logorrhée jubilatoire à l’origine du rire franc du Ménage. (Asma Guezmir).


Restif lui-même se montre très sévère pour ce roman piquant, quoique méconnu, qu’il éreinte dans sa Revue des ouvrages de l’auteur (1784, où il est décrit comme déjà épuisé) et dans Monsieur Nicolas. Les ennuis que ce texte connut avec la censure — alors même qu’il avait été examiné par Crébillon fils — proviennent de sa partie satirique : sous la rubrique d’Académie sotentoute, Restif s’en prend aux principaux hommes de lettres en place, ce qui ne fut pas du goût de la direction de la Librairie.


Notre exemplaire contient 2 feuillets à la fin (Envoi de cet ouvrage à ces Messieurs) et 1 feuillet imprimé au recto seulement (explication "des noms un-peu barbares dans le chapitre des Notes de la Seconde partie" et avec une courte liste des ouvrages du même auteur qu'on trouve chez le même libraire (Leboucher à Rouen), ce feuillet ne se trouve pas dans l'exemplaire de la Bnf coté RES-Y2-3405. Par ailleurs, non signalé dans les autres exemplaires que nous avons pu consulter (y compris l'exemplaire de la réserve des livres rares de la Bnf, cote RES-Y2-3405), on trouve à la suite de la première page de titre, un feuillet de faux-titre avec l'adresse des libraires Leboucher et de Hansy, avec au verso les "Fautes à corriger" (15 fautes à corriger).

Une note manuscrite indique à la fin des notes de la première partie que ces 2 volumes ont été achetés le 14 juin juin 1773 (nous donne exactement la date de parution des volumes en librairie) pour le prix de 2 livres 10 sols les 2 volumes. Le nom de Rétif de La Bretonne a été ajouté à la plume sur le premier titre probablement de la même main.


Référence : Lacroix, 116-118 ; Rives Child, 220-221, XI. ; Asma Guezmir, « Le mariage dans Le Ménage parisien : une relation parodique ? », Études rétiviennes, 44, Actes du Colloque de Clermont-Ferrand (7-8 juin 2012), « Le drame conjugal dans l’œuvre de Rétif de la Bretonne : désastre intime et enjeux politiques », décembre 2012, p. 97-107.


Bel exemplaire en condition d'époque, complet du feuillet de faux-titre-errata et du feuillet final.

Prix : 1.600 euros