mardi 20 juin 2017

Octave Uzanne. Instantanés d'Angleterre (1914). La vie à Londres à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Bel exemplaire. Peu commun.


UZANNE, Octave.

INSTANTANÉS D'ANGLETERRE. Le Cinéma d'un Nomade. Londres et sa vie sociale. Spectacles mondains, sportifs et militaires. L'art et les artistes. Types populaires. La Femme à Londres. Mœurs britanniques. Paysages et Pèlerinages.

Paris, Payot, 1914

1 volume in-12 (18,7 x 12,7 cm) de XLVIII-317-(1) pages.

Reliure de l'époque demi-chagrin marron, tête dorée, relié sur brochure, les deux plats de couverture imprimés en noir sur papier rouge parfaitement conservés. Excellent état. Dos uniformément éclairci. Ensemble très frais. Vignette de Nicholson sur le titre et sur le dernier feuillet.

TIRAGE A 1.815 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 1.800 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN TEINTÉ.



Très intéressant volume dans lequel l'auteur se livre personnellement. Ce sont les souvenirs de ses nombreux voyages à Londres durant sa jeunesse (études) et ensuite qui forment le corpus de ce volume publié initialement en partie dans un ouvrage publié en 1898 et intitulé les Types de Londres (le texte a été réactualisé pour aller jusqu'aux années 1900).

Octave Uzanne professa toujours haut et fort tout au long de sa vie son anglophilie démesurée. Ce qui ne l'empêche pas de se moquer parfois.

"Lorsque pour la première fois, je pris pied sur le sol britannique, je n’étais encore qu’un écolier envoyé par sa famille outre-manche afin de se perfectionner dans la langue de Dickens et de Disraëli et d’acquérir, par l’adaptation au milieu, ces dons d’initiative et de self-government de soi-même, ces nobles vertus d’indépendance pratique dont, nous semble-t-il, nos voisins britanniques possèdent, plus que toute autre nation, le généreux privilège. Je connus alors old England, la vieille Angleterre du milieu de l’Ere de Victoria, celle qui fut si curieusement exprimée par Tackeray, Wikie Collins, Douglas Jerrold, par l’inimitable Boz, comme on nommait l’auteur de Barnaby Rudge, et qu’illustrèrent aussi les verveux croquis de notre trop abodant Gustave Doré. C’était peu avant la cruelle guerre 1870-1871 [...] Je fus – pourquoi ne le confesserais-je point – sincèrement, profondément anglophile, par goût de libéralisme intégral et d’indépendance d’action, anglophile raisonné plutôt qu’anglomane. J’appréciai l’excellence de l’existence et des milieux britanniques par tous les sens, et surtout en raison du culte que je professe pour l’individuelle liberté, la seule qui vaille qu’on la recherche et qu’on en jouisse avec tout le confortable qu’elle procure. Cette liberté, à vrai dire, ne trouve à s’exercer dans toute sa plénitude et toute son étendue qu’en pays de langue anglaise et principalement dans la métropole de l’Empire britannique. Je goûtai avec une rare satisfaction quiétude de la vie at home, les facilités offertes au bachelor gentleman, au célibataire exempt de tout lien, aussi bien pour le boarding, à la ville et à la campagne, que pour l’admission dans les clubs les plus divers et la facilité de se créer, n’importe où et instantanément, un home bien à soi, avec attendance et tous moyens de réception et de repas soignés. J’appréciai même la cuisine anglaise, si dédaignée de mes compatriotes, celle surtout du vieux temps, comme on la savourait encore en 1880, à la Taverne de Simpson, dans le Strand et qui était si riche en poissons incomparables, en viandes bien saisies, en potatoes nature, en greens appréciables, en Chester ou Stilton de bonne provenance et en Puddings de l’ancienne école culinaire : Rolly-Polly, Apple Tart, Gooseberry ou Rhubarbe pies que sucrait savoureusement le yellow sugar ou la cassonade, sans parler, comme boisson, des vieilles ales dont le bouquet était si étrangement caractéristique et aussi sans évoquer les Claret, les Port Wines, les Sherry d’origine et les bouteilles magnum de champagne extra dry. Je connus vers 1880 à 90 dans un Londres intimement plus pacifique que celui d’aujourd’hui, toute une génération d’érudits, d’artistes et de littérateurs qui voulurent bien se disputer l’honneur de recevoir dans tous leurs clubs et maisons privées le Prince des Bibliophiles, - comme ces aimables hôtes voulaient bien me qualifier alors." (extrait).



BEL EXEMPLAIRE DE CE LIVRE PEU COMMUN EN BONNE CONDITION.

Prix : 150 euros