mercredi 7 juin 2017

Montesquieu. Le Temple de Gnide illustré par Eisen et Le Barbier. Edition de luxe de 1881 (Rouen, Lemonnier). Préface d'Octave Uzanne. Exemplaire sur Japon avec suites sur Japon, sur Chine et sur Whatman. Rare.


MONSTESQUIEU. UZANNE, Octave (Préface).

LE TEMPLE DE GNIDE SUIVI D'ARSACE ET ISMENIE. Nouvelle édition. Avec figures d'Eisen et de Le Barbier gravées par Le Mire. Préface par O. Uzanne.

Rouen, Chez J. Lemonnier, 1881 (Evreux, Imprimerie de Charles Hérissey)

1 volume in-4 (28,5 x 20 cm) de XVI-160-(1) pages. 15 compositions à l'eau-forte d'après les cuivres d'Eisen et de Le Barbier gravés par Le Mire, dont 1 frontispice, 1 titre pour le Temple de Gnide, 1 titre pour Arsace et Isménie, 1 vignette d'en-être et 11 hors-texte.

Reliure de l'époque demi-maroquin caramel mou à larges coins, tête dorée, non rogné, filets dorés sur les plats et sur les nerfs, millésime doré en queue du dos (reliure signée FECHOZ). Très bon état. Intérieur très frais. Rousseurs sur la serpente légendée.

TIRAGE DE LUXE SUR GRAND PAPIER.

CELUI-CI, 1 DES 50 EXEMPLAIRES SUR JAPON, AVEC 4 ÉTATS DES PLANCHES (bistre, bleu, orange, noir).

Le tirage de luxe comprend 100 exemplaires sur Whatman, 50 ex. sur Japon et 50 ex. sur Chine.

ON JOINT AU VOLUME UNE SUITE COMPLÈTE DE TROIS ÉTATS SUR CHINE, EN BISTRE, EN ORANGE ET EN COULEURS.

AINSI QU'UNE SUITE COMPLÈTE DE DEUX ETATS SUR WHATMAN, EN BISTRE ET EN NOIR.

Le tirage sur Chine mis en couleurs au pinceau n'est pas décrit par les bibliographes et semble être unique. Sans doute a-t-il été réalisé pour un amateur. Le travail de mise en couleurs est d'une grande finesse (il ne s'agit pas d'un travail d'amateur). Ces gravures sur Chine sont proposées en feuilles, à part, sous couverture de papier.



Soit un total de 135 estampes pour cet ouvrage.

Les exemplaires sur Japon étaient vendus 100 francs. Les exemplaires sur Chine étaient vendus 80 francs. Les exemplaires sur Whatman étaient vendus 60 francs. Soit 240 francs or en 1881 pour ces trois tirages réunis, comme ici. Le tirage ordinaire sur papier vergé (600 exemplaires) était vendu 30 francs.



Cette jolie édition a été faite sur celle de 1772 ornée des mêmes gravures et qui fait partie des bijoux bibliophiliques de la fin du XVIIIe siècle. Les dessins de Eisen et de Le Barbier étaient alors si recherchés, l'interprétation de Le Mire à la gravure si bien exécutée, que les bibliophiles en ont fait une pièce de choix présente dans toutes les bibliothèques de renom. Ce tirage de 1881 n'a rien à envier à cette première édition en ce qui concerne la qualité des tirages sur les cuivres originaux.

"Le Temple de Gnide n'était point destiné à l'impression, ce n'était qu'un argument "ad mulierem" et Montesquieu y avait mis plus de vanité d'amant que d'amour-propre d'auteur. Mais la curiosité au museau de fouine pénètre partout avec d'autant plus de malice qu'il y a plus de mystère et d'intrigue dans ce qu'elle veut mettre à jour. [...]" Octave Uzanne.




Le Temple de Gnide est un poème de sept chants en prose publié sans nom d’auteur en 1725 par Montesquieu. « Le dessein du poème, dit la préface, est de faire « voir que nous sommes heureux par les sentiments du cœur et non pas par les plaisirs des sens. » Montesquieu lut le Temple de Gnide, censément traduit du grec, qu’il avait écrit pour mademoiselle de Clermont, à sa société, et bientôt, il courut quelque temps en manuscrit. Bientôt un périodique imprimé en Hollande l’inséra dans le second semestre de l’année 1724 avec cette note : « Cette pièce a été trop bien reçue du public pour refuser de la mettre au rang des pièces fugitives qui méritent d’être conservées. On assure qu’elle est de la façon de celui qui nous donna, il y a trois ans, les Lettres persanes. » À la fin de mars 1725, Montesquieu fit scandale en publiant, à Paris, le Temple de Gnide en volume sous le pseudonyme d’un évêque grec, précédée d'une Préface du traducteur, pendant la semaine sainte et avec privilège du roi. La période à laquelle il parut fit scandale : « On veut faire croire ce petit livret traduit du grec, et trouvé dans la bibliothèque d’un évêque, mais cela sort de la tête de quelque libertin qui a voulu envelopper des ordures sous des allégories. L’addition de la fin, où l’Amour fait revenir ses ailes sur le sein de Vénus n’est pas mal friponne ; et les femmes disent qu’elles veulent apprendre le grec, puisqu’on y trouve de si jolies cures : Les allusions y couvrent des obscénités à demi nues. » En voyant des pensées au lieu de sentiments et plus d’observation que d’imagination, le tout présenté dans un style précieux et d’une grande naïveté, Marie du Deffand, qui avait plusieurs raisons de ne pas goûter un ouvrage si peu en rapport avec son art d’aimer et son art d’écrire, l’appela de suite : « l’Apocalypse de la galanterie. » L’abbé de Voisenon a affirmé que son pastiche « lui valut beaucoup de bonnes fortunes, à condition qu’il [Montesquieu] les cacherait ». (source : Wikipédia).



Référence : Vicaire, Manuel de l'amateur d'éditions originales du XIXe siècle, 1102.

BEL EXEMPLAIRE RELIÉ A L'ÉPOQUE, DU RARE TIRAGE SUR JAPON, AVEC SUITES AJOUTÉES, DONT UN ETAT EN COULEURS NON DÉCRIT PAR LES BIBLIOGRAPHES.

VENDU