mercredi 20 septembre 2017

Ramier de La Raudière. L'Âge d'Or ou les Vertus Helvétiques. Ode dédiée aux généreux protecteurs des Belles-Lettres et aux Amis de l'Humanité (vers 1766). Rare impression d'Yverdon dans son superbe cartonnage de l'époque en papier d'Augsbourg.


[J. D. RAMIER DE LA RAUDIERE]

L'AGE D'OR OU LES VERTUS HELVÉTIQUES. ODE DÉDIÉE aux généreux protecteurs des Belles-Lettres et aux Amis de l'Humanité.

Imprimé aux dépens et pour le bénéfice de l'Auteur, par qui chaque exemplaire sera signé. S.d. (Yverdon, Suisse, vers 1766)

1 volume in-8 (20,6 x 12,1 cm) de 45 pages. Le premier feuillet qui compte dans la pagination est blanc.

Cartonnage plein papier de l'époque. Reliure sur ficelle entièrement recouverte d'un très joli papier de Augsbourg (Allemagne) doré à motifs floraux. Ensemble très frais. Cartonnage en superbe état. Infimes frottements. Petite perforation sans manque à 3 feuillets, sans atteinte au texte.

TRÈS RARE ÉDITION.


Contrairement à ce qui est annoncé au titre, notre exemplaire n'est pas signé par l'auteur. L'exemplaire de la bibliothèque cantonale de la ville de Lausanne est signé.

La base d'ornements typographiques (Bibliothèque cantonale Universitaire de Lausanne) indique que ce volume sort des presses de Fortuné-Barthélemy de Félice, à Yverdon, probablement en 1766.

Ce poème en vers à la gloire du peuple helvétique est précédé d'un Discours préliminaire qui occupe les pages 5 à 13, terminé par une Épître.

"Je le demande sans adulation. Est-il des peuples en Europe, et peut-être sur toute la terre qui méritent le plus d'être loué que ceux qui composent le Corps Helvétique ? En est-il, qui fassent mieux revivre les mœurs des premiers âges ; c'est-à-dire, de ce siècle heureux, appelé l'âge d'or ?" (extrait du Discours préliminaire).


On sait peu de chose sur l'auteur. Il était protestant, vécut à Tournai en Belgique et sa production littéraire fut marquée par la réflexion philosophique et des idées de fraternité et de tolérance. Il est l'auteur de quelques ouvrages publiés toujours à compte d'auteur : "Le Miroir des Vertus Legislatives" (1772), "L'Anti-Suicide ou le Suicide combattu par le courage et la vertu" (1777); "Le triomphe de l'Héroïsme. Ode à Monsieur l'Amiral Keppel" (1779). Il a aussi donné La Lyre protestante consacrée aux partisans de la bonne cause, aux vrais intéressés à la conservation de l'équilibre en Europe, aux sincères amis de la vérité, aux généreux protecteurs et restaurateurs des Arts, des Belles lettres et des Artistes (vers 1760 également), ouvrage qui n'a pas été distribué dans le commerce et qu'il adressait "sous enveloppe à des personnages puissants et considérés" (Barbier, II, 1339). Il doit en être de même de cette Ode. Notre exemplaire n'est pas signé, quelque chose l'en aura empêché ... Il se serait tué d'un coup de pistolet en 1784 à Aix-la-Chapelle. (Cf. Manuscrits français de la collection berlinoise, vol. 1, p. 282). Sa mort tragique volontaire est transcrite dans le moindre détail dans la Chronique scandaleuse (éd. 1791, tom. 2 p. 121 et suiv.). 


Localisation : aucun exemplaire au Catalogue Collectif des Bibliothèques de France (CCfr) ; La notice de la Bibliothèque Universitaire de Neuchâtel indique que ce poème a été publié avec la date de 1766 sans le Discours préliminaire (dans lequel il explique qu'on lui a fait reproche de publier ce poème par lui-même sans avoir fait appel à un éditeur). On en trouve quelques exemplaires dans les bibliothèques suisses.


BEL ET RARE EXEMPLAIRE EN ÉLÉGANT ET FRAGILE CARTONNAGE DE L'ÉPOQUE.

Prix : 900 euros


mardi 19 septembre 2017

Michel Baron. La Coquette et la Fausse Prude. Comédie (1718). Bel exemplaire relié à l'époque en plein parchemin. Peu commun.


BARON, Michel BOYRON dit.

LA COQUETTE ET LA FAUSSE PRUDE. COMÉDIE.

A Paris, Chez Pierre Ribou, 1718

1 volume in-12 (16,5 x 10 cm) de (2)-141 pages.

Reliure de l'époque plein parchemin souple. Titre à l'encre au dos (effacé) et repris à l'encre sur le premier plat (bien lisible dans une écriture de l'époque). Très bel état. Reliure très fraîche malgré un nerf apparent qui manque. Quelques rousseurs. Feuillets avec bords défectueux, sans atteinte au texte (d'origine).

NOUVELLE ÉDITION.


Bien qu'annoncée sur le titre avec Privilège du Roi notre volume n'en possède pas (tout comme les exemplaires que nous avons pu consulter dans les dépôts publics).

Michel Boyron, dit Michel Baron (1653-172) fut élève de Molière avant de jouer sur scène avec lui. Il interpréta des plus grands auteurs dramatiques du règne de Louis XIV (Pierre et Thomas Corneille, Racine, Regnard, etc.). Il était considéré par ses contemporains comme le meilleur acteur de sa génération, tant dans le genre comique que dans le genre tragique. Il a lui-même composé dix comédies en prose ou en vers, dont la plus célèbre, L'Homme à bonne fortune, a été régulièrement représentée jusqu'au milieu du XIXe siècle (Wikipédia).


"Baron mit tant de soin à cacher son âge pendant sa vie, qu'on ignore aujourd'hui l'âge qu'il avoit au moment de sa mort. Baron ne fut pas seulement un grand comédien ; il est aussi connu comme auteur ; malheureusement on lui contesta la propriété de ses meilleurs ouvrages : est-ce à tort ou à raison ? la question est encore restée indécise." (Notice par Picard pour les Oeuvres de Molière, vol. 1. p. XXVIII).

La Coquette et la Fausse prude est inspirée des comédies de Molière. Cette comédie en cinq actes et en prose a été représentée pour la première fois au Théâtre-Français le 28 décembre 1686 et imprimée pour la première fois l’année suivante à Paris chez Thomas Guillain. Elle sera encore réimprimée en 1694. Malgré ces réimpressions, cette pièce de Baron se trouve difficilement aujourd'hui. La liste des acteurs se trouve imprimée au verso du titre dans l'édition de 1718.


"La Coquette et la Fausse prude est un titre sans mystère : la coquetterie est donnée d’emblée comme trait distinctif des principaux personnages féminins de la pièce. Toutefois, si le comportement de Cidalise, la coquette, est aisément identifiable, celui de Céphise, la fausse prude, ne l’est pas puisqu’elle le cache, hypocritement, sous le masque du moralisme. Mais Cidalise, jeune veuve capricieuse, ne tarde pas à découvrir le jeu de Céphise, sa tante, qui est tombée amoureuse d’Éraste, son amant. C’est pourquoi elle décide d’élaborer un plan pour la démasquer aux yeux de Damis, son oncle. Ce dernier, oncle et mari, représente l’autorité, sans jamais l’incarner : il n’admet pas le train de vie de sa nièce et voudrait qu’elle se marie mais se heurte à la volonté de sa nièce. L’image donnée par le personnage de Cidalise comporte plusieurs facettes. D’un côté, nous trouvons la jeune fille rebelle à toute forme d’autorité. De l’autre, une femme coquette qui, par caprice et/ou par vanité, joue de plusieurs amants, mais aussi une femme d’intrigue qui, par opportunisme, profite, à condition qu’il soit riche ou influent, de la dépendance de l’amoureux du moment. Très habilement, elle contrôle les différentes situations, qu’elle parvient toujours à retourner en sa faveur, et manipule tous les personnages. Damis et Céphise qu’elle trompe aisément, un conseiller et un financier dont elle se sert pour gagner un procès, et enfin Éraste dont elle est vraisemblablement amoureuse. Bien qu’au bout du compte Cidalise arrache le consentement à son mariage avec Éraste et qu’ainsi la comédie se termine comme le veut la tradition, on ne saurait affirmer que l’ordre soit exactement rétabli car la coquette ne subit aucune sanction – sans que son comportement soit pour autant légitimé –, tandis que sur la fausse prude s’abat la colère du mari, qui a découvert une lettre à Éraste écrite en réalité par Cidalise." (Un petit cercle de femmes jouant sur scène par Barbara Sommovigo, Université de Pise, pp. 131-143, in Littératures Classiques, 2005/3, n°58).

"Gardez-vous bien, madame, de rien précipiter là dessus. Vertu de ma vie ! ce ne sont point ici des bagatelles. Vous iriez prendre quelque brutal de provincial, peut-être, qui nous taillerait de la besogne. Eh ! ne vous mariez point, madame, sans avoir bien examiné celui que vous choisirez. Brutal pour brutal, j’aime mieux un oncle qu’un mari." (Acte I, Scène IV, Marton, femme de chambre de Cidalise)


Provenance : signature ex libris DEVAUX répétée sur le titre et la première page.

BEL EXEMPLAIRE EN CONDITION D’ÉPOQUE.

Prix : 400 euros


jeudi 14 septembre 2017

Manufrance. Nuisibles et rapaces (1951). 43 espèces d'animaux nuisibles pour le chasseur. Bel exemplaire.


COLLECTIF [Manufrance]

NUISIBLES ET RAPACES.

s.d. (1965), Edité par Manufrance, Saint-Etienne

1 volume in-4 à l'italienne (29,5 x 20,5 cm) de 46 pages (aquarelle d'animaux et rapaces). Chaque aquarelle reproduite est précédée d'un papier fin imprimé en bleu et contenant la description détaillé des animaux (environ 95 pages donc au total).

Cartonnage éditeur pleine percaline verte simili-cuir, profil de rapace (tête) et titre doré sur le premier plat. Belle impression des aquarelles reproduites sur papier glacé. Très bel état de conservation. Ensemble reliure et papier très frais, à l'état proche du neuf. A noter une perforation avec manque de papier dans le dernier feuillet d'achevé d'imprimer (dans le blanc).


NOUVELLE ÉDITION.

Ce volume réédité plusieurs fois depuis 1951 décrit 43 animaux (loup, renard, ours, blaireau, etc) et rapaces (buses, éperviers, aigle, faucon, etc). Les aquarelles sont très belles et réalistes (proches de la photographie). Les aquarelles ne sont pas signées mais il est probable qu'elles soient de François Castellan qui a donné les aquarelles pour les Chiens de Chasse du même éditeur.

Cet ouvrage fait partie d'une série publiée par la célèbre marque de fabrique d'armes et cycles de Saint-Etienne, Manufrance.


BEL EXEMPLAIRE DE CET OUVRAGE RECHERCHÉ.

Prix : 60 euros




Kermadec, Herout, Teissonniere, Castaing, Daubigne, avec des aquarelles de François Castellan. Les Chiens de Chasse (Manufrance, 1965). 80 races de chien décrites. Bel exemplaire.


COLLECTIF [KERMADEC, HEROUT, TEISSONNIERE, CASTAING, DAUBIGNE, Aquarelles de François CASTELLAN].

LES CHIENS DE CHASSE. Monographies de R. de Kermadec, pour les chiens d'arrêt et les chiens courants, Docteur Herout, pour les terriers, Henri Teissonnière, pour les lévriers. Revues et corrigées par Jean Castaing, pour les chiens d'arrêt, Paul Daubigne pour les chiens courants et les lévriers. Aquarelles de François Castellan.

1965, Edité par Manufrance, Saint-Etienne

1 volume in-4 à l'italienne (29,5 x 20,5 cm) de 83 pages (aquarelle de chien en couleurs). Chaque aquarelle reproduite est précédée d'un papier fin imprimé en bleu et contenant la description détaillé du chien en vis-à-vis (environ 170 pages donc au total).

Cartonnage éditeur pleine percaline verte simili-cuir, profil de chien (tête) et titre doré sur le premier plat. Belle impression des aquarelles reproduites sur papier glacé. Très bel état de conservation. Ensemble reliure et papier très frais, à l'état proche du neuf.



NOUVELLE ÉDITION.

Ce volume réédité de nombreuses fois depuis 1931 décrit 80 races de chiens pour la chasse, tous minutieusement décrits pour leurs qualités et leurs spécificités face au gibier. Les aquarelles sont très belles et réalistes (proches de la photographie).



Cet ouvrage fait partie d'une série publiée par la célèbre marque de fabrique d'armes et cycles de Saint-Etienne, Manufrance.

BEL EXEMPLAIRE DE CET OUVRAGE RECHERCHÉ.

Prix : 70 euros



mercredi 13 septembre 2017

Albert Bélinac (Bibliophile). Octave Uzanne (Bibliographe). Catalogue de la Bibliothèque de feu M. Albert Bélinac. Première partie (très beaux illustrés modernes). Album de 167 planches de reliures d'art (Marius-Michel, Noulhac, Carayon, etc). Bel exemplaire finement relié.


Octave UZANNE / Albert BELINAC

CATALOGUE DE LA BIBLIOTHÈQUE DE FEU Mr. ALBERT BELINAC, membre de Sociétés de Bibliophiles, Industriel, Chevalier de la Légion d'Honneur. PREMIÈRE PARTIE. TRÈS BEAUX LIVRES MODERNES recouverts de SUPERBES RELIURES D'ART. Exemplaires uniques enrichis d'Aquarelles originales.

Paris, A. Durel, 1909

1 volume in-4 (30,5 x 21 cm) de XVI-196-(8) pages + ALBUM DE RELIURES (167 planches photographiques hors-texte dont 1 planche bis). Légendes avec nom du relieur, auteur et titre de l'ouvrage concerné.

Reliure de l'époque demi-chagrin rouge sang, dos à nerfs orné dans les entre-nerfs d'un lion rugissant doré. Tête dorée, non rogné, couvertures conservées. Première couverture du brochage en partie insolée sur les bords, un coin de la reliure cassé à l'extrémité et les autres légèrement frottés, quelques frottements estompés sur les nerfs. Belle et solide reliure.


PREMIÈRE PARTIE UNIQUEMENT.

Un deuxième volume de notices uniquement (pas de planches publiées) a été publié concernant les livres illustrés du XVIIIe siècle.

Cette première partie contient la description minutieuse de 492 livres illustrés modernes d'exception tant par leurs reliures que par les dessins ajoutés ou les tirages de luxe. On y trouve tous les noms de la reliure d'art de la fin du XIXe siècle (Marius-Michel, Noulhac, Charles Meunier, Petrus Ruban, Carayon, Kieffer, Gruel, Hardy, Chambolle-Duru, etc.).


Ce catalogue est d'autant plus important qu'il s'ouvre par un propos par Octave Uzanne intitulé : Livres d'Art Contemporain, Expressions de la Bibliophilie de ce Temps (pp. V à XVI).


Par ailleurs, un curieux de l'époque a consciencieusement noté dans la marge au crayon le prix d'adjudication de tous les lots avec le montant total pour cette première partie, qui s'élève à la somme considérable de 267.000 francs or.


Il s'agit de l'une des plus riches bibliothèques de modernes illustrés richement reliés à l'époque.

BEL EXEMPLAIRE.

Prix : 350 euros


mardi 12 septembre 2017

François Truffaut. Charles Denner. L'Homme qui aimait les femmes (1977). 15 superbes tirages argentiques 25 x 20 cm (photos de presse non tamponnées) avec 12 photos couleurs d'exploitation (jeu B). 1 tirage annoté. Superbe ensemble.


François Truffaut / Charles Denner etc. Néstor Almendros (photographe).

PHOTOGRAPHIES / L'HOMME QUI AIMAIT LES FEMMES.

Ensemble de 15 tirages argentiques 25,3 x 20,2 cm noir et blanc. Papier Kodak. Tirages de l'époque, photos de presse non tamponnées au verso. Cote manuscrite au stylo au verso pour chaque photo (une seule photo n'est pas cotée). Excellent état (photographies très peu ou pas manipulées restées jusque là sous enveloppe).


ON JOINT : 1 tirage identique avec annotations de tirage au verso.

ON JOINT : Jeu B - 12 photos couleurs d'exploitation 27 x 21 cm, sous enveloppe. Complet. Excellent état, pas de trace d'affichage ni trous de punaise.

Sortie en salle : 27 avril 1977


Synopsis : Bertrand est autant amoureux des femmes que de l'idée même de la femme. Pour lui, toutes les femmes sont uniques et irremplaçables. Elles sont à la fois l'œuvre de sa vie, son inspiration artistique et la cause de sa mort. Mais si Bertrand est un amoureux insatiable, c'est qu'une profonde blessure est restée en lui. Celle que lui a causé une mère distante et froide, tout d'abord, et dont il ne parviendra jamais à se faire aimer. Et puis celle que lui a infligé Véra en le quittant. Depuis que Véra est partie, Bertrand erre de femme en femme, les collectionnant pour ne pas s'y attacher. Une passion qu'il résume par ces mots : « Les jambes de femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie. »


SUPERBE ENSEMBLE.


Prix : 600 euros

lundi 11 septembre 2017

Jules Verne. Cartonnage Hetzel polychrome à la mappemonde et au dos à l'ancre. Tirage de 1885. Superbe exemplaire très frais. Rare.



Jules VERNE.

MATHIAS SANDORF. Les Voyages Extraordinaires. 111 dessins de Benett et une carte.

Bibliothèque d'éducation et de récréation J. Hetzel et Cie, Paris, 1885

1 volume grand in-8 de (5)-552 pages + 8 pages de catalogue Hetzel (1894).

Cartonnage éditeur pleine toile rouge polychrome dessinée par Paul Souze. Reliure de Engel. Premier plat à la mappemonde et dos à l'ancre.

Etat de conservation : Superbe exemplaire (4,7/5). Cartonnage en excellent état, très frais, ors superbes, polychromie superbe et couleurs très fraîches (à noter seulement quelques petites traces noires sur le premier plat - voir photos), coins très bien à peine frottés, coiffes très bien, dos polychrome superbe et resté très frais (aucune insolation), tranches dorées lingot (cahiers parfaitement alignés), gardes de papier gris parfaites, charnières intérieures parfaites. Intérieur frais malgré les rousseurs habituelles plus ou moins présentes selon les feuillets. Notre exemplaire possède la particularité (non signalée à notre connaissance) que la lettre E de ENGEL (nom du relieur sur le premier plat) n'apparaît pas (recouverte par de la dorure). Voir photos pour ce détail.


TEXTE EN ÉDITION ORIGINALE DE 1885 SOUS CARTONNAGE A LA MAPPEMONDE ET DOS  A L'ANCRE (1899).


Référence : Jauzac, Jules Verne, Hetzel et les cartonnages illustrés, pp. 240-241 pour les détails. Notre exemplaire présente la typographie JULES VERNE en largeur 26 mm (avant 1901). Le premier tirage de 1885 apparaît dans ce type de cartonnage jusqu'en 1901. Voir photos.

Mathias Sandorf a paru pour la première fois en 3 vol. in-18 sans illustration entre le 27 juillet 1885 et le 26 octobre 1885. Mathias Sandorf constitue un volume triple dans la classification des cartonnages polychromes Hetzel.


Le présent volume n'a fait l'objet d'aucune restauration.

Mathias Sandorf est dédié par Jules Verne à Alexandra Dumas père, l'auteur du Comte de Monte Cristo. Jules Verne décrit Mathias Sandorf comme le Monte Cristo des Voyages Extraordinaires.


SUPERBE EXEMPLAIRE.

Photographies supplémentaires sur simple demande.

Prix : 900 euros


jeudi 7 septembre 2017

François-Thimoléon de Choisy. Journal ou Suite du Voyage de Siam en forme de lettres familières fait en 1685 et 1686. Belle provenance pour ce rare récit de voyage. Très bon exemplaire en condition d'époque.


[François-Thimoléon de CHOISY].

JOURNAL OU SUITE DU VOYAGE DE SIAM. En forme des lettres familières fait en 1685 et 1686 par M. L. D. C.

Suivant la copie de Paris imprimée, A Amsterdam, chez Pierre Mortier, 1688

1 volume in-12 (16,5 x 10 cm) de (3)-377-(3) pages.

Reliure de l'époque plein vélin ivoire à coutures apparentes (reliure hollandaise). Trace de titre au dos à l'encre (en grande partie effacé). Signatures ex libris à l'encre sur le premier plat. Taches et salissures au vélin ; reliure néanmoins solide. Intérieur avec quelques rousseurs et taches sans gravité. Complet.

Les pages 361 à 377 contiennent un Mémoire des présents du Roi de Siam au Roi de France.

Cet ouvrage a été publié pour la première fois à Paris par Sébastien Mabre-Cramoisy en 1687 (une seconde édition quasi identique en 1688 - sur laquelle a été faite cette édition hollandaise).


Au printemps 1685, François-Timoléon de Choisy, abbé fantasque, réussit à s'embarquer avec l'Ambassade dépêché par Louis XIV vers le Siam. Cette expédition a pour but de convertir le roi Naraï au christianisme et peut-être aussi obtenir quelques privilèges commerciaux... Durant tout le voyage, de Choisy tient un journal où il raconte, dans un style inimitable, les péripéties du voyage, son émerveillement devant les paysages exotiques ainsi que les fastes de la cour siamoise. Son enthousiasme va de pair avec une ouverture d'esprit exemplaire. Curieux de tout, l'Abbé évoque avec moult détails les nombreuses cérémonies qui attendent l'Ambassade : gigantesques processions aquatiques rythmées par une musique «aussi bizarre qu'extraordinaire», visites de pagodes peuplées d'idoles dorées, chasses à l'éléphant et feux d'artifice. Sachant que, «deux yeux ne voient point tout», Choisy questionne les uns et les autres, puis consigne une multitude de renseignements sur les coutumes et les habitants du Royaume de l’Éléphant blanc. Né à Paris en 1644, François-Timoléon de Choisy embrasse la carrière d'un « abbé de cour ». Personnage truculent, aimant se travestir en femme, il évolue dans la haute société de l'époque. A son retour du Siam, il est élu à l'Académie française. Il mènera une vie d'excentrique jusqu'à sa mort en 1724. (in Présentation d'une nouvelle édition, Objectif Terre, 2006).

Référence : Cordier, Indosinica, 941


Provenance : Exemplaire provenant de la bibliothèque de François Hippolyte Charbonnel, ancien maître d'hôtel à bord du vaisseau américain, le Brilliant of Philadelphia, d'après une longue note autographe présente sur le premier feuillet blanc, qui explique que ce vaisseau faisait le commerce ce Cette (Sète) et Marseille, avec Philadelphie, la Nouvelle York (New York) et la Nouvelle Orléans (Amériques). Charbonnel écrit que ce vaisseau fit naufrage sur les côtes de l'Espagne à 3 miles de XXX (nous gardons la primeur de cette information à l'acquéreur du volume) les derniers jours de carnaval 1832. Charbonnel signe et date son texte du 11 mai 1842. Au recto du feuillet on retrouve l'ex libris manuscrit en latin avec les précisions suivantes : Charbonnel était originaire de Pierrefort (Petrafortis) dans le Cantal et domicilé à Jonquières dans l'Hérault. Daté cette fois de l'année 1837. Par ailleurs le volume comporte sur le premier plat la signature autographe de Charbonnel ainsi que deux autres (non identifiées). Au verso du titre son ex libris autographe est répété. Charbonnel fut donc l'un des rescapés du naufrage de ce vaisseau de commerce américain. Ces quelques notes ne seront pas sans éveiller la curiosité des chasseurs d'épaves ...

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CE PASSIONNANT RÉCIT DE VOYAGE.

Prix : 800 euros


mercredi 6 septembre 2017

J. A. de Rivière et Duncan Forbes. Nouveau manuel illustré du jeu des échecs (1861). Très bon exemplaire en condition d'époque. Très frais.


RIVIÈRE (J. A. de), FORBES (Duncan).

NOUVEAU MANUEL ILLUSTRÉ DU JEU DES ÉCHECS. Lois et principes, classification des débuts, parties modèles, fins de parties, etc. Etudes et observations nouvelles par J. A. de R. (Rivière). Précédé d'une introduction historique d'après le professeur Duncan Forbes.

Paris, Passard, s.d. (1861) [imprimerie Dubuisson et Cie, Rue du Coq-Héron, 5].

1 volume in-18 (19,6 x 12,4 cm) de 140 pages. Nombreux diagrammes de positions.

Reliure de l'époque demi-percaline rouge, plats de papier marbré. Très bon état. Légères traces à la reliure, décorative et solide. Intérieur très frais, sans rousseurs.


ÉDITION ORIGINALE.

La première partie, qui traite de l'histoire et de la philosophie du jeu d'échecs est des plus intéressantes. On y apprend les légendes qui ont rapport à la création de ce jeu dans les temps anciens. La deuxième partie ou traité élémentaire du jeu des échecs traite du matériel (échiquier, pièces), des règles et lois de ce jeu, ainsi que des observations en rapport. On y trouve de nombreuses parties historiques analysées et expliquées à l'aide de diagrammes avec pièces (et non par notation uniquement). Par ailleurs les fins de partie sont bien étudiées.


Ce livre se vendait au Café de la Régence à Paris (161, Rue St-Honoré), là où se réunissaient les meilleurs joueurs d'échecs de l'époque.

Duncan Forbes (1798-1868) était un linguiste écossais. Analphabète jusqu’à l’âge de 13 ans, il devient instituteur d’école à 17 ans dans le village de Stralock. Après cela il suit des cours à l’école Kirkmichael, à la Perth Grammar School, et finalement à l’Université de St Andrews où il obtient un master. En 1823, il prend un poste à Calcutta Academy, mais est forcé de retourner en Europe pour causes de santé en 1826. En 1837, il devient professeur de langues orientales au King’s College de Londres d’où il prendra sa retraite en 1861. Pendant ses années au King’s College de Londres, il travaille aussi au British Museum, cataloguant la collection de manuscrits persans.

Jules Arnous de Rivière (1830-1905) fut un grand joueur d'échecs de son temps. En 1858, Jules Arnous de Rivière rencontre Paul Morphy à Paris et dispute contre lui un grand nombre de parties amicales au Café de la Régence. Au cours des années suivantes, il gagne plusieurs rencontres, ainsi en 1860 à Londres par +5 -2 contre Thomas W. Barnes, la même année à Paris par +7 -1 contre le Français Paul Journoud et en 1867 à Paris par 2-0 contre le Hongrois Löwenthal. En 1883, il perd de justesse à Paris contre Mikhail Tchigorine par +4-5. En 1867, pendant la 2e exposition universelle de Paris, est organisé un tournoi réunissant les meilleurs joueurs d'échecs de l'époque et Rivière s'y classe sixième. Parallèlement à ce tournoi, une première a lieu au Café de la Régence : des femmes jouent aux échecs en public. À cette occasion, Rivière dispute avec Neumann une partie à l'aveugle contre des dames illustres qui se consultaient : la princesse Murat, la duchesse de la Tremoille, la maréchale comtesse Renault de Saint-Jean de la Tremoille et la marquise de Colbert-Chabannais. Les dames ont gagné. Arnous de Rivière fut aussi l'organisateur du tournoi d'échecs de Monte-Carlo en 1902. Selon une estimation publiée par ChessWorld, son meilleur classement Elo historique a été estimé à 2563, atteint en août 1883. Arnous de Rivière a aussi publié sur les échecs comme auteur et comme journaliste. Il a fait paraître la revue La Régence consacrée aux échecs. Jules Arnous de Rivière ne s'est pas limité aux échecs. On lui doit aussi un Traité populaire du jeu de billard (Flammarion, 1891) et, sous le pseudonyme de Martin-Gall, un important ouvrage sur les jeux de casino : La roulette et le trente-et-quarante (Delarue, 1882). À la fin de sa vie, Arnous de Rivière s'est aussi intéressé au bridge. À nouveau sous le pseudonyme de Martin-Gall, il publie chez le même éditeur Delarue, en 1905, un manuel, Le Jeu de bridge, qui sera réimprimé jusqu'aux années 1920 (avec quelques mises à jour).

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CET OUVRAGE ESTIMÉ QUI DOIT ETRE PRÉSENT DANS TOUTE BELLE BIBLIOTHÈQUE ÉCHIQUÉENNE.

Prix : 450 euros

mardi 5 septembre 2017

Edmond Haraucourt. Manuscrit autographe (chapitre entier du roman utopique Dieudonat publié en 1912). Le Palais d'amour.


Edmond HARAUCOURT.

[MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ]. LE PALAIS D'AMOUR.

s.d. (1911 / 1912 ?)

8 feuillets 30 x 19,5 cm (écriture au recto seulement à l'exception d'un paragraphe rayé au veso du feuillet 4). Nombreuses ratures et corrections. Bien lisible. Bon état.

Ce manuscrit constitue la version corrigée, très proche de la version imprimée, du vingtième chapitre du roman Dieudonat publié en 1912 (E. Flammarion). Le titre définitif de ce chapitre est : Il multiplie avec excès les dons gracieux de sa personne. Notre manuscrit est titré Le Palais d'amour (initialement La Maison d'amour - rayé).

"Dieudonat, prince au pays des légendes, a reçu du diable la faveur de voir ici-bas tous ses vœux irrévocablement exaucés : don diabolique en effet, par la vertu duquel ce bon jeune homme, avec les meilleures intentions du monde, distribue autour de lui une ample moisson de misères et de calamités. Morale : il est plus difficile de réaliser le bien que de le vouloir. [...]." (Revue Critique des Livres Nouveaux).



Précisément, dans ce chapitre XX, Dieudonat fait vœux des joies de l'amour et du sexe :

"Or, en jouant ainsi à étiqueter des femmes, Dieudonat oubliait trop (que ses désirs valaient des ordres) qu'il était l'homme dont tous les voeux se réalisent : soixante-trois amantes revinrent à leurs sièges, férues de contagion, et parfaitement décidées à ne plus voir qu'un homme sur la terre, lui ! [...] - A la bonne heure ! Voilà un pays où l'on s'aime ! J'y fixerai ma résidence : les moeurs sont douces et les âmes bénévoles. [...] (les plaisirs se succèdent ... en nombre ... et puis ce qui devait arriver arriva ...) [...] Elles sont trop, et je n'ai pas le temps de les aimer : elles viennent trop vite, et je n'ai pas le loisir de les appeler. Elles concentrent sur moi des voeux que j'éparpille sur elles. Pendant que je les oublie après les avoir entrevues, elles m'attendent, accumulant du désir et thésaurisant de l'espoir [...] et de conclure : "Belles filles, allez dormir ; tout bonheur est dans l'idée." (extrait)

Ce sympathique roman utopique à la manière d'un Gulliver de Swift, fait parcourir le monde en tous sens à son héro malheureux doté du plus grand bonheur, celui de tout pouvoir ce qu'il veut. Roman philosophique certes éloigné de la Légende des Sexes du jeune poète libertin Edmond Haraucourt (1882), dont nous avons ici un des chapitres autographes des plus croustillants.

Edmond Haraucourt (1856-1941) commence sa carrière d'auteur par la publication d'un recueil sulfureux pour son temps, La Légende des sexes, poèmes hystériques et profanes, paru en 1882 sous le pseudonyme de Sire de Chambley, et contenant le « Sonnet pointu » qui préfigure les calligrammes de Guillaume Apollinaire. Il est conservateur du musée du Trocadéro à Paris de 1894 à 1903 et du musée de Cluny dans la même ville de 1903 à 1925. Il fait partie des Hydropathes et collabore à La Jeune France. Il est président de la Société des gens de lettres de 1920 à 1922.

On doit à Haraucourt ce vers devenu célèbre : Partir, c'est mourir un peu

On pourrait lui reprocher de s'être par trop assagi avec les années ... mais une place de conservateur de musée bien installé vaut bien une messe ... Mais son talent de poète et de conteur est indéniable.

CHAPITRE COMPLET AUTOGRAPHE.

Prix : 550 euros