mardi 23 mai 2017

Camille Pert. En Anarchie (1901). Roman. Edition originale. Couverture illustrée par Lami. Bel exemplaire. Anarchisme et monde libertaire.


PERT, Camille [Alias Louise-Hortense Cyrille, épouse Grille de Rougeul].

EN ANARCHIE. Roman.

Paris, H. Simonis Empis, 1901

1 volume in-18 (19 x 12 cm) de 320 pages.

Reliure demi-basane flammée fauve de l'époque, dos à nerfs orné, non rogné, premier plat de couverture illustré en couleurs conservé (excellent état). Reliure fraîche, intérieur sur papier ordinaire uniformément jauni.



ÉDITION ORIGINALE.

Il n'a été tiré de ce volume que 20 exemplaires sur papier de Hollande. Notre exemplaire est numéroté au composteur (n°4.733) comme indiqué sur la page de titre.

La couverture est signée de Lami.

L'auteur de ce roman roulant sur le thème de l'anarchie est une femme : Louise-Hortense Cyrille, épouse Grille de Rougeul (1865 – 1952). Elle a collaboré à l’Informateur des gens de lettres et a écrit près d'une trentaine de romans.

Le personnage principal est Ruth E., une femme peintre divorcée de mœurs très libres qui s’intéresse aux milieux populaires, choisissant ses modèles parmi la population (mâle) la plus défavorisée. C’est ainsi qu’elle se prend d’une toquade pour Émile Lavenir, fils de communards, anarchiste (pâle réplique d’Émile Henry). C’est dans une église remplie lors d’un mariage mondain que Lavenir met fin au sien (d’avenir). Mais, apercevant le visage de Ruth dans le public, il se trouble, vise mal, fuit, et lance l’inévitable cri de « Vive l’anarchie », avant d’être rattrapé par les gendarmes.

"Pauvres filles !... pauvres femmes ! Est-ce le vice qui les a entraînées dans ce gouffre de misère ?... N'est-ce pas plutôt la démence des êtres à bout de souffrance ?... Cette folie qui rend ses victimes comme des bêtes, leur ôte la pudeur, l'orgueil, tous les sentiments humains." Elle s'arrêta ; puis, redressée, les yeux étincelants, la voix pleine et agressive : "- Des bêtes ! oui nous ne sommes plus que des bêtes dans la société qui nous opprime aujourd'hui !... Et voyez-vous la meute qui nous poursuit, nous harcèle ; nous déchire à belles dents ?... la meute des riches, des satisfaits, des dix fois repus !... s'excitant entre-eux par les calomnies et les injures dont ils nous accablent ! - Le peuple est paresseux ! crient-ils devant notre labeur sans trêve - Le peuple se plaint sans cesse, il est grossier, sans mœurs ! vocifèrent-ils devant notre résignation, nos douleurs, nos dévouements - Sont-ils aveugles, stupides ? - Non, ils sont de mauvaise foi ! - Ils ne nous ignorent point ... leur conscience proteste contre le mensonge dont ils nous chargent ; mais ils l'éloignent cyniquement. "Les filles du peuple sont des prostituées, et les hommes des ivrognes ! crachent-ils ? - Soit !... Mais, qu'ils prennent garde que les bras de nos femmes les étouffent un soir !... Qu'ils songent que le vin dont la pauvreté s'étourdit a la couleur du sang !..." (extrait).

En 1901, au moment de la sortie de ce roman, les actions des milieux anarchistes sont encore dans tous les journaux. C'est cette même année 1901 que l'assassinat du président MacKinley par l'anarchiste Leon Czolgosz déclenche une série de réactions par plusieurs juridictions américaines qui établirent alors des lois visant l'anarchisme et la propagande par le fait. En France, après 1900, les tenants de la propagande par le fait (attentats meurtriers ou non) cèdent progressivement le pas aux théoriciens de l'anarchie et aux représentants du courant individualiste. Le monde libertaire s'assagit un temps, au moins en apparence ... systématiquement sévèrement réprimé et mal compris dans ses intentions comme dans ses actes (NDLR).

BEL EXEMPLAIRE BIEN RELIÉ, AVEC SA BELLE COUVERTURE, TRÈS FRAÎCHE.

Prix : 200 euros



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lundi 22 mai 2017

Principi di Meccanica (1759. Manuscrit en italien. Possible copie d'un des premiers cours de Lagrange à l'école d'artillerie de Turin (Italie). Bel exemplaire.


[BARELLA ? Non identifié (copiste probable) - LAGRANGE, Joseph-Louis ? (auteur)]

[MANUSCRIT EN ITALIEN]. PRINCIPI DI MECCANICA [PRINCIPES DE MÉCANIQUE]. 1759.

[probablement près de Brescia ?], 1756-1759

1 volume in-folio (34 x 24,5 cm) de 235 pages chiffrées à l'exception de la page de titre qui compte pour la page 1. La page de titre est dessinée (dessin au lavis rocaille) et calligraphiée. Au bas ç gauche de la page de titre on peut lire à la plume Barella, en bas au centre "1756. 30 Xbre. On lit ce même nom : Barella en haut à gauche de la garde blanche collée au verso du premier plat. Nombreuses figures à la plume dans le texte.

Reliure plein parchemin à l'imitation, dos à nerfs muet. Excellent état de l'ensemble. Belle écriture bien lisible. Le texte est en italien tandis qu'on trouve quelques titres de chapitres repris en marge d'une autre plume, en français cette fois.








Le manuscrit est divisé en 2 parties. La première partie s'intitule Nozioni preliminari riguardanti la natura del movimento, e le sue principali spezie (nature du mouvement des principales espèces). La deuxième partie s'intitule Della Meccanica (de la Mécanique). Au début on trouve sur deux feuillets titrés du titre principal Principii di Meccanica, un Objet de la Mécanique, les Divisions de la Mécanique, une Histoire de la Mécanique.







Sous toute réserve, il pourrait s'agir d'une copie d'un cours de Joseph-Louis Lagrange (1736-1813) lorsqu'il était professeur à l’école d’artillerie de Turin où il fut nommé en 1755 à l'âge de 19 ans. Ce qui nous fait penser qu'il pourrait s'agir d'une copie d'un des premiers cours de mécanique de Lagrange est le fait que Lagrange n'est jamais cité dans l'intégralité du manuscrit et que les titres des chapitres correspondent aux différents points de la mécanique étudiés et résolus par Lagrange.

La Mécanique analytique de Lagrange n'a été publiée qu'en 1788, sans figures, celles-ci rendues inutiles par l'emploi en tous cas de formules algébriques.

A partir de la page 177 notre manuscrit traite des Machines (poulie, engrenage, levier, treuil, roue dentée, vis, etc.).







En résumé, nous vendons ce manuscrit de Mécanique pour ce que nous savons avec certitude, c'est à dire qu'il a été rédigé entre 1756 et 1759, probablement achevé en 1759, en Italie du nord (proche de Brescia ou Turin). il est rédigé en italien, comporte très peu de ratures et est agrémenté de nombreuses figures (précises). Il est complet.

L'attribution du texte à Lagrange mérite d'être vérifiée et n'influe ici en rien sur le prix proposé. Ce manuscrit est vendu pour ce qu'il est, c'est à dire une copie anonyme en italien d'un traité complet de Mécanique en deux parties du milieu du XVIIIe siècle.





Nous n'avons retrouvé aucun imprimé au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle reprenant ce texte en italien, ni aucune traduction en français.

BEL EXEMPLAIRE.

Prix : 6.500 euros



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dimanche 21 mai 2017

Prophéties et Divination. Occultisme. Ésotérisme. Les Souvenirs Prophétiques d'une Sibylle (1814). Les Oracles sibyllins (1817) et La Sibylle au Congrès d'Aix-la-Chapelle (1819). Ensemble de 3 volumes. Rare.


LE NORMAND ou LENORMAND, Marie-Anne.

LES SOUVENIRS PROPHÉTIQUES D'UNE SIBYLLE, sur les causes secrètes de son arrestation, le 11 décembre 1809. Ornés d'une gravure. Par Mlle A. Le Normand.

Paris, Chez l'Auteur, rue de Tournon, n°5 et à son Magasin de Librairie, rue du Petit Bourbon, S. Sulpice, n°1., 1814

(3)-IX-(1)-592-(4) pages. Frontispice gravé sur acier par Fr. Janet d'après Séb. Le Roy.

LES ORACLES SIBYLLINS, OU LA SUITE DES SOUVENIRS PROPHÉTIQUES, ornés de gravures. Par Mlle M. A. Le Normand, auteur de la Sibylle au Tombeau de Louis XVI.

Paris, Chez l'Auteur, rue de Tournon, n°5 et à son Magasin de Librairie, ru du Petit-Lion, S. Sulpice, n°1, 1817

527-(2) pages. 3 planches hors-texte.

LA SIBYLLE AU CONGRES D'AIX-LA-CHAPELLE, SUIVI D'UN COUP D’ŒIL SUR CELUI DE CARLSBAD. Ouvrage faisant suite aux Oracles sibyllins. Avec des Notes politiques, historiques, philosophiques, cabalistiques, etc., etc., ornés de sept gravures ; par Mlle M. A. Le Normand, auteur des Souvenirs prophétiques ; des Oracles sibyllins, de l'Anniversaire de la mort de l'impératrice Joséphine, de la Sibylle au tombeau de Louis XVI, etc., etc.

Paris, Chez l'Auteur, rue de Tournon, n°5 et à son Magasin de Librairie, rue du Petit Bourbon, S.-Sulpice, n°1., 1819

(3)-316 pages. 7 planches hors-texte.



Ensemble 3 volumes in-8 (20,5 x 13,5 cm), reliure demi-toile de bibliothèque, étiquette de titre anciennes à l'encre au dos, étiquettes de classement en pied, plats de papier à la colle. Reliures de l'époque faites pour le cabinet de lecture de Charles Géofroi Zabern à Strasbourg (avec étiquette et cachet répété). Reliures encore solides mais en état d'usage (bords et coupes frottés/usés, toile des mors parfois fendue). Intérieur globalement propre avec quelques taches sans gravité. Beau papier chiffon vergé. Ensemble complet (texte et gravures).

ÉDITION ORIGINALE DES TROIS PRINCIPAUX OUVRAGES DE LA SIBYLLE MARIE-ANNE LENORMAND.



Beaucoup de choses ont été écrites sur la devineresse Marie-Anne Lenormand (1772-1843). Née à Alençon, deuxième fille (la première étant morte à la naissance) et portant le même prénom que la première, on lit qu'elle fut un bébé si laid et si difforme que ses parents l'auraient sans doute préférée morte à la naissance comme sa sœur. Mais le destin en décida autrement et elle devint rapidement la petite fille la plus jolie et la plus intelligente qui soit. On s'aperçut même rapidement qu'elle avait un don : le don de voyance. Elle voyait à travers les murs dit-on, elle pouvait lire dans les pensées de ceux qu l'entouraient. Le père mourut laissant à son épouse trois enfants (un garçon et deux filles). Sa mère se remaria mais mourut cinq ans plus tard. Son bon-père se remaria à son tour lui donnant une bonne éducation bien qu'il n'ait aucun sang commun avec elle. Marie-Anne Lenormand fut mise en pension à l'abbaye royale Sainte-Geneviève de Montsort à Alençon puis à la Visitation de la même ville. Elle étudia avec succès un grand nombre de langues mortes et vivantes, la musique, la peinture et les lettres. Elle se consacra aussi dès ce moment à la divination. Elle tira donc les cartes (tarots) à bon nombre de petites bourgeoises de la ville en mal d'avenir radieux. Les voies de l'occulte lui étaient désormais ouvertes. Par des prédictions qui s'avérèrent exactes au sein du couvent où elle se trouvait, elle déchaîna contre elle l'inimitié des supérieures et fut chassée. Elle n'avait que onze ans. Elle fut placée dans une maison de couture où elle s'ennuya. A quatorze ans elle quitta Alençon pour Paris où son beau-père avait ouvert un magasin. Elle devint vendeuse dans un magasin de frivolités de la rue Honoré-Chevalier et poursuivit à côté son activé de prophétesse. Elle fut alors remarquée par Amerval de la Sausotte, aristocrate libertin, dont elle tomba amoureuse. Il devint sa protectrice et officiellement elle devint sa "lectrice". Elle connut alors le monde, les bals, les salles de jeu et le théâtre. Elle exerça dès lors ses talents dans le milieu des spectacles auprès des acteurs et actrices en vogue. La véracité de ses prédictions et le bouche à oreilles fit d'elle une personnalité incontournable dans son domaine. Lorsque Louis XVI convoqua les Etats Généraux (juin 1788) elle prédit la chute de la monarchie, la disparition du clergé et la suppression des couvents. En 1790 elle se rendit à Londres accompagnée de son amant où elle rencontra le Docteur Gall, inventeur de la phrénologie et qui lui dit qu'elle possédait la "bosse" de la divination : "Vous êtes comme la pythie de Delphes, vous avez la protubérance des grands voyants. Vous serez la plus grande sibylle d'Europe !". Tout le monde en parla à Londres et aux environs. Sa réputation allait grandissante. Elle revint en France dès 1792 cependant, où les amateurs de prophéties accoururent : Mademoiselle Clairon, Mademoiselle de Raucourt, Talma, la princesse de Lamballe, Camille Desmoulins lui fut envoyé par le député Fréron, Danton même ! Fabre d'Eglantine encore. Elle prédit la guillotine à Danton, trahi par un ami de jeunesse. Elle reçu encore Joseph Fouché. En 1793, Amerval de la Sausotte fut conduit à la guillotine à son tour. Marie-Anne Lenormand échappa de peu à l'arrestation. Elle se cacha dans un garni sous les toits du Palais Royal. Elle rejoignit une cousine, Louise Gilbert, qui pratiquait elle-même la divination. Louise Gilbert la forma à la pratique des tarots divinatoires. Elle pratiqua aux abords du Pont Neuf, l'un des endroits les plus fréquentés de Paris à cette époque. Déguisée, accoutrée plutôt, tantôt en bohémienne, tantôt en jeune Américaine, elle lisait les lignes de la main ou tirait les cartes aux passants. Finalement l'association avec sa cousine se rompit. Elle se retrouva à nouveau seule et sans ressources. Avec une autre cousine, elle s'installa pour travailler dans les jardins du Palais-Royal, propriété du duc d'Orléans, placée là en dehors de la juridiction des autorités de police de la ville de Paris. Le jardin était ouvert au public jour et nuit. Cétait le lieu de prédilection des prostituées chics de la capitale. Voleurs, joueurs, charlatans, bandits, amuseurs publics, tout y pullulait. Elle était assise à une table dans un café voisin de la Place. Son affaire avançait à grands pas. Son succès s'affirmait. Elle se rapprocha de Mademoiselle Montansier qui possédait et dirigeait le théâtre du Péristyle du Jardin-Egalité, sous les arcades du Palais-Royal. Marie-Anne Lenormand plaisait à Mademoiselle Montansier. C'est alors qu'elle s'installa au n°9 puis au n°5 de la rue de Tournon. C'est là même que le mage Cagliostro, mêlé à l'affaire du collier de la reine Marie-Antoinette, avait trouvé refuge au cours des années 1780. Le journaliste Hébert y avait résidé jusqu'en 1792. La Terreur régnait encore. Elle installa une enseigne sur la porte de son domicile : "Mademoiselle Lenormand, Libraire." Son cabinet prospéra rapidement à partir de cette époque. Elle lisait l'avenir dans les tarots et le marc de café. Les consultations valaient 10, 40 ou même 80 francs. Le Tout-Paris, riche et moins riche, se précipita dès lors chez elle, faisant sa fortune. Le peintre David, Robespierre, Saint-Just, Marat, Tallien, etc. Tous vinrent la consulter, y compris le jeune Napoléon Buonaparte. Elle prédit les morts terribles de Marat et de Robespierre. Mais elle connut la gloire quand elle fit la connaissance de Joséphine Tascher de la Pagerie, comtesse de Beauharnais, qui la consultait à tout propos. Marie-Anne Lenormand sut lui inspirer une totale confiance. Elle mémorisait toutes les confidences de tous ses "consultants" pour s'en servir avec d'autres et ainsi faire illusion de ses dons de clairvoyance. Elle étudia beaucoup aussi, dans les anciens grimoires et inventa de nouvelles mancies. Elle jetait les aiguilles, consultait le plomb fondu, le vif argent, les blancs d'oeufs jetés dans l'eau claire, les miroirs brisés, le cristal de roche ou encore les cendres soufflées. Elle dut être la dépositaire de biens des secrets d'état dans cette période très troublée. Elle était protégée de très haut, par de grands personnages influents.  Cependant elle fut accusée en 1803 d'avoir prédit une conspiration. Elle fut incarcérée à la prison des Madelonnettes. En 1809 elle fut arrêtée de nouveau sur ordre de l'Empereur Napoléon qui craignait l'influence de ses prédictions sur Joséphine. En 1818 elle fut arrêtée en Belgique pour escroquerie. En 1821 encore elle fut arrêtée à Louvain pour possession d'une loupe magique et autres talismans de sorcière. Son activité se poursuivit pourtant. On la saluait de toutes parts comme la plus grande voyante de tous les temps. Elle prédit à son égard qu'elle mourrait âgée de 124 ans en l'an 1896. Elle mourut finalement en 1843 à l'âge de 71 ans, confite en dévotions, ayant abjuré ses pratiques magiques et blasphématoires. Elle ne mourut pas pauvre et son neveu hérita de ses biens estimés à plus d'un million de francs. (ce résumé a été réécrit à partie des informations présentées sur le site Wikipédia et les articles “La sibylle du Faubourg Saint-Germain (4 parties)” publiés sur le site de Franz von Hierf).



MODESTE EXEMPLAIRE DE CABINET DE LECTURE.

INTÉRESSANT ENSEMBLE COMPLET DES TROIS PRINCIPAUX OUVRAGES DE LA PROPHÉTESSE LENORMAND PUBLIÉS ENTRE 1814 et 1819.

Prix : 950 euros



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samedi 20 mai 2017

Edmond Haraucourt. La Légende des Sexes du Sire de Chambley. Edition originale imprimée à 212 exemplaires. Celui-ci imprimé sur vergé teinté et dédicadé aux Bibliophiles du Cornet. Exemplaire avec la très rare suite de Georges Villa pour les Bibliophiles du Cornet (12 lithographies rehaussées en couleurs) tirée à 50 exemplaires.


[Edmond HARAUCOURT] LE SIRE DE CHAMBLEY (Edmond H...)

LA LÉGENDE DES SEXES. POÈMES HYSTÉRIQUES.

Imprimé à Bruxelles pour l'auteur. 1882 (date sur la couverture et le titre). Achevé d'imprimer le 15 avril 1883 (colophon).

1 volume in-8 (23,5 x 15,5 cm) de 147-(1) pages. Broché. A l'état proche du neuf. Texte imprimé sur papier vergé teinté à vergeures verticales. Emboîtage cartonné de l'époque (frotté aux angles).

IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE DEUX CENTS EXEMPLAIRES, EN DEUX SÉRIES, ET DOUZE EXEMPLAIRES SUR JAPON. CES VOLUMES, TOUS NUMÉROTÉS ET PARAPHÉS PAR L'AUTEUR, NE POURRONT ÊTRE VENDUS.

CELUI-CI UN DES 200 EXEMPLAIRES DE LA DEUXIÈME SÉRIE. Numéroté 70 par Edmond Haraucourt, pour les Bibliophiles du Cornet. (voir photo).

EXEMPLAIRE AUQUEL ON A JOINT LA TRÈS RARE SUITE DE 12 LITHOGRAPHIES COLORIÉES, PAR GEORGES VILLA, ET TIRÉE A SEULEMENT 50 EXEMPLAIRES SUR PAPIER FILIGRANÉ BFK DE RIVES.

DÉDICACE MANUSCRITE DE GEORGES VILLA A M. A. BOUCLIER (des Bibliophiles du Cornet). 


Bien complet de la table des lithographies qui sert de couverture aux lithographies. C'est sur le verso du premier plat de cette couverture muette que Georges Villa a effectué sa dédicace à M. A. Bouclier, "avec mes sentiments distingués. Georges Villa. 1930. 31/50.", précédée des deux vers suivants manuscrits au crayon par Villa : "La chair n'a-t-elle pas son lyrisme, comme l'esprit a le sien ? Et pourquoi toujours taire, dès qu'apparait le jour, ce qui est à l'ordre de la Nuit ?".

Provenance : A. Bouclier des Bibliophiles du Cornet.


La Légende des Sexes est le premier ouvrage de l'auteur. Haraucourt a 26 ans lorsqu'il publie de manière confidentielle à 212 exemplaires seulement (il existe plusieurs contrefaçons publiées ensuite) ces poèmes hystériques, véritable "épopée du bas-ventre".


"Donc, dans le coït, rien ; à côté, rien. Avons-nous essayé les premiers la force contractile du sphincter anal ? (...) Avons-nous inventé le travail des langues, et le baiser adultère des taureaux ou des cygnes ? Rien ! nous n'avons rient fait, et nous ne ferons rien ! Il ne nous reste qu'un espoir, qu'un rêve irréalisé encore : l'application de l'envahissante électricité au travail voluptueux de nos sens. Et même doutons-nous, misérables que nous sommes, dans notre espérance dernière : car peut-être l'amour et le désir ne sont-ils que ces phénomènes dynamo-électriques , nos sexes, des accumulateurs ou des piles chargés de voltes et d'ampères, et desquels jaillit, par l'approche d'un pôle contraire, la resplendissante électricité de l'amour. (...)" (extrait de la Préface).


Élaboré en contre pied de la Légende des Siècles du grand Hugo, ce livre eut le succès du soufre. Du coït des atomes en passant par le Sonnet pointu ou le Sonnet honteux, ce volume composé de 39 poèmes est une aventure textuelle au pays des libertés curieuses.

C'est Haraucourt lui-même qui donne quelques précieuses informations sur l'édition authentique de ces vers érotiques : "Plusieurs éditions de la Légende des sexes ont été tirées par des falsificateurs ; les désignations diverses rencontrées dans les catalogues de librairie me font supposer qu'il existe au moins deux on trois falsifications ; je ne les ai jamais vues ; elles sont, paraît-il, pleines de coquilles et de vers faux ; j'ai lieu de croire que ces volumes ont été composés en Hollande. Toute mention indiquant que j'ai pris part à leur publication est mensongère. « L'édition véritable, faite par mes soins, exécutée par un petit imprimeur de province (en dépit de la mention « Imprimé à Bruxelles »), commencée en décembre 1881, terminée en avril 1883, brochée en mai de la même année, comporte trois types différents, tous les trois de format in-8, ainsi qu'il est énoncé au verso du fauxtitre : 1° une série sur papier vélin ; 2» une série sur papier vergé : 3" douze exemplaires sur papier du Japon. « Ces trois types sont les seuls que je reconnaisse. Ils ne contiennent aucune illustration. L'ouvrage original n'a jamais été mis dans le commerce ; tons les exemplaires sont numérotés de ma main et signés, soit de mon nom, soit du pseudonyme qui figure comme nom d'auteur. » Cette déclaration est catégorique et de nature à dissiper toute équivoque.".


Quelques poèmes ...



Sonnet honteux

L'anus profond de Dieu s'ouvre sur le Néant,
Et, noir, s'épanouit sous la garde d'un ange.
Assis au bord des cieux qui chantent sa louange,
Dieu fait l'homme, excrément de son ventre géant.
Pleins d'espoir, nous roulons vers le sphincter béant
Notre bol primitif de lumière et de fange ;
Et, las de triturer l'indigeste mélange,
Le Créateur pensif nous pousse en maugréant.
Et un autre…



Sonnet pointu


Reviens sur moi ! Je sens ton amour qui se dresse ;
Viens, j'ouvre mon désir au tien, mon jeune amant.
Là... Tiens... Doucement... Va plus doucement...
Je sens, tout au fond, ta chair qui me presse.
Rythme bien ton ardente caresse
Au gré de mon balancements,
O mon âme... Lentement,
Prolongeons l'instant d'ivresse.
Là... Vite !
Plus longtemps !
Je fonds ! Attends,
Oui, je t'adore...
Va ! va ! va !
Encore.
Ha !



La jeune

J'ai rêvé d'une vierge impécable, aux yeux froids,
Qui d'un bond, émergeant des moiteurs de sa couche,
Vient accrocher le poids de son corps à ma bouche
Et pointe sur mon cœur le roc de ses seins droits.
Longtemps, pieuse et chaste, elle a porté la croix
De l'orgueil vertueux que nul désir ne touche ;
Mais voilà que le rut s'est éveillé, farouche,
Et la chair en révolte a réclamé ses droits...
Elle plaque à ma peau la peau d'un ventre ferme,
Et furieusement crispée, elle m'enferme
Dans l'effort ingénu de sa lubricité.
Ses canines d'enfant mordent ma chair de mâle...
A moi, toute ! Et la fleur de sa nubilité,
Pourpre, s'épanouit sous l'onde baptismale.


La cotisation annuelle pour être admis au sein des Bibliophiles du Cornet (Bibliophiles de Montmartre) était de 500 francs. Seuls les hommes pouvaient en faire partie. Les dames de ces messieurs les membres n'étaient pas invitées aux dîners donnés par la Société de bibliophiles. Elle fut fondée en 1929. Edmond Haraucourt en fut le Président d'Honneur. Cette suite de lithographies par Georges Villa, tirée à très petit nombre, fut pensée et distribuée pour les membres des Bibliophiles du Cornet. D'après quelques sources, cette suite aurait été tirée à 60 exemplaires. Or notre suite est bien justifiée sur 50 exemplaires seulement (??). Quid ? Nous avons pourtant vu des suites justifiées sur 60 exemplaires (??).



Le volume a été conservé depuis son impression en 1883 dans les meilleures conditions (emboîtage, à l'abri de la lumière) et se trouve ici en parfait état, tant au niveau des couvertures, du dos, que de l'intérieur, absolument sans rousseurs. Cette condition est très rare pour ce livre très fragile. Le volume ne semble pour ainsi dire n'avoir jamais été manipulé.

BEL EXEMPLAIRE DE CE LIVRE TOUJOURS RECHERCHÉ ICI ACCOMPAGNE DE LA TRÈS RARE SUITE DE LITHOGRAPHIES ÉROTIQUES PAR GEORGES VILLA.

Prix : 1.800 euros

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vendredi 19 mai 2017

La femme à Paris d'Octave Uzanne (1894), illustrations de Pierre Vidal et couverture "Art Nouveau" par Léon Rudnicki. Un des 110 exemplaires de luxe sur Japon avec double état des illustrations hors-texte. Reliure de l'époque signée Victor Champs.


Octave UZANNE

LA FEMME A PARIS. NOS CONTEMPORAINES, NOTES SUCCESSIVES SUR LES PARISIENNES DE CE TEMPS DANS LEURS DIVERS MILIEUX, ÉTATS ET CONDITIONS, par Octave Uzanne. Illustrations de Pierre Vidal.

Paris, Ancienne Maison Quantin, Librairies-Imprimeurs réunis, May & Motteroz, 1894.

1 volume grand in-8 (28,5 x 19,5 cm) de (4)-VI-328-(6) pages, couverture illustrée en couleurs dessinées par Léon Rudnicki.

Reliure bradel de l'époque demi-maroquin rose à larges coins, dos à nerfs, non rogné, dos lisse, relié sur brochure (reliure signée V. CHAMPS). Couverture conservée en 2 parties (premier plat relié en tête du volume et second plat et dos reliés in fine, en parfait état de conservation). Quelques légères piqures au maroquin. Excellent état de la reliure, infimes frottements, intérieur parfait.

ÉDITION ORIGINALE.

CELUI-CI, 1 DES 110 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DU JAPON, AVEC DOUBLE ÉTAT DES ILLUSTRATIONS.


L'un des plus beaux ouvrages écrits, conçus et réalisés par Octave Uzanne à la fin du XIXe siècle.

Ce volume, destiné aux bibliophiles, a été superbement illustré par Pierre Vidal de très nombreuses vignettes tirées dans le texte (une partie des vignettes dans le texte ayant été coloriées par Albert Charpentier, coloriste à Paris) et de 20 très jolies eaux-fortes hors texte. Il a été achevé d'imprimer le 8 novembre 1893.


Cet ouvrage offre un panorama vivant et complet de "la femme" vue au travers du prisme déformant que pouvait être l’œil d'Octave Uzanne, cet homme qui aimait les femmes, cet éternel dandy célibataire. Divisé en quatre parties, ce volume contient : la physiologie de la contemporaine (la parisienne contemporaine - le nu moderne - la toilette à Paris). La femme à Paris dans ses différents milieux, états et conditions (géographie de la femme à Paris - les domestiques - les ouvrières - les marchandes et boutiquières - demoiselles et employées de magasin - les dames d'administration - femmes artistes et bas-bleus - les femmes de théâtre, comédiennes, chanteuses, danseuses, écuyères, acrobates - les femmes de sport et gynandres - la bourgeoise parisienne). La femme hors des lois morales (la basse prostitution - prostitution bourgeoise - prostitution clandestine - les Phrynées actuelles). Psychologie de la contemporaine (la contemporaine fille, femme et mère). On voit que le panorama peut difficilement être plus complet.


Cet ouvrage se fait également remarquer par une très jolie couverture "Art Nouveau" imprimée en couleurs et signée de l'artiste peintre Léon Rudnicki.


Au delà du livre-objet pour bibliophiles, il faut reconnaître ici un texte souvent profond et teinté du désenchantement féminolâtre de l'auteur. Certains chapitres, notamment ceux consacrés à la prostitution féminine, qu'elle soit populaire, bourgeoise ou bien de haute naissance, d'autres consacrés aux dures labeurs de la femme pour subsister (lingères, cuisinières, bonnes, etc), laissent entrevoir, sans l'ombre d'un doute, un esprit résolument féministe et progressiste sous des apparences le plus souvent trompeuses et presque toujours teintées de misogynie.


TRÈS BEL EXEMPLAIRE SUR JAPON, PARFAITEMENT ÉTABLI PAR VICTOR CHAMPS, L'UN DES RELIURES FÉTICHES D'OCTAVE UZANNE LUI-MÊME.

BEL OUVRAGE EMBLÉMATIQUE DES LIVRES ILLUSTRÉS DE LA FIN DU XIXe SIÈCLE.

Prix : 1.650 euros

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jeudi 18 mai 2017

Jérémias Drexel. Infernus Damnatorum Carcer et Rogus (1633). 1 volume in-24. Vélin à l'imitation. 9 figures des supplices de l'Enfer et titre gravé. Bel exemplaire.


DREXEL, Jeremias.

INFERNUS, Damnatorum Carcer et Rogus, AETERNITIS Pars IIe [...] ab Hier. Drexelio è Soc. Jesu.

Colon. Agrippinae, Apud Bernard Gualteri, 1633

1 volume in-24 (116 x 60 mm. - Hauteur des marges : 114 mm.) de 1 titre-frontispice gravé, 9 feuillets non chiffrés, 312 pages chiffrées la table des chapitres (dernier feuillet). 9 figures gravées sur cuivre hors-texte (comprises dans la pagination). Texte en latin.

Reliure plein vélin ivoire à rabats à l'imitation des reliures de l'époque, avec lacets, dos muet. Reliure de qualité, intérieur très frais.

NOUVELLE ÉDITION.


Cet ouvrage a paru en latin pour la première fois en 1623 et a été réimprimé de nombreuses fois au cours du XVIIe siècle. Le Jésuite Jérémie Drexel (Drexelius) (1581(1638), originaire d'Augsbourg, fut un célèbre prédicateur. Il était professeur de de littérature ascétique, d'humanité et de rhétorique. Il professait une véritable passion pour l'iconographie symbolique, mise en évidence ici avec les 9 compositions relatives aux tourments de l'Enfer, à ses Démons et ses Supplices. Les figures ne sont pas signées mais d'une très grande finesse et fort bien imprimées sur papier fin.


Ce volume constitue la deuxième partie de son ouvrage intitulé De Arternitis (De l'Eternité). La vision de l'Enfer qui livre aux pécheurs est effrayante comme il se doit : hommes et femmes enchaînés dans les ténèbres, brûlés dans les flammes, accueillis par des monstres, projetés dans les entrailles de la terre, torturés sur la roue et dévorés par les basilics et autres griffons infernaux. Voilà ce qui nous attend lorsque le péché a envahi notre âme et notre cœur. Les damnés sont promis à tous les tourments et ce petit livre pourrait convertir plus d'un mécréant par la force de l'illustration seule.


Bien que ce petit ouvrage ait été réimprimé de nombreuses fois, les exemplaires se trouvent aujourd'hui difficilement. Nous n'avons trouvé aucun exemplaire sur les sites de vente de livres rares en ligne (consultés le 18 mai 2017).

Une notre manuscrite ancienne présente sur la garde blanche de notre exemplaire indique : "ce livre a été traduit en français par le jésuite Ant. Girard, 1638, par le P. Colombe barnabite, 1788. (Éternité malheureuse ou les Supplices éternels des réprouvés / Paris / Briand)"


BEL EXEMPLAIRE.

Prix : 3.500 euros

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Baron d'Holbach. Le Système Social ou Principes Naturels de la Morale et de la Politique (1773). Edition originale condamnée, saisie et mise à l'index. Bel exemplaire.


HOLBACH, Baron d' (Paul Henri Thiry)

SYSTÈME SOCIAL OU PRINCIPES NATURELS DE LA MORALE ET DE LA POLITIQUE. Avec un examen de l'influence du Gouvernement sur les Mœurs.

Londres [Amsterdam], s.n. [Marc-Michel Rey], 1773

3 volumes in-8 (20 x 12,5 cm) de VIII-219-(2), (4)-174-(2) et (4)-166-(2) pages.

Reliure de l'époque plein veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et tomaison de maroquin, gardes de papier marbré, tranches rouges. Discrètes et habiles restaurations. Mouillure claire sans aucune gravité dans la marge inférieure des premiers feuillets du troisième tome. Petit manque de papier dans l'angle du feuillet de table à la fin du deuxième tome. Signature ex libris ancienne. Cachet de collection XIXe présent sur deux pages dans le texte. Reliures avec quelques marques ou légères taches sans importance. Ensemble frais et décoratif. Complet.

ÉDITION ORIGINALE.



Voici la liste des différents chapitres : Première partie : Origine des idées morales, des opinions, des vices et des vertus des hommes. De la raison, de la vérité et de son utilité. De la Morale Religieuse. De la Morale des Anciens. Des moralistes Modernes. Principes naturels de la morale. Des devoirs de l'homme ou de l'Obligation Morale. Examen des idées des Moralistes sur la vertu. Du Goût, du Bon, du Beau, de l'Ordre, de l'Harmonie en Morale. Des Vertus Morales. Du Mal Moral, ou des vices des hommes, de leurs crimes, de leurs Défauts, de leurs faiblesses. Origine de l'autorité, des rangs, des distinctions entre les hommes. De l'Estime, de la Conscience, de l'Honneur. Du bonheur. Des passions et de leur influence sur le bonheur de l'homme. Examen des idées des Anciens et des Modernes sur le bonheur de l'homme. De la Vie Sociale. De l'Etat de Nature. De la Vie Sauvage. Seconde partie : Principes Naturels de la Politique. De la Société. Du Pacte Social. Des Loix, de la Souveraineté. Du Gouvernement. Origine des Gouvernements. De leurs formes diverses. De leurs avantages et désavantages De leurs réformes. De la liberté. Du Gouvernement mixte. Des Représentants d'une Nation. De la Liberté de Penser. Influence de la Liberté sur les mœurs. Réflexions sur le Gouvernement Britannique. Des intérêts des Princes, ou de la Politique véritable. Des qualités et des vertus nécessaires au Souverain. Causes de l'abus du pouvoir ou de la corruption des Princes. De la fausse Politique. Du Despotisme. De la Tyrannie. De la Guerre. Du Machiavélisme ou de la Perfidie en Politique. Des effets physiques ou naturels du Despotisme. De la Corruption des Cours. Du Gouvernement Militaire. Troisième partie : De l'influence du Gouvernement sur les mœurs. Ou des Causes et des Remèdes de la Corruption. Des vraies sources du mal moral ou de la corruption des mœurs. Influence du Gouvernement sur les Ministres et les Grands d'un Etat. De la corruption des Loix. De la source des Crimes. Influence du Gouvernement sur le Caractère national et sur les talents de l'Esprit. Du Luxe. De la Richesse d'un Etat. Du Commerce. Du Crédit. Des vices de la Société. De l'Education. Des Femmes. De la Félicité domestique, ou du bonheur dans la vie privée. Remèdes des Calamités ou des Vices Moraux et Politiques. Apologie de la Vérité.



"Il suffirait presque, pour présenter Paul-Henry Thiry, baron d’Holbach (1723-1789) — « le maître d’hôtel de la philosophie », disait Grimm de rappeler que la plupart de ses livres furent condamnés en France par le Parlement et mis à l’index à Rome. Né dans le Palatinat, il vit à Paris, et reçoit chez lui tout ce qui pense alors. Qui est-il ? Wolmar, l’athée vertueux de Rousseau ; mais aussi, selon Voltaire, qui craint pour sa propre royauté intellectuelle, "un diable d’homme inspiré par Belzébuth" ; Frédéric II, prudent, défend contre lui «l’ordre du monde» ; mais Diderot lui sait gré de faire «pleuvoir des brûlots dans la maison du père«. Le baron dérange : il a rompu avec la première génération des Lumières par son athéisme intransigeant et son matérialisme systématique, et sa volonté, partagée par Diderot et la «coterie holbachique», d’une pensée radicalement nouvelle en philosophie, en morale et en politique. C‘est la Nature encore qui doit fonder les règles de la vie en société : non le concept abstrait d’une nature humaine, mais le mécanisme nécessaire des passions, et la balance qui meut les hommes du désir du bien-être à la crainte de la douleur. Le Système social définit une souveraineté qui, issue d’un pacte social et non d’un droit divin, soit l’expression de la volonté générale ; et une morale indépendante de toute religion (naturelle ou positive) produite par la législation : celle-ci, par une juste connaissance des motifs des hommes, doit induire chacun à vouloir aussi le bien d’autrui. L’utilitarisme moral et social rétablit la nature dans ses droits, contre la confédération des prêtres et des rois, lesquels exigent des hommes qu’ils désirent ce qu’il n’est pas dans leur nature de désirer. Le nouveau modèle éthico-politique proposé par d’Holbach a nourri les débats préalables à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ; sans doute eut-il une part non négligeable dans cette «révolution horrible» que redoutait Voltaire à la lecture d’un système préconisant le plus grand bonheur pour le plus grand nombre, et le droit des peuples à déposer les tyrans." (Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont).



"Le Système social tout comme le Système de la nature fut d'abord attribué au gazetier Mustel par les contemporains. L'ouvrage fut saisi en juin, et mis à l'index de l'Eglise en août 1775. En 1822 il sera de nouveau interdit par la police et son édition ordonnée de destruction par un jugement du Tribunal correctionnel de Paris (Le Moniteur universel, 15 mars 1823, 26 mars 1825). L'ouvrage connaîtra en français deux rééditions en 1773 (Londres) et une troisième en 1774 (Londres), du vivant de d'Holbach; cette édition porte en sous-titre par l'auteur du Système de la nature. Une édition paraît encore en 1795 (Paris) sous la Révolution, enfin la dernière édition connue remonte à 1822 (Paris)." (Josiane Boulad-Ayoub).

Références : Josiane Boulad-Ayoub, Présentation de la réédition sur l'édition originale de 1773 ; Vercruysse A4 (Première édition, seconde émission).



BEL EXEMPLAIRE DE CET OUVRAGE FONDAMENTAL POUR L'HISTOIRE DES IDÉES AU XVIIIe SIÈCLE.

Prix : 2.500 euros

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mercredi 17 mai 2017

Les vrayes centuries et prophéties de Nostradamus (1668). Rare exemplaire dans son cartonnage ancien. « Les riches mourront de nombreuses fois » (Nostradamus).


Michel de NOSTREDAME dit NOSTRADAMUS

LES VRAYES CENTURIE (sic) ET PROPHÉTIES DE MAISTRE MICHEL NOSTRADAMUS, où se void représenté tout ce qui s'est passé, tant en France, Espagne, Italie, Allemagne, Angleterre, qu'aux autres parties du Monde. Revues et corrigées suivant les premières éditions imprimées en Avignon en l'an 1558 (sic) et à Lyon en l'an 1558. Et autres. Avec la vie de l'autheur.

Jouxte la Copie d'Amsterdam. A Paris, chez Jean Ribou, 1668

1 volume in-12 (140 x 85 mm - Hauteur des marges : 138 mm) de (32)-178 pages. Portrait de l'auteur. Fronstipice gravé représentant l'incendie de Londres et la mort du Roi d'Angleterre.

Cartonnage d'attente ancien, probablement de l'époque, avec titre manuscrit au dos en long. Extrémité des coiffes usées avec manque, plats souple. Quelques traits au crayon dans le texte. Complet. L'ensemble reste bien conservé et assez frais pour un exemplaire conservé dans une reliure aussi fragile.


NOUVELLE ÉDITION.

Cette édition contient, outre les XII Centuries, les 141 "Présages tirez de ceux faits par M. Nostradamus és années mil cinq cens cinquante-cinq et suivantes." ainsi que les 58 "Autres Prédictions de M. Nostradamus pour les ans courans en ce siècle." Elle a paru la même année que celle de même format et contenant les mêmes Prophéties et Présages et parue chez Jean Jansson à Amsterdam.


La première édition des Prophéties est publiée le 4 mai 1555 par l’imprimeur lyonnais Macé (Matthieu) Bonhomme. Plusieurs éditions sont considérées comme piratées ou antidatées, mais on admet en général que l'édition (augmentée) qui porte la date de septembre 1557 fut réellement publiée du vivant de Nostradamus. L'existence d'une édition de 1558 est moins sûre, aucun exemplaire n'ayant survécu. Le livre est partagé en Centuries, une centurie étant, théoriquement, un ensemble de cent quatrains. La septième centurie resta toujours incomplète. La première édition, pleine de références savantes, contient 353 quatrains prophétiques, la dernière, publiée deux ans après la mort de Nostradamus, 942 – soit 58 quatrains de moins que les 1000 qu'il avait annoncés (« parachevant la milliade »). Nostradamus affirmait volontiers avoir appliqué toute une série de procédés divinatoires, parmi lesquels la « fureur poëtique », ou le « subtil esprit du feu » de l'oracle de Delphes ; l'« eau de l'oracle de Didymes » ; l'« astrologie judiciaire » (l'art de juger de l'avenir d'après le mouvement des planètes, mais Nostradamus se disait « astrophile » plutôt qu'astrologue) ; les « sacrées Écritures », ou les « sacrées lettres » (bien qu'il n'ait probablement pas possédé une Bible telle quelle, interdite à l'époque aux laïques : il en aurait utilisé des extraits trouvés dans Eusèbe, Savonarole, Roussat et le Mirabilis Liber) ; « la calculation Astronomique », ou la « supputation des âges », selon de prétendus cycles datant d'Ibn Ezra et de bien avant (Nostradamus prétend arrêter ses prédictions à l'an 3797) ; et le « songe prophétique » ou l'« incubation rituelle ». Il est cependant douteux qu'il ait vraiment utilisé ces procédés, car il semble se contredire là-dessus (par exemple en rattachant une même prophétie à plusieurs procédés), et il est plus probable que sa méthode principale était la projection dans le futur de prophéties préexistantes et de récits historiques, méthode dont il ne dit presque rien, mais dont l'existence est rendue quasi certaine par un nombre considérable de rapprochements faits depuis le XVIIIe siècle jusqu'à nos jours. (source : Wikipédia).


On s'amusera de quelques interprétations des Centuries prédictives pour l'année 2016 et années suivantes (interprétations diverses de commentateurs modernes) : Une guerre commencera entre les deux grandes puissances mondiales et durera pendant une période de 27 ans. Un moment de grande violence coïncide avec l’apparition d’une comète dans le ciel. Un terrorisme nucléaire et des catastrophes naturelles vont frapper notre planète lorsqu’une planète géante se rapprochera de la Terre. - Le plus grand tremblement de terre dans l’histoire va se produire, affectant particulièrement la région ouest des État-Unis, et sa puissance se fera ressentir dans divers pays à travers le globe. - « Les riches mourront de nombreuses fois » - Une grande révolte supprimera toute imposition pour toujours. Nostradamus écrit: « Les gens refuseront de payer ‘l’impôt au roi’. Et ce jour-là, nombreux célébreront la liberté dans un pays où les taxes sont sans pitié. Certains personnes pensent que ça pourrait être la fin de la royauté dans beaucoup de pays européens où la monarchie persiste. - etc. Je vous laisse choisir et imaginer la suite de notre monde selon Nostradamus.

Références : Dorbon n°349



RARE EXEMPLAIRE DANS SON FRAGILE CARTONNAGE ANCIEN.

Prix : 800 euros

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