jeudi 15 février 2018

La Farce de Maistre Pierre Pathelin. Edition Coustelier (1723). Superbe exemplaire parfaitement établi en maroquin par Chambolle-Duru.


[Anonyme].

La Farce de Maistre Pierre Pathelin, avec son Testament à quatre personnages. Nouvelle édition.

A Paris, De l'imprimerie d'Atoine-Urbain Coustelier, 1723

1 volume in-12 (16,3 x 9,7 cm) de (7)-147 pages.

Reliure plein maroquin bleu nuit, dos à nerfs richement orné, triple-filet doré en encadrement des plats, double-filet doré sur les coupes, tranches dorées, jeu de roulettes et filets dorés en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier peigne (reliure de la seconde moitié du XIXe siècle signée Chambolle-Duru). Exemplaire à l'état proche du neuf. Quelques légères rousseurs.


La Farce de Maître Pathelin (ou La Farce de Maistre Pierre Pathelin, La Farce de Pathelin, Farce Maître Pierre Pathelin, Farce de Maître Pathelin) est une pièce de théâtre (du genre de la farce) composée à la fin du Moyen Âge, vers 1456-1460. La première édition imprimée est datable de 1485. Souvent considérée comme anonyme, cette œuvre est parfois attribuée à Guillaume Alexis, voire à François Villon. Les références au monde de la justice (procès, juge, avocat...) émaillant la pièce, certains avancent qu'elle a pu être écrite par un homme de justice. Mais, d’après Bruno Roy, l’auteur le plus probable serait Triboulet, le bouffon de René d’Anjou. La pièce constitue le meilleur et l’un des plus anciens chefs-d’œuvre du théâtre comique médiéval ; elle est, en outre, souvent considérée comme la première pièce comique de la littérature française.


Maître Pathelin, avocat rusé, anciennement populaire mais désormais sans cause, décide de refaire sa garde-robe sans que cela lui coûte un sou. Il dupe et vole le drapier Guillaume Joceaulme ; Pathelin emporte une pièce de tissu et invite le marchand à venir se faire payer chez lui. Devant Guillaume, Pathelin et sa femme Guillemette jouent la comédie du mourant et de la femme en pleurs, et Guillaume repart en courant. Il croit que c'est le diable en personne qui est venu lui jouer un tour. Le berger Thibault l'Agnelet vient trouver Pathelin pour lui demander de le défendre dans un procès contre son maître, Guillaume Joceaulme, auquel il a égorgé des brebis. Pathelin propose une ruse à Thibault : qu'il se fasse passer pour un simple d'esprit, devant le Tribunal, et réponde à toutes les questions en bêlant comme un mouton. Mais Guillaume, le drapier, reconnaît Pathelin, et tente également de dénoncer son vol de draps devant le juge. Cependant, en accusant tour à tour Pathelin et Thibault, Guillaume s'emmêle dans ses paroles, et passe pour un imbécile (c'est alors que le juge, qui ne veut entendre parler que de l'histoire des moutons de Thibault et non du vol de draps, emploie l'expression célèbre « Revenons à nos moutons »). À l’issue du procès, plaidé par Maître Pathelin et gagné par le berger, Pathelin ne parviendra pas à se faire payer, car l'Agnelet, plus rusé que lui, répondra en bêlant à toutes les demandes de son défenseur.


Cette édition, donnée par l'imprimeur-libraire Antoine-Urbain Coustelier, fait partie d'une série de dix pièces anciennes remises au jour entre 1723 et 1724 (Villon, Marot, Crétin, Coquillart, Martial d'Auvergne, Racan). Cette édition de la Farce de Maistre Pathelin a été établie par Bernard de La Monnoye d'après un exemplaire corrigé d'une ancienne édition.

Très bel exemplaire parfaitement établi par Chambolle-Duru.

Prix : 600 euros


Fr.-Ant. Chevrier. Paris, Histoire véridique, anecdotique, morale et critique, avec la clef. Très bel exemplaire relié plein veau par Petit-Simier.


François-Antoine CHEVRIER.

Paris, Histoire véridique, anecdotique, morale et critique, avec la clef. Par M. Chevrier.

A La Haye, 1767

1 volume in-12 (15,7 x 10 cm) de 88 pages.

Reliure plein veau marbré, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin marron, pièce de tomaison de maroquin noir, tranches rouges, triple-filet doré en encadrement des plats, double filet doré sur les coupes, jeu de roulettes et filets dorés en encadrement intérieur des plats, doublure et gardes de papier peigne (reliure de la seconde moitié du XIXe siècle signée Petit-Simier). Superbe exemplaire à l'état proche du neuf. Une infime piqûre de vers en pied du mors supérieur.

Édition originale.


François-Antoine Chevrier (ou de Chevrier) était un libelliste lorrain né à Nancy le 11 octobre 1721 et mort à Rotterdam le 26 juin 1762. Libelliste acerbe, Chevrier a passé le plus clair de sa vie d'écrivain à révéler au grand jour les mesquineries et les intrigues de son temps, que tout le monde taisait, principalement dans le milieu théâtral. Adolphe Van Bever le définit comme « le plus satirique et le moins sociable, il faut bien le dire, des écrivains lorrains ». Il se fait d'abord connaître par des pamphlets, dont un contre le duc Stanislas Leszczyński, qui lui vaut d'être exilé. Réfugié à Paris, il travaille pour le théâtre et voyage beaucoup, souvent contre son gré, poursuivi par les vindictes de quelque puissant ou des soucis avec la police. Il est d'abord secrétaire du marquis de Cursay (1700-1766) quand il commande les troupes françaises en Corse, puis gazetier à Paris. Contraint à un nouvel exil, il se réfugie dans les Pays-Bas autrichiens, en Hollande, en Allemagne. Son ouvrage le plus connu est Le Colporteur (1762). Le scandale que provoque la publication de ce roman décide le gouvernement français à demander l'extradition de l'auteur, qui s'était exilé en Hollande. Il meurt subitement dans les premiers jours de juillet 1762. On prétend qu'il a été empoisonné sur ordre du gouvernement français, ce qui fait dire à l'actrice Sophie Arnould apprenant sa mort : « Juste ciel ! il aura sucé sa plume ». Il semblerait qu'il soit plutôt mort d'une indigestion, lui qui avait crevé de faim toute sa vie durant. (source : Wikipédia).


On trouve dans ce pamphlet sur Paris et son monde, les chapitres suivants : Paris en général - De la cour - Du Sénat - De la haute noblesse - Des Bramines - De la robe subalterne - De la noblesse du second ordre - Des trésoriers de France, Secrétaires du roi, pierres à détacher, petite Noblesse - Des Comédiens et Filles de l'opéra. A la fin du volume on trouve la clef imprimée (pp. 83 à 88).


"Tout le monde connaît Paris, mais fort peu de gens savent l'histoire secrète des mœurs de ses habitants : les Anglais qui voyagent par économie y troquent leurs guinées contre les faveurs indiscrètes d'une Fille d'Opéra, vont faire un tour en Provence, et repassent la mer en jurant contre les Français dont ils n'adoptent que les perruques. Une Nation estimable malgré son flegme, les Espagnols modestement convaincus que leurs Pays est, la source des Arts, le centre du goût et l'asile des talents, ne quittent leurs foyers que pour passer dans les mines du Potosi, d'où ils reviennent pleins d'or, d'orgueil et de tristesse. Les Allemands courent l'Europe pour s'instruire, et comme ils ne s'attachent qu'aux choses inutiles, ils quittent Paris sans y avoir rien acquis. Les Italiens toujours prompts à saisir les extrêmes, viennent dans la Capitale de la France pour y parler d'eux et de leur musique, et ils ne rapportent dans leur Pays que les airs gauches et les manières chargées des petits-maîtres du second ordre, fans avoir les ridicules agréables de nos merveilleux. Les Américains accoutumés à régner despotiquement fur des Esclaves qu'ils tyrannisent, parce qu'ils leurs doivent leur fortune, font peut-être les seuls étrangers qui retirent quelques fruits de leur séjour à Paris ; destinés à vivre avec des hommes, ils apprennent à le devenir, et ces tyrans de leurs semblables, sont en France des esclaves rampants aux pieds d'une Courtisane subalterne, le rebut des trois autres parties du monde ; orgueilleux du poids de leurs chaînes, ils font toujours habile à se décorer, persuadés que le passage de S. Domingue à Nantes, donne le droit de s’illustrer, ils se créent presque tous Marquis ou Chevaliers ; c’est à l'appui de ces titres frivoles qu'ils jouissent de l'avantage de se ruiner avec nos jeunes Seigneurs, qui veulent bien avoir la complaisance de leur gagner leur sucre et leur café ; voilà ce qu'on appelle la Noblesse commerçante, c’est la feule qu'on connaît en France [...] je louerai peu, parce qu'il y a peu de gens estimables à tous égards ; je critiquerai souvent, parce que je parlerai des hommes [...] Les écrits, les travers et quelquefois les mœurs feront soumis à mon examen ; les hommes qui osent penser tout haut, ne m’accuseront point d’injustice ; au surplus quand je dis que je parlerai des mœurs, on ne doit pas craindre, qu’abusant de la liberté que j'ai le droit de prendre, j'aille déshonorer des Citoyens respectables ; loin de mon cœur une idée aussi basse! [...]."(extrait du chapitre premier).


Provenance : Bibliothèque du château de Chissay (Touraine) (avec ex libris armorié gravé).

Très bel exemplaire parfaitement établi par Petit-Simier.

Prix : 650 euros


dimanche 11 février 2018

Rétif de la Bretonne (Restif). La Fille naturelle (1776). Rare contrefaçon parfaitement établie par Chambolle-Duru. Très bel exemplaire.


[Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne] [RESTIF DE LA BRETONNE].

La Fille naturelle.

A La Haye, et se trouve à Lausanne, chez Franç. Grasset et Cie, 1776

2 partie en 1 volume in-12 (159 x 100 mm - Hauteur des marges : 155 mm) de 1 feuillet de fauxètitre, 1 feuillet de titre, (III) à VIII-155-(1 page blanche)-2 pages de table, 1 feuillet blanc, 1 feuillet de faux-titre, 1 feuillet de titre, 181 pages, 1 page blanche et 2 pages de table. Complet.

Reliure plein maroquin rouge de la seconde moitié du XIXe siècle (Chambolle-Duru), dos à nerfs richement ornés aux petits fers dorés (entrelacs), tranches dorées sur marbrure, triple-filet doré en encadrement des plats, jeu de filets et roulettes dorés en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier peigne. Collationné complet. Exemplaire lavé et réencollé. Excellent état.

Contrefaçon rare parue 7 ans après la première édition parue en 1769 et qu'elle recopie exactement, avec les fautes.


Cette édition est faite avec soin, quoique ce ne soit qu’une contrefaçon de la première édition de Paris ; la justification appartient au format in-18 plutôt qu’à l'in-12. En août 1778, dans sa réponse à Jean- André Engelbrecht, traducteur allemand d’ouvrages français, Restif exprime très-naïvement ses préférences pour ce roman : « La Fille naturelle est un ouvrage attendrissant, dit-il (voy. la 27e lettre, à la fin du tome XIX des Contemporaines, seconde édition), et qui a un mérite, mais qui ne lui sert de rien auprès du lecteur : l’histoire est vraie, et j’en ai été le témoin oculaire. J’en prépare une troisième édition, outre les contrefaçons de province, et comme c’est mon ouvrage favori, je le retravaillerai pour le style et les situations, au point d’en faire un livre digne d’une nation. Malheureusement, les traductions auront toujours toutes mes fautes. » La Fille naturelle a fourni deux nouvelles aux Contemporaines, sous les titres de la Sympathie paternelle et de la Fille reconnue (voy. Monsieur Nicolas, tome X, p. 2723). Restif en a tiré, en outre, un drame intitulé : la Mère impérieuse, ou la Fille naturelle. (Paul Lacroix, Bibliographie raisonnée des ouvrages de Restif de la Bretonne).


"On a souvent cité la manière de composer de Restif de la Bretonne, qui exécutait lui-même, sans manuscrit et sans préparation écrite, l’impression d’un roman. Celui de la Fille naturelle serait un exemple remarquable de cette étonnante facilité d’improvisation. Pendant qu’il imprimait, avec l’aide de son apprenti Théodore, La Confidence nécessaire, qu’il avait préparée et composée à loisir, pour le compte d’un libraire ; un autre libraire, nommé Edme Rapenot, lui raconta l’histoire d’un père riche, qui avait fait l’aumône à sa fille naturelle, sans la connaître. « Ce beau trait, dit-il, dans Monsieur Nicolas, tom. X (p. 2723), alluma mon imagination et me fit composer, à l’imprimerie même et sur une casse, La Fille naturelle, en deux parties, qui ne me prirent que six jours, tant la composition que la mise au net : chef-d’œuvre de célérité, peut-être chef-d’œuvre de pathétique... C’est la première fois que je me suis attendri, en composant. » Ce roman, publié sans annonces, eut pourtant du succès, ou du moins se vendit, puisqu’on en fit quatre éditions. Il n’en est pas moins rare. Restif dit pourtant, ailleurs (dans Monsieur Nicolas, tome XVI, p. 4554), qu’il écrivit ou esquissa son livre, avant de le composer typographiquement ; l’idée du roman ne lui fut pas moins inspirée par un récit d’Edme Rapenot : « Je mis aussitôt la plume à la main, dans une chambre isolée de l’imprimerie, où j’étais alors occupé à câser moi-même la Confidence nécessaire. » Il n’y a que quelques parties des tomes XI et XII de Monsieur Nicolas, que l’auteur ait improvisées à la casse, c’est-à-dire en les composant pour l’impression." (Paul Lacroix, ibid.)


« On jugera, par la nature des faits qu’on va lire, qu’ils n’ont pas leur source dans l’imagination de l’auteur. La vérité est au-dessus de la fiction. Montrer le prix de l’homme ; donner une idée de cette volupté si pure et si douce que procure la bienfaisance ; prouver qu’une bonne éducation porte des fruits tôt ou tard ; voilà le but principal que je me suis proposé en publiant cette histoire. Amuser et plaire ne doivent être que le second motif de cet écrivain honnête homme ; c’est à l’amour de la vertu et de l’humanité de conduire sa plume... » (Préface).



Étiquette du libraire londonien : Robson and Kerslake Booksellers, 23, Coventry Street, Haymarket, London.


Références : Paul Lacroix, Bibliographie raisonnée des ouvrages de Restif de la Bretonne, n°2 (pour l'EO) et n°4 (notre contrefaço) (pp. 95-98) ; Rives Childs, Restif de la Bretonne. Temoignages et jugements. Bibliographie, p. 209. Notre exemplaire est probablement l'exemplaire présenté au catalogue Morgand sous le n°5.211 (60 fr., juin 1879 - anciennement présent au catalogue Auguste Fontaine, 1874, 80 fr.).


Bel exemplaire parfaitement établi par Chambolle-Duru de ce rare titre de Rétif de la Bretonne.

Prix : 2.500 euros


vendredi 9 février 2018

Edmond Haraucourt. La Légende des Sexes du Sire de Chambley (1882). Edition originale imprimée à 212 exemplaires. Celui-ci imprimé sur vergé teinté et dédicacé à Paul Fremy. Belle reliure de Charles Septier. Exemplaire en parfait état.


LE SIRE DE CHAMBLEY (Edmond H...) [Edmond HARAUCOURT]

LA LÉGENDE DES SEXES. POÈMES HYSTÉRIQUES.

Imprimé à Bruxelles pour l'auteur. 1882 (date sur la couverture et le titre). Achevé d'imprimer le 15 avril 1883 (colophon).

1 volume in-8 (23 x 15 cm) de 147-(1) pages.

Reliure postérieure demi-maroquin prune à coins, dos à nerfs, tête dorée, non rogné (relié sur brochure). Couverture conservée. Texte imprimé sur papier vergé teinté (Ch. Septier).

Il a été tiré de cet ouvrage deux cents exemplaires, en deux séries, et douze exemplaires sur Japon. Ces volumes, tous numérotés et paraphés par l'auteur, ne pourront être vendus.

Celui-ci est signé par l'auteur mais ne porte aucun numéro. Il s'agit d'un des 200 exemplaires sur vergé teinté.

Exemplaire offert à Paul Fremy avec le "souvenir affectueux" de l'auteur et accompagné d'un joli poème autographe (énigmatique) signé et daté du 7 novembre 1891. Paul Frémy était le fils de Louis Frémy, homme politique (député) originaire de St-Fargeau (Yonne) et ancien gouverneur du Crédit Foncier (mort en 1891). "Paul Frémy est très répandu et connu dans la grande société parisienne". (Gazette anecdotique, 1891). Paul Frémy était né en 1848 et était officier de cavalerie.


Provenance : Paul Fremy (dédicace) ; Gaston Héliot (ex libris gravé), n°3429.


La Légende des Sexes est le premier ouvrage de l'auteur. Haraucourt a 26 ans lorsqu'il publie de manière confidentielle à 212 exemplaires seulement (il existe plusieurs contrefaçons publiées ensuite) ces poèmes hystériques, véritable "épopée du bas-ventre". "Donc, dans le coït, rien ; à côté, rien. Avons-nous essayé les premiers la force contractile du sphincter anal ? (...) Avons-nous inventé le travail des langues, et le baiser adultère des taureaux ou des cygnes ? Rien ! nous n'avons rient fait, et nous ne ferons rien ! Il ne nous reste qu'un espoir, qu'un rêve irréalisé encore : l'application de l'envahissante électricité au travail voluptueux de nos sens. Et même doutons-nous, misérables que nous sommes, dans notre espérance dernière : car peut-être l'amour et le désir ne sont-ils que ces phénomènes dynamo-électriques , nos sexes, des accumulateurs ou des piles chargés de voltes et d'ampères, et desquels jaillit, par l'approche d'un pôle contraire, la resplendissante électricité de l'amour. (...)" (extrait de la Préface).



Élaboré en contre pied de la Légende des Siècles du grand Hugo, ce livre eut le succès du soufre. Du coït des atomes en passant par le Sonnet pointu ou le Sonnet honteux, ce volume composé de 39 poèmes est une aventure textuelle au pays des libertés curieuses. Plus tard (assez rapidement en fait), Haraucourt, afin de ménager sa carrière professionnelle, reniera cet ouvrage de jeunesse pour lequel cependant on se souvient encore de lui aujourd'hui.



Bel exemplaire parfaitement établi par Charles Septier.

Prix : 1.200 euros



jeudi 8 février 2018

Louis François Marie Bellin de La Liborlière. Roman gothique. Célestine ou les époux sans l'être (1799-1800). Rare édition publiée sans l'accord de l'auteur. Superbe exemplaire dans son élégant cartonnage plein papier de l'époque.

M. B. de la L. [Louis François Marie Bellin de La Liborlière].

CÉLESTINE ou les époux sans l'être ; par M. B. de la L. [Louis François Marie Bellin de La Liborlière].

A Paris, chez Billois, 8. [1799-1800]

4 tomes reliés en 2 volumes petits in-12 (13,2 x 9 cm) de (3)-234, (3)-230, 210 et 212 pages. 4 frontispices gravés sur acier (non signés).

Cartonnages à la bradel plein papier raciné strictement de l'époque, pièces de titre et tomaison décorés, roulettes dorées en tête et en queue du dos. Excellent état, proche du neuf. Infimes frottements à quelques endroits des cartonnages. Intérieurs très frais.

Nouvelle édition (publiée sans l'accord de l'auteur).

Exemplaire unique agrémenté de trois lavis érotiques à l'encre de Chine. Ces lavis (exécutés à une date indéterminée, représente les ébats d'une femme "fin XVIIIe". Ils se trouvent 1° au verso de la garde blanche du premier volume. 2° sur le faux-titre du premier volume (contigu à 1°). 3° au verso du titre du tome troisième (2e volume) (le lavis a transpiré au recto du titre). (photographies des dessins originaux sur demande).


Louis François Marie Bellin de La Liborlière (1774-1847) a suivi le chemin des émigrés dès l'automne 1791. Issu d'une noble et riche famille il ne put terminer ses études à cause des événements révolutionnaires. Il quitta l'habit ecclésiastique qu'on lui avait destiné pour prendre les armes et servir aux côtés de son père dans l'armée des princes et le régiment anglo-français de Vioménil. Farouche contre révolutionnaire, ayant pris les armes contre les français jusqu'à la bataille de Valmy, il quitte l'armée et s'installe à Hambourg puis à Brunswick où il travaille dans une imprimerie française. Il occupe son temps à l'écriture de romans. Le genre sombre, mis à la mode par Ann Radcliffe, lui inspira la pensée d’un roman qu’il publia à Hambourg, en 1798, 4 vol. in-12, sous le titre de Célestine, ou Les Époux sans l’être, roman noir ou roman gothique, favorablement accueilli, qui eut deux éditions à Paris, l’une en 1800, l’autre en 1801, 4 vol. in-12. Cet ouvrage recèle tous les ressorts du genre : ruines, spectres, souterrains, morts, revenants, paysages désolés, sang, meurtres, etc. Ajoutés jusqu'à l'excès. Frappé des défauts de ces sortes de compositions, en fit, peu de temps après, en 1799, une critique très piquante dans un autre roman intitulé : La Nuit anglaise, ou les Aventures jadis un peu extraordinaires, mais aujourd’hui toutes simples et fort communes de M. Dabaud, marchand de la rue Saint-Honoré, ouvrage qui se trouve partout où il y a des souterrains, des moines, des bandits et une tour de l’Ouest (2 vol. in-12, Hambourg, 1799 ; 2e édit., Paris, même année). La longueur du titre est indicatrice, en elle-même, de l’intention satirique. Lorsque le Premier Consul Bonaparte proclame en l’an VIII une amnistie générale pour les émigrés, Bellin de La Liborlière rentre en France pour y poursuivre ses travaux littéraires. En 1800, il publie Anna Grenwil, roman historique du temps de Cromwell (3 vol. in-12, Paris) et Voyage dans le boudoir de Pauline (Paris, in-12, 1801). Bellin de La Liborlière réussit à renter en possession de ses biens comme s'il n'avait jamais été émigré ni armé contre la France (rien ne change ...) et fut nommé par relations (rien ne change ...) recteur de l'université de Poitiers en 1815. Les reniements se succédant (il dut prêter serment à l'Empire et à Napoléon), il reçut même la légion d'honneur ... comme quoi cela sert toujours d'être déloyal envers ses ennemis (d'hier) qui deviennent (facilement) les amis de demain. Il se retira de ses fonctions en 1830. Il faisait partie de plusieurs sociétés savantes et belles-lettres. Il mourut en 1847 à l’âge de 73 ans.



Notre exemplaire est daté "8." (an 8) soit une publication 23 septembre 1799 et s'est terminée le 22 septembre 1800. En nous reportant à l'exemplaire de la Bibliothèque nationale (Paris, Lemarchand, an VIII - 1800), marqué sur les titres "nouvelle édition, revue et corrigée par l'auteur", on s'aperçoit que notre édition ne possède pas d'avertissement de "seconde édition" (ex. Bnf). Dans cet avertissement il est indiqué que la première édition a été donnée par MM. Fauche et compagnie à Hambourg et Brunswick, au commencement de l'année 1798. L'auteur y indique qu'une édition a été faite à Paris, sans son accord ; et qu'une autre va paraître encore. Au verso du faux-titre de notre exemplaire figure la liste des libraires associés ayant pris part à cette édition : se trouve à Paris, chez les libraires ci-après : Ouvrier, Maradan, Leprieur, Fucus, Pougens, Pigoreau, Lauxerrois, Deroy, Lepetit jeune, A Lille chez Wanackere, A Rouen chez Bégin, et sur la page de titre : A Paris, chez Billois, libraire, quai des Augustins, n°32.

Notre édition est absente du Catalogue collectif des bibliothèque de France et de tous les sites marchands en ligne [consultés le 8 février 2018]. La Bnf ne possède pas notre édition.

"Elle avança, s'avança lentement au milieu de l'appartement, et leva les yeux vers le lit. Les draps, les couvertures étaient tachés de sang, le plancher même en était inondé, et Rasoni couché sur le mauvais grabat, avait déjà l'air d'être dans son cercueil. Il était entièrement défiguré, une main terrible et vengeresse semblait écrire part-tout autour de lui les crimes de sa vie. Pâle, livide, à moitié descendu dans le tombeau, il conservait assez de force pour sentir toute l'horreur de ses derniers moments." (extrait).


Superbe exemplaire "truffé curiosa" de ce rare roman gothique, conservé dans son très séduisant cartonnage plein papier de l'époque.

Prix : 2.200 euros

mardi 6 février 2018

Félicien Rops. L'amour à travers les âges. L'amour dominant le monde - La femme souveraine (1892). Héliogravure couleurs. Belle épreuve.


Félicien ROPS.

[L'AMOUR A TRAVERS LES AGES]. [L'amour dominant le monde - La femme souveraine].

[1892]

Héliogravure en couleurs. Épreuve sur vélin. État définitif avec l'encadrement doré.

18,5 x 12,5 cm (épreuve) montée (charnière de papier fin en marge supérieure) sur feuille de papier Japon (28 x 19,5 cm).

Belle épreuve. Tirage à 955 exemplaires pour "La Femme et la Mode" d'Octave Uzanne (1892).

Parfait état.

Cette oeuvre de Félicien Rops s'apparente par la dominante azur et par son esprit aux dessins de dizains des Cent légers croquis. Il met en scène une divinité demi-mondaine qui reprend à la Pornokratès certains de ses insignes. L'Amour n'apparaît plus sous les traits d'une quelconque figure allégorique. Il a trouvé son actualité dans la chair d'un modèle qui prend la pose et dont la vulgarité signale l'appartenance au présent. A ses pieds se déroule cette comédie humaine qu'Octave Uzanne qualifiera de "Tragi-Phallique". Rops y mêle à un mythique embarquement pour Cythère le portrait d'une foule à laquelle nul - ni prêtre, ni Pierrot, ni spadassin, ni Louis XIV - n'échappera. (Le Cabinet des dessins, Félicien Rops, Musée-galerie de la seita, Flammarion, 1998, p. 102 - qui indique que ce dessin [1885] a été fait pour Son Altesse la femme d'Octave Uzanne - en réalité il a servi de frontispice pour La Femme et la Mode, 1892).


Prix : 250 euros

lundi 5 février 2018

Commerson. Pensées d'un emballeur pour faire suite aux maximes de Larochefoucauld (1851). Citations comiques et bouffonnes. Peu commun. 2 tomes en 1 volume.


Jean-Louis-Auguste COMMERSON. Théodore de BANVILLE (préface).

Pensées d'un emballeur, pour faire suite aux maximes de Larochefoucauld, par Commerson.

Chez Martinon, libraire, s.d. [1851] [Paris, imprimerie de Guiraudet et Jouaust]

2 tomes en 1 volume in-18 (13,5 x 9 cm) de XII-132 et 144 pages. Dérelié, couverture factice moderne de papier noir (muette). Le tout se tient parfaitement bien. Intérieur frais, rousseurs.

Gravure sur bois sur la page de titre, signée "Nadar", représentant un emballeur clouant une caisse "Traits Fragiles" et sur sa porte d'entrée "Le Tintamarre." La préface est signée Théodore de Banville. Une autre vignette gravée sur bois se trouve à la page 130 (signée N pour Nadar).

Le faux-titre du premier tome porte la mention : 2e édition (fictive ?). On ne la retrouve pas sur le deuxième tome qui suit. Nous avons daté 1851 d'après la fiche de la Bibliothèque nationale de France, mais nous avons trouvé d'autres dates selon d'autres sources : 1842 ?


Commerson (1803-1879) était un drôle ! un rigolard ! un spécialiste du calembour et de la bouffonnerie verbale. On lui doit plusieurs ouvrages humoristiques dont celui-ci, sans doute un des meilleurs. Ces Maximes comiques publiées en 1851, comme leur titre l'indique, peuvent servir de suite aux maximes du bien bon La Rochefaucul. Avec un peu plus d'humilité voire d'humidité dans le verbe.


Un livre qui plus d'un siècle et demi plus tard, se dévore mille fois plus digestement qu'un demi-volume du théâtre de Voltaire.

Bizarrement ce volume semble assez rare. On ne trouve pas cette édition chez les marchands de nouveautés d'ancien on line.


Voici quelques pensées extraites des Pensées d'un emballeur : Il y a cette différence entre un cornichon et un mari que l'un se confit dans son entier et l'autre dans sa moitié. - Le mariage n'est souvent qu'un échange de grognements réciproques durant le jour et de ronflements pendant la nuit. C'est de l'ennui à deux. - Les femmes laides n'ont été mises sur la terre que pour faire la consolation des aveugles. - La femme est une propriété dont le mari a rarement l'usufruit.

Bon exemplaire, à relier ou à laisser tel quel, à portée de mains, dans les toilettes.

Prix : 200 euros

vendredi 2 février 2018

Semelion. Histoire véritable (vers 1715). 2 parties en 1 volume. Ouvrage curieux. Semelion est un jeune voyageur qui a la faculté de changer de sexe à sa volonté. Rare.


[Anonyme].

Semelion. Histoire véritable.

Imprimé à Constantinople cette présente année. S.d. (vers 1715).

2 parties en 1 volume in-12 (14,5 x 8,5 cm) de 238 pages (pagination continue).

Reliure de l'époque plein veau fauve. Quelques usures à la reliure avec petits manques de cuir (coins, coiffes, mors), petits travaux de vers superficiels, solide. Page de titre avec rousseurs prononcées. Complet. A restaurer.

Nouvelle édition précédée d'un court avertissement signalant que la première édition étant devenue très-rare il a été jugé utile de la faire réimprimer.

Semelion est un jeune voyageur qui a la faculté de changer de sexe à sa volonté. Tour à tour fille ou garçon, il s'introduit dans les couvents ; jette le désordre dans les harems de Constantinople, et, passant en Angleterre, couche même avec la reine Elisabeth.

L'auteur de ces deux premières parties (qui seront complétées ultérieurement par un auteur différent) est resté anonyme.

Rare.

Bon exemplaire de cet ouvrage curieux.

Prix : 200 euros

jeudi 1 février 2018

Ivan Golovine. Des économistes et des socialistes (1845). Brochure rare en édition originale. "L'association entre les membres d'une seule et même classe d'industriels, soit des maîtres, soit des ouvriers, n'aboutira qu'à l'exploitation des uns par les autres, et ne servira qu'à entraver la liberté, qu'à comprimer la concurrence."


Ivan GOLOVINE. (GOLOWIN).

Des économistes et des socialistes, par Ivan Golovine.

Paris, Firmin Didot et Cappelle, 1845

1 plaquette in-8 (23 x 14,7 cm), broché de (3)-38 pages. Couverture imprimée en très bon état (quelques usures aux coins, dos fendillé, brochage faible). Beau papier sans rousseurs. Exemplaire non coupé.

Édition originale rare.

Ivan Golovine ou Golowin (1816-1890) est exilé par le tsar Nicolas I ; arrivé à Paris, naturalisé anglais en 1843 ; on doit à cet intellectuel plusieurs ouvrages relatifs à l'économie politique où il s'oppose à la politique réactionnaire du gouvernement russe. Dans cette brochure il prend position contre les théories fouriéristes collectivistes et plus globalement contre le socialisme utopique qu'il dénonce. "En même temps que La Russie sous Nicolas Ier parut la brochure de Golovine intitulée Des économistes et des socialistes, qui apportait une analyse des conceptions économiques contemporaines ainsi que des théories du socialisme utopique. C'était, en somme, un aperçu des doctrines de Smith, Ricardo et de leur commentateur français Jean- Baptiste Say, muni d'une préface de caractère historique et renfermant une polémique avec les représentants du socialisme utopique." (Cahiers du monde russe et soviétique, vol. 11, p. 22).  Les propos de M. Golovine ont été très controversés de son temps. "Plusieurs contradictions se sont glissées dans l'ouvrage de M. Golovine. Cela vient de ce qu'entre toutes les doctrines M. Golovine lui-même est sans doctrine. C'est ce qu'on voit clairement par sa brochure récemment publiée sur les Économistes et les Socialistes. Cet ouvrage n'est pas de nature à être analysé ; disons seulement que la brochure de M. Golovine a la prétention de contenir en trente-huit pages une appréciation de la science économique et des différents systèmes sociaux mis au jour dans ces dernières années : c'est un pamphlet contre les économistes, un flasque et vide factum contre les systèmes saint-simonien, fouriériste et communiste. Aux lecteurs qui voudraient avoir une idée, même superficielle, des doctrines professées par les écoles socialistes, nous n'aurons garde d'indiquer la brochure de M. Golovin e; les portraits y sont trop peu ressemblants." (La revue indépendante, 1845, tome 20, p. 437).

"Tel est, à peu de choses près, le langage des partisans de l'association ; mais quel est le résultat pratique de ces axiomes ? L'association des intérêts communs n'est que l'introduction du monopole, et l'association des intérêts contraires est une impossibilité. L'association entre les membres d'une seule et même classe d'industriels, soit des maîtres, soit des ouvriers, n'aboutira qu'à l'exploitation des uns par les autres, et ne servira qu'à entraver la liberté, qu'à comprimer la concurrence. L'ouvrier ne peut ni ne veut s'associer à l'entrepreneur ; lors même que la philanthropie de celui-ci le porterait à partager avec lui tous les bénéfices, l'ouvrier ne voudra jamais s'associer aux pertes, car il n'a pas devant lui le capital nécessaire pour les supporter ; vivant au jour le jour, il ne peut ni compromettre son existence, ni exposer son gagne-pain. Ses lumières, d'ailleurs, ne sont pas assez développées pour lui permettre de suivre son maître dans toutes ses entreprises, d'y donner son consentement ou d'y opposer son véto, d'en apprécier les bonnes et les mauvaises chances. Partout où l'association libre et volontaire peut être bienfaisante, elle s'établit d'elle-même parla marche naturelle des choses, et il suffit que le gouvernement l'aide et ne l'entrave pas, ainsi qu'il le fait si souvent. Là où la petite culture peut être avantageusement remplacée par la grande, les propriétaires cèdent leur place à un seul d'entre eux, et lui facilitent les moyens d'acquérir leurs quotes parts. L'exploitation en communauté ne saurait jamais être aussi utile que celle d'un seul intéressé. Les communes en Suisse ont des machines à battre le blé au service de tous leurs habitants; en France, elles ont des lavoirs publics. Les ouvriers ont, dans plusieurs endroits, une cuisine en commun." (extrait, p. 32-33).

Très bon exemplaire.

Prix : 250 euros

mardi 30 janvier 2018

Jean Richepin. Le Pavé (1883). Edition originale. Très bel exemplaire en reliure d'époque. Bibliothèque Francisque Sarcey (1899). Exemplaire de dédicace.


Jean RICHEPIN.

LA PAVÉ. Aphorismes préliminaires. Paysages et coins de rue. Quelques cris, souvenirs et fantaisies. Quelques bêtes. Types. Album intérieur.

Paris, Maurice Dreyfous, 1883

1 volume in-12 (17 x 11 cm) de (3)-384 pages.

Reliure de l'époque demi-maroquin cerise, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, lettre R dorée au centre de chaque caisson, tête dorée, non rogné, les deux plats de couverture conservés. Fine reliure non signée (dans le goût et la qualité des reliures de Victor Champs). Superbe état, reliure très fraîche. Intérieur très frais, sans rousseurs.

Édition originale en librairie.

Exemplaire de dédicace offert par l'auteur au critique Francisque Sarcey (hommage de l'auteur bien reconnaissant).

Il n'a été tiré que 56 exemplaires sur grand papier. Celui-ci est tiré sur papier vélin légèrement teinté (papier ordinaire) de qualité.


La critique donnée dans la revue Le Livre par Bernard-Henri Gausseron, dès la parution du volume, est des plus enthousiastes : "Ces études ont été un des plus grands succès du journal dans lequel elles ont d'abord paru. Elles forment aujourd'hui un livre qui restera comme un des monuments les plus caractéristiques de l'esprit et du style de ce temps. [...] ce livre de Richepin contient bien la quintessence du pavé parisien de nos jours, en même temps qu'il donne exactement la mesure du talent de l'écrivain arrivé au point culminant de la première partie de sa carrière. [...] Le- Pavé de Jean Richepin est pour sa prose ce qu'est la Chanson des Gueux pour ses vers l'expression nette et complète d'un génie original à un moment donné de son évolution intellectuelle. Il lui marque sa place parmi les prosateurs, comme la Chanson des Gueux la lui marque parmi les poètes. [...] Je ne peux, faute d'espace, analyser cette monographie du pavé de Paris faite par un Parisien qui aime sa ville jusque dans ses vices et ses ordures, tout en n'en dissimulant rien. Il est même, à mes airs, frappé de ces laideurs et de ces vices au point de les exagérer involontairement et du ne plus pouvoir mettre en leur juste relief les grâces les charmes, les douceurs et les beautés de cette ville unique et sublime qui, si elle a les sombres profondeurs de l'enfer de Dante, a aussi des splendeurs en plein ciel, telles que nul poète n'en a imaginé pour décrire le paradis. [...]" (B.-H. G.).


A propos de Jean Richepin on retiendra cette lettre du bougon Léon Bloy : « En réalité, vous vous foutez de tout, excepté de deux choses : jouir le plus possible et faire du bruit dans le monde. Vous êtes naturellement un cabotin, comme d'autres sont naturellement des magnanimes et des héros. Vous avez ça dans le sang. Votre rôle est d'épater le bourgeois. L'applaudissement, l'ignoble claque du public imbécile, voilà le pain quotidien qu'il faut à votre âme fière. » — Léon Bloy, Lettre à Jean Richepin (1877).



Provenance : Bibliothèque Francisque Sarcey (vente du 22 novembre 1899, n°179). Mention de cette vente par le propriétaire suivant (note sous le faux-titre avec envoi). Le bibliophile A.R. a fait faire la reliure en 1899, à son initiale (R doré au dos du volume).


Charmant exemplaire de dédicace.

Prix : 480 euros