vendredi 16 mars 2018

Georges Brandès. Le Grand Homme (1903). Exemplaire offert par l'auteur à l'éditeur P.-V. Stock (1 des 7 ex. sur Hollande). Très rare. Bon exemplaire en reliure de l'époque.


Georges Brandès.

Le Grand Homme. Origine et fin de la civilisation. Conférences faites à l'Ecole russe des Hautes Etudes à Paris, en février 1902.

Paris, P.-V. Stock, 1903

1 volume in-12 (19 x 12,5 cm) de 62-(2) pages.

Reliure bradel demi-percaline à coins, pièce de titre en cuir noir, fleuron doré au dos, tête dorée, non rogné, les deux plats de couverture imprimée conservés. Légers frottements à la reliure. Intérieur très frais. A noter le recto du faux-titre et le verso du dernier feuillet (catalogue) légèrement roussi par l'acidité des couvertures placées en regard.


Edition originale.

Exemplaire sur papier de Hollande offert par l'auteur à l'éditeur P.-V. Stock.

Dédicace de l'auteur "A Monsieur P.-V. Stock, l'auteur reconnaissant" à l'encre violette sur la page de titre. Exemplaire numéroté 1 à la plume par P.-V. Stock et paraphé de ses initiales, comme celui-ci en avait l'habitude. P.-V. Stock a scrupuleusement corrigé le chiffre annoncé du tirage à part sur papier de Hollande (sept au lieu des cinq annoncés).

Quelques corrections de l'auteur dans le texte.


Georges Brandes ou Brandès (1842-1927), de son vrai nom Morris Cohen, était d'origine danoise. Né dans une famille de riches marchands juifs de Copenhague, très ouverts, il fait des études de droit, de littérature et de philosophie. Athée, il revendique les droits de la libre-pensée (il publiera d'ailleurs en 1925, La légende de Jésus, dans le seul but de démontrer que Jésus n’a jamais existé). Fervent admirateur de Friedrich Nietzsche, il donne en 1888 des conférences sur la philosophie de Nietzsche qui contribuent à faire connaître ce philosophe. Il est réputé pour avoir ouvert son pays à la modernité intellectuelle. 


Brandès a 60 ans lorsqu'il participe aux Conférences faites à l'école russe des Hautes Etudes à Paris en février 1902. Le Grand Homme est un discours sur la liberté et le monde des idées libres. Ami du socialisme moderne, il y développe une théorie paradoxale et libertaire du Grand Homme, celui qui délie les foules de l'absurdité de la masse non-pensante. Brandès écrit : "Nous ne connaissons pas de causes finales, ni dans la nature, ni dans l'humanité, nous ne savons même pas s'il y a un but. Nous ne savons pas à quelle fin la série des temps travaille, ni s'il y a une fin. En revanche, nous pouvons de temps en temps distinguer ou entrevoir des buts qui s'offrent aux regards de l'humanité civilisée." Ainsi s'établit la théorie des Grands Hommes : "ces grands êtres humains (qui) ne vivent par pour eux-mêmes (mais pour la félicité de l'humanité toute entière)." Il pose ainsi la question fondamentale : "Est-il possible de réaliser la prospérité générale, considérée en dehors des grands hommes, comme but ?". Il répond à cette question par la négative. Non, ce n'est, selon lui, pas possible. Il conclut : "Il est bon, il est utile que les courants de la civilisation soient conduits par un multitude de canaux à des millions d'hommes dans chaque pays. Mais il ne faut jamais oublier ni dissimuler que seul le grand individu est à l'origine et la source de la civilisation." De là à comprendre que le culte de la personnalité en Russie fut désormais la norme ... (NDLR : et l'est sans doute encore en 2018 ...).


Exemplaire du rare tirage sur Hollande réservé à l'éditeur P.-V. Stock.

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