mercredi 31 mai 2017

Louis Ulbach. Ferdinand Bac. Amants et Maris (1886). Belle reliure de l'époque.


ULBACH, Louis. BAC, Ferdinand (illustrateur).

AMANTS ET MARIS. Illustrations de F. Bac.

Paris, Ed. Monnier de Brunhoff et Cie, 1886

1 volume in-8 (23,3 x 16,2 cm) de 85-(1) pages. 1 eau-forte originale en frontispice, 12 illustrations hors-texte imprimées en sanguine, quelques vignettes (lettrines et culs-de-lampe).

Reliure de l'époque demi-chagrin noir, dos à nerds orné, tête dorée, non rogné, relié sur brochure, couverture illustrée polychrome conservée en excellent état. Impression sur papier vélin fort teinté.

ÉDITION ORIGINALE.

Notre exemplaire est du tirage courant sur beau papier vélin teinté. Il a été tiré en outre 30 exemplaires de luxe sur papier du Japon.


Ce volume renferme 12 courts récits, comme 12 tableaux de l'amour extra-conjugal consommé, avec ou sans réussite. La verve d'Ulbach est présente à chaque ligne et laisse au lecteur un plaisir à peine dissimulé à lire ces histoires grivoises d'adultère de la bonne bourgeoisie parisienne fin de siècle.

Voici le titre des 12 historiettes : Tableaux de sainteté - Les deux vocations - L'art de se marier - L'adultère légitime - Un amour de collège - L'amour pur - Le dictionnaire de l'amour - Naturalisme et poésie - Les deux amours - Les fiançailles de Sophia - Le dévouement féminin - L'amant sans le savoir.

"L'amour est le grand héros ; mais combien de fois ce téméraire ne fait-il pas l'hypocrite pour être admis sans défiance ? Or, les mensonges des amoureux ne les ont jamais déshonorés. Ils s'en vantent, quand ils ont été bénis par leurs parents et s'en vengent sur ceux qu'ils ont trompés. [...] Je connais un couple, respectable à tous égards, riche, heureux, contemplé avec envie et qui doit sa gloire à une fourberie. Le mari, un peu titré, s'occupe au dehors, dans je ne sais plus quelle haute fonction, comme s'il voulait se rendre utile ailleurs qu'auprès de sa femme. La femme qui a l’innocence ineffaçable sur son front, dans ses yeux bleus et qui a nourri elle-même ses deux beaux enfants, préside aux réunions les plus charitables et les moins prétentieuses de la compassion moderne. C'est une sainte agréable, comme son mari est un honnête homme attrayant. [...] Eh bien, encore une fois, la Providence a été escroquée au début, et ces deux êtres charmants se sont concertés pour une manœuvre qui les a unis, en narguant la vérité." (extrait de l'Art de s'aimer).


Louis Ulbach, dit Ferragus, né à Troyes (Aube) le 7 mars 1822 et mort à Paris le 16 avril 1889 à la Bibliothèque de l'Arsenal, est un journaliste, romancier et auteur dramatique français. Venu à Paris pour terminer ses études au collège Charlemagne (et où il se marie en 1846), il se lie avec Lamartine et se fait recevoir par Victor Hugo, qui l’encourage à publier un volume de vers, Gloriana, en 1844. Il collabore pendant quatre ans à L'Artiste et au Musée des familles, puis fonde en 1848 le Propagateur de l’Aube, où il publie une série de lettres politiques signées Jacques Souffrant, ouvrier, suivies d'une série de Réponses à Jacques Souffrant signées Ulbach. Ces lettres, réunies plus tard en volume, font sensation. L’une d’elles lui vaut un procès, à l’issue duquel la plaidoirie de Jules Favre le fait toutefois acquitter. Lorsque le coup d'État du 2 décembre 1851 fait disparaître le Propagateur de l’Aube, il revient dans la capitale et entre à la Revue de Paris, dont il devient directeur en 1853. Il se charge notamment de la critique littéraire, où sa verve mordante et froide est particulièrement remarquée. À la même époque, il s’essaie au théâtre et commence à publier sous forme de feuilletons une longue série de romans et de nouvelles. Son roman Monsieur et Madame Fernel connaît un certain succès et est adapté pour la scène en 1864 par Henri Crisafulli. De 1858 à 1860, il dirige avec François Favre Le Monde maçonnique, revue des loges de tous les rites. Lors de sa fondation en 1861, il tient la chronique dramatique du Temps, qu’il quitte en 1867 pour entrer au Figaro, où ses Lettres de Ferragus le font encore une fois remarquer. Il y attaque notamment Émile Zola avec un article intitulé La Littérature putride, suscitant ainsi une polémique qui amènera l’auteur de Thérèse Raquin à préciser ses positions sur le roman naturaliste. En 1868, Ulbach fonde La Cloche, un pamphlet hebdomadaire satirique qui attire sur lui les foudres de la censure impériale et le fait condamner à six mois de prison et à 1 000 francs d’amende. L’année suivante, il transforme ''La Cloche'' en un quotidien d'opposition démocratique. Lorsque la publication en est interrompue pendant le siège de Paris en 1870, il devient secrétaire de section de la Commission des barricades. Peu après la réapparition de La Cloche en 1871, Ulbach est à nouveau menacé d’arrestation et se réfugie chez son ami Léon Laurent-Pichat. Convoqué par le Conseil de guerre, il est condamné à trois ans de prison et 6 000 francs d’amende, peine réduite après cassation à trois mois et à 3 000 francs. Il se présente sans succès aux élections de juillet 1871, puis cède La Cloche en décembre 1872. Il contribue par une chronique de Paris au quotidien bruxellois L’Indépendance belge et entre comme bibliothécaire à la Bibliothèque de l'Arsenal en 1878. Il fonde en 1888 avec Jules Simon la Revue de famille, dont il est sous-directeur jusqu’à sa mort à l’âge de 67 ans. (source : Wikipédia).

Ferdinand Bac a 27 ans lorsqu'il illustre ce volume. Ce descendant illégitime de Jérome Bonaparte, de ce fait petit-neveu de l'Empereur Napoléon Ier, fait ici ses premières armes d'illustrateur. Il met parfaitement en scène les parisiennes de la bonne bourgeoisie, le plus souvent dans des situations grivoises. Il publia de nombreux albums sur ce thème à la fin du siècle.

BEL EXEMPLAIRE AGRÉABLEMENT RELIÉ A L'EPOQUE.

Prix : 160 euros

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