jeudi 15 décembre 2016

Bibliophilie à Toulouse : Elle, Manuscrit d'un ami par le comte Henri de Begouen et Joseph de Guillebert des Essars (1898). Exemplaire enrichi d'une très-belle gouache originale signée Des Essars, en reliure mosaïquée signée Charles Meunier. Superbe et rare ouvrage au tirage confidentiel (175 exemplaires).


BEGOUEN, Henri, Comte de / DES ESSARS, Joseph (peintre illustrateur)

ELLE, Manuscrit d'un ami.

Éditions Cassan fils, Toulouse, [achevé d'imprimer le 5 décembre 1898]

1 volume in-8 (22,5 x 16,5 cm) de 2 pages en fac-similé (écriture du comte Henri de Begouen), 1 page de faux-titre, 1 page fac-similé de la même écriture (citation d'Alfred de Musset), 59 pages chiffrées en romain (DIX) sur fond floral lithographié et imprimées en fac-similé d'écriture (comte de Begouen), dernier feuillet lithographié resté vierge, 1 page d'achevé d'imprimer.

Reliure bradel de l'époque plein maroquin lavallière mosaïqué sur les deux plats et le dos (coccinelles et fleurs rouges), titre doré au dos, toutes tranches dorées, encadrement intérieur doré (roulette florale avec ruban dans les angles), doublure et garde de soie verte et argent à motif floral sur fond de toiles d'araignée). La superbe et fragile couverture par Des Essarts (premier plat) est conservée en parfait état. L'ensemble des feuillets a été monté sur onglet. Reliure signée Ch. Meunier. Quelques petites marques à la reliure qui reste superbe.


TIRAGE UNIQUE A 175 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 150 EXEMPLAIRES SUR PAPIER GLACÉ.

Cet exemplaire porte le n°1. Il a été tiré en outre 25 exemplaires sur papier Japon.

EXEMPLAIRE ENRICHI D'UNE SUPERBE GOUACHE ORIGINALE POLYCHROME (chimère et portrait féminin, signée DES ESSARS et datée Janvier 1899).



Ce volume très novateur quant à la mise en page et à l'illustration, se compose de 12 compositions florales différentes lithographiées en couleurs (dessinées par Joseph des Essarts bien que cela ne soit pas mentionné dans l'ouvrage). Cette suite de 12 lithographies est répétée. La fragile couverture en lithographie dans le style pointilliste est splendide.

Ce livre est très peu connu. Son tirage très restreint et provincial en sont certainement la cause. L'ouvrage est dédié à Joseph des Essars par le comte Henri de Begouen :

"Te souviens-tu de cette soirée d'hiver où nous avons parcouru ensemble les feuillets jaunis que le hasard avait fait tomber entre nos mains ? Un pauvre cœur s'y était mis à nu, racontant pour lui-même les souffrances de la rupture et de l'abandon. Nous en avons tiré cette simple histoire d'amour. Puisqu'elle t'a plu et que tu n'as pas voulu joindre ton nom au mien au bas de ces pages, laisse moi au moins te rendre ce qui t'est dû et te les dédier en souvenir de notre collaboration."



Joseph des Essars est mort au château de Lagoutine le 16 octobre 1937 comme l'indique un article nécrologique publié dans L'Express du Midi (édition de Toulouse) du mercredi 20 octobre. La famille de Guillebert des Essars était originaire de Normandie (installée à Toulouse depuis la fin du XXVIIIe siècle). Ses ancêtres détenaient la charge de receveur des Domaines du Roi. C'est son ami d'enfance le comte Henri de Begouen qui prononce son oraison funèbre. Joseph des Essars était né à Toulouse en 1861. "Il était un de mes amis d'enfance. Nous étions sur les mêmes bancs au collège Sainte-Marie, et depuis nous ne nous sommes jamais perdus de vue, vivant coude à coude et je puis dire cœur à cœur. Comme tous les des Essars, il était très doué au point de vue artistique. Bon musicien, il peignait avec talent et exécutait sur le cuir, en particulier, pour des reliures, de remarquables travaux. S'il avait consenti à se plier à certaines disciplines, ses succès eussent été plus grands encore, mais c'était un indépendant : son caractère d'une originalité spéciale et d'une droiture rare, ne transigeait jamais, pas plus pour les petites choses que pour les grandes, dans lesquels les principes étaient en jeu. On a pu dire avec raison que son caractère était de granit, ferme, sûr, solide ; mais la surface du granit présente parfois de rudes aspérités. [...]" (extrait de l'Express du midi, 20 octobre 1937).



De l’œuvre peinte ou décorative de Joseph des Essars il ne reste aujourd'hui pour ainsi dire qu'un vague souvenir presque entièrement oublié. On trouve bien ça et la rare mention de quelques unes de ses œuvres comme au Salon de l'Exposition de l'Union Artistique de Toulouse pour l'année 1904 où l'on trouve exposés des cuirs de reliure et un panneau décoratif en cuivre. Ou encore cette aquarelle (l'Egyptienne) exposée en 1899 au même salon de Toulouse.

L'exemplaire proposé ici donne un exemple de ce que pouvait produire l'artiste : une belle composition empreinte de symbolisme, tout à fait dans le style de son temps.

La très jolie reliure mosaïquée de Charles Meunier, l'impression en lithographie polychrome, tout concourt à faire de ce livre confidentiel une pièce bibliophilique de choix.

SUPERBE EXEMPLAIRE DE CET EXEMPLAIRE ENRICHI D'UNE GOUACHE ORIGINALE ET SOMPTUEUSEMENT HABILLÉ PAR CHARLES MEUNIER, L'UN DES PLUS GRANDS RELIEURS DE SON TEMPS.

VENDU - Prix : 1.800 euros